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La Tour Eiffel
EN 1900
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in 2015
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LA TOUR EIFFEL EN 1900
G. EIFFEL
OFFICIER DE LA LÉGION d'uONNEUR
ANCIEN PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANCE
La Tour Eiffel
EN 1900
PARIS
MASSON ET C‘-, ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
120, Boulevard Saint-Germain
M D CCCC II
AVANT-PROPOS
En içoo, 'fai fait paraître un ouvrage constituant une monographie complète
de la Tour de trois cents mètres comme historique, calculs, exécution des travaux,
description des organes mécaniques, et applications scientifiques. (La Tour de trois
cents mètres. Imprimeries Lemercier, texte in-folio de j8a pages. Album de
67 planches in-folio.)
Cette monographie, tirée à peu d'e.xemplaires, formait un ouvrage de luxe qui
a été offert à titre de don aux bibliothèques publiques, universités, sociétés scienti-
fiques de la France et de l’Étranger, ainsi qu'à quelques rares personnalités.
J’en ai extrait depuis un ouvrage in-quarto intitulé : « Travaux scientifiques
exécutés à la Tour de trois cents mètres », qui, comme le précédent, n’a pas été
mis dans le commerce. Sous une forme plus maniable, il contenait une des parties
de la monographie qui présentait le plus un caractère d’intérêt général. Le but de cet
ouvrage était non seulement de rendre hommage aux travaux des nombreux savants
qui ont utilisé la Tour pour leurs recherches, mais encore de répondre à ce reproche
d' inutilité quêtant de personnes peu renseignées adressent encore à la Tour, malgré
la grande part quelle peut revendiquer dans le succès de l’Exposition de i88c) et
malgré le rôle quelle a joué dans l’ Exposition de 1900.
La faveur avec laquelle ces deux ouvrages ont été accueillis m’a amené a penser
qu’il y aurait utilité à mettre sous les veux du public, dans un livre d’un prix faci-
lement accessible, tout ce qu’il était intéressant de faire connaître sur la Tour, telle
qii’eVc existe en 1900, après les récentes niodif cations quelle a subies, mais en
mettant de côté les détails trop exclusivement techniques, dont ceux antérieurs à 1900
VIII
AVANT-PROPOS
peuvent toujours être retrouvés en consultant la monographie de la Tour dans
les nombreuses bibliothèques qui la possèdent.
Je comprends dans l’ouvrage actuel tous tes faits de 1900 concernant la Tour,
mais, néanmoins.! je crois devoir faire précéder leur exposé d’un chapitre relatant les
origines de la Tour et le faire suivre d’un court résumé des travaux scientifiques
antérieurs., d'une annexe contenant les calculs dynamiques des nouveaux ascenseurs,
et enfin d’un appendice renfermant une notice sur les travaux e.xécutés par mes
établissements industriels de i86j à i8ço.
A
éT
\
»
PUEMIÈRE PARTIE
LA TOUR AVANT L’EXPOSITION DE lilUO
CM VIMTRE I
ORIGINES DE LA TOUR
§ 1. — Projets antérieurs.
Sans remonter à la Tour de Habel, on peut observer que l’idée même
de la construction d'une Tour de très grande hauteur a depuis longtemps
hanté l’imagination des hommes.
Cette sorte de victoire sur cette terrible loi de la pesanteur qui attache
ITiomme au sol, lui a toujours [laru un symbole de la force et des difli-
cultés vaincues.
Pour ne parler que des faits de notre siècle, la Tour de iiidle j/ieds,
qui dépassait par sa hauteur le double de celle ijue les monuments les
plus élevés construits jusqu’alors avaient permis d’atteindre, s’était posée
dans l’esprit des ingénieurs anglais et américains comme un problème
bien tentant è résoudre. L’emploi nouveau du métal dans la construction
permettait d’ailleurs de l’aborder avec chance de succès.
En effet, les ressources de la maçonnerie, au point de vue de la
construction d’un édifice très élevé, sont fort limitées. Dès i|ue l’on
1
0
LA TOI U Kl FF LL EN 190 0
iil)orde ces griinclcs hauteurs de mille pieds, les pressions deviennent
tellement considérables que l’on se heurte à des impossibilités pratiques
(pii rejettent l’édifice projeté au rang des chimères irréalisables.
Mais il n’en est pas de même avec l’emploi de la fonte, du 1er ou
de l’acier, (jiie ce siècle a vu naître comme matériaux de construction,
et qui a pris un développement si considérable. Les résistances de ces
métaux se meuvent dans un champ beaucoup plus étendu, et leurs res-
sources sont toutes dilTérentes.
Aussi, dès la pi-emière apparition de leur emjiloi dans la construc-
tion, l'ingénieur anglais Trevithick, en 1H35, {irojiosa d’ériger une im-
numse colonne en fonte ajourée de i.ooo jiieds de hauteur (304,80 m),
aynnt 30 m à la hase et 3,60 m au sommet. Mais ce projet fort peu
étudié ne reç;ut aucun commencement d’exécution.
La première étude sérieuse qui suivit eut lien en 1874, à l’occasion
de l’hixposition (h* IMiiladelphie. Il fut parlé plus que jamais de la Tour
de mille pieds, dont h' projet (décrit dans la Hcvue scientifique La
yalare) avait été établi jtar deux ingénieurs américains distingués,
MM. Clarke et Itecves. bille était constituée par un cylindre en fer de
9 in de diamètre maintenu ])ar des haubans métallif[iies disposés
sur tout son jionrtour et venant se rattacher à une base de 43 m de
diamètre. Malgi'é le br.uit fait autour de ce jirojet et le génie novateur
du Nouveau Monde, soit rpie la construction jiarùt trop hardie, soit que
les capitaux eussent manqué, on recula au dernier moment devant son
('xécution, mais cette conception était déjà entrée dans le domaine de
l'ingénieur.
En 1881, M. Séliillot revint d’Amérique avec le dessin d’une
d’our en fer de 300 //i, surmontée d’un foyer électriijue pour l’éclai-
rage d(‘ Paris, proji't sur le caractère jiratique duquel il n’y a pas à
insister.
MM. Pourdais et Séhillot reprirent en commun l’idée de cet édilice,
mais leur Tour soleil était cette fois en maçoniu'rie. Ce projet soulevait de
nomlireuses objections ipii s’a[)pliquent d’ailleurs à une construction
quelconque de ce genre.
La difticulté des fondations, tes conséquences dangereuses qui
pourraient résulter, soit des tassements inégaux du sol (tassements qui,
dans le cas d’une Tour en fer, n’ont aucun inconvénient sérieux), soit
oinr.iNKs DE EA Torn
'des tassements inégaux des mortiers et de leur j)rise insuflîsanle au sein
de ces gros massifs, les difficultés et les lenteurs de conslruclion qu’en-
traînerait la mise en œuvre du cuhe énorme des maçonneries nécessaires,
ainsi (jue le prix considérable de l’ouvrage, — toutes ces considérations
nous ont donné la conviction (ju’une tour en maçonnerie, très difficile à
projeter théoriquement, présenb'rait en pratique des dangers (d des
inconvénients considérables, dont le moindre est celui d’une dépense
tout à fait disproportionnée avec le but à atteindre. Le fer ou facier
nous semble donc la seule matière capable de mener à la solution du
problème. Du reste, l’Antiquité, le Moyen Age et la Denaissance ont
poussé l’emploi de la pierre à ses extrêmes limites de hardiesse, et il ne
semble guère possible d’aller beaucoup plus loin que nos devanciers
avec les mêmes matériaux, — d’autant plus que l’art de la construction
n’a pas fait de très notables progrès dans ce sens depuis bien longtemps
déjà.
\ oici la hauteur des jdus hauts monuments du monde actuellement
existants :
Colonne de la place \’en(lôine. .
Colonne de la bastille
Tours de Notre-Dame de Paris .
Panthéon
Caj)itole de W ashington ....
Cathédrale d’Amiens
Flèche des Invalides
Dôme de Milan
Sainl-Paid de Londres
Cathédrale de Charli’cs
Tour Saint-Michel à Bordeaux .
Cathédrale d’.\nvers
Saint-Pierre de Rome
Tour Saint-Étienne à Vienne . .
Cathédrale de Straslmurg . . .
Pyramide de Chéops
Cathédrale de Rouen
Cathédrale de Cologne
Obélisque de W ashington. . . .
Tour Môle Antonelliana à Tui in
L’édifice, tel que nous le projetions avec sa hauteur inusitée,
exigeait donc rationnellement une matière sinon nouvelle, mais au
'|5 mètres.
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4
LA TOUR EIFFEL EN 1900
moins que l’induslrie n’avail pas encore mise à la portée des ingénieurs
et des architectes qui nous avaient précédés. Cette matière ne pouvait
jias être la fonte, laquelle résiste très mal des efforts autres que ceux
de simple compression; ce devait être exclusivement le fer ou l’acier,
par l’emploi desquels les plus difficiles problèmes de construction se
résolvent si simplement, en nous permettant d’établir couramment soit
des charpentes, soit des ponts è grande portée, qui auraient paru autre-
fois irréalisables.
§ 2. — Considérations générales sur les piles métalliques.
.l’avais eu l’occasion, dans ma carrière industrielle, de faire de nom-
breuses études sur les piles métalliques, notamment en 1869 avec
M. Nordling, ingénieur de la Compagnie d’Orléans. Je construisis, sous
les ordres de cet éminent ingénieur, deux des gi'ands viaducs de la ligne
de Commentry à Gannat, ceux de la Sioule et de Neuvial.
Les piles de ces viaducs, dont la j)artie métallique atteint une
hauteur de 51 /// au-dessus du soul)assenienl en maçonnerie, étaient
constituées par des colonnes en fonte, réunies par des entretoises en
fei-.
.le me suis attaché depuis à ce genre de construction, mais en rem-
plaçant la foule par le fer afin d’augmenter les garanties de solidité.
Le type de piles (|ue j’y al substitué consiste à former celles-ci j>ar
(piatre grands caissons tpiadrangulaires, ouvcu'ts du côté de l’intérieiu*
de la pile, et dans lesquels viennent s’insérer de longues barres de <-ontrc-
ventement de section carrée, susceptibles de, travailler aussi bien à la
compression qu’à l’extcmsion sous les efforts du vent.
Ce ly[)c est devenu eoui’ant et je l’ai employé à de nombreux via-
ducs. Parmi ceux-ci je ne .citerai .que le. pont du Douro, à Porto, —
dont l’arche centrale comporte un arc métallique d(? 160 m d’ouver-
ture et de 42,50 )/i de tlècbe, — et le viaduc de Garabit (Cantal), qui franchit
la Tniyère à une hauteur de 12.2 nt. On sait que ce viaduc, d’une
longueur de 564 ;//, a été établi sur b* tyj)e du pont du Douro (d (jue
son arche centrale ('st formée par un ai'c parabolicpie de 165 m d’ou-
verture et de 57 m de flèche. C’est dans ce deniicr ouvragt' que je
ORIGINES DE LA TOUR
réalisai le type définitil’ do ces piles, dont la hauteur atteint 6i m pour
la partie métallique seule.
La rigidité des piles ainsi constituées est très grande, leur entretien
très facile et leur ensemble a un réel caractère de force et d’élégance.
Mais si l’on veut aborder des hauteurs encore plus grandes et
dépasser loo m, par exemple, il devient nécessaire de modifier le
mode de construction. — En clTet, si les pieds de la pile atteignent la
largeur de 25 à 30 m nécessaire pour ces hauteurs, les diagonales
d’entretoisement qui les réunissent prennent une telle longueur que,
môme établies en forme de caisson, elles deviennent d’une eflicacité à
peu près illusoire et en môme temps leur poids devient relativement très
élevé. Il y a donc grand avantage à se dél)arrasser com[)lètement de ces
pièces accessoires et à donner à la pile une forme telle que tous les
eiïorts tranchants viennent se concentrer dans ses arêtes. A cet effet il y
a intérêt à la réduire à quatre grands montants dégagés de tout treillis
de contreventement et réunis sinq)lement par quehjues ceintures
horizontales très esj)acées.
S’il s’agit d’une pile supportant un tablier métalli(|ue, et si l’on ne
lient compte (|ue de l’efiet du vent sur le tablier lui-mème, lequel est
toujours considérable par rapport à celui (jui s’exerce sur la pile, il
suffira, pour pouvoir supprimer les barres de contreventement des faces
verticales, de faire passer les deux axes des arbalétriers par un j)oint
unique placé sur le sommet de celte pile.
Il est évident, dans ce càs, que l’effort horizontal du vent pourra se
décomposer directement suivant les axes de ces arbalétriers, et que
ceux-ci ne seront soumis à aucun effort tranchant.
Si, au contraire, il s’agit d’une très grande pile, telle' que la Tour
actuelle, dans lacjuelle il n’y a plus au sommet la réaction horizontale du
vent sur le tablier, mais simplement l’action <lu vent sur la pile elle-
même, les choses se passent différemment, et il convient, pour supprimer
l’emploi des barres de treillis, de donner aux montants une courbure
telle que les tangentes à ces montants, menées en des points situés à la
même hauteur, viennent toujours se rencontrer au point de passage de
la résultante des actions que le vent exerce sur la partie de la pile qui se
trouve au-dessus des points considérés.
Enfin, dans le cas où l’on veut tenir compte à la fois de l’action du
G
LA TOU U UIFFLL FiN 1900
vent sur le tablier supérieur du viaduc et de celle que subit la 'pile ellc-
iiiôme, la courbe extérieure de la pile est moins inlléchie et se rapproche
de la ligne di’oite.
Ce nouveau système de piles sans entretoisements et à arêtes
courbes fournit pour la première fois la solution «complète des piles
d’une hauteur quelconque.
3. — Avant-projet de la Tour actuelle.
C’est l’ensemble de ces recherches qui me conduisit tout de suite à
considérer comme réalisable, à l’aide d’études approfondies, l’avant-projet
que deux de mes plus distingués collaborateurs, MM, Emile Nouguier et
Maurice Kœchlin, ingénieurs de ma maison, me présentèrent pour l’édifi-
cation, en vue de l’Exposition de 1889, d’un grand pylône de 300 m;
cet avant-projet réalisait, d’après des études qui nous étaient communes,
le problème de la Tour de i.ooo pieds. Ils s’adjoignirent pour la partie
architecturale M. Sauvestre, architecte.
Je n’hésitai pas à assumer la responsabilité de cette entreprise et à
consacrer à sa réalisation des efforts que je ne croyais certes pas, à ce
moment, devoir être aussi grands.
Ouoique j’aie moi-même dirigé les études définitives et l’exécution
de l’œuvre avec l’aide des ingénieurs de ma maison, j’altiibue avec
d’autant plus de plaisir à MM. Nouguier et Kœchlin, mes collaborab'urs
habituels, la part (jui leur revient, qu(‘, soit pour les études détinitives,
soit pour les travaux de montage, ils n’ont cessé de m’apporter un
concours qui m’a été des plus précieux. M. Maurice Kœchlin princi-
palement a suivi toutes les éludes avec une science et un zèle auxquels je
me plais à rendre hommage.
§ 4. — Présentation et approbation des projets.
On me permettra de faire, pour l'iiistorique de cette période, de
larges emprunts au magisli’al Rapporl Gênêrnl de M. Alfred Picard, ins-
pecteur Général des Ponts et Chaussées, l’résident de section au Conseil
0Ü1(1LM-:S DE LA TOUR
7
d’Etat, aujourd’hui Coiuiiiissairc Général de l’Exposition de 1900 ('l'oine
deuxième — Tour Eiffel).
« Ces indications (sur les hautes piles métalliques) mettent en lumière
et montrent en même temps combien, dans les ouvrages considérables,
on était resté loin de la hauteur assignée à la Tour du Champ-de-^lars.
Elles mettent aussi en lumière la part si large prise par M. Eiffel dans
l’étude et l’exécution des travaux de ce genre ; par sa science, par son
expérience, par les progrès considérables cpi’il a réalisés dans les
procédés do montage, par la puissance de production de scs ateliers, cet
éminent constructeur était tout désigné pour entreprendre l’œuvre colos-
sale qui a définitivement consacré sa réputation.
« L’entrc[)rise était bien faite pour tenter un constructeur habile,
expérimenté et audacieux comme M. Eiffel ; il n’hésita point à en
assumer la charge et à présenter des propositions fermes au Ministre du
Commerce et de l’induslrie en vue de comprendre la Tour dans le cadre
de l’Exposition universelle de 1889.
« Dans la pensée de M. Eiffel, cette œuvre colossale devait constituer
une éclatante manifestation de la puissance industrielle de notre pays,
attester les immenses progrès réalisés dans l’art des constructions
métalliques, célébrer l’essor inouï du génie civil au cours de ce siècle,
attirer de nombreux visiteurs et contribuer largement au succès des
grandes assises pacifiques organisées pour le Centenaire de 1789.
« Les ouvertures de M. Eiffel reçurent un accueil favorable de
l’Administration. Lorsque, à la date du i" mai 1886, M. Lockroy, alors
Ministre du Commerce et de l’Industrie, arrêta le programme du con-
cours pour l’Exposition de 1889, il y inséra l’article suivant : « Les
(( concurrents devront étudier la possibilité d’élever sur le ('diamp-de-
« Mars une Tour en fer à base carrée, de 125 m de coté à la base
« et de 300 m de hauteur. Ils feront figurer celte Tour sur le [)lan du
« Champ-de-Mars, et, s’ils le jugent convenable, ils pourront présenter
« un autre plan sans ladite Tour. »
« On peut dire que, dès celle é[)oque, le travail était décidé en
principe. »
Peu de jours aj)rès, le 12 mai 1886, M. Lockroy instituait une (’om-
mission pour l’élude et l’examen du [)i’ojet d’exécution que j’avais
présenté.
8
LA TOU U UIFFEL EA 1900
Cette Commission était ainsi composée : Le Ministre iln Commerce
et de l’Industrie, président; — MM. J. Alphand, Dii‘ecteur des travaux de
la Ville de Paris; — (1. Uerger, ancien Commissaire des Expositions
internationales; — E. Brune, architecte, prol'esseur à l’Ecole des Beaux-
Arts; — Ed. Collignon, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées; —
V. Contamin, professeur à l’hicole Centrale; — Ciivinot, sénateur; —
Hersent, Président de la Société des ingénieurs civils; — Ilervé-Mangon,
Memljre de l’Institut; — Ménard-Dorian, député; — Molinos, Adminis-
trateur des Forges et Aciéries de la Marine; — Amiral Mouchez, Direc-
teur de rOhservatoire; — Philli[>ps, Membre de l’Institut.
« La Commission s’est réunie au Ministère du (Commerce et de
rindustiâe, le 15 mai 1886. Dans cette première séance, le Ministre a
rappelé (jue l’adoi)tion délinltive du projet présenté par M. G. Eiffel
restait subordonnée aux décisions ultérieures de la Commission de
contrôle et de linances, et que la Commission actuelle était exclusive-
ment chargée d’étudier ce projet au i)oint de vue technique et d’émettre
un avis motivé sur les avantages qu’il présente et les modifications qu’il
pourrait comporter. La Commission a entendu les cxj>Iications fournies
])ar M. G. Eiffel et a confié l’étude détaillée des plans et la vérification
des calculs h une Sous-Commission composée de MM. Phillipps, Colli-
gnon et Contamin.
« Dans sa seconde séance, tenue le 12 juin, la Commission a reçu
lôcture du rapj)ort présenté, au nom de la Sous-Commission, par M. Col-
lignon, et, par un vote, a adopté à l’imanimité les conclusions de ce
rapport. FAisuitc, sur l’invitation du Ministre, elle s’est livrée à l’examen
des divers autres projets de Toui’ dont le Ministre s’était ti’ouvé saisi
dans l’intervalle des deux séances. Après avoir successivement examiné
les projets présentés par MM. Boucher, Bourdais, Henry, Marion,
Pochet, Bobert, Bouyer et Speyser, la Commission a écarté plusieurs
d’entre eux comme irréalisables, quehjues autres comme insuffisamment
étudiés, et finalement, sur la proposition de M. Alphand, elle a déclaré,
d l' imaninnté, que la Tour à édifier en vue de l’Ivxposition universelle de
ififlq devait offrir nettement un caractère délerminé, (ju’elle devait appa-
raî tre co)mne tin chef-d'œuvre ori(j'inal d'industne mélullifjue et f/ue la Tour
Eif/cl semblait seule répondre pleinement à ce but. Fin conséquence, la (Com-
mission, dans les limites du mandat purement technique qui. lui était
ÜURIINES DE LA TOUR
9
conlié, a proposé au Ministre l’adoption du projet de Tour Eiflel, sous la
double réserve (|ue ringénieur-conslructeur aurait à étudier d’une
manière j)Ius précise le mécanisme des ascenseurs, et (pie trois spécia-
listes, MM. Mascart, Becquerel et Berger, seraient priés de donner leur
avis motivé sur les mesures à prendre au sujet des phénomènes électri-
(juos (pii pourraient se produire. » [Extrait des procès-verbaux de la Com-
mission.)
5. — Traité définitif.
« L(' 8 janvier 1887 (1), MM. Lockroy, Ministre, Commissaire
général de l’Exposition, Poubelle, Préfet de la Seine, dûment autorisé
par le Conseil municipal, (T Eiffel, soumissionnaire, signaient une con-
vention aux termes d(‘ bupielle ce dernier s’engageait définitivement à
exécuter la Tour de 300 m et à la mettre en exploitation à l’ouverture
de l’Exposition de 1889.
(( M. Eiffel demeurait soumis au contnfle des ingénieurs de l’Expo-
sition et de la Commission spéciale instituée le 12 mai 1886.
(( Il recevait :
« I® Une subvention de 1.500.000 fr échelonnée en trois termes,
dont le dernier échéant à la réception de l’ouvrage;
(( 2® L’autorisation d’c'xploiter la Tour pendant toute la durée de
l'Exposition, tant au point de vue de l’ascension du juiblic qu'au point
de vue de l’installation de restaurants, cafés ou autres établissements
analogues, sous la double condition que le prix de l'ascension entre
1 1 heures du matin et 6 heures du soir serait limité, les jours oi‘di-
uaires, à 5 fr pour le sommet et à 2 fr pour le premier étage, et les
dimanclies et jours fériés, à 2 fr pour le sommet et à 0,50 fr pour le
premier étage, et que tes concessions de cafés, restaurants, etc., sci'aient
approuvées par le Ministre;
3“ La continuation de la jouissance pendant vingt ans à compter du
i" janvier 1890.
« A l’expiration de ce dernier délai, la jouissance de la Tour devait
faire retour à la Ville de Paris, (pii était d’ailleurs substituée à l’Etat dans
la propriété du monument, dès après l’Exposition. »
(1) Rapport Général de -M. Alfred Ûicanl.
LA loi n EIFFEL EN l‘J0()
Ll
. .^6. — Protestation des Artistes.
« Il avait fallu beaucoup de ténacité à M. Eifïel et quelque courage
au Ministre, Commissaire général, pour conclure cette convention.
« Sans ])arler des scej)tiques (jui avaient mis en doute la possibilité
de mener à bien une œuvre si nouvelle et si gigantesque, on avait assisté
à une véritable lovée de boucliers de la part des artistes.
« Voici une lettre fort curieuse, au point de vue historique, (pii était
adressée à M. Alpliand, vers le commencement de février 1887, et (jui
portait la signature des peintres, des sculpteurs, des architectes (d des
écrivains les plus connus :
iVoK.? venons^ &r'u'ains^ pptiilres^ .sct/lplcun, archileclea., amaleurs pas-
sionnés de la heaalé jusqu in inlacte de /*aris, protester de toutes nos forces, de
toute notre indir/nation, nu nom du fjoùt français méconnu, au nom de l'art et
de r histoire français menacés, contre l’érection, en plein cœur de notre capi-
tale, de l'inutile et monstrueuse Tour Kifjel, que la malujnité publique, sourent
empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de « Tour
de Babel ».
Bans tomber dans l'exaltation du chauvinisme, nous avons le droit de pro-
clamer bien haut que Paris est la ville sans rivale dans le monde. Au-dessus
de ses rues, de ses boulevards élarij'is, le lonc/ de ses quais admirables, du milieu
de ses mcujnijiques promenades, surijissent les plus nobles monuments que le
(jén'ie humain ait enfantés. L'ànie de la France, créatrice de chefs-d'œuvre,
resplendit parmi cette flora'ison aiujuste de pierres. L'Italie, l' Allemayne, les
Flandres, si fibres à juste litre de leur héritage artistique, ne possèdent rien qui
soit comparable au notre, et de tous les coins de l'univers Paris attire les curio-
sités et les admirations. ALons-nous donc laisser profaner tout celcTi La ville de
I^aris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles
imaginations d'un constructeur de machines, jwur s’enlaidir irréparablement
et se déshonorer 'I Car la Tour Eiffel, dont la commerciale Amérique elle-même
ne voudrait pas, c'est, n'en doutez pas^ le déshonneur de Paris. Chacun le
sent, chacun le dit, chacun s'en afflige profondément, et nous ne sommes
qu’un faible écho de l'opinion universelle^ si légitimement alarmée. Enfin,
ORIGINES DE LA TOUR
11
lorsque les Hranffers viendront visiter notre Exposition^ ils s'écrieront, étonnés .•
« (duoi'i C’est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner
uîie idée de leur (joût si fort vanté'l » Ils auront raison de se moquer dç nous,
parce que le Paris des f/othiques suh/imes, le Paris de Jean (lou/on, de
Germain Pilon, de Pu;/et, de Rude, de Rarije, etc..., sera devenu le Paris de
M. Eiffel.
Il suffit, d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se
figurer un instant une Tour vertigineusement ridicule, dominant l^aris, ainsi
qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écra.mnt de sa mas.w barbare
Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, la Tour Saint-Jacques, le Louvre, le dôme des
Invalides, l'Arc de Triomphe, tous nos monuments humiliés, toutes nos archi-
tectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfant. Et pendant
vingt ans, nous verrons .s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du
génie de tant de siècles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre
l'ombre odieuse de l’odieuse colonne de tôle boulonnée.
C'est à vous qui aimez tant Paris, qui l'avez tant embelli, qui l’avez tant
de fo'is protégé contre les dévastations administratives et le vandalisme des
entrepri.ses industrielles, qu appartient l'honneur de le défendre une fois de jdus^
Nous nous en remettons à vous du soin de plaider la cause de Paris, sachant
que vous g dépenserez toute l'énerg'ie, toute l’éloquence que doit inspirer èt un
artiste tel que vous l'amour de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui
est juste. Et si notre cri d'alarme n’est pas entendu, si nos raisons tie sont pas
écoutées, si Parts s’obstine dans l'idée de déshonorer Paris, nous aurons du moins,
vous et nous, fait entendre une protestat'ion qui honore.
(( De la forme de cette philippique, je ne dirai rien : les grands écri-
vains (pii l’ont revêtue de leur signature avaient cependant donné jus-
qu’alors leurs lecteurs une idée dilîérente de la langue française.
« Dans le fond, l’attaque était tout à fait excessive, quelles que
fussent tes vues des protestataires sur la valeur esthétique de l’œuvre.
Le crime qu’allaient commettre les organisateurs de l’h^xposition, de
complicité avec M. Eiffel, n’était point si noir que Paris diU en être à
jamais déshonoré. De pareilles exagérations peuvent s’excuser de la part
des arlist<‘s, peintres, sculpl('urs cl même compositeurs de musiipie :
tout leur est permis; ils possèdent le monopole dir* goût; eux seuls ont
te sentiment du beau; leur sacerdoce est infaillible; leurs oracles sont
12
LA TOUR EIFFEL EN 1900
indiscutables. Peut-Otre les auteurs dramatiques, les poètes, les roman-
ciers et autres signataires de la lettre méritaient-ils moins d’indub
gence.
« M. Lockroy, qui, pour être ministre, n’avait rien perdu de son
esprit si tin ni de sa verve si mordante, remit à M. Alphand une réponse
que j’ai })laisir à reproduire, en me bornant è en retrancher un passage
pour ne point citer de nom propre :
Les journaux puhl'œnt une soi-disant protestation à vous adressée par les
artistes et les littérateurs français. H s' aç/it de la Tour Eiffef que vous avez
contribué à placer dans l'enceinte de l’Exposition Universelle. A l'ampleur des
périodes, à la beauté des métaphores, à l'atticisme d'un style délicat et précis, on
devine, sans meme reyarder les signatures, que la protestation est duc à la
collaboration des écrivains et des poètes les plus célèbres de notre temps.
Cette protestation est bien dure pour vous. Monsieur le Directeur des
travaux. Elle ne l'est pas moins pour moi. Paris, « frémissant encore du génie
de tant de siècles », dit-elle, et qui « est une floraison auguste de pierres parmi
lesijuelles resplendit l' âme de la France », serait déshonoré si on élevait une Tour
dont « la commerciale Amérique ne voudrait jtas ». « Cette main barbare »,
ajoute-t-elle dans le langage vivant et coloré quelle emploie, gâtera « le Paris
des gothiques sublimes », le Paris des Goujon, des Pilon, des Parye et des
Rude.
Ce dernier passage vous frappera, sans doute, autant qu’il m'a frappé,
« car l'art et l'h'isto'ire français », comme dit la protestation, ne m'avaient po'int
appris encore que les Pilon, les Barye, ou même les Rude, fussent des gothiques
sublimes. Mais quand des artistes compétents affirment un fait de cette nature,
nous n’avons qu’à nous incliner...
Me vous laissez donc pas impressionner par la ferme qui est belle, et voyez
les faits. La qirolestat'ion manque d’ à-propos. Vous ferez remarquer aux signa-
taires qui vous l’apporteront que la construction de la Tour Eiffel est décidée
depuis un an et que le chantier est ouvert depuis un mois. On pouvait protester
en temps utile : on ne l’a pas fait, et a l'indignation qui honore » a le tort
d'éclater juste trop tard.
J'en suis profondément pe'iné. Ce n’est pas que je craigne pour Paris.
Motre-Dame restera Notre-Dame et l'Arc de Triomphe restera l'Arc de
Triomphe. Mais j'aurais pu sauver la seule partie de la grande ville qui fût
ORIGINES DE LA TOUR
i:i
sérieusement menacée : cet incomparah/e carré de sable qu'on apoeVe le C/iamp-
de-Mars, si dirjne d'inspirer les poètes et de séduire les paysacfistes.
\ous pouvez exprimer ce rer/ret à ces Messieurs. Ne leur dites pas qu'il est
pénible de ne voir attaquer l’Exposition que par ceux qui devraient la défendre;
qu'une protestation signée de 720ms si ilh/stres aura du retentissement da)is
toute l’Europe et risquera de foiniiir un prétexte à certains étrcuicjers pour ne
point participer h 7ios fêtes; qu'il est /nauvais de chercher h 7'idiculiser une œiu're
pacifique à laquelle la France s'attache avec d'autant plus d'ardeur., à l'heure
présente, qu'elle se voit plus injustemeïit suspectée ait dehors. ])e si 7nesquhies
considérations touchent un i2ii)iistrc : elles n'aui'aient point de valeur pour des
esprits élevés que préoccupent avant tout les intérêts de l'art et l'amour du beau.
Ce que je vous qn'ie de famé, c'est de recei'oir la protestation et de la garder.
Elle devra figurer dans les viti'ines de 1’ /Exposition. Une si belle et si noble pivse,
signée de noms connus dans le monde entier, ne pourra manquer d'atlh-er la foule
et, peut-être, de l’étonner.
« Cette page hieii française a di'i étonner fjuelque peu les expédi-
tionnaires du Ministèi’e; la correspondanee administrative n’est mallieii-
rensement d’ordinaire ni si vive, ni si gaie, ni si s{)irituelle ; sa sévérité
s’accommode mal à nos vieilles traditions gauloises. Si M. l.,ockroy j)OU-
vait faire école, l'exercice des fonctions [)ul)li(pics serait moins monotone
et certainement mieux apprécié. Le ministre avait su mettre les rieurs
de son coté. Son [)rocès était gagné. »
Je dois ajouter, pour être juste, que les plus célèbres parmi les
signataires de la protestation lue [)lus haut s’empressèrent, une’ fois
l’œuvre achevée et consacrée par le succès, de me témoigner leur regret
d’avoir cédé aux importunités de ceux qui colportaient ce ridicule factum
et d’y avoir donné leur signature. Mais il n’en est pas moins vrai que,
s’il s’était produit avant qu’il ne lut beaucoup trop tard pour être d’un
elTet quelcompie, il aurait i-endii plus difficile encore l’ap|iui que le
Ministre, M. Lockroy, accorda au projet, et il en aurait jieut-être
em[)êcbé la réalisation, et c(‘ au grand préjudice de l’Exposition de 18R9,
dont la Tour a été sans conteste un des plus sérieux éléments de succès.
On me permettra de rappeler ce que je disais moi-même dans un
entretien que j’eus à ce sujet avec M. Paul Lourde et qui fut rejiroduit'
dans le journal Le Temps :
14
LA T OU H ElUUi:i. EN 1900
f< Ouels sont les motifs que donnent les artistes pour protester
conlre l’érection de la Tour? (Ju’elle est inutile et monstrueuse? Nous
parlerons de Tutilité tout à l'heure. Ne nous occupons j)Our le mojnent
que du mérite eslliélique, sur lequel les artistes sont plus particuliérement
comjn'tcnts.
« .le vous dirai toute ma pensée et toutes mes espérances, .le crois,
pour ma part, (|ue la Tour aura sa beauté pi'opre. Parce que nous
sommes des in^énieui's, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe
pas dans nos constructions et qu'en même temps que nous faisons solide
et durable, nous ne nous efforcions pas de faire élégant? Est-ce que les
véritables conditions de la force ne sont pas toujours conformes aux
conditions secrétes de l’barmonie? Le j)remier princij)e de l’esthétique
architecturale est que les lignes essentielles d’un monument soient déter-
minées par la parfaite appropriation à sa destination. Or, de quelle
condition ai-je eu, avant tout, à tenir comj)te dans la Tour? De la résis-
tance au vent. Et bien! je prétends que les courbes des quatre arêtes du
monumetit telles (pie le calcul les a fournic's, cpii, partant d’un énorme et
inusité empâtement à la base, vont en s’effilant jusqu’au sommet, donne-
ront une grande impression de force et de beauté; car elles traduiront
aux yeux la hardiesse de la conce[>tion dans son ensemble, de même qm*
les nombreux vides ménagés dans les éléments mêmes de la construction
accuseront fortement le constant souci de ne pas livrer inutilement aux
violences des ouragans des surfaces dangereuses pour la stabilité de
l’édilice.
« Il y a, du reste, dans le colossal une attraction, un charme propre,
auxquels les théories d’art ordinaires ne sont guère applicables. Sou-
tiendra-t-on (jjie c’est par leur valeur artisticjue que les Pyramides ont si
fortement frappé l’imagination des hommes? Ou’est-cc autre chose, après
tout, que des monticules artificiels? Et pourtant, quel est le visiteur qui
reste froid en leur présence? Oui n’en est pas revenu rem[di d’une irré-
sistible admiration! Et quelle est la source de cette admiration, sinon
l’immensité de l’efïort et la grandeur du résultat?
(( La Tour sera le plus haut édifice (pi’aient jamais élevé les hommes.
— Ne sera-t-elle donc pas grandiose aussi à .sa façon? Et pourquoi ce
qui est admirable en Egypte d<'vlendrait-il hideux et ridieuh' à Paris? .Je
cherche et j’avoue (pie je ne trouve pas.
UHKILNES DE LX TOUK
O
« La protestation dit que la Tour va écraser de sa grosse masse
barbare Notre-Dame, la Sainte-Lliapelle, la Tour Saint-Jacques, le Louvre,
le dôme des Invalides, l’Arc de Triomphe, tous nos monuments, (Jue de
choses à la fois! Cela lait sourire, vraiment. (Juand on veut admirer
Notre-Dame, on va la voir du parvis. En (juoi, du Chani[)-de-Mars, la Tour
gônera-t-elle le curieux placé sur le parvis Notre-Dame, (jui ne la verra
j)as? C’est, d’ailleurs, une des idées les j)lus fausses, quoique des plus
répandues, môme parmi les artistes, que celle qui consiste à croire qu’un
édilicc élevé écrase les constructions environnantes, lîcgardez si l’Opéra
ne paraît pas plus écrasé [)ar les maisons du voisinage (pTil ne les
écrase lui-mème. Allez au rond-point de l’Etoile, et, j)arcc (|uc l’Arc de
Triomj)hc est grand, h‘s maisons de la place ne vous en paraîtront pas
plus petites. Au contraire, les maisons ont bien l’air d’avoir la hauteur
qu’elles ont réellement, c’est-à-dii‘e à peu près 15 )/), cl il faut un elTort
de l’esprit pour se ])ersuader que l’Arc de Triomphe en mesure 4;;,
c’est-à-dire trois fois plus. En consécpicnce, il est tout à fait illusoire
que la Tour puisse porter préjudice aux autres monuments de Paris; ce
sont là des mots.
« Peste la (juestion d’utilité. Ici, puisque nous ((uittons le domaine
artistique, il me sera bien permis d’opposer à l'opinion des artistes celle
du public.
« Je ne crois point faire preuve de vanité en disant (jue jamais
projet n’a été plus poj)ulaire ; j'ai tous les jours la ])rcuvc qu’il n'y a pas
dans Paiâs de gens, si humbles (ju’ils soient, qui ne le connaissent et ne
s’y intéressent. A l’étranger môme, (juand il m’arrive de voyager, je suis
étonné du retentissement qu’il a eu.
« Huant aux savants, les vrais juges de la question d’utilité, je juiis
dire qu’ils sont unanimes.
« Non seulement la Tour promet d’intéressantes ol)Scrvati(jns |>our
l’astronomie, la météorologie et la jihysique, non seulement elle pc'rnu'ttra
en temj)s de guerre de tenir Paris constamment relié au reste de la
Erance, mais elle sera en môme temj)s la jtreuve éclatante* des j»rogrès
réalisés en ce siècle par l’art des ingénieurs.
« C’est seulement à notre époque, en ces dernières années, qiu’
l’on j)ouvait dresser des calculs assez sûrs et travailler le fer avec
assez de j)récision j)our songer à une aussi gigantesque entreprise.
LA TOÜU EIFFEL EA 1900
I ^
lu
« N’esl-ce rien pour la gloire de Paris fjue ce résumé de la science
contemporaine soit érigé dans scs murs?
« La j)rotestation gratifie la Tour d’ « odieuse colonne de tôle
« houlonnée ». Je n’ai point vu ce ton de dédain sans une cerlaine
impression irritante. Il y a parmi les signataires des hommes qui ont
toute mon admiration; mais il y en a beaucoup d’autres qui ne sont
connus (jue par des productions de l’art le plus inférieur ou par celles
d’une littérature qui ne protite pas beaucoup au bon renom de notre
pays.
« M. de Vogué, dans un récent article de la Revue dcf; Deux Mondes,
ajirès avoir constaté (jue dans n’importe quelle ville d’Fiurope où il
passait, il entendait répéter les plus ineptes chansons alors à la mode
dans nos cafés-concerts, se demandait si nous étions en train do devenir
les Græculi du monde contemporain. 11 me semble que, n’eùt-elle
|)as d’autre raison d’être <|ue de montrer que nous ne sommes j)as
simplement le pays des amuseurs, mais aussi celui des ingénieurs et
des constructeurs qu’on ai)pelle de toutes les régions du monde pour
édilier les ponts, les viaducs, les gai‘(‘s et les grands monuments de
l'industrie moderne, la Tour Eilfcl mériterait d’être traitée avec consi-
dération. »
J’ai tenu à reproduire cette réj)li(pie, malgré la vivacité de sa forme,
pai’ce qu’elb' raj>|)elle l’ardeur des [)olémlques qui avaient été engagées
au moment de la construction et les diflicultés sans cesse renaissantes
contre lesfjuelles pendant deux années j’ai eu jus(pi’au bout à lutter. Mais
mon pi-ojet avait deux puissants auxiliaires <jui lui sont encore fidèles :
le ipatronage des hommes connus par leur haute science et la force
irrésistible de l’opinion du grand public.
7. — Autres objections contre la Tour et son utilité.
I.cs objections les plus fréqiu'inment mises en avant étaient que la
construction elle-même était inqiossible, (jue jamais on ne jtourrait lui
donner une résistance cajiable de s’ojtposer à la violence du veut; que
même y arrivat-on sur le papier, on ne trouverait jias d’ouvriers caj>ables
de travailler à cette hauteur, les difficultés devant être encore aggravées
OUir.INKS DE LA TOLll
17
par les énormes oscillations (|ue prendrait cette colossale tige de 1er
sous l’eflet des vents.
Ces objections, qui semblent actuellement bien puéi'iles, ne me
touchaient guère. .Je savais, par mes travau.x antérieurs, (pie, quand il
s’agit de constructions métalliques, la science de la Ixésistancc des
matériaux est parvenue, de notre temps, à un degré de précision qui
permet d’être assuré par le calcul de la détermination des elïorts en
chaque point de la construction et des résistances qu’on [leut leur
appliquer. Je savais aussi, par l’expérience acquise aux grands viaducs
d(î Garabit, de la Tardi's, etc., (jue je n’avais eu aucune diriicullé à
recruter des hommes travaillant à l’aise au-dessus de vides atteignant
125 /yp et pour lesquels l’effet de la hauteur était sans conscMjuence
appréciable. Quant aux oscillations, le calcul les montrait si faibles et
si lentes que les ouvriers jiortés par la construction n’en devaient
ressentir aucun effet gênant et à peine s’en apercevoir.
J’eus bien davantage à lutter contre celte objection sans cesse
renaissante de VinidilUé de la Tour, qui était la tarte à la crème courante.
Voici ce (jue je ne cessais de ré{)éter :
Connue du monde entier, la Tour a frappé l’imagination de tous en
leur insjiirant le désir de visiter les merveilles de l’Exposition, et il est
indiscutable (ju’elle a excité une curiosité et un intérêt universels.
Etant la plus saisissante manifestation de l’aiT des constructions
métalliques par lesquelles nos ingénieurs se sont illustrés en biurope,
elle est une des formes les plus frappantes de notre génie national
moderne.
En dehors de ces premiers résultats, dont l’importance matérielle
et morale est ca[)itale dans la circonstance, il n’est [>as douteux (jue les
visiteurs qui seront transportés au sommet de la Tour auront un vif
plaisir ii contemjder sans danger, d’une jilate-forme solide, le magniüque
panorama qui les entourera. A leui’s jiieds, ils verront la grande ville
avec ses innombrables monuments, ses avenues, ses clochers et ses
d(')ines, la Seine (jui l’entoure comme un long ruban d’argent ; jdus
loin, les collines (jui lui forment une ceinture verdoyante, et jiar-dessus
ces collines, un immense horizon d’une étendue de i8o km. On
aura autour de soi un site d’une beauté incomjiarable et nouvadle, devant
lequel chacun sera vivement impressionné par le sentiment des gran-
IS
LA TOT U EILI'EL EN 1900
(hnii’s ('t (les beaiüés de la nature, en même temps que par la |)uissance
(le l’elTort humain, ('.es spectacles ne sont-ils pas de ceu.x qui élèvent
l’ànie ?
La Tour aura en outre des aj)plications très variées, soit au j)oint de
vue de notre dél'ense nationale, soit dans le domaine de la science.
« En cas de guerre ou de siège, on |)oui‘rait, du haut de la Tour,
observer les mouvements de l’ennemi dans un rayon de plus de 70 //>?,
et cela par-dessus les hauteurs (jui entourent Paris, et sur lesquelles
sont construits nos nouveaux Torts de défense. Si l’on eût possédé
la Tour j^endant le siège de Paris en 1870, avec les foyers élec-
tricpies intenses dont elle sera munie, qui sait si les chances de la lutte
n’eussent })as été profondément modifiées? La Toui' serait la commu-
nicalion constante et facile entre Paris et la province h l’aide de la
télégraphie oj)tique, dont les procédés ont atteint une si remarquable
|)erfection. » (Max de Nansouly. — La T’our Eiffel.)
Elle est elle-même à une distance telle des forts de défense qu’elle
est absolument hoi’s de [)ortée des batteries de l’ennemi.
hdle sera, enfin, un observatoire météorologique merveilleux, dans
lequel on [)Ourra étudier utilement, au point de vue de l’hygiène et de
la science, la dii’ection et la violence des courants atmosphériques, l’état
et la com[)osition chimicpie de ratmosj)hère, son électrisation, son
hygromélric, la variation de température à diverses hauteurs, etc.
Comme observations astronomiques, la pureté de l’air à cette
grande hauteur et l’absence des brumes basses (|ui recouvrent le j)lus
souvent l’horizon de Ihiris, permettront de faire un grand nombre
d’observations d’astronomie physique, souvent impossibles dans notre
région.
11 faut encore y ajoutei' l’élude de la chute d('s corps dans l’air, la
résistance de l’air sous dilférentes vitesses, l’étude de la compression des
gaz ou des vapeui's sous la j)ression d’un immense manomèti’c à mercure
de 400 almos[)h(‘res, et toute une série d’expériences j)hysiologi(|ues du
plus haut intérêt.
Ce sera donc pour tous un observatoire et un laboratoire tels (ju’il
n’en aura jamais été mis d’analogues à la disposition de la science.
C.’esl la raison pour hujuelle, dès le pi'emier jour, tous nos savants
m’ont encouragé pai' leurs plus hautes sympathies. l*armi ceux-ci, je
ORIGINKS DE LA TOUR
19
dois citer tout d’nbord M. Hervé Mangon, Membre de l’Institut, qui, dès
le } mars 1B85, dans une communication à la Société Météorologique
de l'^rance, détaillait avec une grand(‘ science les services que devait
rendre la Tour « dont », disait-il le premier, « rutilité comme instrument
de recbercbes scientifiques ne saurait être mis en doute ».
A ce nom je dois ajouter celui de l’amiral Mouchez, Directeur de
l’Observatoire, du colonel Perricr, connu par ses gi'ands travaux
géodésiques, de M. Janssen, Directeur de roi)servatoire de Meudon, etc.
,1e puis maintenant ajouter que rexj)érience a réalisé leurs j>révi-
sions; j’ai publié un ouvrage qui est j)i-es(pie en entier consacré aux
applications scientifiques et militaires de la d’our ainsi qu’aux recbercbes
que je viens d’énumérer. Elles sont résumées dans le présent livre.
Sans m’attarder à rappeler toutes les difficultés que rencontrent,
semées complaisamment sous leurs j)as, tous ceux qui veulent entre-
prendre une œuvre nouvelle, je dirai seuleuKmt que, grâce aux bomu's
raisons que je viens d’exposer rapidement (>t à la persévérance (pu* je
mis il leur service, la causi' fut enfin gagnée : il n’y eut plus (pi’à déter-
miner l’emplacement définitif sur lecpiel la Tour devait s’élever.
^8. — Choix de l’emplacement définitif de la Tour.
Voici sur ce sujet comment s’exprime M. .Alfred Picard dans son
Rapport Général :
« La première question à résoudre était celle de l’emplacement défi-
nitif de la Tour.
« De graves objections étaient faites au choix du (di<amp-dc-Mars.
« Etait-il rationnel de construire la Tour dans le fond di‘ la vallée
de la Seine ? Ne valait-il pas mieux la placi'r sur un point élevé, sur une
éminence, qui lui servirait en quelque sorte de piéd('stal et en augmen-
terait le relief?
« Ce gigantesque pylône n’allait-il pas écraser le palais du Cliamp-
de-Mars ?
« Conven;u’t-il d’édifier un monument définitif dans l’emplacement
où seraient sans aucun doute organisées les expositions futures, de
s’astreindre ainsi à le faire nécessairement entrer dans le cadre de ces
20
LA TOUR EIFFEL EN 1900
expositions, alors que la nouvc'auU^ dos installations est l'nn des (éléments
essentiels, sinon l’élément primoi-dial dn succès?
« CerU's les critiques étai('iil "raves. Mais, (>n éloignant la Tour, on
(‘01 tout à la fois compromis h* succès linancier de l’cnl reprise et perdu
une forte part du bénéfice qu’elle devait apporter à l’Exposition de 1889.
Il ne restait donc à choisir qu’entre le Champ-de-Mars et la place du
'l'rocadéro.
« L’adoj)lion de ce dernier enqdacemenl n’eût fait gagner qu’une
hauteur de 25 ni environ, cliilfre bien minime relativement aux 300 m de
la Tour ; elle aurait donné lieu aux plus sérieuses difficultés pour
l’assiette des fondations sur un sol profondément excavé par les anciennes
carri('ires de Paris; enfin le contact immédiat du monument avec le palais
du Trocadéro eût certainement produit un effet désastreux.
« Il fallut accepter le Champ-de-Mars. Du reste, à C(Mé de ses
inconvénients, c('tte solution avait de réels avantages; elle ])ermettait
notamment d’utiliser la Tour comme entrée monumentale de l’Exjiosition^
en face du j»ont d'Iéna, d’éviter par suite la construction d’une ('ntrée
spéciale et de réaliser de ce chef une grosse économie, tout en dotant le
concessionnaire d’nne subvention d(‘ 1.500.000 fr.
« Celle dernièi'e considération, qui avait si juslcunenl frajq)é
M. Lockroy, n’a p(‘ul-èlr(* pas toujours été suffisamment appréciée. »
hhi d’autres l(‘rmcs, la Tour est née de l’Exposition ; sans celle-ci, il
est pi-ol)ahIe. (pi’i'lhi n’eût pas été édifiée; elle devait donc conliahuer à
son emh(‘lliss(‘inent cl à son attraction, en même temps qu’elle en béné-
ficierait elle-même. Son emplacement ne pouvait dès lors (';lrc que dans
l’enceinte ménu' de l’h^xposilion. Si cell(‘-ci avait été à Courb(‘voie, la
Tour l’y aurait certainement suivie; mais l’Exposition étant au Champ-d(^-
.Mars, il est |)eu sérieux de regretter que la Tour n’ait j)as été édifiée sur
1(‘ mont Valérien.
L’expérience a montré d’aillenrs que l’on ne pouvait faire un meil-
leur choix comme emplacement. La Tour formait en etfel, dans celui qui
a été adopté, une entrée triomphale à l’Ex|)osilion, <>t, sous S(‘S grands
ai'ccanx, on voyait du pont d’Iéna se déconper le l)(')ine central qui con-
duisait à la gah'rie des Machines et, de chaque C()té, les dtnnes des
galeries des Peaux-. \rts (‘I des Arts libéraux, où ils s’encadraient mer-
veilleusement.
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PLN?2
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Première plate -forme_£cAewe ooozp.m.
Fi^. 1. Elévation
Fi (j - 2 Vue en plan
Fig-.l Plan da4'*Btage.Coupe CD
Fig-.8.Plan dutelvédèreXoupeEF
Fi 10. Coiipe KL
Etages SUpérieilTS_£c7ie7Je OMZp.m
Elévation
/llujirJrrr (iSi.glSJ
• ta-ZantuTtr^fStojBS)
FAm^^ f37£>y/S '
ClÜKriA Ü.viirt <.'iirx’
Etage mtei'm édiaire_£che/;e qoqz pm
Fig. 12 .Vue suivant AB
liffl
I'ig.13. Vue en
Deuxième plate-forme_.Ec/je//e ooozpm.
Fi g. 3. Elévation
Fig. 4'. Vue en plan
Fig. 6. Pian du 3?’ELage_Coupe AB
PI. X"1
PILE2/Sst;
\ ■
1 ^
'iv î"
'ig. 4'. Plan général des maçonneries
b'.chelle 0.0008pm
Côlr- dn- r/irre- loi'^hO
Ascenseup sj/stème Fivos-Lille
cLEscalicp du Solau l'^aoc
\
NOTA: Les moMirali,!) sont somblabîo.
PILE3®!I<1;
Escalier
'' /
\ /
jKCenlre de la Tour
/'
,/
\
rifincJitr iiiifJ-nid<lùu>e^(22j.U$ )
(^Id 3qTS3,
PlaJifJia- fin-Z'-
Fi g. 1. Elévation
Echelle 0.0008 J) m
0)té ccidnnir
Eiilfeioise 1M?2
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nnneit£4- de ItL terrtuse sup oiSj
de la. teeraase’ du- ptia/T.l3ZBjiSj
FlojtrJtej' du. J 'Eriye. (3o3. SS)
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CHVIMTHE II
LA TOUR PENDANT L’EXPOSITION DE 1889
^1. — Ossature et plates-formes.
La Tour a la forme d’une j)yramide quadrangiilaire à faces courbes,
dont la hauteur est partagée en trois étages : le premier situé h
57,65 au-dessus du sol, dont l’altitude est (-|- 35,50), le deuxième à
115,75 tn et le troisième è 276,15 m. C’est ce dernier plancher qui
porte le campanile formant le couronnement de la Tour et la lanterne du
phare, dont la plate-forme suj)érieure est à la hauteur de 500,51 m au-
dessus du sol.
Les arêtes de la pyi’amide sont constituées jusqu’à la hauteur du
deuxième étage par quatre montants ou piliers distincts ayant la forme
de caissons carrés, A la naissance de l’ossature métallique, c’est-à-dire
dans le plan horizontal passant par les points où elle s’appuie sur les
soubassements en maçonnerie, ces quatre montants ont leurs centres
situés suivant les sommets d’un carré de 101,40 m de côté. Depuis le
sol jusqu’au niveau inférieur des grandes poutres en treillis qui sup-
portent le premier étage et entretoisent les montants en formant une
première ceinture horizontale, ces montants ont une inclinaison cons-
tante et leurs faces une largeur également constante de 15 tn. (’ette
inclinaison (>st de 65“,48'49" dans le plan des faces et de 54",5 5'26" dans
le jtlan diagonal qui contient la ju’ojection d(‘ l’axe du montant.
22
LA TOUR EIFFEL EX 1900
An (loh'i (lu pnnnior (Hage, loiir inclinaison devient variable ainsi rjne
leur largeur, qui va eu décroissant progressivement jusqu’au deuxième
étage, où elle n’est plus que de 10,41 m.
A ce deuxième étage, de nouvelles poutres horizontales entreloisent
les quatre montants; mais, au delà, le mode de construction change : les
faces extérieures des montants se réunissent deux à deux, leurs faces
intérieures disparaissent et l’on n’a plus, dans cette partie supérieure de
la Tour, qu’un grand caisson unique en forme de tronc de pyramide
quadrangulaire dont la hase, à la hauteur de 115,73 ^^0 ^ 3 U70 7n de
côté et dont celle au niveau du troisième étage, c’est-à-dire à la hauteur
de 276,13 )n, a seulement 10,00 ))i.
Des arcs de 74 de diamètre se développent entre les montants
à l’étage Inférieur; mais leur rôle est purement décoratif.
Au premier étage sont installés, dans les esjiaces conquis entre les
montants d’une même face, quatre restaurants; de plus une galerie
couverte extérieure, portée par des consoles et ayant 270 de dévelop-
pement, fait le tour de la construction.
Tout l’espace compris entre les montants et dans l’intérieur de
ceu.x-ci porte un plancher laissant un grand vide central entouré d’un
garde-corps.
La surface totale des jdanchers de cet étage, déduction faite des
vides pour le passage des ascenseurs, mais en y comprenant la galerie,
est de 4.010 m". La surface couverte jiar les galeries et les restaurants
est de 2.760 w?'.
Le deuxième étage a aussi une galerie extérieure établie de la
même manière que celle du premier étage, mais d’un développement
moindre (150,52 »>-). Le plancher s’étend à cet étage sur toute la
section de la Tour, sans vide central, et donne une surface de
1.300 nr. Sur ce plancher étaient établis une boulangerie, une impri-
merie du F'if/aro^ des abris fermés et des kiosques divers (jui ont
disparu après l’Exposition.
Le troisième étage est comjdètement couvert et donne avec les
consoles extérieures une surface de 270 m*. Il forme une sorte de
cage vitrée |>ar d(‘S glaces mobiles, d’où les visiteurs j)euvent, à l’abri du
vent (pii règne fréquemment à ces hauteurs, observer le panorama qui
h‘s entoure.
LA TOUK l’ENDAM I.’ EXPÜSITI ON DE 1889
2:i
Iinmédialeiiicnt au-dossus de ccllo j)arlie couverte, se li’ouve une
terrasse (|ue j’avais tenu à me réserver; le centre en est occupé [>ar des
laboratoires scieutiinjues et j)ar une [)ièce servant aux réceptions.
Au-dessus de ce bàtinient central, sont disposées les j)outres en
croix supportant les j)oulies de transmission de l’ascenseur vertical du.
sommet. Ces poutres sont surmontées des quatre grands arceaux à
jour suj)})ortant la lanterne du phare, (^est sur la coiq)ole supérieure
de ce phare que s’ap[)uie la petite [)late-l‘orme de 1,70 ni de diamètre,
qui est exactement à la hauteur de 300 ni au-dessus du sol.
On peut y accéder facilement [>ar des échelles intérieures, et l’on n’a
plus au-dessus de soi (pie le paratonnerre.
L’axe du Cham[)-de-Mars étant très sensiblement incliné à 45" sur le
méridien, la Tour se trouve orientée de telle façon que ses pieds sont
situés aux quatre points cardinaux.
Les piliers ont été numérotés (ui [U'etiant pour oi'igine celui (|ui est
placé près de la Seine du côté du centre de Paris. Ce |)ilier, qui porte le
numéro i est le pilier Nord. L’ordre des numéros ayant été établi sui-
vant le sens des aiguilles d’une montre, les autres piliers portent les
désignations : 2 ou Est, 3 ou Sud, 4 ou Ouest.
Comme princi{)e de construcliou, j’ai admis, au point de vue de la
matière, l’emploi à [)eu [>rès exclusif du fer de préférence à l’acier, qui
a une rigidité moindre; au [)oint de vue de la forme des éléments, j’ai
adopté celle que j’ai toujours [)réconisée dans les constructions sorties
de mes ateliers et notamment dans les piles de nos viaducs : c’est-à-dire
celle en caissons^ (|ui, avec le minimum de section, donne le maximum de
résistance longitudinale et transversale, et permet aux pièces ainsi consti-
tuées de travailler aussi bien à la compression (|u’à l’extension.
I/emploi de cette forme en caissons, avec parois pleines pour les
pièces d’exceptionnelle résistance, et avec [>arois évidées (ui tiaullis j)Our
toutes les autres, beaucoup j)lus nombreuses, est une des caractéris-
ti(|ues du système de construction de la Tour.
Cet enqdoi presqiu' général des caissons en treillis s’inq^ose d’autant
plus ici qu’il permet, pour une résistance déterminée, de n’opposer au
vent (|ue le minimum de surface.
24
LA TOLll EIFFEL EN 1900
§ 2. — Puissance des ascenseurs.
Pour faciliter aux nombreux visiteurs l’ascension des diflérents
étapes de la Tour, il a été nécessaire d’installer des organes mécaniques
puissants permettant de transporter ces voyageurs sans fatigue et sans
danger.
On a du reste, en dehors des ascenseurs, accès du sol au premier
étage j)ar deux escaliers j)lacés dans les piliers Ouest et Est, et du
j)remier au deuxième étage {>ar (juatre escaliers en hélice, [)lacés respec-
tivement dans chaque pilier.
Le nombre et la puissance des ascenseurs devaient être propor-
tionnés au chilïre des visiteurs j)révu pour cliacjue plate-forme; ce
chilïVe devait naturellement diminuer avec 1a hauteur de l’étage et avec
l’augmentation du tarif d’ascension.
C’est ainsi que l’on fut amené à desservir la |)remière plate-forme
au moyen de deux ascenseurs spéciaux, du système Poux, Combaluzier
et Lepape, installés dans les jjiliers Ouest et Est, (jui, pratiquement,
élevaient 90 personnes par voyage et elï'ectuaient 10 voyages à l’heure,
soit 900 personnes à l’heure et 1.800 pour les deux appareils.
Pour le deuxième étage, on a installé deux ascenseurs hydrauliques,
système Otis, dans les piliers Nord et Sud, (jui étaient capables de trans-
jiorter 42 voyageurs en elîectuant 9 voyages à l’heure. On a été conduit
par les besoins de l’ex[)loitation à afl'ecter un seul de ces ascenseurs
à ce service, qui comportait 42X9=578 voyageurs à l’heure. L’autre
ascenseur fut affecté au service du premier au deuxième étage et réa-
lisa 12 ascensions de 42 voyageurs, soit 42X12=504 voyageurs à
l’heure. Leur ensemble permettait ainsi de monter au deuxième étage
578-1-504 = 882 voyageurs à l’heure.
Pour l’ascension du deuxième étage au sommet, on a adopté un ascen-
seur vertical du système Edoux à course fractionnée et avec changement
de cabine à la plate-lorme intermédiaire.
11 élevait 45^[)ersonnes à l’heure à raison (5e 7 voyages et de 65 jier-
sonnes par voyage.
l.A TOLU 1*EM)AM L’KX l'OSlTION DE 1889
§ 3. — Description sommaire des trois systèmes d’ascenseurs.
a) Ascenseurs llouæ, Combaluz'ier et lA>pape.
Ces (Jeux ascenseurs ont été (.'‘tudiés par M. Guyeuet, ingénieur,
d’aj)rès le [)rincipe du brevet de MM. Roux, Coinhaluzier et Lepape. Les
pièces principales ont été exécutées par M.M. Carion et l)(;lniotte, d’Anzin.
Le système est basé sur le principe suivant : si l’on constitue une
chaîne au moyen de bielles articulées entre elles et si on l’oblige à se
dépi acer dans l’intérieur d’une gaine rigide, cette chaîne sera susceptible
de travailler soit à la traction, soit à la compression, et elle ])ourra fonc-
tionner à la façon d’un piston uni<jue j)ar l’intermédiaire diujuel se pro-
duira le mouvement de la cabine. Celle-ci d’ailleurs restera, en tous les
points de sa course, soutenue par un appui susceptible de s’op[)oser à sa
chute, comme cela se produit dans les ascenseurs liydrauli(|ues du
système Edoux. De [)lus, ce piston articulé peut se déjdacer suivant un
chemin courbe, ce qui le différencie du système précédent.
Le chemin de roulement sur lequel se dé[)lace la cabine comprend
deux rails placés sur les semelles supérieures de deux poutres fixées à
l’ossature de la Tour. De chaque côté de ce chemin est installée la chaîne
des pistons articulés sous forme de chaîne sans lin, qui engrène à la
partie inférieure avec une roue motrice à empreintes R (voir schéma, lig. i)
et passe sur une poulie de renvoi lisse R', placée au-dessus du i" étage.
Le brin inférieur de chacune des deux chaînes est fixé à la cabine,
laquelle est portée par des galets roulant sur une lile de rails [ilacés sur
les poutres du chemin de roulement.
Chacun des circuits est enfermé dans une gaine continue qui entoure
la roue motrice et la poulie de renvoi. Dans la portion correspondante à
la course de la cabine, les deux parties de cette gaine sont juxta[)osé(‘s.
L’attache de la cabine se fait au moyen d’une traverse en fer 1\,
faisant partie du circuit (voir tig. i). Pour lui livrer passage [lendant la
marche de la cabine, la gaine inférieure est ouverte latéralement. Les
jiistons courants R sont formés de barres de i m de longueur, articulées
entre elles à leurs extrémités. Chacune de ces articulations porte deux
4
20
LA TOUR Lll’FEL EN l'.Hio
galcls (le 140 nnn tic diamètre, s(* déplaeanl chacun enti'e deux rails lixés
à la gaine, d(‘ sorte (|ue la gaine l■eetangulaire renlei’mc (piatrc rails
placés près des angh;s, deux à la partie inférieure et deux à la partie
supérieure (voir coujte des gaines de la tig. i).
LA TOUH LKNDANT l/KX l'OSlTI ON 1)L 18S!)
27
I )ans chacun de C(‘S circuits sont intercalés <1(mix pistons tendeurs
(fu^. i) servant ;'i augmenter ou diminuer sa tension, et des pistons-
contrepoids I\, destinés à érpiilihrer en ])artie le poids de la cage.
(’diacun est actionné par un moteur hy-
draulifjue ahsolumiMit indépendant, (pii se
compose d'un cylindre hydrauliipie à sim[)le
etîet Cy dans leijuel se meut un piston |don-
geur IV, [lortant à son (‘xlrémité deux j)ou-
lies de moutlage, sur chacune desipielles
passe une chaîne de Galle, VJi. (les chaînes,
tixées îi l’une de leurs extrémités A/, action-
nent, après avoir passé sur les jioulies de
moutlage, des pignons IV montés sur l’arhre
portant la poulie motiâce de la chaîiu' des
pistons articulés.
Pour la montée, on lait communi>pi(‘r
les cylindres avec Peau sous pression; les
pistons, poussés en avant, entraînent les
chaînes de Galle qui l'ont tourner les arbres
moteurs. Pour la descente, on fait commu-
niquer les cylindres avec l’évacuation; le
|)oids de la cag<‘ (pu n’est ])as complètement
équilibré lait, par l’intermédiaire des pistons
articulés, tourner h's roues motrices et ren-
trer les plongeurs dans le cylindre*.
h) A.scenseurs Otis.
l-’iii:. — l’iatoiis articulés
au
installés, l’im dans le ])ilier Nord, l’aulrt*
dans le piliei* Sud. Le pr()j('t en a été établi
par la Société américaine des ascenseurs
Otis, (jui a construit, dans s(*s ateliers (h* New-VorU, la presque tota-
lité d(*s pièces du mécanisme.
L’asc(*nscur Otis prés(*nte la disposition généi'ale des appareils
hydrauli(pies à système funicnlaire* : c’(*st-à-dire (pu* la cabine est mue
28
LA TGV U ETFFP]L EN 1900
par un palan relié à un piston hydraulique. La puissance est appli(pi6e
directement sur le inoune et la résislance sur le garant.
(^e disj)()sitif a l’avantage de permettre la course très considérable de
la cabine, soit 129,96///, par un déplacement relativement faible du piston,
soit 10,83 m en enqiloyant un palan à 12 brins; mais, en revanche, il
nécessite un grand elïort, leipiel, abstraction faiti' des frottements, est
égal 11 douze fois l’effort de traction sur la cabine. Cet effort est obtenu
par de l’eau sous une pression de 12 /if/ environ.
A la partie inférieure des piliers Nord et Sud de la Tour, est disposé
un long cylindre incliné de 0,963 m de diamètre intérieur et de 13 m de
longueur environ, dans lequel se meut le |)iston; au-dessus de celui-ci
agit l’eau emmagasinée dans un réservoir situé sur la seconde plate-forme.
Deu.x tiges rattachent le piston à un chariot mobile, portant 6 poulies à
gorge de 1,52 m de diamètre.
Le cylindri' et la voie du chariot reposent sur deux poutres inclinées
de 61", 20 sur l’horizontale et présentant une longueur de 40 ///. .\ l’extré-
LA rOUK PENDANT L’EX l‘OSn ION DE 1880
20
mité sujx'M’ieure de ces poutres, sont inslalli'es 6 poulies fixes, en corres-
pondance avec les poulies du chariot pour conslituer un ^rand palan
inouflé à 12 hrins. Le dormant est fixé sur le sommet des poutres et
l’extrémité du fjçarant entraîne la cabine,
l’our diminuer l’efTort de traction, on équilibre une partie du poids
mort au moyen d’un contrepoids se déplaçant sur un chemin de roulement
spécial, et on ne laisse à la caliine que l’excédent nécc'ssaire pour ([u’elle
puisse descendre seule à vide, en entraînant le chariot des poulies n'ohiles
et le piston; car, ainsi cpie nous l’avons dit jilus haut, la pression d’eau
n’est jamais introduite que par le haut du cylindre, tpii travaille à simjile
etTet,
Ces premières indications suffisent à expliquer le fonctionnement
général de l’ascenseur. Lorsque l’eau sous pression est introduite au-dessus
du piston, celui-ci tire le chariot de haut en lias, le garant passe sur un
système de poulies de renvoi placées au deuxième étage et la cabine est
entraînée en sens inverse (voir lîg. 3).
Pour ojiérer la descente, on établit la communication entre le haut et
le bas du cylindre : la cabine descend alors sous l’action de son poids en
faisant remonter le chariot du palan et le piston. Dans ces deux mouve-
ments tes tiges du piston travaillent toujours à la traction, c’est-à-dire
dans les meilleures conditions, en raison de leur grande longueur.
Pendant l’arrêt, l’eau ne circule ni ne s’introduit dans le cylindre.
c) Ascenseur Edou.r.
L’ascenseur destiné à transporter les voyageurs de la Tour, de la
deuxième à la troisième plate-forme, est un ascenseur hydraulique vertical
d’une course totale de 160,40/71. 11 a été étudié et construil par M. ITloux,
constructeur à Paris.
Le principe des aj/pareils de ce genre est connu ; Un piston mélal-
lique, ayant pour hauteur celle de la distance à parcourir, se déplace dans
un cylindre vertical, et porte à sa partie supérieure la cabine destinée à
recevoir les voyageurs; le système ainsi conslitué est équilibré par des
conti-epoids convenablement disposés et calculés.
(>e type d’ascenseur, en l’aison de la course (‘xc(‘ptionnelle à fournir,
ne jtouvait s’appliquer tel (|uel à la four, et l’appareil à réaliser devait être
30
I.A TOUU EIFFEL EA lOOO
coMslitiu'' (le fnçon qu’aiiciin de ses organes ne péiuHrAt au-dessous du
niveau infc*ri<'ui’ des ccmuI lires du deuxième èlago.
A cet efîel, on a divisé la course en deux parties égales en établissant
h mi-liauteur un plancber intermédiaire (voir lig. 4).
La portion de course comprise entre ce plancliei’ intermédiaire et la
troisième plate-forme (soit 80,20 in) est francliie en faisant, comme d’ordi-
naire, sujiporter la cabine par la tète des pistons bydrauli(|ues, dont les
deux cylindri's A sont logés entre le deuxième étage et le jdancber iiiter-
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A
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PlaiidJcr'î'nielimfcdiairc
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— Scljtiw!}
de l’nscciisciir Edoiix.
médiairi'.
Mais, de jilus, rpiand l’ime des cabines L,
monte de ta jdate-forme intermédiaire au troi-
sième étage, l’autre. G,, formant contrepoids,
descend de la j)late-forme intermédiaire au
deuxième étage et vice versa.
Les voyageurs cbangent de cabine au plan-
cber intermédiaire, et parcourent la course
totale de 160,40 7H j>ar le double mouvenumt
de descente et de montée du piston.
Le projet avait d’abord été établi avee un
|»iston central de 0,45 de diamètre; mais on
reconnut bien vite que le vent aurait sur ce pis-
ton une action des plus fâcheuses, en faisant
prendre um* llècbe inadmissible à cette longue
tige abandonnée sur une longueur de 80 7n. La llècbe aurait atteint
2,00 ai jtour les vnits de 100 ///. Aussi, on a été conduit à dédoubler le
piston, et à le remj»lacer par deux pistons latéraux placés en dehors du
jtérimètn' occupé par la cabine, de sorte (pi’il a été possible d’entoui'er ces
pistons d’une gaine rattachée à la charpente métalli(pie cl les soustrayant
à l’action du V(*nt.
(^es gaines offrent cbacuni* une fente longitudinale laissant passer
l’assemblage de la tète du [)islon avec la caliiue. Ixlles sont formées de
colonnes creuses en fonte, emboîtées les unes dans b.‘S autres; elles sont
boulonnées sur les pot(‘au\-guides faisant paidie de l’ossature de la Tour
|)i‘écédemment décrits; elles régnent sur la hauteur comprise entre le
plancber intermédia.'ri* et le troisième étage.
Des gaines analogues allant du deuxième étage à la |»late-forme
LA TOI |{ l'ENDANT L’ EX LOS I T I (>N DE 188!l
81
inlc'nnédiaire servcMit de guidage à la cahiiu' eonlre[>oids, [irolègeiil les
càl)les de réunion des deux cabines, el servenl en même leni|)s pour le
frein |)araclinle.
Dans la porliou comprise entre la plate-forme intermédiaire et le
troisième étage où sont installées les poulies de renvoi, les câbles l’éunis-
saiit les deux cabines sont guidés dans un léger caisson en lùle et cornièn's
fixé à l’ossatni’c de la Tour, (jui les protège également contre l’action du
vent.
îi 4. — Machines et chaudières.
L’eau sous pression qui est employée* [)Our la inarcln' des ascenseurs
est fournie [>ar des jtompes qui élève'ut l’eau provenant des conduites de
la ville Juseju’à des réservoirs situés dans la Tour, et placés l’un au troi-
sième étage, pour desservir l’ascenseur Ldoux, les autres au (b'uxième
étage, pour (b'sservir les ascenseurs (’.ombaluzier et Otis.
Les [)om[)es, ainsi (pn* toutes les installations mécaniques, dynamos
et chaudières, ont été réunies dans le sous-sol de la pile 3 (Sud), spécia-
lement aménagé à cet elîet.
Les deux rései’voirs des ascenseurs système Combaluzier et système
Otis, étaient alimentés, depuis iGtlq juscpi’en 1G99, [>ar des macliines et
|)ompes au nombre de deux, étudiées pai* M. Meunier, ingénieur civil, et
construites par la Société anonyme d’Anzin, n*[)résentée par M. A. de
(Jnillaccp
Le moteur à vapeur était du type \\ celhock, et la |)ompe, du type
Girard, à double elTet et à [)istons plongeurs, était attelée au prolongement
arrière de la tige du juston moteui*.
Lbaque pompe était capable d’élever à 120 m un volume de 4.030 ,,
d’eau par minute avec une vitesse de 32 tours. La puissance correspon-
dante est d’environ i i i chevaux, (^es macliines étaient à condensation par
mélange. La va[)eur était introduite [lendant 1/7 de* la course à la pression
initiale de 6,3 /y [lar cbeval-beure en eau mont('*e.
L’ascenseur lOdoiix était et est encore desservi par deux pompes
système Worlbington, comprenant deux cylindres à double elîet. Ces
|)omp(*s, (jui refoulent l’eau au troisième étage à la cote de 307 /y?, sont
alimentées par un réservoir de décharge recevant l’eau à la sortie de
32
LA TU ru EIP^FEL EN lîlOO
l’ascenseur et situé lui-iiième à la cote de 227 m, de sorte que le refou-
lement effectif n’est que de 80 m.
rdiacune de ces |)oinj)cs est actionnée directement [>ar deux moteurs
compound à cylindres en tandem, ayant une puissance de 56 chevaux
|)our 30 coups de pompe, ce (jui correspond à un débit de 1.100 / à la
minute.
La salle des machines renferme encore des dynamos et leurs moteurs
servant à l’éclairage électrique.
La distribution électriijue comprenait :
1“ L’éclairage des plates-formes j>ar des lampes à arc et des lampes à
incandescence représentant une intensité totale de 860 ampères, débités
sous 70 volts, correspondant à un total de 28.130 bougies;
2“ Deux projecteurs, du système Mangin, installés sur la quatrième
plate-forme. Ces projecteurs, qui permettent de distinguer, jiar un temps
clair, les détails des monuments jusqu’à une distance dey à 8 km, absorbent
chacun 100 ampères.
3° Entin le phare du sommet à feu continu et éclats périodiques,
alimenté par un courant de 100 ampères et fournissant, après ampli-
lication d’un tambour dioptrique, une intensité lumineuse de 71 .500 carcels
environ pour le feu fixe et de 540.000 pour les éclats. Par une nuit
claire, les éclats peuvent être aperçus jusqu’à 100 km.
Le courant nécessaire ;i l’cmsemble de cet éclairage est emprunté à
deux dynamos de la inaison Sautter et Ilarlé pouvant foui'nir chacune
600 am[)ères à 70 volts. Chacune d’elles est actionnée par un moteur
pilon compound de 70 chevaux, agissant par courroie.
Enlin une i)etite j)ompe Worthington de deux chevaux envoie l’eau
de source indispensabh*. aux restaui-ants et bars des étages.
La vapeur nécessaire à ces différentes machines est fournie par
une batterie de 4 chaiidièi-es mullitubulaires à vaporisation rapide, du
système Collet-Niclausse. Cette batterie a été conservée pour 1900.
La production totale du grou[)e est de 6.000 /// de vapeur sèche
il la pression maxima de 10 kf/. L’une des chaudières est mise en réserve;
les trois autres, représentant 150 chevaux-vapeur, suflisent au service
normal.
billes sont alimentées par deux petits chevaux W orthington, qui
aspirent l’eau dans le bac de reloulement des condenseurs.
LA TU LU 1‘i:m)A>t i;i:\i‘osrnuA dl i.ssy
Ces derniers, au nombre de deux, c.upables chacun de condenser
1.200 k(j de vapeur à l’heure, sont à mélange, et alimentés par de l’eau
de l’Ourc(j et de l’eau de Seine prises au compteur.
Î5 5. — Renseignements généraux.
Le [)oids total de la Tour dej)uis les souhassements jus<pTau soniinel
est, y com])ris toutes constructions, de 9.700 tonnes.
Le poids des fers et fontes entrant dans l’ouvrage com{)let est de :
Fomlalions (caissons, etc.) ;^77.()();^ /07
.Suporstruclurc 1 .21 '|
Pièces niécani<|nes pour ascenseurs ()'|().ooo
Tolat <S..‘)(>'|.8i() k(j
La pression sur le sol, quand le vent n’agit pas, varie de 4,1 k(j à
4,5 k(j par centimètre carré suivant tes piles.
L’hypothèse admise poui' l’intensité du vent est celte de 300 kg par
mètre carré de surface ofi'erte au vent. Celle-ci est de 8.515 L’effort
de renversement correspondant est de 2.554 tonnes et s’exerce à une
hauteur de 84,90 m au-dessus du niveau du souhassement.
A ce niveau, le maximum de pression se produit sur l’arbalétrier le
plus voisin du centre. La valeur en est de 723.750 kg sans le vent, et
1.075.250 kg avec le vent. La pression totale maxima sur le sol a lieu
pour la pile Nord et sous le caisson de cet arbalétrier ; elle est de
5,95 kg par C(Mitimètre carré.
Les travaux sur j)lace ont commencé le 26 janvier 1H87 et ont été
terminés le 31 mars 1889, jour de la pose du drapeau du sommet.
Le coût de la construction en 1889 a été le suivant :
Infraslniclure 701.127,08 fr
Superstructure 5.7.‘)'|.**‘22,po
Frais d’euseiuble
Total payé par M. EilVel 7..‘3()2..‘)o'|,'.»7 /r
Dépenses coiupléinentaires payées par la Société
(le la Tour .'io7.o<»<’>,3i
Prix de revient total de la Tour 7-7ÛÛ- ,di j'r
5
3i LA TOUR KIl'FKI. EN J!M)Ü
Au point de vue de l’Exploilalion, le nombre total des visiteurs en
1889 a él6 de 1.968.287, donnant une recette de 5.919.884 /)•.
Les deux |oui'uées où le nombre des visiteurs a été le plus élevé
sont: celle du lo juin (lundi de la Pentecùte'i, 23.202 visiteurs, et celle
du dimanche 18 août, 18.950 visiteurs.
Les deux plus fortes recettes journalières ont été réalisées le lundi
9 septemlire et le lundi 16 septembre, où elles ont été respectivement de
60.756 fr et 59.437 fr.
DEUXIÈME PAHTIE
MODIFICATIONS
FN VUE DE
L’EXPOSITION DE 1900
cii vmuK I
PLATES-FORMES
L’Exposilion tic 1900 t‘l rarnuence des visileurs sur latjut'Ilc on devait
compter à ce moment ont rendu indispensable de remédier à certains
des inconvénients qui s’étaient manifestés pendant l’exploitation de 1889.
Il était nécessaire :
1“ De faciliter la circulation sur les plates-formes en leur donnant
plus de surface utilisable ;
2" De modifier le système des ascenseurs pour procurer un plus
grand nombre d’ascensions.
Ce sont ces modifications qm‘ nous allons décrire en y joignant la
description des nouveaux moleurs mécaniques tpii en ont été la
consécpienc.e.
1. — Traité avec l’Exposition.
l ne convention préalable fut passée, à la dat(‘ du 28 décembre 1897,
enti’C 1 Administration de l’bixposition et la Société* de la Tour, pour qu(*
la Tour fît partie intégrante de l’Exposition dans les mêmes conditions
36
LA TOL'|{ Ell'FEL EN 1000
(|u’eii i88y, Par contre, la Société prenait à sa charge le service des
illnininations (|iii incombaient autrefois à l’Exposition.
Ces illuminations devaient être faites non plus au gaz, mais entière-
iiKuit à l’électricité, et d<‘ |)Ius avoir nue im[)ortance beaucoup plus grande :
en outre des parties do la Tour antérii'urcnn'iit illuminées, chacune des
arêtes extéiieures, sur toute la longueur du sol au sommet, devait
former une sériiî de grands coialons lumineux. Le nombre de lampes que
nécessit»' cette illumination générah' n’est pas moindre de 5.000. Aussi,
a-t-on été conduit à augmenter dans de très grandes [)roportions les
organes électriques anciens.
^2. — Première plate-forme.
Comme on ne pouvait songer à augmenter la surface même de la
première plate-forme, on a dù se borner à mieux utiliser celle existante
pour les facilités de la circulation. Notamment, le passage cjui existait
entre la partie ari’ière des restaurants et la balustrade intérieure du vide
central de la })late-forme était beaucoup trop étroit pour qu’une circula-
tion importante pût s’y produire. De plus, ces façades postérieures
avaient été traitées trop simjdement pour avoir un attrait quelconque,
de sorte que cette })artie de la plate-forme était prescjue inutilisée. Par
suite, on décida d’augmenter le passage intérieur dont nous venons
de jiarler juseprè une largeur minima de 2 m en recuhint en consé-
quence les façades postérieures des bâtiments. On chercha en même
temps à leni- impriuK'r un caractèia* plus gai et plus vivant en leur donnant
iin(‘ silhomdte plus animée et cm y installant des boutiques et des bars.
Cette ornementation nouvelle a été faite en harmonie avec le caractère de
chacun des bfdiments.
i:; 3, — Deuxième plate-forme.
. Les modifications ont été beaucoup jdus importantes sur cette plate-
forme que sur la première. lin elîcd, pendant l’Exposition de 1H89, elle
était partienlièrement encombrét*. non seulement en raison d(> l’empla-
l’LA T K S -FOR MES
37
cernent nécessaire aux voyageurs pour se rendre des ascenseurs inclinés
à l’ascenseur vertical, et [»our la forinalion des queues cjui en étaient
la conséquence, mais encore par r(‘xistence des prolongements inutilisés
des chemins des ascenseurs Comhaluzier et par celle des grands réservoirs
cylindriques alimentant les ascenseurs.
Comme cette plate-forme est Tune des plus agréables de la Tour, on
résolut de lui donner le plus grand attrait possible pour les visiteurs, et
on augmenta tout d’abord la surface inférieure par une bande au pourtour
de 2 m de largeur, et on créa un deuxième étage en terrasse sur une
partie de sa superficie; enfin on réunit en un pavillon central tous les petits
édicules qui étaient disséminés sur la plate-forme.
Mais cela entraînait à une notable augmentation du poids propre de
la plate-forme, laquelle n’eût pas été sans inconvénient. La condition
essentielle de cette transformation était la suppression des réservoirs
cylindriques si encombrants, alimentant les ascenseurs et dont le poids,
quand ils étaient pleins d’eau, dépassait loo tonnes.
C’est ainsi (|ue l’on a été conduit à alimenter les ascenseurs accédant
à cette plate-forme par un système d’accumulateurs i-eposanl sur le sol,
et en outre à supprimer le hourdis en briques Perrière, ainsi qn’il sera dit
»
plus loin.
La première modification consista à enlever la galerie couverte du
[)Ourtour et à augmenter de 2 m la saillie des consoles portant le |>lan-
cber. A cet effet, d(‘S consoles nouvelles en tôle pb'ine furent appli-
quées en avant des anciennes. On créa ainsi une j)late-forme décou-
verte de 4 m de largeur, assurant une large et agréable circulation en
plein air.
Une seconde modification, consistant dans la construction d’une
terrasse au-dessus de la plate-forme, fut aussi réalisée.
Au droit de la face intérieure des grandes jmutres de ceinture,
s’élèvent des piliers en fer de 3 )n de hauteur su[)poi'tant à ce niveau
un balcon muni sur son pourtour extérieur d’une légère balustrade.
En arrière de ce balcon qui est en saillie sur le plan des faces extérieures
des arbalétriiu’s de la Tour, le plancher, soutemu par de nouveaux jiiliers
en fer, se prolonge jusqu’au pavillon central sur une largeur de 8 m. Sur
l’entretoisement des piliers s’attachent les solives en double T auxquelles
sont rivées des tôles minces raidies [>ar des cornières. Ces tôles ont été
38
LA TOUH EIFFEL EX 11)00
recouvertes par du linoléum et rorment un vaste promenoir découvert de
8,90 m de largeur.
Cette terrasse enclôt à Fintérieur un espace octogonal de 6,72 m de
côté, affecté au pavillon central. 11 m‘ touche pas à l’emplacement des
ascenseurs F^st et Ouest et communique avec 1e sol de la plate-forme par
huit escaliers, placés dans le voisinage des j)iliei‘s.
Le pavillon central comprend un rez-de-chaussée et un premier
étage. Les montants e.xtérieurs de ce [)avillon sont en bois. Les planchers
et la charpente sont en fer; les dallages, les plafonds, les cloisons
intérieures, ainsi (pie les remplissages des façades, sont en métal déployé
hourdé en jilàtre.
Au rez-de-chaussée sont installés : la cage de l’ascenseur vertical,
avec sou entrée et sa sortie au niveau de la plate-forme, un bar et son
office, trois boutiques, des water-closets, le bureau des tickets, ainsi que
les escaliers d’a(ic(’‘s au premiiu’ étage. Au-dessous est une cave.
La partie du [ilancher de la terrasse qui environne ce pavillon sert
d’abri aux |)romeneurs en cas de mauvais tmnps. Les houticpies sont
éclairées jiar le jour venant de l’étage supérieur à travers des verres-
dalles.
Le premier étage comprend également la cage de l’ascenseur vertical
avec son entrée et sa sortie au niveau de la terrasse, un bureau d’admi-
nistration et enlin les salles du restaurant aux(pielles on accède par un
escalier de quebjues marches.
Au rez-de-chaussée et entre hvs grandes jtoutri's de l’ascenseur
central est installé un réservoir im tôle de 30 m de capacité, servant à
l’alimentation de l’ascenseur Otis conservé au pilier Nord.
Quant au dallage, nous avons vu (pie le hourdis Perrière, qui à
l’origine était recouvert par un plancher en bois asjihalté, avait reçu
ensuite un dallage (*n ciment arnn'' (systènu' (ùoignel); le poids de ce
dallage y comjiris hourdis était de 143 //y. Dans la construction actuelle,
le hourdis Perrière est supprimé, et le dallage est fait uni(piement par des
dalles rectangulaires en ciment armé (pii s’ajipuient sur le solivage par
rintermédiaire de chevrons en bois reliés entre eux jiar un grillage de
métal déployé, (ies dalles, ipii arrivaient toutes prêtes au chantier, ont un
poids de 70 kg seulement par mètre carré. Leurs dimensions sont de :
longueur 1,35 ;n, largeur 0,67 /n, épaisseur 0,030;??. Elles sont munies
IM.A TKS-F()|{Mi:S
39
à leur pourtour de rebords suillaiils de. 6o mm d’épaisseur, pour faciliter
leur aj)j)ui sur le solivaj^e. Kutre les joints est disposé du caoutchouc pour
permettre a la dilatation de se j)roduire, tout en assurant l’étancliéité.
Par suite de ces diverses modifications, le poids total de la plate-forme
est resté ce (ju’il était précédemment, savoir 365.000 hg j)our une surface
de 1.500 7u' entre garde-corps.
4. — Troisième plate-forme.
La partie inlérieure de la ti’oisième ()late-forme ne compoi-te aucun
changement, sauf (jue, dans les cloisons séparatives, le bois est remplacé
par du métal déployé.
La galerie supérieure, que M. Lilfel s’était juscpi’alors réservée,
est liviee au public. Son plancher a été consolidé en conséquence et le
bois y a été remplacé par de la tôle.
La distribution est modifiée pour donner accès h l’impériale
surmontant la cabine de l’ascenseur vertical. Lu outre, quebpies boutiques
ont été installées sur le pourtour, et dans les faç;ades le bols a été remplacé
autant que possible |)ar du métal déployé liourdé, de manière à écarter
toute chance d’incendie.
Lnlin, il a été installé au-dessus des grandes poutres en croix du
campanile un petit pavillon réservé à M. Eiffel. Le pavillon vitré est en
tôle et de forme hexagonale; il a 5 )/i de largeur et 2,12 de côté. On y
accède j)ar un escalier [)ai'tant de la galerie supérieure.
l.’ensemble des plates-formes, tel qu’il vient d'être décrit, est
représenté dans la planche ci-jointe.
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(,IIAl‘ITI{i: Il
DISPOSITIONS GÉNÉRALES DES ASCENSEURS ET ESCALIERS
^ 1. — Dispositions nouvelles.
En vue d’aujjimeiilcr pour ri^x|)osiliou de 1900 le uoiulire des
voyageurs moulés aux dilTéreules plaies-formes, la Société de la Tour
décida de luodiüer complèlemeul le systèim* des asccuscmrs accédant au
[treiuier et au deuxième étage.
Les transformations sont les suivantes :
1° Service du premier et du deuxième êtufje. — Les deux ascenseurs du
système Houx, Comhaluzier et Lej)aj)e sont reui|)lacés, aux [tiliers Ivst et
Ouest, par deux ascenseurs à grande puissance, constiaiits par la
Compagnie de Livcs-Lille j)Our le service du premier et du deuxième
étage.
Ces ascenseurs [)ermettent, avec arrêt au jiremier, d’effectuer
10 voyages h l’heure, en élevant 100 personnes par voyage, dont la moitié
peut eflectuer directement le voyage à la deuxième [)latc-forme et l’autre
moitié s’arrêter au premier pour launonter à la deuxième plate-forme à un
voyage suivant; c’est-à-dire <pie, si les cabines étaient toujours pleines,
le nornl)re des vovageurs montés au (h'iixième pai’ les deux ascenseurs
s(M“ait de 2.000 à l’heure avec ou sans arrêt, et la recette maxima |)ai‘ heure
avec h‘ tarif normal de 3 /)■ s’élèverait à 6.000 /'/•.
fin outre, l’ascenseur Otis installé dans le pilier Nord ne fait plus
42
LA TOl’U LIl'FKI. EN 11)00
(jiie le service du sol au |ireniier. Il est transformé de manière qu’à sa
nouvelle vitesse il puisse elîeetuer 14 voyages à l’heure à raison de 80 voya-
geurs, ce qui permet de transporter par heure 14x80=1.120 per-
sonnes, lesquelles, au tarif de i fr de l’Exposition de 1900, donnent lieu
à une recette maxima de 1.120 ft\
Le chiffre de la recette maxima par heure pour les trois ascenseurs
est donc au total de 6.000 -(- i . 1 20= 7. 1 20 fr.
,\vec les anciens ascenseurs, et le tarif de 1889, la recette par heure'
était :
An !"'■ ('“liigo. Ascons(Mii's Coml)nln/.ior . . .
.\ii 2” .\sceiiS(Mir Olis dirccl . . . .
Ascenseur (Uis du i" au 2'".
i.8o(» à 2 /')• = d.Ooo fr
.‘{80 à .‘t //■ =
r)()<> 1 /r= "kk)
Total. . . 5. 2', O fr
L’augmentation [>ar heure de la recette maxima est donc de
7.120 — 5 .240= 1 .880 />•, soit 36 J). 100.
Ces chilTres sont la mesure de l’augmentation du rendement possible
d(‘s nouveaux ascenseurs pour le premier et le deuxième étage.
L’ascenseur du [lilier Sud est supprimé et à sa place est installé un
large escalier servant à ('ITectuer les descentes du premier au sol; les deux
escaliers existant aux |)iles Est et Ouest sont uniijuement affectés à la
montée, et ce service est ainsi doublé relativement à ce ipii existait
en 1889. En outre, tes quatre petits escaliers en hélice, allant du premier
au dc'uxième et dont l’usage était fort incommode, sont remplacés par
un large escalier unique situé dans la pile Sud en prolongement de
l’escalier nouveau.
Contre nos prévisions et malgré une réduction de tarif de moitié, le
rendement de ces escaliers a été jteu important et ce n’était que par
certains dimanches (ju’ils étaient un peu fréquentés.
2" Service du deuxième au troisième étage. — L’ascenseur vertical n’a
pas re<;u de modilications essentielles. On s’est contenté, pour le service
courant de la journée, de le munir d’une ini[)ériale découverte pouvant
recevoir 39 personnes. La cabine elle-même ne reçoit plus (|ue
.’)() personnes, soit en tout tlo; c’était c<‘ nombre (h* voyageurs (pii était
parfois admis pendant l’h^xposition de 18)89, mais avec un emjiilcment très
inconfortable et donnant lieu à de grandes lenteiws pour l’entrée et la
ASCENSEURS ET ESCALIERS
43
sortie. II y a tout avantage h ré|)artir ce noniRre auti’ement, de maniiu’fî
à procurer uu voyage plus agréable et |>lus raj)id(‘. Pendant, les premiers
et les derniers voyages, alors (jue les cabines montantes et descendant('s
sont insnftisamment é(piilibré(‘s, l’accès à l’impériale était supprimé et le
nombre des voyageurs par cabine n’excédait pas 55 è 60. Avec quebjues
modiücations de détail dans la distribution, qui a été améliorée de manière
à diminuer les pertes de charge et è augmenter la vitesse, et dans les
portes (jui ont été élargies, de manière à faciliter les entrées et les sorties,
on a pu réalis('r 10 voyages à l’heure, soit 800 voyag(Mirs donnant une
recette nouvelle de 8oox 2 = i .600 />’, lesquels, ajoutés à la recette pré-
cédente 7,120 />', [)Ouvaient procurer une recette maxima par heure de
8.720 fr.
L’ancien ascenseur Kdoux [)ouvait donner une recette de 455 voya-
geurs à 2 soit 910 fr, (pii, s’ajoutant à la recette de 5.240 fr, donnait
un total de 6.150 fr.
La com[)araison de ces chiffres, à savoir 8.720 fr pour l’installation
actuelle et 6.150 fr pour l’ancii'nmq soit 2.570 fr de plus pai- heure,
ou 42 p. 100, donne la mesure de l’avantage procuré par la nouvelle
installation des ascenseurs.
Le nombre de voyageurs transportés dans une lieure s’est bien réalisé
suivant ces prévisions, au moins pendant les après-midi des dimanches;
«
mais, malheureusement, les conditions générales d’exploitation jiar rajt-
port à 1889 ont bien changé en raison de circonstances sur lescpiellcs il est
inutile d’insister, telles que l’(‘xc(‘ssive étendue de rEx[)Osition, le nombre
exagéré des attractions qui s’olfraicnt au public et qui îi [leu près sans
exception ont abouti à la ruine. Le nombre d’heures de plein rendement
n’était plus que très limité, le (diamj)-de-Mars étant j)res(pic désert jusqu’à
deux heures de l’après-midi, tandis qu’à l’Exposition de 1889 les (pieucs
de voyageurs prenant l’ascenseur commençaient dès neuf heures du matin
pour ne finir qu’au coucher du soleil.
Aussi liualemeut le nombre de voyageurs montés a été beaucoup
moindre en 1900 cpi’en 1889, savoir : i.oi7,2tti voyageurs en 1900,
contre 1.968.287 en 1889, c’est-à-dire 51 p. 100 de moins.
Ce nombre aurait été encore certainement réduit si, au moment de
raftliu'uce, on n'avait disj)Osé ipie des anciens moyens d’ascension, ce qui
fait moins regretter les coûteuses améliorations <pii y ont été apportées.
44
I.V TOUR EIKKKL EN 1!H)0
Nous Jtlloiis niaiiilcMiaiil examituM' dans leur ensoinble ces modilica-
lioMs et nous commencerons par les ascenseurs des piliers Est et Ouest,
construits par la Oompa<jjnic de l'dves-Lille (d étudiés par MM. Bassères
et Itibourt, ingénieurs d(* celte Compagnie. Nous donnons ci-api'ès la
description sommaire tpii (“u a été laite |>ar M. Bassères au Congrès
international d<“ mécani(pie appli(jué<‘.
> .
CirAPlTRE 111
ASCENSEURS SYSTÈME FIVES-LILLE
§ 1. — Ensemble de l’installation.
Les inslallalions conliées à la Compagnie de Fives-Lille comprennent
l’établissement, dans les piliers P^st et Ouest de la Tour, de deux ascen-
seurs desservant la première et la deuxième plate-forme et [)Ouvant chacun
transporter cent voyageurs |)ar ascension sur un pai'cours de 128 m.
La durée du voyage, aller et retour, ne devait [)as dépasser doux minutes,
non compris le temps d’arrêt aux étages (1).
Dans les conditions ci-dessus indiquées, et étant donné (jue le véhicule
en charge, d’un [)oids approximatif do 16.500 /y, doit elfectuer en
60 secondes une ascension mesurée verticalement de 1 14 711 (dilïérence de
niveau entre le rez-de-chaussée et le deuxième étage), le travail utile
absorbé en pleine marche, par seconde et pour chaque ascenseur, est
d’environ 420 chevaux. En admettant que la durée minima d’un voyage
(i) .\ux termes du contrat passé avec la Coin[)agnie, le trajet de deux minutes, aller et
retour, comprenait un ralentissement d’allure au départ des stations ainsi c|u’avant l’arrêt
absolu au sol, au 1" et au 2® étage, sur 5 m de parcours environ dans les deux sens.
La vitesse maxima du véhicule sur le chemin devait être ainsi de a,3o m par seconde
environ.
Le trajet d’un étage à l’autre devait donc s’elTectuer en .3o" et l’arrêt à chacun des étages
était i)révu à Go". Le temps total aller et retour coni[)renait .'1 trajets à .3o", soit 120", et
4 arrêts à Go", soit 240", ce ([ui donne en tout G minutes, c’est-à-dire (pic l’on devait i)ouvoir
effectuer 10 voyages à riieui-('. Ce nomhi'e a été à peu i>rès ré;disé, mais d’une manière
exceptionnelle. C. L.
46
LA TOUR EIFFEL EN 1900
aller et retour, comprenant l«>s arrêts aux stations, soit de 6 minutes, 1(>
travail moyen correspondant à lournir })ar la pompe d’alimenlalion des
accumulat(‘urs ne serait que de 70 chevaux.
Pour réduire aillant que possible la jiuissanee motrice nécessaire au
fonctionnement des ascenseurs, on a élé naturellement conduit à adojiler
un dis[)Osilif permettant d’accumuler pendant la durée totale d’une
AtlemasemBil au Rez de Ch" 135 08)
l'ig. 5. — Ensemble des np/nireils
J) lacés dans le sous-sol du
j)ilier.
(Kcliclle : o,oo;> par »(.)
manœuvi'e le travail dépensé à la montéi* dans un temps très court, et à
chercher im même timijis à réciqiérer une partie du travail fourni j)ar la
descente du véhicule.
Ces conditions ont pu être réalisées jiar l’emploi de l’eau sous pres-
sion. Chacpie ascenseur (voir lig. 5 et 6) comprend, à cet (*ffet, deux accu-
mulateurs accouplés h haute pression, dont les jilongeurs ont 700 ni/ti
de diamètre i‘t 5,500 m de course, contenant ensemble 4.230 / d’i'au è la
j>r(‘ssion di‘ 54 /y/. Le travail total ainsi accumulé est de plus de 2 millions
de /iipn, suflisant pour les besoins d’une ascension complète en [)h‘ine
ASCENSEIUS SYSTEME EIVES-LIEl.E
47
1. Acoumulaleurs (liaulo pression) oon-
tciiant ciisemblo l do liquide
à r>i kg.
•2. Accumulateur (basse pression) conte-
nant 5.2r>0 l de liquide à 18 kg.
Appareils funiculaires à 8 brins do
câbles, aj’ant chacun une puissance
de GS.OOO kg et une course do
lO.lôO m comptées sur le piston.
Véhicule pouvant porter lüü voya-
geurs.
Poulies do suspension du véhicule.
Poulies d'inflexion des câbles do trac-
tion du véhicule.
Poulies do renvoi dos câbles de re-
tour aboutissant aux appareils funi-
culaires.
8. Soupapes avec servo-motours pour la
distribution do l’eau sous pression.
Appareil do réglage automatique de
la vitesse du véhicule et do son
ralentissement aux stations.
Câbles do maïueuvre de la distribu-
tion (parallèles à la voie de roule-
ment).
Plancher duZ* Etage ( IM
Attcrntsem'auReide
/
/
/
\
Coupe suivant <‘f.
Pig. (). — l'nsomhle do rasccnsciii'.
(Kcliclle : o,ooi par m.)
Conditions principales d'élahlissement de chaque ascenseur.
Nombre de voyageurs élevés â chaque ascension (les planchers des
cabines devant appro.ximativement conserver l'horizontalité
du sol an 2* étage) : lOO ; soit, à 70 kg, charge de . 7.000 kg
Poids du véhicule vide 0.700 />ÿ
Course du véhicule du sol au 2' étage, comptée sur
les rails 128,01 m
Vitesse maxinia de marche du véhicule â vide ou
en charge, par seconde 2,50 m
48
LA TOUR EH’I'EL EN lîlOO
Un ti’oisiomo accumulateur à Lasse pression, dont le plongeur
a 1,100 m de diamètre et 5,500 w de course, reçoit à la descente du
véhicule l’eau refoulée par les presses funiculaires motrices j)endant ta
période de récuj)ération.
Les accumulateurs sont alimentés par une pompe de compression
Worthington, dont le fonctionnement est à peu près continu grâce aux
dispositions rpii précèdent.
Le véhicule est mis en mouvement sur son chemin de roulement
étal)li sur le pilier de la Tour au moyen de deux appareils funiculaires
couplés de dimensions excej)tionnclles et dont les càhles, en acier de haute
résistance, sont attelés sur le châssis métallique portant les cahincs
destinées h recevoir les voyageurs.
Les appareils funiculaires sont établis dans l’enclave des fondations
du pilier, au pied du chemin de l’ascenseur, et sont prolongés, en outre, à
l’intérieur de deux galeries ouvertes débordant sous les jardins. du Champ-
de-Mars.
Pendant la montée, l’eau motrice est fournie à ces appareils par les
deux accuniulat('urs à haute pression. A la descenhq le véhicule devient
moteur, et les pistons des appareils funiculaires refoulent le liquide
déj>ensé à la montée dans l’accumulateur à basse ju’essiou (18 Ây environ),
présentant une capacité au moins égale à celle des deux accumulateurs à
haute jtression.
Les pompes aspirent l’eau dans ce troisième accumulateur, de sorte
que la hauteur de refoulement (pi’elles ont à vaincre n’est plus (jue la
dilTérence de pression existant entre les accumulateurs de haute j)ression
et celui de basse pression, S(^it 54 — 18=36/’^.
Le travail moyen de 70 chevaux, indi(jué précédemment, et corres-
pondant à la marche d’un ascenseur, se trouve ainsi réduit â ^
54
= 46 chevaux, travail auquel il convient d’ajouter toutes les résistances
passives du système, très peu importantes d’ailleurs, et (jui l’élèvent
à ()0 chevaux environ par ascenseur, c’est-à-dire à moins de 1/6 de celui
coia-cspondant à la pleine marche.
La distribution de l’eau sous pression dans h‘s appai’oils s’elfectue du
véhicule même, et le conducteur peut ainsi régler, suivant les besoins du
service, la vitesse de marche, faire les l’alentissements nécuîssaires (d les
ASCEiNSKUflS SYSTEM K KIVKS-ULLE
4‘J
arrèls aux stations, bien (jue ces ralentissements soient aussi produits
autoinati(|U('inenl au moycui (raj)|)areils spéciaux dont il sera |»arl6 [)lus
loin.-
hn résumé, l’installation de chaque ascenseur liydraiilifjue comprend
principalement :
Deux accumulateurs a haute j)ression (li^. 5), contenant ensemble une
réserve de 4.250 / d’eau à 54 /v/;
Un accumulateur à basse j)rcssion à 18 h(j pour la récu[)ération,
présentant une capacité de 5.250 /;
Deux aj)pareils funiculaires conjugués, avec plongeurs d(* 402 mm de
diamètre et 1(1,750 m de course (tig. 7) transmettant le mouvemeiit au
véhicule par l’intermédiaire d’un inoullage à 8 brins de câbles en
acier ;
Le vébicmle (fig. 10), aménagé pour recevoir 100 voyageurs, avec ses
mécanismes de redressement des cabines et organes de sécurité;
Les appareils de disti'ibutiou et de réglage automati(|ue de la
vitesse.
§2. — Accumulateurs.
f
Les accumulateurs, du tyj)e Armstrong (tig. 5), ne (»résentent de j)ar-
ticulier que leurs dimensions tout à lait exceptionnelles et les difticultés
auxquelles a donné lieu leur exécution; leurs dimensions pia’ncipales sont
indiquées ci-après :
Diamètre du piston plonpenr
C.ourso
Diamètre intérieur du corps du cylindre
Epaisseur du pistou
Epaisseur du corps du cylindre
Loui^ueur totale du piston
Diamètre de la caisse de cliai’ge en toleiie
Pression par cent, carré de la surface du pistou.
Poids total de la pai tie moltile
HVL’TE PRE.SSION
0,700
o,5oo
ü,74o
o,o55
O, ()()<)
55 /.V/
■20S. «)()() i;ij
BASSK l'RESStO.N
1,100
5,500
1 , l()0
O.o'|0
0,0', 5
S,oS5
.‘{,5(10
iS k(f
1 7 1 . (X )( 1 h(j
Il y a lieu de noter, comme détail intéressant, que, dans chacun de
ces ap[)areils, le jiiston jilongeur vient, vers la lin de sa course d('scen-
7
LA TUI R EIFFEL EN l!)0(l
'JO
claiil(‘, ohlurer j»ai liol!em(*iit et progressivement l’oiatice d’arrivée et de
(léj)arl d’eau sous j)ressiou, de laçoii à réduire la vitesse de descente du
plongeur dans des limites convcnal)les et à éviter ainsi des chocs violents
sur le sommier en bois de repos de la partie mobile.
§ 3. — Appareils funiculaires (lig. 7 et K).
Les appareils funiculaii'es doivent exercer sur le véhicule une Irac-
lion dont le maximum : 16.500 se produit entre le premier et le
deuxième étaw, et lui Caire c(ïectuer une course de 128 m. Afin de ré-
(luire autant rpie possible les IVottements des organes, le inoudage de la
ju-esse ne comporte que huit brins, c.c qui a conduit à donner au plon-
geur une course de 16,75 m.
Dans le même Imt, le diamètre des poulies du moullage et de renvoi
des càbb's a été porté à 3 m. Le système de poulies mobiles attelé à la
télé du piston atteignant, dans ces conditions, b‘ poids assez considérable
de 15.000 /y/, on a été conduit à le monter par galets sur un chemin d(*
roulement (pii sert, en même tenqis, à guider le piston jilongeur à son
extrémité; mais on comprend que le coiqis de ce piston, dont la longueur
libre dépasse 18 /;?, doive être lui-même parfaitement maintenu en
divers jioints de sa longueur, pour ne pas être soumis à des Ih'xions
anormales susciqilibles de compromettre sa résistance.
Dans ce but, le }dongeur est appuyé, en trois points de sa longueur,
sur des mains garnies de gaïae et montées sur des tiges filetées p(M'met-
tant d'en régler la position, avec toute la précision désirable.
Le jilongcur des |)rcsscs funiculain'S, en tôle d’acier soudée de 20 mm
d’épaisseur, a 402 mm de diamètre extérieur et transmet au système de
poulies mobiles un effort de 68.000 hg. L’eau sous pression pénètre dans
l’intérieur de ce piston creux, de telle sorte que la plus grande [lartie de
cet effort : 55.000 Ig environ, est transmise directement sur le chariot
des poulies mobiles, sans inlércsst'r en tant fpie solide comjirimé la
résistance de cet organe, (pii n’a alors à sujiporter, à la compression,
(jue la pri'ssion d’eau s’exeryanl sur la surface, annulaire de la partie de
piston engagée dans le corps de pr(‘sse, soit environ 13.000 /// seule-
ment.
ASCENSEURS SYSTÈME EIVES-EIEEE
:;i
Le cylindre de presse est également en tôle d’acier sondée de 20 //////
d’épaisseur, en trois Irom^'ons assemblés à bi-ides. Son diamètre inté-
rieur est de 0,420 /y/, laissant un jeu de 9 mm autour du piston.
11 convient d’ajouter (pie le plongeur est également guidé dans l’in-
térieur du corps de presse dans des lunettes en bron/.e intercalées entre
les brides d’assemblage des tronçons.
Les câbles actionnant le véhicule sont au nombre de six, soit trois
pour chaque presse motrice; ils sont en acier de haute résistance, et ont
28 mm de diamètre; ils sont constitués par deux cent .seize lils élémen-
taires ayant chacun 1,3 mm de diamètre. Leur résistance aux essais de
rupture a dépassé 40 tonnes, ce qui donne, pour l’ensemble des six
câbles, une résistance de rujiture de 240 tonnes, soit environ cpiatorze
fois 1a charge maxiina à lever, sans faire entrer en ligne de compte, il est
vrai, le supplément du travail dû à l’incurvation, (jue l’on a cherché à
réduire autant que possible, <'ii adoptant de grands diamètres pour les
poulies de renvoi (1).
L’accouplement des deux appareils funiculaires moteurs agissant sur
une môme cabine a nécessité quelques précautions. Les brins morts des
câbles sont attelés à un système de [>etites presses hydrauliques assurant
une égale répartition de la charge sur chacun des câbles, tout en leur
laissant la faculté de s’allonger isolément. De j)lus, les junilies recevant
les câbles sont à trois gorges indé[»endantes, jxmr qu’aucun glissement
ne puisse être déterminé sur les jantes, ce (pii aurait pu se produire avec
une poulie unique comjiortant trois gorges.
Lutin, dans te cas, peu [irobable d’ailleurs, où l’une ou l’autre des
(1) Voici le calcul d(; ces càlilcs :
I.’elTorl maximum sur le brin mort est de lô.jSo/cj/, soit — = a.GIJo hj n<uir cliacuu
des six càl)les.
La section du câble étant de :jS(i,() te travail à la traction correspondant est de
2.G:5() ^ ,
olFT = k(j.
2»G,G
Si on ajonte à celte l'aligne celle dne à l’incurvation dn câble sur les potdies île 3w de
diamètre et qui est :
:L(kk)
20.000 X —
1 ,t>
on arrive à un total de i7,S.'> Av/ par millimètn^ carré, ipii corresiiond environ an i /S= de
'lO.OOO ,
la cbargede ruplure, laquelle est de — ' V’
(i. L.
lîiisemblc d'une presse moirice. (Echelle : o,oo'| i>ar m.)
52
'LA TOUR EIFFEL EN 1!H)0
l’ig. ’j, — Détail (le l'appareil funiculaire. (Échelle : o,oi5 par m.)
ASCEiNSKl ns SYSTÈME EIVES-EILEE
presses moli-ices éprouverait dans sa marclu*, une résistance anormale
pioveiiant soit d un p^ripjtemeul de j)resse-étoupes du |»lon^('ur, soit d’une
TCIe (lo pri'sso
(?l cillasse ilii pisloii.
k‘
fuite ^rave, ou de toute autre cause jioii-
vant diminuer sa puissance de traction par
rapj)ort à l’autre presse, un coupleur liydrau-
liipie étal)li dans le cours de la canalisation
de deux presses funiculaires détc'rminerail
la lermeture jiartielle de l’oritice d’alinien-
Siipporls (lu |)ist<Jii.
Coupe par gh.
I. (Cylindre.
*,>. Poulies fixes do mouflago.
3. l’istoii plongeur.
1i. \ errons limitant la course du piston.
r>. Poulies mobiles do moulîage.
O. Cliariot à galets do roulenuMit des poulies mobiles.
Mains soutenant le piston hors du cylindre.
8. Attaches do câbles avec tendeurs hydiaulicjiics.
P. l*oulies soutenant les cfii>l(‘s.
10. l'oulies (le renvoi clos câliles allant au VL^hicule (3 r-âbîes
par appareil funiculaire).
INjulics lixcs (le nioiillii^'c (“I (■iilass(‘ d(* |)|•(•ssc.
Vuo on bout.
Coupe CM ef.
l'ig. S. — Uétuil de l’iippuroil funiculaire. (Kcliclh' : 0,01.') par in.)
tation de la jtresse non avariée, de fac<)n à rétaldir l’égalité de |tuissance
des deux appareils moteurs et, au besoin, arrêterait leur marche au cas
d’une avarie grave survenue à l’iin d’eux.
L(‘s j)Oulies, à trois gorges indépendantes, sont en acier; l’une des
54
LA TOI R EIFFEL EX n)0()
^or^cs lak^rali'S a son nioyeu clavclô sur
Cremaillms
de surete
liomi-coupo
par lin luiigcron.
i|. — Di'tiiil (lu véhicule. [ÉchvUi' : u,uiô par »i.)
rarl)i-e et assure renlraînemenl
(le ce dernier, les moyeux des
deux autia'S gorj^es sont fous
sur ce même arlu'c. L’indê-
j)endance absolue des trois
gorges et, j)ar suite, d('S trois
ràl)lesse trouve ainsi réalisée.
§4. — Véhicule (lig. 9 et 10).
Les conditions imposées
j(our rétablissement du véhi-
cule, et qui sont mentionnées
dans la description suivante,
ont nécessité d'importantes
et laborieus(‘s études, ainsi
(|u’une construction d’un
genre exceptionnel, particu-
lii'rement pour arriver à ré-
duire les poids morts autant
(|ue })0ssible.
Le j)oids total du véhi-
cule, y compris tf)us les acces-
soires, est de (9.500 ///, mais
h' truck avec les deux cabines,
sans les divers mécanismes
spéciaux, ne pèse que 6.000///,
soit 60 /// par voyageur trans-
j)orté; c(' j)oids est notable-
ment inférieur à celui des di-
vers véhicules circulant sur
les voies ferrées.
Le véhicule comprend :
Deux cabines superpo-
sées pejuvant recevoir cba-
l'i^. K). — Itétnil du vidiiculo.
1. CluJssis ilii véhicule. — 0. Cabines supérieure et inférieure. — 3. Axe d arliculalion des cabines. — 1 Mécanisme
de redressement des cabines. — 5. liielle.s do redressmnenl des cabines. ti. Or<jaiies de commande des câbles do
manu-uvro de disiribution. — 1. Freins b\drauliques de sûreté ou parachute du vébieule. — X. Griffes mobiles des trems
de sûreté. — Uéservoir d'évacuation dos freins do sûreté. — 10. Méeanismo d'euclancbemeiit des freins do sûreté
dans les crciiiailléres de la voie. — II. Appareil i force centrifiiBO pour lo fonctioniieniciit du paracliute. — l->. I.evier
à main permettant lo fonctionueiiient ilu paracbnto à la volonté du conducteur. 13. (iritles ti.xcs dacciochaee ilu
véhicule. — 1 i. Kobinets do mano-iivro de sauvetage ilu véhicule. — I.*. Tuyauteries d eau sous pression li.xées a l.i
Tour et actionnant les freins de sûreté pour la manoeuvre de sainclage du véhicule.
Coupe par un frein do sûreté.
Coupo par l'axe du véhicule.
l.A tol;i{ eiffei. en IüOO
ric.
cuiie cin(|uaiile voya^ours; les parois et la toiture sont construites en tôle
et ]»rolilés il’alliage d’alninininm, et les |)lancliers, en acier et Fois, sont
articulés sur le châssis de manière à conserver très approximativement
riiorizontalilé sur toute la longueur du j)arcours, bien que l’inclinaison
des rails varie de 24" du rez-de-chaussée au deuxième étage;
Un châssis <m tôlerie d’acier emboutie et ajourée (épaisseur des tôles
4 à 5 inni), formé de deux longerons entretoisés à leurs extrémités par des
j)outres à treillis, et au milieu par des tubes en acier servant d’axes d’ar-
ticulation aux cabines;
Un mécanisme' de redressement comprenant un secteur à vis sans
lin, établi solidement au milieu de l’entretoise inférieure du châssis, et
dis[)osé jtour transmettre aux deux calnnes, au moyen de bielles, les mou-
vements (ju’il reçoit d’un pignon denté monté sur le véhicule et engre-
nant avec la crémaillère de redressement fixée à la Tour parallèlement à
la voie de roulement;
Un poste de manœuvre pour le conducteur, placé à la partie infé-
rieure du véhicule et portant les mécanismes cpii permettent de com-
mander du véhicule même les mouvements de montée, descente ou arrêt
aux vitesses nécessaires;
Un parachute comprenant quatre freins hydraulitjues jumelés de
loo nnn de diamètre et 2,500 tu de course, analogues à ceux em[)loyés pour
am(jrlir le recul des canons; les cylindi'es de ces freins sont fixés aux
longerons du châssis et leurs pistons plongeurs, montés à glissières sur
les âmes des longerons, j)ortcnt à leur extrémité inférieure deux griffes
mobiles articulées «h* manière à j)ouvoir s’engager, lorsfjue le {)arachute.
fonctionne, dans la denture des crémaillères de sûreté établies sur les
voies de roulement;
Un arbr(ï d’accouplement de ces grilles mobiles assure la simulta-
néité de leur enlré<' en action.
Des organes (h? sécurité, établis dans l’intérieur des longerons et de
l’entri'loise inférii'iirc* du châssis, assui'cnt le fonctionnement du [>ara-
chule dans les trois conditions suivantes :
1“ Aulomati(pienu'nl, au moyen de mécanisim'S à force c('ntrifuge
(jui ('iitrent ('ii j('u dès <pie la vitesse atl('int 5,60/// envirotj à la seconde,
soit par suite de ruptiii'»' ou de déréglage d’un oi'gam' (pu'lcompM', ou de
fuites graves sui'venm's aux aj)pareils hydraulicjues ;
ASCKNSKrilS SYSTKMI-: F J VES-IJ I.LE
;i7
2° Autonialif|ucinent, dans le cas où l’un quelconque des six câbles de
traction serait détendu ou rompu;
5® A la volonté dn conducteur, en agissant sur un levier placé à sa
portée.
Lorscjue le parachute ronctionne, les pistons plongeurs pénètrent
dans leurs cylindres avec une vitesse décroissante, en refoulant le liquide
qui rein[)lissait ces cylindres dans un réservoir placé à l’intérieur de
l’entretoise supérieure du châssis.
Les freins hydrauliipies sont également disposés pour être utilisés à
mouvoir le véhicule et l’amener, après fonctionnement du parachute, à la
station la plus voisine du point on il est resté accroché à la voie.
Dans ce cas, la force motrice est empruntée à des canalisations d’eau
sous pression établies sur le j>arcours de l’ascenseur, et auxcpielles le
véhicule peut être raccordé au moyen de tuyaux sou[)les f i).
Les longerons portent à leur j>artie inférieure des giâlTes fixes [lou-
vant être engagées par le conducteur dans les crémaillères d(‘ sûreté de
la voie; le véhicule reposant sur ces grilîes, le conducteur j)cut, par une
simple manœuvre de robinet, commander les (juatre freins hydrauliques
pour les faire sortir de leurs cylindres, les réarmer, et mouvoir ainsi le
véhicule par* courses successives de 2,^0 m.
Au cours des essais pratiqués sur les ascenseurs, le parachute a plu-
sieurs fois fonctionné automatiquement dès (|ue la vitesse atteignait la
limite prévue et, notamment, chacun des véhicules chargé de 7.000 kg de
sable ré])arti dans les cabines s’est accroché automatiquement aux voies
de roulement à environ 8 )n au-dessous du deuxième étage, au niveau
duquel on s’était placé pour le laisser descendre.
§5. — Appareils de distribution et de régulation.
Les
descente
manœuvres des appareils de distribution pour l’ascension, la
et l’arrêt, précédé de ralentissement, sont effectuées du véhi-
(1) La pression nécessaire pour celle opération lont à fait excei)tionnclle serait obtenue
par un mulliplicafcur de pression placé au ])ie(l du pilier.
Cet api)areil se compose d'un piston à garniture muni d’une grosse tige el pouvant se
mouvoir dans un cylindre en foule.
Si l'on introduit l'eau à la pression îles accumnlalcuis, en haut el en bas du pislon, le
8
38
LA TOUR EIFFEL EN l!)0ü
cule même, par le conducteur placé au poste de manœuvres disposé à
la partie inférieure du châssis du véhicule en dehors des cabines, d’où il
peut suivre tous les déplacements du véhicule et se rendre compte à
cha(jue instant de la situation (ju’il occupe sur son chemin de roulement.
Cette commande des aj)[)areils de distribution est opérée par l’inter-
médiaire d’un câble souple en acier de 12 mm de diamètre, attelé d’une
part au.\ mécanismes actionnant ces appareils au bas de la Tour, et
suspendu d’autre part au deuxième étage sur d(>s poulies de renvoi
munies d’un tendeur à contrepoids constituant en (juelque sorte l’attache
fixe du câble.
Ce contre|)oids donne an brin montant et an brin descendant une
tension suffisante [)Our réduire, dans la mesure convenable, les flèches
qu’ils prendraient sous l’action de leur |)ropre poids entre les diverses
poulies qui les guident sur leur parcours.
Les deux brins de ce câble passent sur un systèm<^ de poulies à
gorges porté par un bras en tôlerie solidaire du châssis du véhicule. C’est
en agissant sur ce système de j)Oulies au moyen d’une transmission appro-
priée que le conducteur imprime au câble un mouvement dans un sens
ou dans l’autre et actionne, par l’intermédiaire, de servo-moteurs hydrau-
liques, deux soupapes équilibrées en partie, dont l’une, celle de montée,
admet l’eau des accumulateurs à haute ju'ession dans les j)resses funicu-
laires motric(‘s; l’autre, celle de descente, règle l’évacuation de ces
mêmes [)resses dans l’accumulateur à basse pression dans lequel .s’ef-
fectue, comme on sait, la récupération.
En outre de ces soupapes, la distribution comporte deux régula-
teurs de vitesse : un |)our la montée, l’autre pour la descente, lesquels,
en dehors de l’action du conducteur, assurent au véhicule une vitesse
uniforme malgi'é les variations de résistance auxquelles il est soumis en
cours de route, à cause des changements d’inclinaison que présente le
chemin de roulement et, aussi, en raison des charges variables (jue le
véhicule est appelé à monter ou à descendre.
Ces mômes régulateurs, (jui agissent automaticpiement par obtura-
tions progressives des orifices d’admission ou d’évacuation, sont égale-
})islon o'iiioiilc 011 raison de la tlilïtM'enr(‘ d(‘s surfaces, et la pression de l'eaii de l’espace
annulaire est innllipliée dans le l’apport de la section iidt'rieni'e du cylindre à la surface de
cet espace annulaire. G. li.
ASCENSEURS SYSTÈME El Y ES- LILLE
r;‘j
ment ulilisos pour opérer le l'nlojilisseim'nl du véliicule un [>eu avant l(‘s
arrêts aux stations (i), bien (jue ces l'alenlisseinciils soient j)rodiiits en
môme temps par le conducteur qui doit j)rocéd(M‘ aux manœuvri's comme
si les aj)pareils automatiques n’existaimit pas; rajq)rocli(* des stations lui
est d’ailleurs indi(piée j»ar un petit apj)areil à cadran reproduisant, à
écliclle réduite, le chemin |)arcouru j>ar le véhicule.
Cette double action, automati(pi(‘ et par la main du conducteur, est
une des meilleures garanties du bon ronctionnement des appareils.
Enfin, il y a lieu d’ajouter, pour terminer cette description sommaire,
que le mécanicien j)lacé en permanence au pied de la Tour a sous les
yeux un indicateur de la position du véhicule sur la voie, qu'il peut se
rendre comjjte de la vitesse de marche, et, en cas de danger, efTectuer
directement la fernK'ture dçs soupapes de levée ou de descente et déter-
miner ainsi l’ai-rôt du véhieuh' <m un |)oint quelconque de sa course sans
l’intervention du conducteur.
Nous donnons dans l’annexe placée à la tin de cet ouvrage, chapitre 1,
les données numériques et les calculs sommaires relatifs à cet ascen-
seur. La note que nous venons de reproduire donne seulement la descrip-
tion sommaire de ces appariûls. La descrij>tion détaillée ligure dans
notre ouvragi' : La Tour de 300 mètres et les jilanches d(‘ l’album repro-
duisent tous les organes. Nous ajouterons quelques mots sur le fonc-
tionnement.
i; 6. — Fonctionnement de l’appareil.
Pour mettre en marche l’ascensmir, il est nécessaire de procéder
préalablement au remplissag(' (h‘ l’accumidatinir à basse j)ression.
On a vu, en clTet, (|ue la pompe W ortbington (|ui refoule l’eau dans
les accumulateurs à haute pression, est établie pour fonctionner sous
une charge égale à la dilîéi’ence de pi’ession enti’e les accumulateurs
III^ (haute pression) et l’accumulati'ur PP (basse pression). 11 s’ensuit
donc que ce dernier doit ôti'e constamment en charge, j)oiir j)ermetti‘e la
marche de la ponq)e.
Mais pour faire le renq)lissage initial, on ne peut se servir d(‘ cette
,{i) La régularisai ion de la vitesse et le raleiitissenieiil auloniali<|ue u’onl jamais lonc-
liüiiiié dans de bonnes conditions. G. E.
()(l
LA TOT U LIFFLI. F N n>00
pompe destinée à alimenter la haute pression et qui ne peut refouler
dans raceumulahmi" BP, en raison du clapet d’isolement qui empêche
h‘ retour de l’eau de la pompe vers ces accumulateurs,
11 est néccssaii’e de se servir d’une petite pompe spéciale installée
auprès de la grande, et fonctionnant pour une pression de refoulement
de 20 hf! par centimètre carré, suffisante pour soulever l’accumu-
lateur à basse pression.
Cette pompe, par une petite canalisation qui lui est propre, aspire
l’eau dans le bac de décharge de l’ascenseur, et la refoule dans la con-
duite générale à haute pression. L’eau passe sous les accumulateurs HP,
qu’elle ne peut soulever, et arrive dans raccumulateur BP par une petite
conduite, laquelle est adaptée à l’accumulateur HP n“ 2, et porte la sou-
[>apc d’emplissage de sûreté de ce dernier. Quand l’accumulateur BP est
remj)li, on cesse l’action de la petite pompe et on met la grande en
marche. Dès que les accumulateurs HP sont en charge, l’appareil est
prêt à fonctionner.
Nous dirons seulement, au point de vue du fonctionnement de la
pompe, que celle-ci fonctionne d’une manière ininterrompue et permet de
maintenir d’une faç;on à peu près constante les accumulateurs HP en
haut de course, tandis que l’accumulateur BP est en bas de course.
Du reste, des appareils de sécurité limitent les courses dans chacun de
ces sens. Pour les accumulateurs à haute pression, ils provocjucnt à
la limite haute de leur course, au moyen d’une soupape de sûreté de
décharge, l’évacuation d’une certaine quantité d’eau (]ui est renvoyée
dans la canalisation à basse pression. De même, si l’accumulateur BP
se vide et descend à fond 'de course, la soupape d’emplissage de sûreté
dont nous venons de parler s’ouvre et permet à l’eau de l’accumulateur
HP n" 2 de venir soulever à nouveau l’accumulateur BP.
Toutes ces fonctions étant automatiques, il n’est plus nécessaire
d’exercer une surveillance sur la marche des accumulateurs des deux
piliers.
§ 7. — Rendement et marche de l’appareil.
La course du véhicule suivant le chemin est, comme on l’a vu,
de 128,61 w, dont 68,41 m du sol au i" étage et 60,20 m du 1" au 2*.
A SC KN s Kl HS SYSTÈME KIVKS-ULLK
01
La 'course utile des plongeurs des presses motrices est le huitième
de ce chiffre, soit 16,076 m.
Les deux plongeurs, qui ont 402 mm de diamètre, offrent une section
totale de 0,2538 m\
La quantité d’eau dépensée pour une course est donc de
0,25 38 x; 16,076 := 4,080
Cette eau, jiour ipie les appareils puissent fonctionner h une tem-
pérature inférieure à o”, est fortement mélangée de glycérine; la [>ro-
portion est de 25 p. 100 environ. C’est d’ailleurs toujours la même
eau qui sert, sauf les perles par les fuites de l’appareil ; elle est approvi-
sionnée dans le hac de décharge installé au [tied de l’ascenseur. (On a
renoncé depuis à cet emploi en raison des dépenses excessives qu'il
entraînait, par suite de l’importance des fuites.)
L’eau en pression est fournie par les accumulateurs IIP, dont la
capacité doit être au moins égale à celle des deux presses.
Or, le diamètre des [)istons des deux accumulateurs est de 700 ?jim,
corres[)ondant à une section de 0,7696 //P. Leur course est de 5,50 ///,
la quantité d’eau (ju’ils peuvent fournir ensemble, en descendant à fond,
est donc :
X '■>,5 — m\
Cette quantité d’eau suffit {lour l’alimenlation des presses, pour une
course.
En outre, il faut que l’accumulateur à basse pression, dans lefjuel
aspire la pompe, ail lui-même une ca[)acité égale à la précédente.
Le diamètre de son piston est de i,ioo m et sa surface de 0,9503 t?i*.
Le cube correspondant à la course de 5,50 m est de 5,227 //P.
Ce volume dépasse de i m^ environ celui des accumulateurs Ill‘ afin
de compenser toutes les pertes qui se produisent forcément dans les
divers appareils de la distribution.
Le rendement pratique de l’aj)j)areil est le suivant ;
En admettant que l’eau dans les presses soit à une pression effective
maxima de 52 /y par centimètre carré, le travail moteur déj)ensé dans une
'course est :
.')*> X 2.5i^8 X i(),o7r)*= a. 120.000 kgm.
Ce travail étant fourni en une minute, tmiips effectif du jiarcours
LA Tori{ LIFFEL LN 1!K)0
G2
sans arrêt, représente pour les presses une puissance de
2. 1 20.000
60X75
chevaux.
Le travail coininei-cial utile se réduit à l’élévation de 100 voyageurs
à 70 /■//, soit 7.000 /■// du niveau du sol (+ 3 5 >08) au niveau de la 2” plate-
forme i-j- 149,23), soit sur une hauteur verticale de 114,15 fff-
Ce travail a donc jiour valeur :
7.000 X 1 C|, i.ô = ^'0^
et correspond à une puissance d<‘ 177 chevaux.
Le rendement commei’cial de l’ascenseur à la montée est par suite
709.050
^ = 0,39.
2.120.000
Il peut donc varier de o ci 39 p. 100, suivant que les cabines sont
vides ou pleines.
§ 6. — Résumé des poids et prix de l’appareil.
Nous donnons ci-dessous le résumé des j)oids pour un ascenseur.
^'éllicule, cAl)tcs <lo maiKciivri* et de liaclioii, [loulies d'inncxioii cl
de renvoi des cAldes, voie et eréinaillère tte sûreté (jy.ijào ky
•2 presses liydrauliciues eoinplèles, avec leurs clievalels, poulies de
iiiounaj^e yt).333
2 accuinulaleurs à haute pression (sans le lest) i'|0.352
1 aecuinulat(Mir à basse pression — — 70. 12/1
Tuvauterie, sonpa[)es de mise en marche, régulateurs de vitesse,
coupleur, vannes et accessoires (kô.pS/,
Total pour un ascenseur /|3S. 7/1.3 kg
Soit pour les deux ascenseurs
Ces deux ascenseurs ont fait l’objet d’un contrat à forfait avec la
Comjiagnie de Fives-Lille, pour un prix global de 630.300 /)■ s’appliquant
aux matériaux en gare du Champ-de-Mars.
Le montagi! complet, la fourniture du lest, les travaux de terrasse-
ment et de maçonnerie, les charpentes et attaches sur la Tour des
jioulies de suspension et de renvoi, ainsi (juc les pompes d’alimentation,
sont restés à la charge de la Société.
ASCENSEURS SYSTÈME EIVES-LIU.E (ùi
D’après la complabililé, les déj)enses d’établissement de ces ascen-
seurs ont été les suivantes :
Montant du marché à forfait ():?o.rxto,oo fr
Fournitures accessoires (vannes sur les pompes, tuyauterie, etc.). d^.üoS.oo
Charpentes métalli(|ues des supports <lc |)oulies ‘.>.‘}.87o,o(>
Main-d’œuvre de montage 52.'|()0,o,5
Lest des accumulateurs (fonte et sald(>)
Plates-formes et escaliers d’accès r)8.;>8i ,7'|
2 pompes d’alimentation WOrIhington . r)2.r)oo,oo
1 condenseur de ces pompes 10.200,00
2 pompes d’emplissage des accumulateurs 1.880,00
Tuyauterie spéciale 1.211,00
Fourniture de glycérine (>.207,70
Câbles de commande de rechange 1.227,80
Peinture de la machinerie 2.5oo,oo
Divers 1 .(>55, 5o
Maçonneries du pilier Est 8(>.!Î55,2'|
— — Ouest (’>(’>. 597, (’)ô 152.902,89
Total ■ 1 .o72.i'|0(’>,5'| /r
Tel est le prix de revient de ces ascenseurs, non compris les déjienses
faites dans la salle des machines pour l’installation des pompes, non plus
qu’une part des dépenses communes s’appliquant à tons les ascenseurs
dont nous indiquerons plus loin l’inq^ortance.
i . .
♦ ,
y
t
CHVI'ITRi: IV
ASCENSEUR OTIS DU PILIER NORD
Nous avons vu précédemment (page 42) que, [)Our rKxj)Osilion de
1900, l’ascenseur du pilier Sud a été supprimé, et remplacé par un grand
escalier, tandis que l’ascenseur du pilier Nord a été modifié pour ne plus
effectuer que l’ascension du sol au jiremier étage.
Nous donnons ci-dessous la descrijition générale de cet ascenseur,
après modification.
1. — Description générale.
Le principe de l’a[)pareil a été exposé au cliaj)itre II de la première
partie. On a vu que l’ascenseur Olis est un appareil hydrauli(jue à
système funiculaire, c’est-è-dire (pie la cabine est mu(‘ par un palan relié
à un piston de j)resse hydrauli(pn‘, lequel agit sur l’ensemble du moulle,
tandis que le véhicule est relié au gai*ant de ce même moulle. Par cette
disposition, le nombre de brins du mouflage donne le rapport de la
vitesse et de la course du véhicule à celles du piston hydraulicpie, ce qui
permet, avec une faible vitesse' et une petite course du moteur, de multi-
plier la vitesse et la course du véhicule, suivant ce rapport.
Par contre la [missance bydrauliepie nécessaire est augmentée
d’autant.
9
GG
LA TOI R EIFFEL EN 1900
La course du sol au premier étage, comptée sur le chemin de roule-
ment, est de 68,46 m. La vitesse normale du véhicule a été admise égale à
1,25 m avec un moutlage h 7 brins. La course du piston moteur est donc
68,46 . I.2C
fie — - — —9,78 01 et la vitesse de
O, 18 771.
/ /
D’autre paid, le poids du véhicule vide, y compris cabine et châssis,
est de 9.500 /-y. Le jioids en charge correspondant à un nombre de
80 voyageurs à 70 /lÿ, soit 5.600 /ig, est de 9. 500 -|- 5 .600 = 1 5 . 100
Comme l’inclinaison du chemin de roulement sur l’horizontale est de 54°, 3 5'
dont le sinus est 0,81^, ce poids se réduit à 15.100X0,815 — 12.300 kg.
L’efïorl hydrauliipie théorique pour soulever la cabine est donc, d’après
ce que nous avons dit jilus haut : 12.300x7 = 86.100 kg.
F]n pratiijLie, cet effort a été diminué au moyen d’un contrepoids
jiesant 13.300 kg ipii roule sur une voie spéciale. Ce contrepoids est relié
â un moutle à trois brins dont le garant vient s’attacher au véhicule.
L’etîorl du contrepoids est par suite de — ^^^ = 4.500 kg, et comme sa
voie est inclinée et parallèle à celle du véhicule, cet effort se réduit à
4. 500X0,81 5 = 3 .670 kg.
En outre, le poids jiropre d<‘S masses mobiles du moteur hydrau-
liijue vient encore en déduction de l’etîort moteur. Ce poids, qui
comprend celui du chariot motjile et du piston moteur avec ses tiges, se
déplace sur un chemin dont l’inclinaison est de 61°, 20', laquelle a un
sinus de 0,877. D’^>tdion de ce poids se réduit donc à 20.180x0,877
= 18.200 kg, abstraction faite des résistances passives.
L’elTort moteur théorique, nécessaiie pour l’ascension de la cabine
est ainsi de 7X (12.300 — 3-670) — 18.200 = 42.210 kg.
Pour produire la descente, on ulilist* le poids du véhicule, qui doit
vaincre d’une part l’action du contrepoids, et, d’autre jtart, celte des
masses mobiles du moteur.
D’ajirès ce qui jirécède, l’ascenseur comprend :
I® Le moteur bydraulique (voir fig. 11), composé d’un grand cylindre
et d’un piston dont les tiges sont reliées à un fort palan inoullé à 7 brins.
Le garant de ce moulle est renvoyé vers le véhicule par des poulies de
renvoi et d’inlle.xion [lortées par des charpmiles situées au premier étage.
ASCENSEUH OTIS DU DIE1EI{ NOliD
67
A ce cylindre est adapté un distributeur commandé du véhicule par
l’intermédiaire d’un servo-motcur.
2® Le contrepoids, roulant sur une voie s|)éciale, et faisant j)artie
d'un moulle à trois brins, dont le garant va s’attacher à la cabine, après
Fip. 11. — Ensemble de PHScenseur Otis transformé.
avoir passé sur des jioulies üxées sur les charpentes dont nous venons de
parler.
3® Le véhicule, avec son chAssis, sa cabine, ses appareils de
manœuvre et de sûreté et sa voie de roulement. Leur ensemble constitui*
la partie essentielle de la modilication fjui a i*te laite en vue de I Expo-
sition de 1900.
08
LA TOI H EIFFEL EN tî)00
. • § 2. — Moteur hydraulique. Appareil funiculaire.
Le cylindre liydrauliquo en fonte, qui est le même que celui de
l’ancien appareil (voir 121, mesure 0,965 )/t de diamètre intérieur et
12,67 iu de lon"iu‘ur totale. 11 a 50 i/tm d’épaisseur, et est formé de cinq
tronçons assemblés par brides et boulons. Le haut et le bas du cylindre
communiqiuMit }iar une tubulure, à la partie inférieure de laquelle se
trouvent le distributeur et son sei’vo-moteur.
L’ensemble du cylindre rejiose sur une forte cbarpente inclinée,
d(‘ 6r sur l’horizontale, et qui a environ 40 111 de longueur. Elle est
ancrée sur le massif des fondations du pilier, et elle sert en même
temps à supporter la voie de roulement du chariot de moullage.
Le piston ci‘eux en fonte est à garnitur(^ d(> coton suift‘é. 11 est muni,
sur ses deux bords et sur la périphérie, de deux obturateurs (|ui viennent
aveuglei' partiellemcmt aux extrémités de course les oritices d’admission
et d’évacuation, alin d’amortir la vitesse.
Le piston porte deux fortes tiges en fer de loB tnm de diamètre, de
1 1 )/i environ de longueur, reliées à leur j»artie supérieure au chariot
mobile du moullage.
Nous avons fait observer déjà dans la description sommaire de
l’aj»pareil (page 27) cpie ces tiges ne travaillent jamais qu’à l’extension,
mais j)Our éviter néanmoins (ju’elles ne llécbisscnl sous l’action de leur
poids propre, on a installé, pour les soutenir, un support mobile qui
vient se placer sur la moitié de la longueur abandonnée. A cet effet,
ce snp[)ort est relié par une tige à un deuxième piston logé dans la
moitié supérieure du cylindre et laissant j)asser librement les deux tiges
du j)iston principal (jui l’entraîne dans sa demi-course supérieure. Le
piston support soutient les tiges à l’intérieur du cylindre, quand le piston
principal est en bas. A la tin de la course, c’est le support mobile qui
soutient les mêmes tig(\s à l’extérieur.
Nous avons vu dans cette même d(‘scrij)tion que la pression
bydranlifjue agit seub'inenl à la [)artie snpérieni’e, de sorte que le
vébiciib' monl(‘ quand le piston descend et inversement. (A's mouve-
ments soûl ol)l' mis à l’aidr d’un disiribiilenr placé à la partie inférieure
ASCENSEUR OTIS DU l‘ILIEK NORD
69
du cylindre el intercalé sur la conduite de communication entre les deux
extrémités de ce cylmdrc. La description et la manœuvre de cet organe
l,Cab.ncda«\ec«'>'>
dans
U dessin
de le faire
_
Vô-^pisuo
4;üOL)(f^w üaes,
pistîa
*^«/wtssiéredusapp‘
v^des liges du p(ston
, o^'ûi.lrdltfiïttaUpouln
cylindre eiporiantles
Q '>«i«rt5 du support des
'.!]cs du piston
U du c^liodre
«t .du support des ü^es
lion
lUppori des tiges dupislon
msaposiiion cxircrae
iston 'Celte position extrême
coiTtspond i la Cabine
amvee au bas de sa course*
au Rftz de Ch**)
MUretoise de la poutre du ejimdre
SuDooTt des liqes du piston ( Ce support reste
daw celle posîüon pendant (pie le piston partourf
■' la parue inférieure de sa course )
«nfCcitcposiUon extrême correspond
la Cabine arrA*ce an haut de sa coursç,au l**elaje
Poutre du^lmdre
1 en fonie
Fig. 12. — Coupe JoiKjitiidiiialc du cylindre Otis.
sont Vlonnées en détail dans l’annexe de cet ouvrage. Nous ne donnons
ici que le principe de l’appareil.
70
l.A TOUR EIFFEL EN 1900
Le distributeur (voir le schéma fig. 13) est formé par un corps
cylindrique à l’intérieur duquel se meuvent deux pistons dont l’un P, à
la partie inférieur»', forme obturateur et dont l’autre P', à la partie supé-
rieure, d’un diamètre un peu plus grand, sert à faire mouvoir le premier
1
auquel il est n'lié. Le piston obturateur P [se [déj>lace devant la tubulure
inférieure du cylindre moteur, et il j>eul être mis soit devant cette
tubulure, soit au-dessus, soit au-dessous. On lui fait occuper ces diverses
positions à l’aide d’un servo-moteur commandé du véhicule même par
un câble de manœuvre. Le servo-moteur permet de mettre la face supé-
ASCENSEl I{ uns I)ü IMLIEU NOlU)
71
rieure du piston P' en communication soit avec la pression, soit avec la
décharge, ou de l’isoler complètement.
Dans le premier cas, le piston obturateur descend et l’eau en dessus
du cylindre moteur passe au-dessous, le piston moteur de ce même
cylindre monte, entraîné par la cabine qui descend.
Si, au contraire, dans le deuxième cas, on fait remonter l’attelage
des deux pistons du distributeur, en mettant à la décharge l’eau de la
partie suj)érieure du piston P', on produit la descente du piston moteur;
la partie inférieure se trouve mise ainsi à la décharge, tandis (pie la partie
supérieure supporte la pression de l’eau. >
Enfin, si le piston obturateur du distributeur se ti’ouve [ilacé juste en
face de la tubulure inférieure du cylindre, comme la figure le représente,
l’eau est emprisonnée, et aucun mouvement n’a lieu ; c’est l’arrêt du
véhicule.
La manœuvre du servo-moteur est faite du véhicule au moyen d’un
petit câble sans tin, qui permet d’agir sur un système de levier placé sur
le servo-moteur.
Le cylindre moteur est pourvu d’un organe de sûreté. C’est un distri-
buteur placé à la jiaidie supérieure du tuyau de communication avec le
haut du cylindre. Il est destiné à arrêter le mouvement d(‘ la cabine, quand
le conduct('ur se trouve dans l’impossibilité de le faire. Un surveillant,
placé sur une petite plate-forme couverte, est à poste fixe pour faire, en cas
de besoin, cette manœuvre. Elle était commandée primitivement d’une
façon automatique j)ar un servo-moteur spécial (pii a été supprimé. La
description de cet organe est également donnée en détail dans l’annexe de
cet ouvrage (voir fig. 12).
L’appareil funiculaire jilacé au-dessus du cylindre est formé par un
grand palan comprenant une paitie mobile et une partie fixe.
La partie mobile est un chariot de 6,50 m de longueur, sur
2,45 m de largeur, roulant au moyen d(“ 4 galets sur une voie spéciale
portée par la charpente de support du cylindre (voir tig. 14). -Le chariot
porte 6 poulies de mouflage de 1,50 rn de diamètre. ■,
La partie inférieure est reliée aux deux tiges du piston moteur au
moyen d’un foi't palonnier triangulaire.
La partie fixe comprend 6 poulies attachées à la charpente et 2 poulies
de renvoi des garants. L’ensemble des poulies mobiles et des poulies fixes,
72
LA TOUH EIFFEL Ei\ 1900
sur lesquelles s’enroulent les câbles moteurs, constitue le inoullage à
7 brins du système.
Los câbles attachés au châssis du véhicule sont au nombre de 6,
divisés en deux groupes de 3, {>lacés de cba(jue coté du châssis. Sur les
3 câbles d’un groupe, deux se rendent au moufle moteur, après renvoi
sur des [)Oulies placées au premier étage sur une charpente spéciale. Le
troisième se rend au contrepoids. Il va donc en tout 4 câbles moteurs et
1 câbles de contro|)oids. Chacun des câbles moteurs 023 m?7i de diamètre
et pèse 1,7 />r/ au mètre courant. Il est formé de 8 torons de 37 fils de
0,9 nwi de diamètre. L«‘s câbles de contrepoids ont 29 mm de diamètre,
ptnpu Gift. A K4
il; AA'
1 900IM .
••tu lor wn «i«ni
.Z0r«9«i tTL4 2 /
Fig. 1/,. — Klévalion et vue ou plan du inoutlage ù 7 Jjrius.
pèsent 2,7 /lYj au mètre courant et sont formés de 8 torons de 37 fils de
i,i mm de diamètre.
Les 2 paires de câbles moteurs arrivent de chaque côté du palan,
sur lequel ils s’enroulent 7 fois. Les dormants s’attachent tous les
quatre sur un palonnier d’équilibre porté par l’extrémité supérieure du
chariot.
Dans l’ancienne installation, le inoutlage était à 12 brins, et l’attache
du dormant se faisait sur le même palonnier, qui était relié â la partie li.xe
de la charpente.
Les jioulies de renvoi du jiremier étage sont installées sur une char-
pente spéciale. Elles sont au nombre de 6; deux grandes poulies de 3 m de
diamètre, à 3 gorges indépendantes, recevant les deux groupes de 3 câbles
venant du véhicule, et quatre autres poulies de 1,30 m de diamètre pour le
ASCENSIU II OTIS DU I‘IL1ER NORD
TA
renvoi des deux câbles de contrepoids. Celte charpente (voir 15) porte
encore 4 autres petites poulies pour le renvoi du câble sans tin de manœuvre.
Fig. i5. — Schéma de la charpente des poulies du étape : Elévation et plan.
Enlin les câbles, dans leur parcours, sont guidés par des poulies d’inflexion
lixées à la Tour.
§ 3, — Contrepoids.
Ce contrepoids, nous l’avons vu, a pour but de diminuer Telîort
hydraulique nécessaire en équilibrant une partie du poids mort de la
cabine. La partie non équilibrée sert à produire la descente.
Le contrepoids est formé d’un Iruck chargé de gueuses en fonte,
porté par 6 galets de 500 mm de diamètre, roulant sur une voie spéciale
10
74
LA TOUR EIFFEL EN 1900
Coupu AD.
Vue eu plau.
Fig. iG. — Contrepoids. (Kcholle : i/.'io,)
|)arall61o à celle du véhicule
(voir lig. i6j. Le cliai'iot a
11,24 longueur et j)èse
13.500 /,//. Il porte à sa jiar-
tie supérieure une poulie de
moullage de 1,83 m de dia-
mètre, posée à plat sur le
chariot. Les deux càliles de
contrepoids venant de la ca-
bine sont mouflés 3 fois sur
ce contrepoids au moyen de
cette poulie, et d’une autre
jioulie tixe placée sous le
jiremier étage. La course du
contrepoids est donc de
68,46 ^ , ,
^=22,82 tii. Le truck
3
est muni d’appareils de sû-
reté, agissant dans h* cas
d’une vitesse exagérée, ou
bien dans le cas de la ruji-
ture d’un câble.
L’arrêt est obtenu au
moyen de coins s’enfonçant
automal iquement au mo-
ment du fonctionnement de
l’appareil , entre une partie
tixe du chariot et le cham-
pignon du rail.
§ 4. — Véhicule et voie.
Le véhicule et sa voie
de roulement ont été complè-
tement changés jiour l’Kx-
ASCENSEUR OTTS DU PILIER NORD 75
TpJi d>_aer.de 1%
Siirface (hiplani:her4'.68f»3,ll66
Poste de manœi
I3S.2
P’erà U 2 15 «77 découpé
cl formani crémaïUcre
double
^culeiwnüqiifidÆui de raccensem'
de redrecscTuent
Fig. 17. — Coupe par ï axe du véhicule. (Krhplle : i /5o.)
76
LA TOUR EIFFEL EN 1900
position de 1900, On a adopté pour ces derniers le système que la
Compagnie de Fives-Lille a employé dans les ascenseurs des pii iers
Est et Ouest. La voie, entre autres, est constituée de la même fa^on
que pour les ascenseurs ci-dessus, et porte une crémaillère double en
acier fixée au rail.
Le châssis du véhicule diffère légèrement de ceux des piliers Est et
Ouest. Quant à la cabine, elle est unique, et son appareil de redressement
a été supprimé. La cabine est lixée au châssis d’une manière invariable
(voir tîg. 17). La cabine, à un seul étage, est construite en tôle d’acier et
peut contenir 80 voyageurs, c’est-à-dire le double de ce qu’elle contenait
précédemment; on utilise ainsi la réduction de la course à moitié de ce
qu’elle était dans la première* installation.
Le châssis porte à la partie inférieure le poste de manœuvre avec son
volant de mise en marche et son levier à main commandant le déclan-
chement des freins de sûreté.
L’appareil de mise en marche, qui est celui de l’ancien ascenseur
Otis, est décrit en détail dans l’annexe à lacpielle nous nous reporterons.
Les parachutes sont ceux dont le principe et la description générale
ont été donnés au chapitre des ascenseurs F’ives-Lille. Comme ces derniers,
ils peuvent être utilisés à faire mouvoir le véhicule et à l’amener à la
station la plus voisine du point où, par suite d’un arrêt intempestif, il
serait resté accroché à la voie.
Dans ce cas, la force motrice est empruntée à des canalisations d’eau
sous pression longeant la voie et auxquelles le véhicule peut être raccordé
au moyen de tuyaux souples. Cette eau provient, soit du réservoir du
deuxième étage pour les basses pressions, soit d’un petit accumulateur
placé au pied du chemin, pour les autres pressions.
L’eau qui alimente l’ascenseur provient d’un réservoir de 30 de
capacité logé dans les caves du Pavillon central au deuxième étage. Elle
est refoulée dans ce réservoir par deux pompes du pilier Sud. Le cylindre
moteur est relié au réservoir par une conduite de 250 mm de diamètre,
descendant le long de la poutre de l’ascenseur et munie, en haut et en
bas, de vannes d’arrêt.
L’eau d’évacuation du cylindre est amenée dans un réservoir placé
au fond du pilier, et dans lequel plonge le tuyau d’évacuation. La dif-
férence de niveau entre l'eau du réservoir d’alimentation et celle du réser-
ASCENSEUR OTIS DU IMUIER NORD 77
voir de décharge est de 120 m. (>e chifTre est la mesure de la valeur de
la pression par centimètre carré sur la surlacc supérieure du |>iston.
Du réservoir de décharge, l’eau se rend par une conduite dans un hac
])lacé sous le plancher de la salle des machines, d’où elle est reprise
par les [)ompes, et refoulée au deuxième étage.
§ 5. — Fonctionnement et marche de l’appareil.
Le véhicule étant à l’arrêt en bas d(* sa course, le conducteur manœuvre
le volant de mise en marche. Le câble sans lin de manœuvre agit sur le
servo-moteur du distributeur dont le piston obturateur monte. L’eau de;
la partie inférieure du cylindre est mise à l’évacuation, tandis que la
pression agit sur la face supérieure du piston qui fait descimdre ce dernier,
et la cabine s’élève pendant (jue le contrcj)oids descend. Pour j)r(jduire
l’arrêt, le conducteur ramène, au moyen du crd)le, le piston obturateur du
distributeur, en regard de l’orilicc inférieur du cylindre; l’eau cesse de
circuler et il y a arrêt de l’appandl.
En faisant descendre en dessous de cet orifice le pistou du distribu-
teur, le conducteui' produit la dcscentt*. L’excès de j)oids de la cabine
fait remonter le chariot de moullage et le contrepoids, l’eau en dessus du
piston moteur j)asse au-dessous, et l’eau en pression, (|ui continue à
aflluer, fournit le volume correspondant à la section des deux tiges.
La surface supérieure du piston, sur laquelle l’eau en j)ressiou agit, est :
Surface du pistou, diaiuèlre <)T)r) mm cm'
.Moins surface des n liges, diaiuèlre 108 mm i8.’t,îî2
Surface active 7.ido,(io cm'
La course du piston est de 9,78 m.
Le volume d’eau déjiensé pendant la course descendante du piston
est donc de 9,78x0,7130 = 6.973 /.
La pression théorique par centimètre carré est de 12 /iv/, mais il faut
tenir compte des pertes de charge, qui s’élèvent è 3 kg environ pour la
vitesse de 1,50 »?, ce qui réduit la pression effective à 9 kg. Le ti’avail
dépensé pendant la course est donc de
().()7.'^ X 9 X 10 = (>27.070 kgm.
78
LA TOUR EIFFEL EN 1900
Le travail commercial utile correspond à l’élévation de la charge de
8o voyageurs à 70 /.vy, soit 5.600 kg, depuis le sol (cote -{- 36,50) jusqu’au
premier étage (cote 4" 9Li 3)1 c’est-à-dire sur une hauteur de 54,63 m.
Il est donc de 5.600x54,63 = 305.928 kg et le rendement com-
mercial de ;
805.928
(>27.570
49 P-
100.
Le rendement pour l’ancienne installation était de 44 p. 100, en
comptant 50 voyageurs élevés au deuxième étage. On peut donc dire que
les transformations de cet appareil ont amélioré son rendement.
La marche de l’ascenseur a été parfaite et durant toute 1a période de
l’Exposition, il ne s’est pas produit un seul arrêt. Certains jours de fête,
on a pu réaliser 15 voyages à l’heure avec 80 personnes, ce qui repré-
sente 1.200 voyageurs élevés dans ce laps de temps, à une vitesse de
1,25 in à 1,50 ni environ.
Nous donnons dans l’annexe placée à la tin de cet ouvrage, cha-
pitre II, les données numériques et les calculs relatifs à cet ascenseur.
§ 6. — Dépenses de la transformation.
Les dépenses occasionnées par ces transformations ont été les sui-
vantes :
■Montant <lu marché à forfait de Fives-Lille ^(>. 200,00 fr
Fourniture suppléinentaire des grandes poulies de renvoi .... i2.9(‘>o,oo
Pièces accessoires 2.0.55, 20
Charpentes en fer pour supj)ort des poulies 7.(49,05
Accès à la cabine 8.591,90
Main-d’œuvre de montage 8.480,80
Réservoir du 2® étage 5.,4o5,8o
2 pompes d’alimentation Worthington . . 29.240,00
Poulies du mouflage 1.892,20
Câbles 2.77.5,50
Maçonnerie et dallage 1.2.87,18
Divers 1.010,20
Total 121.997,88 fr
Ces dépenses d’installation, de même que pour les ascenseurs Fives-
Lille, ne comprennent pas les dépenses spéciales effectuées à la salle des
machines non plus que celles communes à l’ensemhle des ascenseurs.
CHAPlTRi: V
ASCENSEUR VERTICAL DU SOMMET
Le principe de cel ascenseur destiné à élever les voyug('urs du
deuxième étage au sommet a été exposé p. 29. L'apj)areil primitir, cons-
truit par M. Edoux, a subi pour l’Exposition de 1900 (pielcjues modifica-
tions en vue de remédier à ses défauts et de le rendre capable' de ti’ans-
porter un plus gi*and nombre de voyageurs, soit 80 au lieu de 65, et aussi
d’augmenter la vitesse d’asce'iision, de manière à réaliser 10 voyages à
l’heure au lieu de 7.
Les modifications emt porté surtout sur la canalisation générale,
dont la section a été augmentée pour diminuer les jeertes de charge, et
sur les deux cabines, qui ont reçu chacune une impériale permettant de
recevoir jo personnes. En outre, h* parachute a été amélioré, en raison
des nouvelles conditions de charges imposées à l’appareil.
Nous donnons ci-dessous la description d<‘ l’ap[)areil, tel <ju’il tonc-
tionne actuellement.
§ 1. — Description générale.
L’ascenseur comprend dans so 1 ensemble : deux grands cylindres
verticaux de 81,06 ui de hauteur et de 0,36 ni de diameti'e intérieur
(voir fig. 18), à l’intérieur desquels se meuvent deux plongeurs de
80
LA T O U II KIKKEL EN 1900
même lonij^iieiir, doiil les cxtivmilés supérieures sont reliées par articu-
lation à un fort palonnier [)lacé sous la cabine A. L’eau en pression, pro-
venant (l’un réservoir [>lacé au troisième étage, peut être introduite, au
moment do l’ascension, dans les cylindres par deux distributeurs, placés
à l’étage intermédiaire; ils permettent également l’évacuation de l’eau, au
moment de la descente, dans un deuxième réservoir placé à ce même étage.
La cabine A est reliée à une deuxième cabine B, jiar quatre câbles
plats qui, partant de la cabine A, sont dirigés vers le haut de la Tour, où
des poulies les renvoient vers la cabine B, laquelle lait équilibre à la pre-
mière A.
Au moment où l’eau en pression (>st admise dans les cylindres, les
plongeurs montent en soulevant la cabine A, depuis l’étage intermédiaire
jusqu’au sommet, tandis que la cabine B descend de l’étage intermédiaire
au deuxième. Au fur et à mesure que les plongeurs sortent de l’eau,
l’action de leur poids augmente, mais celte augmentation de charge se
trouve équilibrée par le développement des câbles {)assant du côté B, et
dont le poids a été calculé j)Oiir que l’équilibre ait lieu en un point quel-
conque d(‘ la course.
Si au contraire, la cabine A étant au sommet, l’on fait évacuer l’eau
des cylindres, les (hmx cabines parcourent des chemins inverses, et les
[)longeiirs chassoni l’eau par leur poids dans h* réservoir d’évacuation.
En résumé, le voyage du deuxième étage au sommet se fait en deux
parties : d’abord du deuxième à l’étage intermédiaire, dans la cabine B;
à ce moment, les voyageurs passent dans la cabine A et etïectuent
ensuite la deuxième partie du parcours, de l’étage intermédiaire au
sommet.
Les vitesses de marche diffèrent suivant les charges respectives des
deux cabines. Mais (juand ces dernières portent le même nombre de
voyageurs, la vitesse moyenne de montée ou de descente des pistons
moteurs est de 0,90 m environ.
§2. — Cylindres.
Chacpie cylindre est constitué par 1 5 tronçons, en tôle d’acier de
10 mm d’épaisseur, cintrée et rivée; ils sont vissés les uns sur les autres.
813
11
82
LA TOI l{ EIFFEL Ei\ li)00
Fig. HJ. — l'Iaii cl coupe vci ticalc de la tclc d'un cylindre.
211 acier coulé qui s’appuie, par riutcriuédiaire de [loulres, sur l’ossalure
Je la Tour (voir lig. 19). Les cylindres se trouvent ainsi suspendus. Le
L’extrémité supérieure des cylindres est rivée à un robuste chapeau
Couvre jpmts.riyM surl^hape
Çhajie
CoulisseftïuJÊ J(L-12_
Palonmer
.3^0.
. Sp_ .
Cha^eau^d 'a II3 çhe.
du cylindre
ASCENSEUR VERTICAL DU SOMMET
83
chapeau est surmonté d’une tôtc' en fonte, (jui porte la tubuture
(ramenée de r('au, et qui reçoit le cuir embouti qui forme joint. Les
tètes primitives, qui donnaient lieu à une tro{) faraude perte de charge,
ont été remplacées en 1900
par deux autres ayant une
section plus grande et
une forme plus rationnelle,
afin d’éviter que le liquide
frappe normalement les
parois du plongeur (voir
tig. 20).
big. 20. — Coupe horizontale de
la tête du cylindre par l’axe
de la tubulure.
Les tubulures des deux
tètes sont réunies par un
tuyau en i-elalion avec les
distributeurs.
Les plongeurs ont un
diamètre extérieur de o, 3 2 m
et une longueur de o,(Si m.
Us sont articulés à finir
sommet, par une chape en
acier, sur un palonnier en
t(jle et cornière, dont le mi-
lieu porte la cabine par
Fig. 21. — Colonnes-ijiiides des /dstons.
l’intermédiaire d’un axe en fer. Ce système d’articulation a pour ellet d(‘
soustraire fi‘S voyageurs à l’inlluenci' des légères variations «pie peut pro-
voquei' dans la vitesse des deux pistons l’inégalité des trottements dans
8i
LA TOLR KIFFEÎ. EN 1900
los <rarnilnr('s. (;iia(jiie piston est constitué par treize trot^'ons d’acier,
vissés bout à bout et roruiés d'une tôle de 8 mm d’épaisseur. A leur
partie supérieure est adai)tée une tète en acier, recevant l’axe rpii relie
le piston au palonnier.
La |>artie in(éri(*ur<‘ <‘sl (oi*mé(' j)ar (juatia* tronçons en fonte, qui ont
|HM-inis d(> donner aux ])istons b‘ poids nécessaire j)our assunu’ la des-
cente. (diaqiK' jdston pèse /y.
Sur toute la bautiuir de sa course, chaque ploiureur a été mis à l’abri
du vent, au moycMi d'une colonm* creuse ni fonte, présentant une rainure
jiour !(' jiassa^e du palonnier. La partie intérieure di' la colonne est
munie, di* distance en distance, de jiortéi's dresséi*s, sn’vani de guidage
au plongeur (voir lig. 21).
3. — Distribution.
.Ainsi (jue nous 1 avons vu, ! eau en |)ression, servant à actionnn' b*s
jilongeurs, provient d’un résn’voir placé au sommet de la l'our.
b.lle est refoulée dans ce résn'voir jiai’ trois pomjies du jiilier Sud,
qui aspirent dans le réservoir de décharge' de l’ascenseur jdacé à l’étage
intei mediairi'. La distance verticale entre les deux réserveiirs étant
ASCENSKIK VEUT ICA L DU S()>LMET
85
environ de 8o celte liantenr est celle à la([uell(‘ reroulenl effectivement
les j)oni[)es, ahslraction laite des pertes de charge.
Le réservoir du sommet est relié, par une conduite de 250 aux
deux disiribuleurs placés à l’élage intermédiaire.
Celle conduite, posée (m 1900, a remplacé l’ancienne conduite, qui
Fii^. 23. — \'tio en plan de In Itiynuterie de distrihiition ii l'elinjo intermediaive.
n’avait (|ue 200 tnm, et (|ui donnait une j)erte de (diai'ge trop grande.
A l’étage intermédiaire, elle se divise en deux braucliemenls, l’un
qui descend au pied de la 'l'our, pour le refoulement des pompes, l’autre
(pii se dirige vers les deux distributeurs (voir üg. 22 et 23).
Enlin, du réservoir de décharge part la conduite d’aspiration de
150 mm, allant aux ponqu's du pilier Sud.
Chaque distributeur est formé par un corps cylindrique en fonte
86
I
LA TOUR EIFFEL EA 1000
I — I
l'ip. 2i. — Distributeur [coupes horizoutulo
et verticale).
dans !e(|iioI se déj)lace un double
pislon ci‘eux (M|uilil)ré fvoir fig. 24).
L»‘ cylindre porle trois tnlm-
Inres : celle du liant correspond
à l’admission de l’eau venant du
réservoir sujiérieur, celle du bas
à l’évacuation de l’eau se ren-
dant au réservoir de décharge
intermédiaire, et celle du milieu
aux deux cylindres moteurs (voir
scb'éma, (ig. 25).
Pour obtiMiir la communica-
tion des cylindres moteurs soit
avec l’admission quand on veut
ju-oduii'e la inontéi' des plongeurs,
soit av(‘c l’évacuation [lour pro-
duire la descente, il suriit d’abais-
ser ou d’élever le piston double.
Dans la jiosilion intermédiaire, la
tubulure qui corresjiond aux cy-
lindres moteurs est obturée, et il
V a ai’rôt des cabines.
Le mouvement d’abaissc*-
ment ou dYdévation du piston
creux est obtenu au moyen d’un
levier à secteur denté, mis en
mouvement par un système d’en-
grenage (voir fig. 26). Un volant
placé dans la machinerie des dis-
ti'ibuteurs et sur leur arbre de
commande, jH’rimd cette ma-
no'uvre à la main. Kn outre, un
câble sans lin à deux brins longe
le chemin de la cal)ine A, et
peut être saisi de l’intérieur de
la cabine ]>ar le conducteur. Lu
ASCENSEUR VERTICAE OU SOMMET
87
tiraiil dans un sens ou dans ranli-c, le conducteur met en mouvement
l’arbre actionnant le levier à secteur denté. Ce mouvement s’obtient par
yirrct
’ldwppeinent
Montée JJcscenle
l'i". -.îu. — Schémas dos positions du distributeur.
iclijppement
■ô
l’intermédiaire d’une ci-émaillère fixée à l’extrémité de l’un
brins du câble et qui engrène avec un j)ignon de l’arbre de
L’extrémité de l’autre brin porte un contrepoids d’équilibre.
des deux
manœuvre.
88
LA ÏOl U EIFFEL E> l'JUO
La manœuvre des distribuleurs est conimenc('‘e ])ar le conducteur de-
là cabine A, et elle esl termiiuV par le surveillant de l’élage intermé-
diaire, qui agit sur le volant V.
Les dislrilmleurs peuvent marcber indépendamment riin de l’autre.
Les jours de grande arilmmce, on met les deux distributeurs en marche,
ce (jui permet une jdus grande vitesse, mais en semaine, où raflluence
est moindre, un s(uil distributeur assure le servic(\
4. — Cabines et câbles.
Lbaque véhicule comprend une cabine proprement dite et une
imjiériale.
Les cabines métalliques et leurs impériales sont semblables pour
les deux vébieules (voir tig. 27). Elles sont muni('s de fenêtres et de
quatre j)ortcs de 1,10 m de largeur, (|ui j)ermett('nt le passage facile
de deux personnes de front, ce qui rend plus rapides les opérations
d’embarfjuement et de débar(piement, ainsi que récbange des voyageurs
à l’étage intermédiaire.
Les impériales ont été constituées d’une façon fort simple, par un
robuste garde-coi'ps monté sur le l)ord du plafond des cabines, (pii a reçu
un léger panpiet en sajiin. Des tentes mettent les voyageurs à l’abri du
soleil.
Les deux cabines ont un poids lég('‘rement dilTérent, tpie nous
résumons ci-dessous :
CAIÎINK .V CABINK H
Caisse et palomiier (t.ooo hrj é.ooo kfj
tinpériale i.5oo i.Cmh)
Lest .‘L'|0() »
Paracliule coniplel » 8.100
Total lo.poo /.V/ 10.700 kcj
Les deux véhicules sont reliés l’un à l’autre par quatre câbles jilats,
passant sur huit poulies de renvoi au sommet de la d’our. Aux extrémités
du palonnier de la cabine A sont attachés, [lar l’intermédiaire de chapes,
deux câbles cpii viennent aboutir sur le [ilancber bas de la cabine 13 au
moyen de deux tendeurs. Les deux autres câbles sont tixés d’une part
l
f'
»
d'èvacuation
Tu^au diyaçuatiQA, ^
Fuseau hélicoidd de
l'ancien para chu te
jü-’ÇaiiJiébcfliial de
ancien parachme
y Z Vue de face
y Z Coupe veriicale ef
V2 Coupe T^onzoutale a b Vz Coupe horizontale c d
Fig. 27. — Cabine contrepoids U, avec son parachute complet.
12
90
LA TOÜK EIFFEL EN 1900
sur les poutrelles du plafond de la cabine A au moyen de deux tendeurs, et
d’autre part, au moyen de chapes, à un palonnier articulé sur le plafond
de la cabine 13 et semblable à celui de la cabine A. Chacun des quatre
câbles est formé de deux parties. La première comprend la lon<Tueur
qui à chaque voyai^e j)asse sur les poulies de renvoi du haut : c’est le
câble d’enroulement. La deuxième, située du côté de la cabine B, com-
prend la longueur (jui ne s’enroule j)as sur les poulies : elle constitue le
câble d(‘ suspension.
Les câbles d’enroulement servent en même temps à équilibrer le
déplacement d’eau des pistons. En effet, 1a pression hydraulique sur les
pistons diminue au fur et à mesure de leur sortie des cylindres, et par
suite la tension que le poids de ces pistons exerce sui‘ les câbles s’accroît
de celui de l’eau déplacé.
L’accroissement de [toids [>ar mètre est ainsi égal au poids d’eau
occupé par un mètre de longueur des plongeurs. Comme chaque plongeur
a 0,3.: de diamètre, ce poids est 2X
71X0,32
160,8 /•//. Ür, comme
les câbles d’enroulement situés au-dessus des pistons passent du côté
opposé, ce (jui double leur action, ces câbles, pour former un exact
contrepoids, doivent (leser dans leur ensemble '^°’^ = 8o,4 /,y par
mètre, soit 20,1 />g pour chacun.
11 n’en est pas tout à fait ainsi. Chaque câble pèse seulement
18,60 Z’^. Lors du remplacement des câbles jirimitifs, nous avons regretté
de ne pouvoir augmenter leur section par suite du défaut d’espace dans
les colonnes de guidage.
Après graissage on peut admettn* un poids de 19 /y en service.
Ce défaut d’é(juilibrage se traduit par des variations de vitesse dans la
marche des jilongeurs, variations auxcjuelles viennent se combiner celles
dues aux jtertes de cbai'ge.
Cbaijue câble d’enroulement a une largeur de 0,20 m et une
épaisseur de 32 7nm; il est formé de 8 grelins, de 4 aussières, de 4 torons
de 19 lils en acier doux de i m))i de diamètre avec couture double de
3 torons de 4 fils n® 14 recuits. Le nombre des fils est de 2.432, donnant
une section de 1.909 mm' correspondant à une résistance de 220.000 !> g
environ.
ASCENSKUR VERTICAL \)V SOMMET
91
Les câbles de suspension sont plus légers. Chacun pèse 11,281 /,f/
au mètre et 12 /,(/ après graissage. Il est formé de 12 aussières de
4 torons de ii fils de 1,5 nun de diamètre, avec âme en chanvre, réunis
Fig. 28. — Poteaux-guides des câbles du côté de la cabine B entre Tétagc intermédiaire
et le sommet.
par une couture de 2 torons de 12 üls de 2 mm de diamètre. Le nombre
des fils est de 528, donnant une section de 934 mm\
Les câbles de suspension sont reliés aux câbles d’enroulement jiar
quatre chapes de réglage, qui servent en même temps à les guider
dans leur course. Les câbles du côté de la cabine H sont abrites, depuis
l’étage intermédiaire jusqu’au sommet, dans des caissons métalliques à
92
LA ïOrn EIFKLL EN 1900
treillis, munis do deux glissières, dans lesquelles coulissent les chapes
de réglage (voir lig. 28). De l’élage intermédiaire au deuxième, les cables
sont enrermés dans des colonne en fonte, qui servent en même temps
au fonctionnement du parachute.
§ 5. — Parachute.
La cabine contrepoids H ('st munie d’un puissant parachute, qui a
été amélioré en 1900, en raisoti des nouvelles conditions de charge
imposée à l’appandl.
La cabine A n’a pas de parachute. On a estimé qu’en cas d’accident à
la suspension, cette cabine, restant portée par les deux pistons hydrau-
li(|ues, une chute grave n’était pas à craindre.
Le parachute de la cabine l>, dont l’ensemble est représenté lig. 27,
comprend deux parties : le frein I>ackmann, qui existait en 1889, et un
amortiss(nir hydrauli(pie (pii a été ajouté en 1900.
,\ la jiartie inférieure, la cabine porte extérieimmicnt un arbre
vertical concentrique à la colonne de guidage correspondante. A cet arbre
est adapté un fuseau tournant fou sur celui-ci, et muni sur son pourtour
d’une sj)ire de vis à tilet carré; cette vis se déplace sur des spires de
môme pas portées par la colonne de guidage, laquelle forme écrou
pour ce fuseau.
Ouand la cabine descend à la vitesse normale, le fuseau est appliijué
sur les spii’cs (b> la colonne par son poids jiropre, et se déplace en tour-
nant comme une vis dans son écrou.
Si, jiar suite d’une rupture des câbles d’attache, le mouvement de
dc'scente de la cabine s’accéb-re considérablement, un C()ue porté jiar
celle-ci vieni coilTer la partie su])éricure du fuseau; ce dc'rnier, en effet, ne
peut prendr(* (pie la vitess(* normale coi*respondant à l’inclinaison des
spires, et se.trouve de ce fait l)ient(jt riqoini jiar la cabine portant le cône.
Il se jiroduil alors entre les deux C(Hies un frottement énergique
(pii ne tarde jias à empêcher le fuseau de toui’uer, de sorte qu’en lin de
compte la cabine reste suspendue sur les spires des colonnes de
guidage.
Abu d’éviter que cet arrêt soit trop brus(jue. et que les spires elles-
A s Cf: N SEL R VER'IICAI. 1)1 SO.MMET
93
mêmes couhmiI riscjuc d'êlrc l)risées,on a interi>osé dans Iecoi'[)S du fuseau
des rondelles llelleville formanl ressort.
L.e fuseau est séparé en deux parties : l’inférieure porte en saillie
le lilet hélicoïdal ; elle est clavetée sur un arbre dont la rotation s’elïectue
à la partie supérieure dans uiu' douille, et à la partie inféiâeurc dans une
icutiaj)
* Auache du rat» npcnwr
lUpouirt «Itnaenparaehi
Atiidbe d<I|
« ]« pautrc
de
Tujm Icweuttea
1
1
i
Coupe w» de la figure *27.
Coupe du fuseau et vue «Iti cylindre-liydrauliquo
suivant AH.
l'iir. •>.<). — Pnrnrhiite de la cabine U.
crapaudine munie d’un ‘ijrain en acier; la partie supérieure, qui s’emboîte
dans la première et qui repose sur des rondelles Helleville, c*st tournée
en tronc de cène à sa partie siqiérieure, et jieut glisser le long d’un double
clavetage jiorté par l’autre partie du fuseau, de manière à venir comprimer
les rondelles Belleville.
L’emploi du frein Backmann présente une grande sécurité en cas
d’une rupture de cAble, surtout si l’on admet qu’après la mise en contact
LA TOUR EIFFEL E?s 1900
91
des cônes de friction, la rotation du fuseau continue à se produire
pendant un temps même très court. Néanmoins, pour l’augmenter encore
et permettre à la puissance vive due à la chute d'être absorbée dans un
temps j)lus long et de causer aux dilTérents organes une moindre fatigue,
on a jugé utile d’ajouter à l’élasticité des rondelles Belleville, dont la
course est de 8o mm seulement, celle d’un frein hydraulique d’une course
de 900 mm. Cette augmentation importante de la course, qui au total est
de 980 mm., diminue considérablement les efforts supportés par les organes
d’attache du parachute au moment de son fonctionnement.
Le frein hydrauliijue est formé de deux presses placées symétrique-
ment par rapport à l’axe du châssis portatit le j)arachute (voir üg. d’en-
semble 27).
Chacune des j)resses com[)rend un j)iston plongeur de 100 mm de
diamètre qui, en jiénétrant dans un cylindre alésé de 120 mm de diamètre,
refoule le liquide dans un résc'rvoir ouvert è l’air libre en le faisant passer
]>ar une soupape (l’équilil)re munie d’un ressort.
Le piston de chacune des |)resses est üxé par une articulation à
la poutre inféi’i<‘ur(‘ de la cai)ine (voir lig. 29). Le cylindre l'eposi' par sa
lôt(^ sur une pièce im acier, la(juelle porte en même tfunps, au moyen
d’un j)rolongement, le cône femelle du fus(‘au. Cette pièc(‘ est rivée entre
les âmes d’une j)Outrt‘ en caisson entn'toisée avec la pouti‘(‘ de support
d(‘S ci’apaudiiK's des fuseaux. L’ensemble fornu' un nouveau châssis
parfaitement rigide.
Le châssis est suspendu au moyen de deux tringles de 50 mm de
diamètre, fixées à une articulation par une chape poidée jiar la poutre
inférieure de la cabine. Ces tringles, lors delà rentrée du jiiston, peuvent
glisser dans l’appui inférieur de manière à le suivre dans son mouvement.
Un tuyau en acier relie le lias de chaque cylindia* hydraulique avec
une soupajie d’évacuation placée à l’extrémité du réservoir.
Le claj»et de cette soupape a une forme |)articulière, de manière
(pi’è une levée déleianinée correspondent une tension du ressort (d un
débit donnés.
Le fonctionnement du parachute est jirovoipié, comme avant sa trans-
formation, |)ar l'arrêt automatiipie des fuseaux à hélice dans les colonnes
guides (!(' l’asciMiseur.
L’arrêt automaticpie .se pi-oduit lorsque, l'accéléi'ation de la cabine
ASCEA'SKUIl VERTICAL DFJ SOMMET
9o
devenant plus grande que celle du fuseau, les supports fixés à la cahine
glissent dans les douilles en bronze inférieures et supérieures de ce
fuseau; b' cùne de friction viiuit alors coilTer le cône siqiérieur du fuseau
et arrête la rotation de ce dernier. Le fuseau devenant lixe, tout»* la cabine
continue à descendre, les pistons pénètrent dans les cylindres, en chas-
sant dans le réservoir supérieur le liipiide ipii les remplissait et (jue l’on
force à passeï' par les soupapes d’évacuation, (ui créant une résistance
(jui absorbe progressivement la fom^ vive. Les i-ondelles Lellevilie des
fuseaux y concourent égaleimuit poui’ une certaine part.
Dans ce mouvement, les tringles de suspension descendent avec la
cabine, è travers la jioufre supérieur!' du châssis.
L’accélération due à la chute du fuseau glissant sur son hélice
est de 2,80 m au lieu de 9,81 m qu’il aurait en chute libre ; l’efïort
sur les dilïerents organes, correspondant à rabsor[)fion de la puissance
vive pour une vitesse de 5 m, ne dé[>assepas 21.000/-^ sur chacun des cotés
de la cabine, effort pour lequel les divers organes ont été calculés.
§ 6. — Marche et rendement.
Les diverses modifications qui ont été faites à la distribution d’eau
ont augmenté la vitesse moyenne des cabines, et l’ont portée à 0,90 au
lieu de 0,77 m qui était celle de l’ancieune installation. Lu outre, les accès
plus faciles des cabines ont pi'rmis d’accélérer les embarquements et
débaiapiements de voyageurs. De C(‘tte fa<;on, on est arrivé à faire effectuer
à l’ascenseur 10 voyages à l’heure, avec 80 voyageurs, dont 50 dans
la cabine et 50 sur l’impéiâale, ce (pii représente 800 voyageurs montés
dans l’heure.
La marche de l’appareil, ainsi modifié, a été excellente, et durant
toute la [lériode de l’Exposition, il ne s’est produit aucun arrêt.
Le travail utile pour monter 80 voyageurs pesant cbacuii 70 />g à la
hauteur sé^iarant le deuxième étage du troisième, est de 80 X 70
X 160,40 = 898.240
Le travail dépensé se calcule ainsi '.
La différence exacte de niveau entre les réservoirs d’alimentation et de
décharge est de 76,50 m. La section totale des deux plongeurs est
00
LA TOUU EIFFEL EN 1000
de 0, 1608 et l(>ur course de 80,20 Le travail d’élévation des plon-
geurs est par suite ;
1 .OoS X 7<').r)o X y,.
10
hgm
Le reiidciueul commercial est donc :
S(|8.'»V’
((srrrK*)!)
'N'.M
et il varie de o (cas où il n’y aurait pas de voyagcui’s transportés) à cette
valeur de 0,91.
Pcmdant l’Ex[)osition de 1889, ce l’apport n’était ({ue de 0,74. Les modi-
ditications (|ue nous avons faites à l’appareil lui ont donné le remarquable
rendement (pic nous venons de calculer.
Nous donnons dans Fanne.xe |)lacée à la tin de cet ouvrage, cha-
pitre 111, l(‘s calculs relatifs ù cet ascenseur et à son parachute.
viî 7. — Dépenses effectuées pour les modifications.
Les dépenses occasionnées pour les modilicalions de l’appareil ont
été les suivantes :
Noinolle luyautorie cl seciciir <lc cninniaiido fr
Mollification des cabines
• — du paraelinle b. '117,80
Miiin-dVrnvre 5.;>8i,i5
(’-Ables nouveaux 7.751,1b
Une pompe de recliaiu^e Worlhin^lon ;>o.t)oo,oo
Divers 2'|3,.'|0
Total t)b.8o8,ii fr
Ces dépenses d’installation, d(* même ([ue pour les ascenseurs
lMV(‘s-Lille et Otis, ne comprennent |>as les dépenses spéciales effec-
tuées à la salle des machines, non plus que celles communes à l’ensenihle
des ascenseurs.
CIIAIMilJi: VI
ESCALIERS
1. — Escaliers du rez-de-chaussée au premier étage
des piliers Est et Ouest.
Dans les j)iles 2 el 4 (I^sl el Oiiesl) sont disposés des cscaliei’s droits
de 1,20 m entre garde-corps, suspendus aux points solides de la construc-
tion, (jui se trouvent à la rencontre des barres de treillis et des
arbaléti’iei’s. Les escaliers sont formés par 347 marches en chêne de 0,23 >/i
de largeur avec contremarches d(‘ 0,16 m de hauteur. De nombreux paliers
rendent la montée très facile.
La hauteur totale de Tescalier ( 5^,05 ut) est divisée en trois paidies :
1“ le départ du rez-de-chaussée compris entre le rez-de-chaussée et
l’entretoise inférieure du montant, soit 4,82 ui de hauteur; 2” la partie
courante, comprise entre l’entreloise inférieure du montant et le bas du
panneau 3, soit 44,00 m; y l’arrivée au premier étage comj>rise dans la
hauteur du j)anneau 5, soit 7,23 ui.
La hauteur tolale de 44,00 m de la partie courante (pilier 2; a été sub-
divisée en quatre éléments identiques de i i,oo;?i de hauteur corres[)ondant
aux panneaux de la Tour, et séparés par des paliers au niveau des enti’e-
toises sur lesquelles se fait l’assemblage des éléments.
Chacun de ces éléments a été subdivisé lui-même en trois jiarties
séparées également par des paliers. Les deux premières montées vont de
!)8
LA Tori{ LIFFLL E.\ l'JOO
gauche à droite, tandis que la suivante revient de droite à gauche, de
manière à ménager le passage de la cahine.
Les deux escaliers ont été modifiés à leur dépai't du sol, en raison de
;{(). — Scliciiia d'une révolution outre le sol et le étage. (I->lielIc : i loo.)
l’existence des accumulateurs des nouveaux ascenseurs, lesquels, jtendant
leur course de montée, viennent occuper l’emplacement des anciens
escaliers.
La volée de départ contourne l’emplacement des accumulateurs et j'i
une hauteur d’environ 6 m vient rejoindre l’ancien escalier.
K s CA IJ K U s
99
^ 2. — Escalier du pilier Sud.
Cet escalier est destiné à la descente à pied des voyageurs du premier
étage au sol et à la montée du premier au deuxième étage, la montée du sol
au premier étage continuant à se faire j>ar les deux escaliers des piles list
et Ouest.
I.,e nouvel escalier, dont la disposition générale est intéressante, est
Fig-, .‘{i. — Détail d’uiio travée do l’oscalier du pilier Sud.
C$qut M mr k
eitoieure «a grsM linon
J.IO0Q 'jtHfiQir
établi entre les poutres de l’ancieu ascenseur Otis, sur lesquelles il s’api)uic
en projetant à porte-à-faux les volées alternatives qui se contre-butenl Tune
par l’autre.
11 est composé d’une série de révolutions dont chacune comprend une
grande et une petite volée. La ligure 30 représente le schéma de l’une de
ces révolutions.
Les paliers P, sont attachés aux poutres de l’ascenseur, dont l’écar-
tement d’axe en axe est de 3,80 in. De ce palier part une petite volée abou-
tissant à un palier 1\, extérieur aux poutres, dmpiel part la grande volée
qui rejoint le palier' 1\ suivant, et ainsi de suite.
Doui' la partie du sol au pi'emier, l’escalier et les paliers ont 1,00 )/i de
L A TOT H KIFFLI. F.\ 1900
100
largeur et la grande volée j)orte un palier intermédiaire avec des contre-
marches ayant une hauteur commune de 152,7 mm. Les marches sont en
(diêne et garnies d’une bandelette de ter. Chacun des paliers en porte-^i-
taux s’appuie sur le jtalier inférieur P^, d’abord par la petite volée, puis
par une contre-fiche placée dans le j)lan du limon extérieur de la grande
volée. (Juant aux paliers P,, ils sont attachés directement sur les poutres
de l’ascenseur (voir fig. 51).
Du sol au premier étage, il existe' 14 révolutions de 3,666 m de hauteur
comprenant 24 marches, plus une volée de ilépart au sol de 21 marches, et
une volée d’ai-rivée de 7 marches, soit en tout 364 marches.
Pour la jeartie du jiremier au deuxième étage, dont la largeur est
de 1,50 //I (*t dont les grandes volées n’ont pas de paliers, les révolutions,
au nombre de 15, ont également 3 ,666 de hauteur comprenant 24 marches
de 152,7 //im; mais la largeur de celles-ci difTère suivant la position de la
révolution sur le chemin. La volée de déj)ai‘t au premier étage comprend
14 marches et celle de l’arrivée au deuxième en comprend 7, ce (pii donne
entre le premier et le deuxième 381 marches.
Le nombn' total des marches entre le sol et le deuxième est donc
de 745.
Cet escalier nouveau l'emplace, en offrant beaucoup [dus de commo-
dités, les anciens escaliers héliçoïdaux [ilacés dans chacun des piliers,
lesquels ne sont [)lus accessibles au [uiblic.
CIIAIMTRE VII
INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
Ces installations sont décrites par M. Henri Hesson, chargé spécia-
lement de ce service, dans nne note (jiie nous re[)roduisons.
1. — Généralités.
L’énergie électrique absorbée par l’éclairage de i88y ü 1900 était
|)roduite par deux dynamos Sautter-Lemonnier de 600 ampères à 70 volts,
commandées par courroie et actionnées par deux moteurs à vapeur [)ilon
compound, de 70 chevaux environ. Ln 1889, le phare et tes projecteurs
étaient seuls électriques. A partir de 1890, l’éclairage électrifjue com-
prenait les restaurants et ta plate-forme du premier étage, les escaliers,
deux projecteurs et un phare.
En 1889, l’illumination était produite par dos rampes horizontales de
gaz, j)lacées aux trois étages, mais ne comprenait pas les arêtes.
l’our 1900, l’Administration de la Tour décida de compléter l’instal-
lation de la première plate-forme, d’éclairer le deuxième étage, les
ascenseurs, leurs accès et les bureaux et d’adopter l’illumination électrique
au moyen de lampes à incandescence munies de réllecteurs appropriés,
garnissant toutes les arêtes de la Tour, du sol au sommet. Enlin, un
projecteur très intense fut installé au troisième étage de la Tour en plus
de ceux existant.
1Ü2
LA TOU U Kl F FEU EN inoo
En outre, pendant l’Exposition, des essais d’embrasements <'‘lec-
triques furent faits au moyen de lampes à are ii projection verticale de bas
en haut.
L’installation complète comprit alors :
PUISSANCE
'i.;îoo lampes à incandescence de lo liouf^ies, pour l’illuminalion. 120.000 walls.
2.000 — — — pour r«*claira"e or-
dinaire Oo.ooo
lanij)es à arc de H ampères par 2 en tension 1 i.52o
1 phare de 100 ampères 12.000
2 projecteurs de 100 ampères 2'|.ooo
t projecteur de i5o — 18.000
Total 25i.520 watts.
La tension adoptée aux lamjtes était de 120 volts avec une perte con-
sentie de 10 volts dans les câbles; celle aux bornes des dvnamos était
de 1 50 volts.
La puissance réelle aux bornes des dynamos était donc, jiour
l’éclairage et l’illuminalion fonctionnant ensemble, de :
2.Ô1 .520 X l'T»
120
= 272.380 watts.
Les expériences faites sur les dvnamos do la Tour avant démontré
1 «/V
qu’un cheval sur l’arbre produit 660 watts environ aux bornes, la
puissance mécanique absorbée par l’installation électrique à charge
normale était de :
272.380 ,
='ii.s clievaux.
(>()()
En réalité, cette charge fut souvent dépassée, elle correspondait à ;
272.380 .
' = 2.090 ampères.
Or, souvent, les ampèremètres indiquèrent 2.200, 2.400 et même
2.800 ampères les jours de fêle.
Ces augmentations de charge provenaient de ce que de notables
additions ont été faites à l’installation, en cours d’exploitation. Ainsi,
pendant les principales fêtes de l’Exjmsilion, une partie des guirlandes
de lamjtes à incand(\scence placées dans les arbres du Cdiamp-de-Mars
1 N S l’ A L L A ['1 ( ) A S E L I-: C I 11 I (J l !•: S
iu:i
rureiil alinienlécs par du courant venant de la Tour. Puis, de grosses
lampes à arc, syslcune Hremer, au nombre de 4, une par pilier, furent
installées à la première plate-forme de la Tour pendant le mois d’Octobre;
chacune de ces lampes absorbait 50 ampères sous 130 volts. Knün, le
courant fut fourni au.\ grues électrirpies de Mocomble pour la charge de
leurs accumulateurs.
Deu.x installations électricpies furent également faites à la Tour et
absorbèrent beaucoup d’énergie électrique. Tune surtout.
Pour remplacer les embrasements aux feux de Bengale, que le public
avait admirés en 1889, puis plus tard pendant les fêtes russes, r.Vdminis-
tration de la Tour décida l’installation de lampes à arc renversées éclairant
de bas en haut. A cet ellet, 70 arcs de 35 ampères furemt installés sur la
Tour; tout d’abord à partir du sol jusqu’à l’étage intermédiaire (entre le
deuxième et le troisième), j)uis à partir du premier étage seulement.
Ces lampes étaient munies de réllecteurs en placpié argent donnant un
faisceau lumineux vertical légèi’ement divergent. Elles étaient placées à
l’extérieur de la Tour, de façon (jue le faisceau lumineux vînt lécher la
charjiente. Ces appareils ne furent mis en service qu’un petit nombre de
fois.
Un cinématographe géant fut aussi installé sous la Tour, mais son
écran en toile de 800 wP de surface ne put jamais résister à l'eflort du vent
et l’exploitation en fut abandonnée.
§ 2 — Groupes électrogènes.
Les calculs préliminairc's avaient montré la nécessité d’installer des
machines de 420 chevaux au moins de puissance pour le service éleclritpie.
Par prudence, afin de j)arer à toute éventualité, cette j)iiissance fut
doublée; il fut décidé que l’on installerait une usine de 840 chevaux, de
façon à avoir toujours en réserve des machines de puissance égale à celles
en mouvement.
A cet elfct, les deux moteurs à vapeur conduisant les anciennes
dynamos furent restaurés et leur régulateur remplacé par un autre
beaucoup plus sensible. Enün, pour gagner de la j)uissance et de la j)lace,
les courroies furent sup|irimées et ces moteurs accouj»lés directement avec
1U4
I.A TOL ll EIFFEL EN 11) OU
des dynamos de 50 kilowatts chacune, tournant à 300 tours par minute.
Les dynamos sont du type AB66 construit par MM. Sautter Ilarlé et C‘®;
elles sont à (juati’e pôles, excitées en dérivation; leur induit en tambour à
rainures est monté sur un croisillon en bronze claveté sur l’arbre. Les
paliers de ces machines sont à rotule et à graissage automati(pie par
bagues. Ces deux ensembles électrogènes sont destinés à rester à la Tour
a|)i‘ès l’Exj)osilion, où ils feront le service de l’éclairage, les illuminations
étant suj)primées.
Sous la pression de vapeur de 9 ///, la j)uissance aux bornes des
dynamos a été maintenue plusieurs heures à 52 kilowatts, ce qui
correspond à 80 chevaux-vapeur i»ar ensemble.
Pour la dur/“e de l’Exposition seulement, il fut installé deux autres
groupes électrogènes beaucoup plus j)uissants, soit de 340 chevaux
chacun. (\"oir lig. 32, donnant une vue d’ensemble des groupes élec-
trogènes.)
(ihacun de ces groupes comi)rend un moteur à vapeur système Carels
h grande vitesse, du tyj)c pilon compound à simple effet. Le mouvement
complètement enfermé baigne à sa partie inférieure dans de l’huile.
.Autour de ce bain d’huile, est une circulation d’eau froide. La machine
comporte quati'C cylindres à vapeur, dont deux :i haute i)ression à la partie
supérieure et deux ù basse [)ression au-dessous. Enfin, au-dessous de ces
derniers, se trouvent des cylindres de conijiression d’air comme dans la
plupart des machines de ce genre. La distribution se fait par une lanterne
rotative, montée sur un axe vertical situé entre les deux lignes de cylindres.
Eet axe est commandé par un engrenage d’angle, dont la roue motrice est
calée SLii’ l’arbre de la machine, entre les deux manivelles. Ces dernières
sont à 180” l’une de l’antre.
Avant d’entrer dans la machine, la vapeur est séchée dans une
bouteille de grandes dimensions, munie d’un purgeur automatiijuc.
Chaque moteur à vajieur conduit, par l’intcrmédiaii'e d’un accou-
plement élastifjue système Zodel à bande de chanvre, une dynamo Sautter
Ilarlé et C‘% type M 200 de 230 kilowatts, soit 1.770 ampères sous
130 volts. (>ette dynamo est du type multipolaire à 6 jiôh's, excités en
dérivation, plus 6 pôles redresseurs de chamj) magnélicpie excités en séi‘i(‘.
L’eflicacité de ces redresseurs de chamj) est telle que le calage des
balais reste lixe, (juelle que soit la charge de la dynamo.
U
Groupe Saullcp-IIcrl *. Groupe CarcIs-Saullcr-IIarlù.
Fig, 32. — Vue des r/roupes électrofjcnes.
10(i
L A TOU H ElUULL LiN lUOO
Malgré la présence d’élcclros suppléinciilaires en série,, la dynamo se
compoide comme une macliine ordinaire excitée en dérivation au point de
vue du couplage en parallèle avec d’autres machines sur le tableau de
distribution.
Les détails de construction mécanique des dynamos de 230 kilowatts
sont les mômes (jue ceux des dynamos de 52 kilowatts précédemment
décrites. L’ensemble tourne 0325 tours par minut(',
Ln outre des 4 grou[)es électrogènes [)rincipaux, il a été également
installé un j)etit ensemble de 12 chevaux, soit 8 kilowatts, alimentant le
circuit d’éclairage de jour, c’est-à-dire les lampes placées dans les cuisines,
oITices et caves des restaurants, dans les sous-sols aux pieds des piliers,
ainsi que les ventilateurs électriques et, en général, tous les ajq)areils
utilisant le courant dans la journée.
Cet ensemble est formé d’un moteur à vapeur Sautter-1 larlé, type pilon
monocylindriipie, actionnant, jiar l’intermédiaire d’un accouplement à
l)andes de cuir, une dynamo multipolaire tournant à 430 tours par
minute.
Ln résumé, la [uiissance des groupes électrogènes de la Tour EitTel
était la suivante :
PUISSANCE MÉCANIQUE PUISSANCE ÉLECTRIQUE
2 (Misemhlcs r.arels-SautlcM’-IIarlc do. .‘U|0 oIiev. = ()8o clicv. ou ^iGo.ooo walls.
2 — Saullor-IIailé 80 — = iGo — — lo'j.ooo
1 — — 12 — =12 — — 8.000
Tolaiix 852 chev. ou 572.000 walls.
La marche des groupes élecli'ogènes fut irréprochable. Il n’y eut,
pendant toute la durée de l’Exposition, ni un entraînement d’eau dans les
machines à vapeur, ni un écbauffement de l’une quelconcpie des parties
frottantes des ensemldes, ni usure des collecteurs de dynamos, ni môme
}in seul court circuit dans l’ensemble d’une installation à larpielle sa durée
éphémère ne pouvait donner qu’un caractère [)i*ovisoire.
l‘endant ce la])S de temps de 7 mois, soit du 14 avril au 12 novembre,
l’énergie totale j)roduile par b‘S ensembles éleclrogènes fut de {)lus de
103 .000 kilowatts-heure.
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CjiYrenu««Vdî»eeU»n
Prweci8urN’3 lüO-200 ampères)
5
filitoctil dec^mp m<ign8ti^oe N'2
,Coup» CKWlte
Qairlasde de lampes dmeiadeseen
Outrlende
les !3 cireaiis dilNminaUm sont analogues
i eehu jut est reprâente' a -contre
Ils ne seul pas figures pour ne pas eneeminr
inutilement Je «cAe'ma
CtfMM rianlstaniaa Us dyna/noe AS66
1 N S r A L L A 'FIONS l': L K ( 1 Fl 5 1 Q V 11 S
107
3. — Tableau de distribution.
Le tableau de dislribiilion cl de coiij)lage des dynamos a élé (‘onslruil
par MM. Mornat et Langlois sous la direction du service électrique de la
Tour. Ce tableau a une longueur de 5,50 m sur une hauteur de 2,70 i/i; il se
compose de trois {)anneau.\ en marbre blanc encadrés dans une moulure
en cliéne et reposant sur une petite muraille avec interposition d’une bande
de caoutchouc.
Le panneau central porte les appareils de couplage et de réglage,
composés, pour chaque ensemble électrogène de 230 kilowatts, d’un
ampèremètre de 2.000 ampères apériodique, d’un disjoncteur à minima
de 2.000 ampères réglé pour rupture à î;o ampères, et d’un cadran de
rhéostat h 20 touches pour le réglage de l’excitation.
Les appareils de réglage et de couplage des deux groupes de 52 kilo-
watts sont les mêmes, mais plus petits, les ampèremètres sont de
500 ampères ainsi (pie les disjoncteurs.
Enfin, sur le même [lanneau, sont disposés deux voltmètres apério-
dicjues, l’un branché de Façon fixe aux liarres du tableau, l’autre pouvant
être retiré è l’une quelconcjue des dynamos par l’intermédiaii'e d’un com-
mutateur bipolaire à quatre directions.
Les deux panneaux latéraux servent à la distribution de réleclricilé
dans les 29 circuits de la Tour. Ils sont reliés au panneau central par
deux barres en cuivre rouge Feuilletées afin d’augmenter leur surface de
refroidissement. Ces barres sont de 1.500 nwr de section chacune, de
façon que l’intensité du courant par millimètre carré ne dépasse pas un
ampère, comme dans toutes les connexions du tableau.
Ces barres sont apparentes, tandis que les connexions d’appareil à
appareil et les départs de câbles sont placés derrière le tableau.
Le panneau de droite comprend les treize circuits d’illumination, absor-
bant en moyenne 85 ampères, le circuit du projecteur n* 3, absorbant
150 ampères, et le circuit du cinématographe, disposé j)our 150 ampères,
mais affecté à des usages divers, tels que l’illumination des jardins depuis
la suppression de cet appareil (en tout 15 circuits).
Le panneau de gauche comprend les deux circuits des restaurants
108
LA TOrn EIFFEL EN 1900
(lu premier ('•tage, un circuit pour les rampes lumineuses des restau-
rants, les circuits des projecteurs n®‘ i et 2 et du phare, chacun de
100 à 110 ampères, les quatre circuits des lampes Hremer, chacun de
50 ampères, un circuit alimentant certains appareils automalicpies à
musique j)lacés aux })remier et deuxième étages, le circuit des jdates-
formes comprenant tout l’éclairage des première et deuxième plates-
formes en dehors des circuits précédents, le circuit des arcs placés
au sol, premier étage et deuxième étage, enün le circuit de jour.
Ce dernier circuit est commandé par un interrupt('ur hij)olaire à
deux dii'(‘clions pouvant le metli’c en relation pendant le jour avec la dynamo
spéciale d(' jour (grou[)e de H Uiloxvalls) et pcuidanl la soirée avi'C les
harres du tal)h‘au.
L('s 28 autres circuits sont commandés chacun par un interrupteur
bipolaire d(‘ 1 50-200 ampeu’es à coupe-circuit. (,lhaf|ue circuit comporte, en
outre, un ampèremètre gradué jusqu’à 150 ampères, sauf pour h' {)rojec-
t(Mir n" 3 où la graduation va à 300 am|)èr(\s. Ces amj)('i'emètr('s sont du
type ordinaire de demi-précision.
Le tableau est {)lacé à une distance de 80 c/// du mur voisin. Derrière
lui, sont les résislaiuM's d’excitation et celle du phare, ainsi qu’un petit
tableau spécial au circuit de jour et une batterie d’accumulateurs desser-
vant les appareils eni’egistreurs de niveau d’eau pour les ascenseurs.
Le tableau est relié aux dynamos par des câbles nus en cuivre, portés
sur d(‘s isolateurs en porcelaine à douljle cloche armés d'une t(He en
fonte sur laquelle les càhles sont serrés par des boulons.
L’aiuj)érage des dilTérents circuits à pleine charge est le suivant :
ut circuits (i’illumiiiali<jii, cnscmhh* 1.100 amp.
1 projecteur 11" 3 i.ôo
a projecteurs et 1 jiliaro, chacun 110 ampères, ensemlile. . . .‘>80
Circuit (le jour 80
circuits (le restaurants, eusoinlile l'e»
IMates-t'ormes lûo
Itampes extiM’ieures des restaurants i.ôo
'1 circuits de lampes Breuier, cnsemlde eoo
Arcs 100
A|)pareils automati(]ucs (intensité néf>li<jfealilet. ...
C.inématoi^raplie (ne ronctionne pas) ...
Total ;>.'|Oo anq).
\'iic (icnvrnle du lahlouu de distribution à]ectri(/uc.
110
LA toi: H KILFLL LN 1000
Report î».'|Oo amp.
En ajoutant los circuits (rilluminalion des jardins fonction-
nant rarement /,oo
Total maximum .... 2.800 amp.
L’intensité niaxima de 2.800 ampères correspondait à une puis-
sance de :
2.800 X 'do
1 .000
= kilowatts
soit :
0<»4 r ,
= 5i2 chevaux-vapeur.
o,<»)o *
Il avait été prévu primitivement que le service devait être fait par un
^M’oupe de 340 chevaux et un groupe de 80 chevaux donnant au total
420 chevaux, mais cette puissance étant devenue insuffisante par suite
d(' l’extension des installations, le service fut organisé comme suit :
d(‘ 1 1 luMires du matin à 4 hi'ures du soir en moyenne, marche du
groupe de jour de 8 kilowatts;
de 4 heures à 5 h. 1/2, marche d’un groupe de 52 kilowatts;
Les jours d’illumination, soit en moyenne trois fois jiar semaine,
mise en marche d’un deuxième groupe de 230 kilowatts, couplé au
premier pendant la durée de rillumination. La ligure 33 donne une vue
photographi(|ue du tableau de distribution et la jilanche 3, le scdiéma de
ce même tableau.
^4. — Circuits.
Les canalisations électriques sont en cuivre. Les câbles partant du
tableau sont isolés légèrement par un guipage correspondant aux pres-
criptions de la circulaire ministérielle (isolément FDM 40 de la Société
des Téléphones). Ces câbles sont fixés à des isolateurs en j)orcelaine à
double ou triple cloche montés sur des chevrons et madriers boulonnés
sur la char|)ente de la Tour. Les lils de dérivations sont à fort isohunent
au caoutchouc (série CVU ii des Téléphones); ils sont placés en général
1 i\ s T A L L A r 1 ( ) N S LE C \ \{\ Q U E S
III
sur taquets ou poulies en porcelaine, sauf clans l’intérieur des restau-
rants, kiosques et bureaux, où ils sont sous nioului’es.
Ions les coupe-circuit sont bij)olaircs, ainsi (pie les [U'incipaiix intci-
rupteurs.
L(\s 15 c'irruits (riHnminaüonx^ installés par la maison l’eau, vont du
tableau à différents points
de la charpente extérieure
de la Tour, où ils se divi-
sent en dérivations j)or-
tant une vingtaine de
lampes chacune, clnupu'
dérivation étant muiue
d’un coupe-circuit bipo-
laire. Les lampes d’illu-
mination sont montées
sur des planchettes de
bois supportant aussi les
isolateurs recevant le (il
conducleui . Ces planchet-
tes sont tixées à des cor-
dages métalliques tendus
sur les arêtes de la Tour
et venant s'attacher à des
colliers embrassant les ar-
balétriers et poutres mé- >
talliques.
Chaque lampe est mu- .
nie d’un rétlccteur en fer-
blanc ondulé. Comme nous
l’avons dit plus haut, ces lampes sont de 10 bougii's (diacunc' et au
nombre de 4.200.
Les circuits du phare cl des 3 projecleurs montent directement du tableau
au troisième étage de la Tour, à l’intériiMir du pilier Sud. Dans la longueur
de ces circuits, sont inséi'ées (b's résistancj's en càbb'S de maillecliort
constituant une partie de la canalisation elle-même, afin d’éviter rencom-
brement et de faciliter leur refroidissement. Des résistances additionnelles
LA T O LU L IL F LL LN lOOÜ
et réglables sont installées, ponr le phare, derrière le tableau de distri-
bution dans la salle des inaebines, et pour les projecteurs, près de ces
derniers, nu troisième étaj^e de la Tour.
Les trois jirojecteurs sont installés sur le toit du pavillon surmontant
la troisième' plate-forme, c’est-à-dii'e à 315 m au-dessus du niveau de la
mer, soit 280 y/e environ au-dessus du soi du Cbamp-d<'-Mars.
L(' jdiare eouronne tout l’édilice; son axe (*st ('iiviron à 332 /// au-
dessus du niveau de la mer, soit 298 /// au-dessus du sol du Lbamp-de-
Mars.
Le j)bare et les deux petits projecteurs ont été installés en 1889; ces
(b'ux derniers a|)pareils ont un miroir sphérique Mangin de 90 cm de
diamètre; ils sont pourvus de lampes à réglage automati(pie, mais leur
déplacement s’effectue à la main. L’un d’eux a été constamment bracpié
sur l’étoile couronnant le Palais de l’filectricité [)endant la durée de
l’Exposition de 1900; l’autre, j>lacé dans le sens opposé, envoyait son
faisceau sur le Trocadéro, sur Passy, le Pois de Poulogne, le Alont-
Valérii'u, l’arc de l’I’itoile, etc.
Le plus gros des j)roject('urs a été installé en 1900 et seulement pour
la durée de l’Exposition; il a été placé sur la l'ace Xoial-bist, regardant
Paris. La manœuvia' de cet a[)pareil est obtenue électrifjuement |>ar des
électromoteui'S commandés ;i distance et enfermés dans son socle. Le dia-
mètre de son miroir est de 1,30 m.
L('s trois projecteurs sont du système Mangin; ils ont été, ainsi (|ue
le phare, construits par MM. Sautter, Parlé et E'“.
Le circuit de jour, à sa sortie du tableau, se rend à un petit tableau
accessoire placé deriaère b' tableau [/rincipal, où il se dérive en 4 bran-
cln'inents. L’un de ces branchements alimente la salle des macliincs, le
deuxième charge la batterie d’accumulateurs actionnant les cnregisti’eurs,
le tiajisièiiH' alinu'nte les ventilateurs électri(|ucs de la salle des machines
et de la chaufferie, et le (piati'ième monte au premier étag(>, où il se
divise encore en plusieurs dérivations dont l’une alimente les lampes de
jour du dc'uxième étage, l’autre une ceinture passant sous h' premier
étage et desservant les lampes de jour des restaurants; entin les autres
dérivations redèseendent le long des trois pilici’s Ouest, Nord et Est, j)Our
alimenb'r les kiosques à ti(dvets, une partie du bureau du piliei’ Nord et
h's sous-sols où sont placés les mécanismes des ascenseurs.
1 N s r A I . L A 110 A S h: L E C F Kl O L E S
113
Les lampes de jour sont ainsi dislrihuées dans tous les points essen-
tiels de la Tour, de façon à constituer un échtirarje de .secours. Lu
effet, si un accident quelconque s’élait [)roduil au tableau de dislribulion
j)rincipal, il aurait sufli de mettre ce circuit en communication, [)ar son
interrupteur s[)6cial, avec la machine de jour toujours prête à marcher
pour avoir de la lumière dans toute la Toui‘. (Jie cas ne s’est jamais
présenté.
Les circuits des restaurants sont au nombre de deux ; chacun d’eux
alimente deux des restaurants du ]»reniier étage. L’arrivée de charpie
circuit dans les restaurants est faite sur un tableau de disti’ihution
jiarticulier , d’où partent toutes les dérivations alimentant le l’estau-
rant. Chaque dérivation est munie d’un interrupteur bipolaire à coupe-
circuit. Chaque lustre a sa dérivation spéciale ainsi (jU(‘ les applirpies
extérieures et intérieures. Tout a été prévu pour que la fusion d’un plomb
ne plonge dans l’obscurité aucune partie du restaurant.
Le circuit des plates-fornies aboutit au |tremier étage : de là il se divise en
trois branchements dont l’un alimente les boules de la galerie du premier;
l’autre une ceinture [ilacée sous le pi’cmier étage sui‘ laquelle sont bran-
chées les lampes des boutiques, kiosques, bars, ascenseurs, etc.; le
dernier branchement alimente toutes les laiiq)cs à incandescence du
deuxième étage, autres (pie celles de jour.
Les rain/ies extérieures des restaurants du [iremier étage sont indépen-
dantes de l’éclairage des restaurants eux-mêmes et du cii’cuit des plates-
formes. Elles sont constituées par des groupes et rampes de lamjies à
incandescence placées à l’extérieur des restaurants, mais à l’intéideui- de
la Toui’. (diacune des faces intérieures des quatre restaurants comporte
un interriqiteur bipolaire à coupe-circuit [dacé à l’intérieur du restaurant,
mais alimenté par un circuit spécial qui les réunit tous les (juatre et [lart
du tableau de distribution principal des machines. Ce circuit très inpior-
tant absorbe 150 anqières et comporte environ 600 lampes de 10 bougies,
soit 1 50 par restaurant.
Les quatre larn/jes Brenier sont de grosses lampes à arc formées chacune
de quatre arcs élémentaires enfermés dans la môme envelop[)c et montés
par deux en tension ; ces lampes sont de construction spéciale, rappelant
le principe de la lampe Soleil; la lumii're orangée est produite |>ar
des charbons spéciaux, dans la composition desijuels il cnti’e des matières
lo
114
LA TOUR EIFFEL EN 19u0
minérales, telles que la magnésie, la chaux, etc. Chaque lampe, absorbant
50 ampères, est alimentée par un circuit spécial partant du tableau princi-
[>al et montant au premier étage, où sont disposées les résistances. Ces
lampes sont suspendues à 20 m au-dessus de la })remière plate-forme, à
l’intérieur et à chaque angle de celle-ci. Un câble d’acier, passant sur des
poulies et venant s’enrouler sur un treuil manœuvré au premier étage,
permet de faire varier leur position. Elles peuvent être placées soit à 20 m
au-dessus de la plate-forme, soit à 1 5 /n au-dessous, et occuper toutes les
positions intermédiaires.
Le circuit des arcs alimente 24 lampes à arc placées comme suit : 4 au
sol, soit 2 au pilier Ouest et 2 à l’Est; 12 au premier étage, soit 2 au pilier
Nord, 2 au Sud, 4 à l’Ouest et 4 à l’Est; 8 au deuxième étage, disposées
aux quatre faces et aux rpiatre pans coupés du restaurant, sous la plate-
forme supérieure de l’étage.
Le circuit monte de la salle des machines au premier étage, d’où il se
divise en branchements redescendant dans les piliers Est et Ouest pour
les arcs du sol, montant au deuxième et enfin desservant les arcs du
premier.
Le circuit des appareils automatiques va des machines au deuxième étage
avec embranchement au premier; il alimente deux appareils placés un à
chaque étage et ayant la forme de distributeurs automatiipies. Lorsqu’on
glisse une pièce de 0,10 fr dans l’ajipareil, le poids de la pièce agit sur un
mécanisme qui met en mouvement un moteur électrique actionnant lui-
même une guitare automatique. Ce circuit est relié sur le tableau principal
au circuit de jour.
Le cinématographe était alimenté par un circuit partant d'un tableau
spécial installé dans la salle des machines, relié lui-même au tableau
principal. Ce circuit correspondait d’une part à un câble armé souterrain
allant jusqu’auprès du pont d’iéna, où étaient installés les appareils de
projection, et d’autre parta un électromoteur placé sur le soubassement du
pilier Sud et destiné à soulever l’écran.
essais.
1 N s 1. \ r . L A T 1 0 N s i: L E C ï H T Q U E s
llo
5. — Circuits modifiés, appareils spéciaux.
l'oiir rinslallation des lampes Hremer, de l’éclaii’ap;»* exiérieiii' des
i-estauraiits el des appareils auloniaticpies, on a utilisé les six eii'cuils ayant
priiniliveinent servi aux embrasements élecli’ifpies supprimés à la lin de
juillet. Ces circuits allaient aux ipiatre j)iliers de la Tour, desservant h‘
premier étage et le sol, un auli’C circuil allait au dt'uxième étage et le
dernier à l’étage interniédiaii’(‘, (mire b' deuxième (d h* troisiènu' étage.
Il y a lieu d(‘ remarqm*r (pi’aucun cii'cuit d’incandescence ne dépass(*
le deuxième étag(‘. Ce[)endant, lorscpu* la nuit arrive avant (jue le ti’oisième
étage soit évacué pai- le public, il est nécessaire d’avoii- de la lumièi-e au
troisième étage et à l’intennédiairin
A cet elïeC des dérivations ont été prises eu ces deux points sui‘ la
ligne alimentant le [)rojecleiir n" 3.
Les cabines de l’ascenseur Ldoux allant du deuxièim* au tnjisième ne
sont pas éclairées éleclri({U(Muenl, cet ap|)areil ne (b'vant servir (pi’exce[)-
lionnellement le soir. En r(‘vanclu‘, la cabine de l’ascenseur Nord, allant
du sol au premier, el les (bnix cabinc's de chaque ascenseur Est et Ouest,
allant du sol au deuxième, sont éclaii’ées à l’électricité au moyen d’un
trolley roulant sui’ des fils en bronze siliceux tendus le long du cbemin
de roulement des ascenseurs. Ces trolleys sont alimentés par 1<“ circuit
des |)lates-lV)rmes.
§ 6. — Études, installations, personnel.
Les éludes de celte installation électrique ont été faites sous la
direction de M. .Milon, directeur du service tecbni(|ue de la Tour. Pour
l'exécution du travail, M. Milon a été assisté d’un ingénieur de M.M. Sautter,
Ilarlé et C‘% M. Besson, détaché à la Tour poui' la durée de l’Exposition.
Le montage des macliines, canalisations et lampes, a* duré environ trois
mois, et a employé au maximum 34 personnes, dont 12 pour les illumina-
tions et 22 pour l’usine électrique et le reste de rinstallation. L’exploitation
proprement dite, une fois l’installation finie, n’utilisait que 1 i j)ersonnes.
l.A TOI H EIFFEL EN 1000
1 k;
savoir : 1 in"éniour chef du service (^leclrique, I chef électricien, i élec-
tricien et I aide conduisant le phare et les projecteurs, i électrici(Mi
conduisant le tahlean de distrihiition, 2 électriciens et 2 aides j)Our
l’entretien "(^néral et h' remplacement des chai’hons d’arcs, ^ électriciens
poui‘ l’entretien des illuminations.
dette (h'rnière installation, foi‘t périlleuse, a été exécutée sans aucun
accident, comm(‘ d’ailleurs tout le reste (h* l’installation électrirpie.
CHAPirni: viii
MACHINES ET CHAUDIÈRES
Los niacliiiK's ol chaudières logé(‘S dans le sous-sol d(* la pile Sud
pouvoiit être classées eu quaire catégories :
Pompes orthiugton pour l’alimenlnlion des ascenseurs et le
service des restaurants ;
(iroiqies électrogènes j)Our l’éclairage et rilluminalion ;
Condenseurs de c(‘s divei'ses machines ;
(diaudières ;
L’ensemhle de l’installation est rci>i‘ésenlé dans la tigur<‘ 35.
{3 1. — Pompes Worthington.
Ascenseurs h^v'es- Lille. — L’alinienlalion des deux ascenseurs h ives-
Lille est laite j>ar dtmx j»ompes ^^'orthington jmuvaut rournir séparéimud
une puissance de 150 chevaux (iP* 14 el 15 <h' la fig. 35).
Chaque pompe comjirend deux moteurs à vapeur conq)outid a triple
•('xpansion en tandem et deux ponqies double etlct, attelées directement
aux moteurs.
La pompe, par une canalisation (ui acier, aspire dans 1 accumulateur
à basse pression de l’ascenseur correspondant et l’cloule dans les accumula-
. tours à haute pression, soit sous une cliarge effective de i;4 — 18= 36 kfj.
118
LA TOUR EIFFEL EN 1900
Kn réalité, et pour tenir compte des pertes de charge, les pompes
ont été calculées en supposant lo hçj par centimètre carré à l’aspira-
lion et 5 5 k(j au reroulement, soit une dilTérence de 45 /y.
Avec celle dilTérence de pression et un déhit de 1.500 / à la
minute, ce qui correspond à dix voyag(‘S à l’heure pour l’ascenseur, ou
arrive à une puissance de 150 chevaux j)Our la pompe,
Kn pratique, ce chitïre n’a pas été atteint parce que les pertes de
charges sont moins importantes ijue celles qui ont été prévues et (pren
second lieu le déhit a été moindre, par suite de l’impossilulité de Taire;
^ elT(*cluer en (‘xploitation dix voyages à l’heure à l’ascenseur.
Le remplissage initial des accumulateurs à basse pression est Tait au
moment de la mise» e*n maredie», par ele*ux petites pe)inj)es, dont l'nne* ele»
rechange (n"’ 16 et 17 ele la tig. 35 ). Chacune el’elles a une puissance ele
2 che'vaux, et eléhite» 60 / à la minute'. Elle peut aspirei- soi! dans le hac
ele* l’ascensenr, soit directement sur la canalisatiein d’eau ele source, ceci
au moyen d’un jeu ele reihinets.
Ascenseur Edou.r. — L’ascenseui- l'idoux pouvant Taire actuellement
un neimhrc ele* veiyages plus grand epi’e'u 1889, soit elix au lieu de se'pt, ein
a dù augmenle'r la |)uissance ele se's pompes. Comme nous l’avons vu au
ediapitre 11 ele; la ju'e'inière jiartie ele e*et ouvrage, le* greiujie des deux
anciennes pompes (n” 10 et 12) eléhilait 2.2ew / à la minute, eléhit
sultisant jiour dix veiyages à l’heure, mais ceimme il était indispensahle
el avoir une machine de seceiurs, le gre)upe a été comjdété par une nouvelle;
pompe portant le n” ii sur la ligure; 35.
(-ette pompe, qui est élu môme type que celle des ascenseurs h’ives-
Lille, débite 1.300 / sous 40 coiqis et rcToule à une hauteur eTTeclive
de 148 m. Dans ces conditions, sa puissance est de 43 chevaux en eau
me)ntée.
Ascenseiu Otis, L ascenseur Otis est elesserv'i par un réservoir
erune capacité d’environ 32 jilacé dans les caves du pavillon central de
la deuxième plate-Torme.
(-.e réservoir est alimenté par deux nouvelles pompes Worthington
du type de celles décrites précédemment. Elles aspirent l’eau dans un
reseisoii placé dans I épaisseur du plancher, sous les groupes électro-
MACHINES ET CHAUDIÈRES
U9
gènes. Cette eau provient de l’évacuation du cylindre Otis, et les pertes
y sont réparées au moyen d’eau de Seine prise à deux compteurs de
60 mm. Les deux pompes difïèrent par leurs dimensions et leur
puissance.
L’une a une puissance de 41 chevaux environ, et avec un nombre de
Fig. 35. — \Hiui général de la salle dos luacliines.
coups égal à 45 elle débite 1.400 / d’eau à la minute refoulés è une
hauteur effective de 133 m.
L’autre a seulement une puissance de 22 chevaux et un débit de
750 / avec la même charge que la précédente.
Le débit total des deux machines est donc, par heure, de
60 X (1.4004- 7)0) = 129.000 /, et comme la dépense pour un voyage
LA TOLU LII'FEL EN 1900 '
l‘20
est de 6.974 /, on pourrait elï’ectuer avec cette quantité d'eau
120. 000 „
— “ 10
6.974.
voyages, si la vitesse propre de l’ascenseur le pernieltail.
l'endant l’Exposition de 1900, il n’y a jamais eu lieu de réaliser ce
nombre de voyages, et sauf pour de i-ares exceptions la grosse pompe a
toujours sul'li assurer le service.
Ces deux pomj)es portent respectivement, sur la ligure 85, les n" 18
et 19.
Les pompes des ascenseurs Edoux et Olis ne marchent pas d’une
façon continue durant le t(‘mps de rexj»loitalion. Des enregistreurs
automatiques et électriques de niveau d’eau, installés dans la salle des
machines, indiquent h cha(|ue instant la quantité d’eau contenue dans les
réservoirs.
Alimentation des restaurants et des bars. — Pour ce service on a utilisé
la pomj)e qui existait en 1889 (n" 13).
Elle puise l’eau dans un rései’voir de la salle des machines, alimenté
par l’eau de source prise à un compteur, et la refoule aux différents étages.
.\u premier étage se trouvent (juatre réservoirs, un {>ar pilier, com-
muniquant entre eux. L’eau arrive dans le réservoir du pilier Sud, et se
déverse dans les trois autres. Quand ces l'éservoirs sont pleins, un llot-
teur-ohturateur ferme automatiquement l’arrivée de l’eau, qui continue
son ascc'iision vers le 2' étage, où elle se rend dans un réservoir j)lacé au-
dessus du iiavillon central. Lorsque ce réservoir est plein et de la même
manière que pour le C étage, l’eau se rend dans le réservoir de l’étage
intermédiaii’e, puis dans celui du sommet, placé au-dessus des poutres
en ci’oix.
A ces deux derniers étages l’eau est employée, en dehors des usages
comestibles, au service des water-closets.
§2. — Groupes électrogènes.
La description de ces groupes électrogènes a été donnée dans le
chapitre précédent. Nous rappelons seulement ici la puissance de ces
dilîérents groupes.
.MACIllINKS KT C 11 A T 1) IK 1! KS
'2 "r()ii|)(‘s Car(‘ls-Saiill('i-!liii l(‘. . .
•2 — Saiillci-Ilail(‘
’l’olaux. . .
)'|0 clicv. = (’tSo clicv. oii '|()().o()i) walls
8() = 1(’m» lo'|.()(M)
12 — = 12 — «S.ooo
Sr)2 c'li(*v. ou 072.000 walls
§ 3. — Condenseurs.
La vapeur d’échappenieiil de tous les nioleurs esl c.aiialisc'e vers un
collecteur de condensation correspondant à deux orou[)(‘s de condenseurs
à mélange.
Le premier groupe comprend deux condenseurs verticaux composés
chacun de deux cor[is de [loiiipe, attelés à deux cylindres-pilons com-
pound.
Chaijue machine peut condenser 6.000 /.y de va[ieur à l’heure, en
donnant une })uissance de 7 chevaux.
Ces deux condenseurs jiorlenl sur la ligure 35 les n” 23 et 20.
Ils aspirent l’eau, (jui doit condenser la vapeur, dans un bac creusé
dans le sol du [ilancher, entre les massifs des [lomjies Worthington. Ce
bac est alimenté par de l’eau de l’Uurcq, prise h deux com[iteurs de tJo,
et au besoin par de l’eau de Seine prise aux deux compteurs de 60, ipii
ordinairement alimentent le bac d’aspiration des ponqies (dis situé sous
les groupes électrogènes. Lutin une turbine de 150, faisant partie de
l’ancienne installation, [)eut égalenumt, en cas de secours, alimenter ce
bac.
L’eau qui a ainsi condensé la vapeur, et (|ui sort des condenseurs à
une température d’environ 50", est renvoyée à l’égout par la machine
II" 23, et dans un bac en tôle [>ar la machine n" 20. Ce bac, dont le trop-
plein va à l’égout, sert à l’alimentation des trois petits chevaux des géné-
rateurs.
Le deuxième groupe conqirend les deux condenseurs horizontaux
déjà existants, et dont chacun est capable de condenser 1.200 /y de va-
peur. Ils aspirent l’eau dans le même bac que les [irécédents, pour la
refouler aussi dans le réservoir d’alimentation des petits chevaux.
Ces condenseui-s, qui ont une puissance de 2 chevaux, [)ortent sur la
tigure 33 les n"‘ 21 et 22.
IG
122
LA TOI K EIFFEL EA lîMM)
^ 4.
Générateurs.
Aux quatre générateurs Collet et Niclausse de 1889 (iC' 3, 4, 5, 6),
produisant chacun 1.500 h(j de vapeur à l’heure, on a ajouté, pour la durée
de l’Exposition, deux chaudières Babcok et Wilcox, vaporisant chacune
2.000 L(j d’eau à la pression de 12 hçi (n"“ i et 2). La puissance totale
d’évaporation était donc de 10.000 hg à l’heure, ce qui correspondait,
j)Our une dépense de 12,5 kg de vapeur sèche par cheval-heure, à environ
800 chevaux utiles, sur les arbres des machines, défalcation faite de la
vapeur perdue par les purges des enveloppes de cylindre et par celles
de la conduite générale de vapeur.
Toutes ces chaudières étaient chauffées au coke, afin d’éviter com-
plètement la fumée. Les gaz de la combustion sortent par un caniveau
horizontal d’environ 100 m de longueur, qui vient déboucher dans une
cheminée en briques placée {>rès du pilier Ouest.
fin cours d’ex|)loitation, deux des chaudières Collet ont été munies
d’ap[)areils d’insuffiation d’air .système Meldrum, pour augmenter le tirage
insuffisant de la cheminée.
Ces appareils ont permis d’augmenter considérablement la puissance
de vaporisation des chaiulières.
Devant les générateurs est installée une voie de roulement pour les
Nvagonnets qui prennent le coke dans une soute ménagée dans l’un des
angles de la pile.
La vapeur de tous les générateurs est recueillie }>ar un collecteur
lormant un circuit complet autour de la salle des machines. Sur son
trajet se trouvent trois bouteilles de purge el les tubulures d’amenée aux
machines.
Les générateurs sont alimentés par les deux petits chevaux de l’an-
cienne installation (n"® ~ et 8) et en outre par un troisième du type W or-
thington (11'’ 9), installé en 1900.
Fendant la majeure partie de l’Exposition, lors(|ue le service a été
définitivement réglé, on faisait mai'eher simultanément (juatre chaudières
le jour et la soirée, i>our les lundi, mardi, mercredi, jeudi et samedi.
Le vendredi el le dimaïudie, il y avait illumination ; (jualre chaudières
MACIHNES ET CHAIDIEUES
123
marcliaicnl le jour, el les six eliaudières «^Maieiil en plein utilisées peudani
les soii’ées.
On avait compté sur une consommation de 7 /// de coke par kilo-
gramme de vapeur, sur 12,50 /y de vapeur par clicval-lunirc, et enlin
sur une consommation d’eau de condensation de 20X12,50 = 250/7/
d’eau par cheval-heure.
En réalité ces consommations ont été [)lus élevées, et sont résumées
comme rpiantités et prix dans le tableau suivant, pendant une durée de
2 1 2 jours.
Qt'ANTITÉS KT SOMMES QUANTITÉS ET SOMMES
totales joiiinaliftres totales
r.oko
Eau (le conden-
sation . . . .
1 .(joj.ooo IxQ à 37,00 fr la lonne = 71 ..7i;>,oo fr H. ()()“) Av/ — 337,3 1 fr
177. 3i<) à o,iî>5 fr le m’ = 2a.i(’>'|,S7 fr H3C) vr' ~ io'|,->o fr
§ 5. — Résumé de la puissance totale de l’installation mécanique.
La salle des machines, ttdle que nous venons de la décrire, comporte
avec ses rechanges un ensemble capabh* d(‘ développt'r une puissance de
1.554 chevaux, suivant détail ci-dessous :
I® Pompes Worthington.
ïlItlBIT
PUISSANCK
PUISSANCK
totale
Litres
Cliev.sux
Chevaux
Deux pour l'ascensenr Fives-Lille
1 .5oo
1 5o
«>
.)00
Deux de remplissage —
r>o
0
'1
Une nouvelle [tour rascenstuir Edoux
1 ..3oo
',2,75
'|3
Deux ancieunes —
1 .100
3()
T'-
Une pour l’ascenseur Olis
1 . V*o
'U
'U
— —
750
W.l
Une pompe à eau de source
))
•>
Total [tour les pompt's.
/,S',
2“ Groupes éleelrogènes.
Deux moleurs Cartds à 3^|0 chevaux
(’vSc )
Dt'ux moltmrs Sauller à fSo clu'vaux
l()0
Un moleur pour éclairage de jour de 12 clu'vaux. .
12
Tohil pour les groupes
('di'cl rogèiH's . .
S52
12Î
L A TOrn KIFFEL F N lîHK)
3" Contleuxeurs.
lieux romlensiMirs Worlliint^lon do fi.ooo kg à 7 chovaux \\
— — do I .r>oo /17 à 3 chovaux f\
Total pour los coudoiisours iH
Total pfénéral 1.354 chev.
Après ri^xiiosilioii, on a démonté les chaudières Ihihcok et Wilcox,
(pii avaient été prises en location jionr la somme de 15.000 fr. On a éga-
lement enh'vé les moteurs Cands et les dynamos Sautter-Ilarlé (pi’ils
commandaient. Ces appareils avaient été, comme les chaudières, pris en
location, aux prix de 9.900 fr jmur les deux moteurs Carels, et de 6.200 fr
pour les dynamos Santter-llarlé. Les autres apjiareils ont été conservés.
Cn VPlTHE IX
PRODUITS DE L’EXPLOITATION ET DÉPENSES POUR TRAVAUX
EN VUE DE L’EXPOSITION DE 1900
I. — RECETTES DE L’EXPLOITATION
§ 1. — Dates de mise en marche des ascenseurs.
L’Exposition universelle do 1900 s’(uivrit orficiollement le 15 avril,
mais les trois étap^es de la Tour ne fui’ent définitivement accessibles an
|)ublic que le i } mai, date de la mise en marche de l’ascenseur Edoux.
Les dilTérents ascenseurs commencèrent à fonctionner aux dates
suivantes :
Asconsoiir Fivps-Lillc du pilier Est le u) avril.
— — — Ouest le i5 mai
— Edoux le i3 mai
— Otis du pilier Nord le 3 juin.
§ 2. — Tarifs.
Les prix d’entrée étaient les suivants :
FN SEMAINE
LE DIMANCHE
SOIRS d’illuminations
|Or
éta"e
• . . 1,00 fr
0,00 fr
2,00 fr
— eu plus ....
. . . a, 00
o,5o
1 ,00
3»
— — ....
. . . 2,00
1 ,00
Total
. . . .^.oo /)•
2.00 fr
3,00 fr
].A TOI M EIFFEL FA lilOO
m
On nvait essayé à rouverliirc de rExjiosilion d’aj)|)Iiqiier le tarif du
dimancli(', (jiii avait été j)ratiqué pendant l’hx|)Osilion de 1889 et qui
élail d(‘ :
i" élaf^o 1,01) /■/•
a® — on pins 1 ,(m>
— — 2,00
Total jusqu'au sominol fr
Mais en raison de l’insuffisance du nombre des visiteurs on dut
renoncer à ce tarif et pratiquer celui indiqué plus haut et qui correspondait
au cahier des charges.
La Compagnie des chemins de fer du Nord, à la suite d’un arran-
gement jiassé avec la Société de la Tour, délivrait aux voyageurs des
trains de jilaisir des billets d’ascension pour le deuxième étage au jirix
de 0,75 /)’, valables le dimanche de 9 heures du matin à i heure de
l’après-midi.
Knfin la Société de la Tour a vendu aux agences de voyages un
certain nombre de billets d’ascension pour les ditîérents étages de la
Tour, valables pendant la journée entière.
^3. — Produit des ascensions.
Le nombre des visiteurs payants se répartit ainsi, pendant la durée
de l’Lxposition :
Visilonrs ayant fait l’asconsion du ic® ôlago <(8,'). 8.^2
— — — 2' — '|•t^)■'|â2
— — 3' — 245.012
Ces nombres peuvent se décomposer autrement :
VisilcMirs s’am'Iaiil an 1" rlapro r)4().;t8o
— — — i<):t.8',o
— ... 24.5. Oi 2
Fol al <)8r).8!Î2
.\ (pioi il faut ajouter :
UECETTES DE L’EX l'LO ITATlüN
127
/{(‘j>orl <(S5.8.‘i;>
Voyai^ours par trains do plaisir 2i.5()i>
— provenanl dos a^oncos
((4OS doux calôi^ori(*s do voyagours 110 pouvoiiL tdro dôcoiu-
posôos par ôla^o on raison tlo la naluro spôoialo do cos
billots.)
Lo nombre total des visiteurs payants s'élève donc ainsi à 1.017.281
Lo nombre correspondant de l’Exposition de 1809 était de 1.968.287,
c’est-à-dire rpie le nombre n’est ipie 51 ]>. 100 du cbiffi-e ancien.
Les deux journées où le nombre des visiteui’s a été le plus élevé sont :
Le 23 se|)toinbre 17.202 visiteurs
Le 7 octobre iti.ooS —
La semaine où l’ariluence a été la plus grande est celle du 16 au
22 septembre, qui a donné 5 5 .91 2 visiteurs, soit une moyenne de
7.987 visiteurs par jour.
Le chiffre corresjiondant de l’Exposition de 1889 est de i 10.905.
Le tableau ci-dessous résume le nombre total jiar mois des entrées
com[)tées aux guichets :
Du i5 avril au iT) mai 1900
Du i5au 3i mai 37. .783
Du !*''■ au .3o juin 152.700
l)n 1®'' an 3i juillcl i(»'i.5'|()
Dn i'® au 3i aoiit 172.583
Du 1'® au 3o scptiMubrc 230.780
Du 1“'' au 3i octobre i'io.373
Du 1®'' au 12 novembre ()o.3()o
Total <j85.832
Le mois le plus [iroductif a été celui de sejitembre, pour leijuel le
nombre des visiteurs a atteint 230.780, donnant une moyenne de
7.693 visiteurs par jour.
Le nombre correspondant de l’Exposition de 1889 est de 409.793.
Le produit des entrées aux guichets, tant jiar les escaliers ipie par
les ascenseurs, s’est élevé à la somme brute de i .878.381 ,50 /)•, dont il y a
lieu de déduire la somme retenue par l’Administration de l’Exposition pour
les dimanches et tètes du 15 avril au 20 mai, et (jui s’élève à 2.218 /)•,,
128
LA TOl'H EIFFEL F.\ lîMlO
CO (|ui rôduil lo produit des eiilrécs à 1.876.163,50 />•, (jui se décom-
j)osenl ainsi :
Hecellos (le la semaine 1 7'i7, 00 />■
Hecelles des dimaiiclies el jours de lelei .‘L")7 .()(j7,oo
Uccelles des l'Oles extraordinaires (tarif (‘xcepl ionnel 2i.‘L;>S(),oo
Produit de billets à moitié prix '(1.851,50
Total 1.878.881,50 fr
A déduire jiart de rExposilion 2.218,00
Reste 1 .87(1. i08,5o fr
auquel il faut ajouter :
Recettes des trains d<‘ plaisir 1.5.875,75 fr
Recettes des agences de voyage 1 i.2o<),oo
Total 1 .<jo2.7'|8,25
Lecliilïre corresjioiidan! de l’Lj.xposilion de 1889 est de 5. 9 19. 884, 00 /'r,
c’est-à-dire que le cliilïre de 1900 n’esl que les 32 ji. 100 de celui d(*
1889.
Le produit des entrées au fruicliet te décompose également comme
suit d’ajirès les tableau.x détaillés des recelti's ;
NO.MimK
do visiteurs
PRODLIÏ
tMl fr
UAPPOHT
p. 100
’onr le 1''' étage
.5 '(().. 880
5'| 1 .'( i8,.5o
28
— —
i08.8'|O
'( i(».098,oo
•>«>
— 8" —
2'|5.(H2
<)2.o.875,oo
Tx)
985.882
1.878.881,50
1(»0
Le produit moyen
d’un visiteur est de
1.902.748,25 :
(N
1^
q
= I ,»7 />••
Le cliilTre correspondant de l’L.xposilion de 1889 était de 3 fr.
Le cliilïre nouveau n’est donc que les 62 [>. 100 de l’ancien,
lin service direct était organisé pour monter sans arrêt du sol à la
deu.xième plate-ïorme.
Le nombre de voyageurs ipii en ont jirolité a été de 256.140 sur
439.452 accédant à cet étage, soit environ 58 p. 100.
Nous donnons ci-contre le labbmu ipii lournit le relevé des rccetles
pour chaipie semaine.
RECETTES DE L’EXPLOITATION
129
SEMAINES
DATES
NOMBRE TOTAL
DES ASCENSIONS
rUOÜUIT DES ENTRÉES
1" ÉTAGE
2* ÉTAGE
,3* ÉTAGE
PRODUIT BRUT
A DÉDUIRE
part
revenant
à
l'E.vposition
sur
la recette
du dimanche
PRODUIT NET
fr
fr
ir
r»
i5-21 Avril
7.300
»
))
8.9(14,00
»
8. 9(14, (M)
2'
22-28 —
5.145
))
»
5. 1 45,00
»
5. 145,00
3"
28 Av ri 1-5 Mai . . . .
5.()02
2..53i
))
9.897,00
190,00
9.707,00
()-i2 Mai
(1.325
2.(1'|3
»
10.953,00
1.54,79
10.798,25
5'
i3-u) —
9.337
4.722
2.73(1
2.3. 1 8(1,00
(109,25
22.57(1,75
(>»
20-2(1 —
1 4 .(155
7.i)k)
3.9.32
34.2(1.3,00
782,25
33.480,75
/
27 Mai-2 .loin
19.39(1
9.710
5. 1 3 1
34.78(1,00
481,75
.34..3o4,2.5
H®
3-<) Juin
5i .282
2.3.od8
i3. 198
87.8.57,50
))
87.8.57,50
lo-id Juin
.3;>.721
1 '|.(*2.5
H..374
d<).5.3»),5o
»
()9.539,.5o
lO®
1 7-23 —
32. '(12
1.5.590
8.9.33
(1(1. 2.59,00
))
(1(1.î>.59,oo
U®
2^-3o —
33.012
14.948
8.22.3
(19.233,00
»
(m). 2.3.3,00
12®
i®®-7 Juillet
3i .'|8i
>9.944
7 -1)1)7
(I7.87 1 ,5o
»
(17.871,50
i3®
8-1 1 —
24.2.3(1
1 4.000
98.5<)(1,oo
»
98.59(1,00
1 5-2 1 —
4‘>'i7'.)
19.. 389
1 1 .954
8.5.753,00
»
85. 753, (M)
i5“
22-28 —
28.742
14.888
1)-971)
(14.-244,50
»
(I4. ‘244150
i(i®
29 Juillel-'i Août . . .
25. 128
12.5()2.
8.o5d
55.220,5o
))
55.220,5o
17®
5-1 1 Août
3(1.488
id.d >3
lo.o5d
7(1.407,00
»
7(1.407,00
18'
12-18 —
54.371
2.5.385
1 4.83i
101 .(l'|0,00
»
loi .(140,00
19®
19-25 —
.37.4.4
1 7.088
io..3o5
75. i58,5o
»
75. i58,5o
20®
2() Août-i®® Septembre.
37.170
id.83o
10. i.5o
75.2(13,00
))
75.2(13,00
21®
2-8 Septembre . . . .
4<).d44
21.1 4d
12.5i(1
io.3.8(li ,5o
))
io3.8di ,5o
22®
9-i5 — . . . .
55.544
24.8(1(1
1 3.801
107.578,00
))
107.578,00
23®
id-22 — . . . .
.55.912
24.555
1.3.277
io8.'|84,fK)
»
108.484,00
2I®
23-29 — • • • ■
51.174
2.3.028
12.. 5(1 4
l)4-l)l)(>,oo
»
1)4 •«)<)( vx>
25*
3o Septemb.-(1 Octobre
37.4(19
1 (1.(14 1
9. idl
(Kl. .597, 00
»
dd..5()7,oo
2()®
7-i3 Octobre
3(,..33i
•7-1)17
9.517
(lip(l(l7,.5o
»
(k).(Kl7,5o
27®
1 4-20 —
31.2.38
12.5o1
(I.715
57.917,00
»
57.917,00
28®
21-27 —
2(1.71)4
12.4-53
(1.(128
48.489,00
))
48.48<),oo
29'
2,80ctob.-3 Novembre.
.34 .od'i
1 5.-202
7-71)^
47. 1 10, 5o
»
47. 1 10, 5o
3o“
4-10 Novembre . . . .
3i .55 1
1 1 .074
4.89(1
4o. 0.5(1, 00
»
4o.o5d,oo
3i'
11-12 — . . . .
i5.o33
L 1 1 8
1.484
1 3. .388,00
»
i3.388,<m3
Totaux
98.5.8.32
4.39.4.52.
245.(112
1 .878..381 ,.5o
2.218,00
i.87d. i(1.3,5o
Trains de plaisir
21 .592
»
»
i5..375,7.5
»
15.375,75
Af^ences de voyages ....
9.8.57
))
))
1 1 .->0<),00
»
1 1.-201),00
Totaux
1 .017.281
4-^.). 4-92
245.(112
1 .904.9(10,25
2.218,00
1.902.748,25
n*
130
LA TOUR EIFFEL F.\ 1900
Les deux plus fortes recettes journalières sont celles du vendredi
2 1 «epteinbre pour 22.680,50 />• et du lundi 4 juin pour 20.555 /)'.
Les recettes hebdomadaires qui ont été les plus élevées sont celles
de la 25° semaine (16 au 22 septembre) pour 108.494 //■, soit une moyenne
de 15.497,70 fr jiar jour, et celle de la 22® semaine (9 au 15 septembre)
pour 107.578/)', soit une moyenne de 15.368,25 //■ par jour.
La moyenne üjénérale par semaine, du 15 avril au 12 novemlire,
a été do 1.902 748,25 : 30 = 63.425 et la moyenne par jour a été de
1.902.748,25:212=8.975/)'.
Les deux chiffres correspondants pour l’Exposition de 1889 étaient de
233.812,74 /)' par semaine, et de 33.400 fr par jour.
Cette diiïércncc considérable a tenu non seulement à ce que le
I nombre des visiteurs avait diminué de 51 p. 100, mais aussi à ce que le
produit moyen de chacun d’eux était tombé de 3 fr à 1,87 /)', c’est-è-dirc
de 62 p. 100. Le produit nouveau m‘ devait donc plus être que deo,5iX
0,62 = 32 p. 100 de l’ancien.
La Tour a donc eu beaucoup moins de visiteurs que pendant l’Expo-
sition de 1889.
Nous avons dit plus haut que la raison pouvait en être attribuée
d’abord à l’éloignement du (diamp-de-Mars }>ar rapjiort au centre de
l’Exposition, à sa fréquentation seulement pendant l’après-midi et par
des visiteurs déjà fatigués d’une longue marche, puis au nombre vrai-
ment excessif des attractions privées.
Malgré tout, la Tour a été encore la plus favorisée parmi toutes ces
attractions, et, d’un avis unanime, elle est restée l’uii des principaux
attraits de l’Exposition de 1900, surtout par son illumination du soir, ipii
constituait un spectacle d’une grandeur nouvelle et saisissante.
4. — Recettes supplémentaires.
Conces.siom. — Ce produit comprend les redevances des restaurants
et bars et des l)outi(jues de souvenirs. Ces redevances avaient pour base
un prélèvement de 0,25 fr |)ar visiteur payant, pour les restaurants et
bars, et de 0,164 fr |)our les bovitiques de vente. Ces redevances n’ont
j)orté (pie sur 992.909 visiteurs au lieu de 1.017.281, par suite d’un rem-
RECETTES DE L’EX PLOH ATIO?s
131
l)ourscnicnt consenti aux concessionnaires ]>ar la Société de la d oiir et
correspondant à la période de mise en exploitation du 15 avril au i i mai.
Le produit de ces concessions s’est élevé à la somme de 41 1.064,30 fr
ainsi ré[)artie :
Reslauranls et Rars (concession Clievallicr : <)()>. 909 onin'cs à
O,;».") /)•) 2'|8.‘>27,:i5 /r
t)üiiti(|uesde Souvenirs (concession iNcunlein : '.)<»;?. 909 cnirées
«ào, i<‘)'|/r) • 102.8.37,05
'l'ülal 'ji' •‘>é'|,.3o fr
Le cliiflrc correspondant ilc l’Ex|)osition de 1889 était assez [leu
dilï-u’ent et s’élevait à 437.686,90 fr. Ces recettes se décomposent par mois
d’ajirès le tableau suivant :
MOIS
NOMUUE I>’ENrr.KES PANS I.A TOUR
DBCOMrTIÎ
t .
.\vril
1 '|.1'">.3
0.o00,iP| fr
Mai
V.»-8'i9
20.0.37, '|8
.Juin
1.50. ^ioo
.Juillet
171 .082
• 71.070,3',
.\oùt . . .
i7S.0',3
7.3.9.58,20
Seplnnln-e
2.37. 82O
' 98. '1.59,90
Octobre
1 ^|0. 1O9
(;o. 5 1.3,90
Novembre
O2.059
25.(:92,'|2
1.017.281
',21 . i5',,.33 fr
Remboursement sur. . . .
2 ',.372
10.090,00
Reste
', 1 1 .o(‘'|,3.3 fr
On voit (jue ce sont les mois d’août et de septcndire qui ont donné
lieu aux plus fortes recettes.
Produit des SV.-C. — 11 faut ajouter à ces recettes celles jiroduites
par les W .-C. et s’élevant à 600 fr.
Intérêts de fonds placés. — Le chilfre s’en est élevé à 12,304 O 7 A-
Recettes acculenteUes. — Elles ont été de 1.066,74 fr
132
LA TOUR EIFFEL EN 190Ü
5. — Résumé
Fil résumé, les |■(‘ceUcs géiiéi’aU'S de l’ex[)loilalion se sont élevées à
U('cc'U('s noU(‘S :iux giiicliots. . i.S7S.3Si,5o — 2.218,00/7’= 1 .87^. iC)3,;)o fr
'I rniiis (le plnisir 10.375.7;)
Ai^eiiees de voyaf^es 11 .2(H),oo
Produit des concessions -'i 1 1 .o(F|,3o
— — water-closels ()00,oo
lnl('*n'ds de fonds jdacés i2.3o'(.;)7
Itecellcs accidentelles i.o()t),7'|
'l’olal des recettes 2.327.783,8(7 fr
Le cliilîre coiTespondaiil de l’Exposition de iBfF; est de
6.523.847,40/r.
l’it le rapport des recettes nouvelles aux anciennes est seuleinenl de
36 p. 100.
An chilTre de
rcpn'senlanl les recettes rf-alisées pendant la durée de
l’Exposition, du i5 avril an 12 novembre, il convient
d’ajouter les recett(*s du service d’iiiver (P’’ janvier au
22 mars cl i3 novembre an 3i décembre i<)oi) (jui se sont
élevées à
.\insi (pie la redevance des concessionnaires (Clieval-
lieret Nenrdein)
Le total général des n'celtes pour l'année i(|00 s'éb'îvc donc à (1)
2.3-.>7.783.8() fr
7.210,;5o
1 .855,(’)()
2.33().85o,o5 fr
(1) Le Happort du (.oiiseil d adiniiiislral ion porte 1(* total des reeetl('S à 2.338.ooi,.3i fr,
soit une dillereiiee d(‘ i.oM.-id/’r, représenlée pai’ la somme de 2.21H fr versée à l’Exposition,
moins celle de i.Gü(j,7', fr s’a[»pli(piant aux recettes accidentelles.
DÉI'KNSES DK L’EXDLÏ) ITATION 133
11. — DÉPENSES DE L’EXPEUITATION
Ces dépenses ont été les suivantes ;
l’orsonnel .3()o.'',8i ,90 jr
CliaulTage et cnlrelicMi des machines Ha.n.'xj, 17
(’onsommalion d’eau 2'i..3.“)9,r>.5
Balayage 11.H20/1.5
Eclairage 2(i. i'i5,<)3
llal)illemenl des ageids 11.917, 00
Assurances ii.Cm)7,7()
llluminalions et enihrasemenls 89,281,80
Frais de publicité 19. 89^, ,5.5
Honoraires des arcliilecles et conseils de la Société 2().2oo,oo
Indemnités pour accidents de travail i3.()i9,.3o
Intérêts et droits sur actions (181)9 et 1900) (>2.85(),o7
r.onseil d’administration et commissaire des comptes i(i.ooo,oo
Amortissements io2..5o8,()9
Dépenses complémentaires pour impôts, fournitures de bureau,
frais de voitures, téléphone, entretien des bAtiments et dn
matériel .57.2'|5,2o
Total général des dépenses d’exploitation pib. 087, 07 /'/•
111. — RÉSULTATS DE L’EXPLOITATION ET DÉPENSES
POUR TRAVAUX NEUFS
En résumé, les recettes de toute nature résultant de l’exploitation de la Tour se sont
élevées à la somme totale de 2.33().85o,o5 /'/•
Les dépenses ont été de 91b. 087, 07
La difl'érence s’élève donc à 1 .'i20.2b2,()8 fr
Ce bénéfice a été applirpié en entier à l’amortissement du Compte des
Travaux exécutés en vue de l’Exposition de 1900.
\u
l'a tour EIFFEL FÎN 1900
Les (lé|KMises pour ces travaux, telles «ju’clles résultent des comptes
arrêtes à la lin de 1900,, ont été les suivantes :
Chapitre I. — Modifications de la plate-forme, charpente
de la hase des piliers et nouvel escalier :
Klarf^isst'inciil de la f^alerie du étage
IMale-foniie supérieure du 2' étage
I léuiolitioii du liouidis Perrière
hallage en ciiuenl de la 2' plate-furine
Escalier du sol au 2" étage
Planchers des piliers et raccords des escaliers Est
cl Ouest
Total ilu clia|)ilre I
'|.‘5.8r)o,22 fr
<)()/|8o,88
27.170/1:5
C)8.<)S<j,88
'io.0(’)ô,or)
280.7(11,70 /»•
CiiAPiTHE IL — Ascenseurs et inachi)ies :
.\sceiiseurs Eives-Lille (voir détail, p. 0:5) 1 .o7.>/o(l,5'| fr
■Moditicatioiis île l'ascenseur Otis (voir détail, p. 78). 121 .'.(i(7,:58
— — lùloux (voir détail, p. 9O). (’)(>. S08, 11
,^alle lies niacliiiu's et dépenses couiiiinues, déduc-
tion l'aile de la vente des vieux iiialériaux, et
du petit matériel repris par l’Exploitalioii . . . .‘*8.0ii),'|0
Total du chapitre II 1 .:5io.83i /|<) /'»•
CiiAPiTiu; III. — Travaux des hàthnents :
Reslaurauls du i"" étage, et dallage . . .
— 2,® —
Travaux du élagi*
lîelvédère
hépeuses commîmes
Réparation des soubassements des piliers
l’olal du chapitre lll. . .
1.07.1 ',1,20 fr
102. 82:5,. Oo
:{;5.',o'i,oo
12. 11)2,7:5
I '1 . • î^OfO I
;0.0'i8,2,0
325.'j5G,55 //■
CiiAiMTRE l\ . — Teinture générale:
Contrat llartog 80.000,00 fr
Surveillance, essais, et dé|)enses diverses i.8>i),'|0
l’olal du chapitre IV 8i.82<),'|(> fr
(aiAPiTHE \ . — Tclairage, illuminations et téléphones . . .
CiiAi'iTHE VI. — Divers :
Frais de personmd et gralilicalions 2O.11 1,0.0
trais d ensemble jiour achat de matériel, démolition
et conslruclioii d’ateliers, bardage, etc 2.0.'|(>'.)/|3
hépenses complémentaires diverses O.i8(),.oi)
Total du chapitre VI
Total du compte des travaux ncuTs
:58.:53(j,(^.0 fr
57.7 10,07 fr
2.io3.ij2(j,52 fr’
HKSILTAÏS DE L’EXDLnlTATloN
EU)
Lo compte (les travaux neufs sV'lèvo donc ainsi à. . u. io!).(|î5(),n2 fr
11 faut en (h'^dnire les fonds de piV'voyance et l('s
biniétices de i8()7 à s'c'devani à .‘Khl.nSd, lo fr
Enfin le solde du compte de l’exploitation de i()oo . i
Total 1. 78:1.8', C(,o8 fr
lleste :)(o.o8.‘{/|', fr
qui représente le solde des travaux à ainoiTir pendant la dim'‘e de la
concession.
[1
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TRAVAUX SCIENTIFIQUES EXÉCUTÉS A LA TOUR
Depuis l’érection de la Tour, ou y a exécuté de uouibroiix travaux
scieutilicjues (pii out été exaiuiués eu détail, dans un ouvrage sjiécial (pie
j’ai jiublié eu 1900. -le ne ferai doue (jue les rappeler somuiaireiueut :
1. — Visibilité.
Du sommet de la Tour se découvi'c un magiiiliqm' panorama, (pii
sur de nombreux points de l’Iiori/ou s’étend à une distance d environ
85 /un.
La vue est limitée par :
Au N. -U. la forêt de Lyons, à l’extrémité de la cbaine de montagnes
du Goudray (85 hm).
Au N. les environs de ('dermont (60 kni).
Au N.-E. la forêt de (dimpiî'gne (80 km).
A l’E. les environs de Cliàteau-d’bierry (70 km).
Au S.-E. les ])lateanx de la Drie, vers Provins (80 km).
Au S. les plateaux de la torêt de b ontainebleau et ceux voisins
d’Etampes (55 km).
A rO. les cob'aux de Saint-Cloud et les environs de Vernon
(65 km).
18
138
LA TOUR EIFFEL EN 1900
Uno carie sut'ciale au - ^ a été établie par MM, d’EscIaibes
40Ü.000
d’Iliist et h'orlicr sur laquelle (igureiil tous b>s jioints visibles de la troi-
sième plate-forme.
§ 2. — Téléphotographie.
Des expériences de télépboto^rapbie ont été faites en iP»93, de cette
même terrasse, par M. le ca|)itaine du génie M. \V. Bouttieaux, qui a
reproduit à grande écbelb' un(^ série de monuments situés à 5 k/n environ
de la Tour.
^3. — Télégraphie optique.
Ce (jue nous avons dit précédemmenl sur la visibilité montre, sans
qu’il soit besoin d’insister, l’imporlance que j)rend la Tour au j)oint de
vue de la défense nalionale, comme observatoire de télégraphie optique,
soit diurne, soit nocturne, à l’aide des j)rojecteurs Mangin. Aussi, le
servie»' compétent du Ministèi'e de la Gueri’e a-t-il dû, en prévision de
cet emploi, déterminer (‘Xj)érinu'nlal(*ment un certain nombre de points
situés sur la périphérie extrême, avec lesquels il y avait possibilité
d’écbangei' des signaux. Dieu entendu, c(‘s points parfaitement j)récisés
sont connus d»' (•<'. service seul. Si ces communications avec des points
éloignés avaient existé jH'iidant l’investissement de Paris en 1R70, on se
rend parfaitement compte des incalculables services qu’elles auraient
rendus à la défense.
Sans entr('r dans aucun détail à ce sujet, nous pouvons cependant
donner quebpies indications au |)oiul d(' vue de la déb'iise du camp
reti'ancbé de Paris, d’après une not»' »pie nous a remise le lieutenant-
colotK'l d’artillerie <*n retraite M. d’EscIaibes, auteur de la cai'te de
visibilité (pie nous avons reproduite.
(( Au point de viuï des relations avec la province en cas d'investis-
S(‘inent, on peut communiipier, soit directement, soit [lar un seul relais
judicieusement choisi à l’avance, avec Deauvais, Soissons, Provins,
b ontainebleau, Cbartrc's et même Pouen,
« Comme communication des nouveaux forts entre eux et avec
TRAVAUX SCTKNTIFIQUKS EXÉCUTÉS A LA TOUR
139
5? 4. — Météorologie.
Paris, en supposant coupées les ligiu's télégraphicpies ou téléphonifpu's
qui les réunissent, la Tour peut ser\ir de relais commun, sauf à établir
au centre de quelques-uns d'entre eux une légère tourelle d(‘ hauteur très
restreinte. La Tour peut donc l'endrc' au point d(‘ vue de la télégraphie
optique militaire d’inap-
préciahles services et coii-
trihuer pour une grande
part à assurer la délèustî
du camp retranché de Pa-
l'is. »
C’est en vue de cette
éventualité qu’il a été sli-
jmlé, à la convc'iition ori-
ginelle avec l’hitat, (pi’en
cas de guerre, le .Minis-
tère de la Cuerre prenait
immédiatcMuent posses-
sion de la Tour et de tons
scs oi-ganes mécaniques,
ainsi que de tous les ap-
pareils d’éclaii’age élec-
trique qui en dépendent.
La Tour est un ob-
servatoire météorologie] UC
incomparable, dont le ca-
ractère ne tient pas à son
'■ Fig'
altitude absolue, laqmdle
est seulement de 334 t/i ; ce caractèn* dépend essentiellement de la hau-
teur au-dessus du sol lui-même de la couche d’air considérée, dont la
situation écarte les perturbations dues au voisinage immédiat du sol.
Déjà, à cette faible hauteur de 30a wî, h's phénomènes de vent et
de température sont absolument ditTérents de ceux qui se jiassent au
LA TOT H K IF F LL F N 11)0(1
liO
niveau du sol, dont la température proi>re et le relief communiquent aux
conciles voisines des variations tout à lait spéciales.
A cette hauteur, l’amiilitude des variations de température ou d’état
livgrométriipie est hien moindn* que près du sol ; les vents sont plus
réf^uliers et plus foids, et im somme ce n’est que dans les stations de
monlapjnes éh'vées qui* l’on retrouve des l’esultats analogues a ceux qui*
fournit la Tour.
.‘57. — Ajijiiireils ciirc;iistriiiH ù lu sinl'uee du sol, rue do !' Université (Uureuu central
inéléorologii/ue), les indications données (lar les instruments jilacés au sommet de la
Tour Kiflel.
Aussi, dès l’origine de la construction, en nStte;, il a »'‘té installé, par
les soins et sous la direction di* .M. K. Mascart, Mcnihre de, l’Institut et
Directeur du Duri'au central méléorolojjfirpie de h' rance, un service di^
météorolo<^ie extrêmement iuqiortant.
Les instruments de mi'surc sont disjiosés sur la petite plate-forme
de 1,60/// de diamètre ipii lei’iuinc 1a Toui‘ à 300 m du sol; à l’aide d’un
câble, ils Iransmetlent électriipiement leurs indications ji di*s appareils
enregistreurs situés au rez-de-chaussée du Dui’eaii central, ipii est voisin.
THAVAI X SCIENTIKIorKS EXÉCI TES A LA TOI'K
il
■ 'routes les observations sont relevées heure par heure : pour le veut
eu vitesse et eu flirecliou, pour la lempéi’ature, pour la [)i-essiou almos-
phéri(pie, pour l’élal hygrométrique, etc. ; elles sont inscrites sur les
registres du Bureau et leur 1‘ésuniê figure dans h' Bulletin publié (pioti-
diennement.
Ces observations sont central isé(‘s par M. Alfred Angot, docteur
ès sciences, météorologiste titulaire du Bureau central, qui en a analysé
les résultats comparativement aux observations faiti's dans le local du
Bureau central ; ils font l’objet de savants Mémoir(‘S insérés dans les
Annales du Bureau. Tous ceux que ces (jiiestions intéressent devront les
consulter; ils renferment tous les documents détaillés et leur discussion
scientifujiie. Un premier Mémoire concerne les résultats de 1889; cimj
autres, ceux des années 1890, 1891, 1892, 1893 et 1894. Kiitin, un
Mémoire général récapitule les observations de ces cinq années, sauf
celles relatives au vent, (pii font l’objet d’un Mémoire spécial allant
jusqu’en 1893.
Un deuxième Mémoire' récapitulatif allant jusqu’en 1^)99 est en
préparation et S('ra ju'ocbaim'ment publié.
Cet ensemble forme un véritable monument scientiPupie qui fait le
plus grand honiu'ur à son auteur.
M. Angot a résumé, dans un article jiaru dans la Xatare du 25 jan-
vier 1890, l’ensembb' de ses observations d(' 1889. Nous le reju'oduisons
ci-dessous :
« Ce qui frajipe tout d’abord dans l’observation du vent, c’est la
force tout à fait imprévue (ju’il jtossède déjà à 300 m de hauteui'. Uescentet
une jiremières journées d’observation (pi’on a recueillies entre le milieu de
juin et le i" octobre, dans la belle saison, ont donné une vitesse moyenne
de 7,05 m par seconde, ou plus de 25 km à l’heure. Beudant la même
jjériode, un instruuK'nt identi(pie à celui de la Tour Uillel, jdacé sur la
tourelle du Bureau centi-al iuétéorologi(jue, à 21 m au-dessus du sol et à
une distance horizontale d’environ 500 m de la 'tour, indiquait seulement
une vitesse moyenne de 2,24 m, c’est-à-dire un ju'u moins du tiers de ce
qu’on observait au somuu't de la Tour. On savait bien (pie la vitesse du
V('ut augmente av('C la hauteur; car, près du sol, les mouvi'iuents de 1 aii‘
sont gênés et retardés par le frottement contr»' toutes les asjiéi’ités, col-
lines, maisons, arbri'S, etc.; mais on n’adnu'tlait pas jusqu’ici nue loi d(‘
142
LA TOI H KIKFEL EN 1900
variation aussi rapide. Ce fait a une très ^u-ande importance pour les
études relalivcs à la navigation aérienne; il importe, «m clîet, de savoir
pendant combien de temps en moyenne la vitesse du vent reste au-dessous
de telle ou telle valeur, contre bujindle peut lutter avantageusement la
machine du ballon dirigeable. Or, pendant la période (lue nous avons
étudiée, la vitesse du vent à 300 m a été j)endant 59 |). 100 du temps
supérieure à 8 m par seconde, et pendant 21 j). 100 supérieure à 10 m.
(( Les observations anémomélriques de la Tour KitTel ont mis en évi-
dence un autre fait encore plus imprévu cjue la grandeur même de la
vitesse du vent : c’est la manière dont cette vitesse varie régulièrement
dans le cours de la journée.
« L(*s deux courbes en ti’aits
ph'ins de la ligure 13 donnent res-
[)ectivemcnt pour la Tour KilTel et le
Bureau météorologi(|U(' la loi de va-
riation diurne de la vitesse du vent.
Au Bureau météorologicjue, comme
du reste dans toute les stations bas-
ses, la vitesse est la plus faible vers
le lever du Soleil (1,6 /// à 3 heures
du matin I et la plus foiTe au milieu
du jour (4,1 m à i heiii'c du soir). A
la Tour l'hffel, au contraire, la plus petite vitesse (5,4 m) s’observe ontr(‘
9 (T 10 heures du matin, et la j)lus grande se produit au milieu de la
nuit (8,8/» à II heures du soir). C’est |)rcs(|iic exactement ce tpii se
|tass(‘ au sommet des montagnes, comme au Buy de Dôme et au Bic du
Midi, où la vitesse du vent est maxima pendant la nuit et minima au
milieu du jour, suivant ainsi une marche inverse de celle des régions
basses.
l-'if'. !5S. — Vnviation (litinw\(h In y liesse
ilii vent sur In Tour Killol cl nu llurcnu
luclèorolofjique.
« Cette inversion est encore mise plus mùtement en évidence par
la coui'bc pointilléc de la ligure 3}}, ipii donne pour chacjue instant le
rapport des vitesses du vimt à la Tour KilTel et au Bun'au méléorolo-
giipie. Ce rapport est le plus grand (T égal à 3 entre' 2 et 4 heures du
malin; le plus petit est égal à 2 entre 10 heure's du malin et 3 heures du
soir; sa variation diurne présente exactement la forme caractéristique
de celle de la vitesse du vent sur les montagnes. C’est certainement la
TRAVAIX SCIENTIFKJCES EXÉCI TÉS A LA TOLU
1 4:{
première lois que l’on signale une variation semblable à une hauteur
aussi faible clans l’atmosphère.
(( Au point de vue de la vitesse du vent, considc*rée soit dans sa
grandeur absolue, soit dans sa variation diurne, la Tour EilTel se rap-
proche donc beaucoup [)lus des stations de montagnes que des stations
ordinaires. Il en est de même j>our la températui’e. En admettant, comme
d ordinaire, une décroissance de r pour i8o m d’altitude, le tbennoniètre
devrait être constamment plus bas au sommet de la 'l’our de i ,"6 (lu’au
niveau du sol, dans la campagne des environs de Paris, à rObsc'rvatoire
du Parc ï^aint-Maur, par (‘xempb'. Nous avons pris cette station comme
terme de comparaison au lieu d’un point
situé dans Paris même, plus j)rès de la
Tour, parce cpie la température de Paris
n’existe pas, à proprement parleiq elb'
est absolument ai tilicielle et peut varier
de plusieurs degrés suivant l’emplace-
ment des instruments, l’état du ciel, la
direction du vent, etc.
« La figure 39 donne, pour chaque
mois, la dilîérence moyenne entre la
Tour Eiffel et le Parc Saint-Maur, non
seulement ])our la température moyenne
(ligne du milieu', mais pour la température minima de clunpie jour
(ligne supéi’ieure) et pour la température maxima (ligne inférieure).
(( Dans tous les mois sans exce[)tion, au moment du maximum diurne,
la température, au sommet de la 'l'our, est |)lus basse cpi’au pied; la dilïé-
rence est même lu'aucoup j)lus grande cpie la valeur théorique i",b que
nous avons indiquée et qui c‘st représentée sur le diagramme par une
ligne j)onctuée; les journées sont donc relativement froides au sommet.
Par contre, les nuits (minima, ligne su[>éri8ure) sont très chaudes : non
seulement la dilîérence entre le sommet et la base n'atteint pas i"6, mais
c’est le sommet qui est le plus chaud en valeur absolue. Au sommet de la
Tour, les jouimées sont donc relativement fraîches, et les nuits chaudes;
l’amplitiuh' de la variation diurne de la tem[)érature est beaucoup moindre
que près du sol.
(( La cause principale de ces différences est la faiblesse des pouvoirs
l'i^. ‘Mj. — Dillérciico do tow/icniliires
outra lu Tour Eiliel et l’uris.
LA TOT U EIFFEL E> 19(M)
14 i
absorbani et émissif de l’air (|iii s’échaulîe très |)eii din'ctemenl pendanl
le jour el se refroidit aussi très peu peudaiil la nuit : la variation diurne
de la température, à une certaine hauteur dans l’air libre, doit donc être
petite; elle devient plus frpande dans les coucbes inférieures de l’atmo-
sphère, aux(juelles se communiquent par contact les variations de tempé-
rature considérables que subit le sol. Dans les 200 ou 300 j)remiers
mètres d’air à partir du sol, la décroissance de la température est ainsi
très raj)ide le jour et très lente la nuit, où même il fait normalement plus
chaud à une certaine hauteur que près du sol, quand le temps est calme
et beau. Ces considérations sont vériliées de la manière la plus complète
par les observations de la Tour; dans les nuits calmes et claires, en par-
ticulier, la température y est fréquemment de 5" à 6” plus haute au sommet
qu’à la base.
« Des dilTérences analogues ont été observées fréujuemment dans les
observatoii’es de montagnes; mais elles y sont beaucoup moins marquées.
C’est (pie, dans ces stations, la masse de la montagne exerce encore une
inlluence considérable, tandis (ju’à la Tour Eitï’el on est réellement dans
l’air libre. C’est ainsi (pie l’amplitude de la variation diurne de la tempé-
rature à la Tour IvilTel, à 336 ni au-dessus du niveau de la mer, est
pres(jue égale et même plubjt inférieure à celle que l’on observe au
sommet du Puy de I)(vme, à 1.470 m.
« La marche annuelle de la température au sommet de la Tour
(ligne du milieu, fig. 39) pai-aît, autant qu’on jieut en juger d’après cimj
mois seulement d’observation, suivre les môuK's lois (pie la variation
diurne; la température moyenm' simible plus basse que la normale [)en-
dant la saison chaude, et jilus élevée, au contraire, pendant la saison
froide.
(( F]n dehors de ces causes régulières, des causes accidentelles
peuvent produire des dilTérences de température encore plus remar-
(piables enti’c le haut (T le bas de la ’J’our EilTel. Au moment d(‘s chan-
gements de temjis, la moditication se manifeste parfois com jilètement
a 300 m de hauteur plusieurs Inmres et môme jilusicurs jours avant de
se produire près du sol. Le mois de novembre dernier en a fourni un
exemj)I(‘ frapjiant.
« Du 10 au 24 novemlm* a régné, sur nos régions, une période de
hautes pressions, avec calme ou vents très faibles venant généralement
TWWW'X SCIENTIl’ini KS KXKCi l'KS A LA 'KM l{
to
de l’I'.sl, et (em[)éraUin' liasse, surloul dans les derniers jours; c’(‘st seu-
lement dans la journée du 24, (jue 1(‘ vent passe Sud-Siid-( )uesl et deviimt
lort; la températui’e remonte, le ciel se couvre (d le mauvais temps com-
mence. (_)r, à la lour, la température était encore liasse' le 21 avec vent
lailile du Sud-hst, Inrsepie, vers 6 heures du soir, h* veni prend lirusejne-
nu'iit de la force et tourne au Sinl, jiiiis se fixe au Snd-Sud-Onest; en
même temps, la température', au lieu eh' Laisser, comme elle aurait elù le
laire noi’inaleme'nl, remonte de plus de 8" jusque vers 2 heures du matin
le 22, comme on le voit sur la tii^ure 40, ejui re[iroeluit les courhes des
thermomètres enregistreurs installés au sennmet ele la d'our et à la hase
Fig. \o. — MiircJie do la loinpdratttro au sonimcl cl à la base de la Tout- Kilïol
du '20 au 2 i uovotubro IS‘^9.
(pilier Est). De})uis ce moment, la température est restée plus haute au
sommet, de sorti' ipie, dans tout l’intervalh' com[ins entre le soir du 21
et le matin du 24, il a lait constamment beaucoup [dus chaud en haut de
la Tour qu’au niveau du sol. Le chanjfcment ‘de régime s’est donc mani-
festé à 300 m de hauteur [dus de deux jours avant de se faire sentir dans
les régions inférieures. Ce qu’il y a de [dus remarquahle, c’est que rien
absolument en bas ne [louvait indiqiu'r ce changement; de[iuis le soir
du 21 jus([u’au matin du 24, le ciel a été constamment d’une pureté
[)arfaite, sans aucun nuage, et un calme conqdet régnait en lias, alors
qu'en haut de la Tour souillait un vent chaud du Sud-Sud-( tuest, aniim';
d’une vitesse de 6 à i3 01 par seconde.
« Les observations de tenqiérature, aussi bien que ci'lles de la
vitesse du vent, montrent ainsi, d’uni' manière tout à fait im[irévue, à
quel point les conditions météorologiques à 300 oi seuhmient de hauteur
Ii6
LA TOUR EIFFEL EA 1900
peuvent dilïérer de celles que l’on observe près du sol. Malgré son alti-
tude ndativenuMit faible, la station inétéorologi(jue de la Tour Eilîel est
donc des j)lus inléressantes; c’est la première (pii nous donne réellement
des obs(‘rvations faites dans l’air libre, en dehors de l’intluence du sol,
et il est probable ipi’elle réserve encore aux météorologistes plus d’une
snrpi'ise et jilus d’un enseignement. »
Ces premiers résnllats ont été confirmés par les observations qui ont
été faites jusqu’à ce jour et (jui sont analysées dans de iiomlirenx Mémoires
dont nous avons fait le résumé dans notre ouvrage des « Travaux scien-
tifnjues ». On y trouvera des renseignements très intéressants sur les
pbénomènes très frécpienls des inversions de température du sommet par
rapport au sol et sur le régime des vents.
^5. — Electricité atmosphérique.
Nous rappellerons d’abord qu’au moment de la construction, une
Commission spéciale, composéi* de M. Becquerel, Membre de l’Institut,
de M. Maseart, Membre de l’Institut et Directeur du Bui'eau central
météorologi(]ue, et de M. (leorges Berg(*r, Président honoraire de la
Société inl(‘rnati()iial<“ des électriciens, avait inditpié les mesures sj»é-
ciales à prendre pour protéger la Tour contre l’action de la foudre.
Nous (‘xtrayons du rapport de cette Commission les passages suivants :
« La lour de 300 >/i pourra jouer \c rôle d’un immense paratonnerre
protégeant un très large l'space autour d’elle, à condition que sa masse
m(dalli(pie soit en communication parfaib' avec la couche a(juifère du
sous-sol j)ar le moyen de bons conducteurs.
« tirac(‘ à ces précautions, l’intérieur de l’édiüce, avec les personnes
qui s y trouveront aliritées, sera absolument assuré contre tout accident
pouvant |(rovenir d(‘s coujis de foudre fréipients (pii frapperont infaillible-
ment l(‘s jiai'ois de la Tour à dilTéi'entes bauteui’s.
« Pour réaliser la non-isolation de la Tour dans les meilleures con-
ditions, on noiera dans la (muebe a(piifère des conducteurs métalliques à
grande section, émergeant dn sol et mis en communication avec les
parties métalliques basses de la Tour, au moyen de câbles, de barres ou
de lames de cuivre à grandes sections. »
TliAVArX SCIENTIFIUUKS EX KG l TÉS A LA TU LH U7
11 a été obéi cos j)rescriplions; mais il était essoiiticl de s’assurer
(jue les j)i'ises do terre répondaient bien au but fpie l’on s’était j)roposé.
A cet edet, en août 1889, M. A. d'ercpiein, cbef d’escadi’on d’artillerie,
a fait des expériences très [)réc.ises sur la conductibilité él(‘ctri(pie de la
Tour et de ses prises de terre; elles sont relatées dans une Note i)résentée
û l’Académie des Sciences le 2 décembre 1889 et (jui conclut ainsi :
« En résumé, nous j>ensons (pie l’eusemblo des paratonnerres d(‘ la
Tour Eiffel, établi suivant les savantes indications de MM. Hecipiend,
Berger et Mascart, jieut être considéré comme très pai’fait et (|u’il est de
nature à exercer sa ju’otection clans un rayon considérable. »
6. — Coups de foudre.
La foudre a frappé un grand nombre de fois le paratonnei'rc
supérieur; nous avons im^me une photograjibic représentant d’uiu'
manièi'e très nette ce jibénomène.
Nous rappellerons seulcnuMit une observation faite le 19 août i88(;,
par M. Eoussat, cbef du service électri(|uc de la Tour.
« Vers 9 heures et demie du soir, un vent ti’ès viobmt soufflait du
Nord-()uest, accompagné d’um' pluie tine. Bien ne faisait soupçonner la
présence d’un orage, quand tout à coiqi un éclair immense a sillonné b*s
nues et fra|)pé avec un bruit é[)ouvantabl<‘ le jiaratonnerre, (|ui se trouve au
sommet de la Tour, au-dessus du phare; la Tour métallique a résonné sous
ce coup comme un diapason, et la vibration a duré plusieurs secondes. Au
moment de la décharge, qindqiu's gouttelettes de fer en fusion sont tom-
bées, provenant probablement de la fusion de la tige du paratonnerre,
qui momentanément était déjiourvue d(' sa pointe. Le bruit de cette
décharge disruptive a imité celle de deux petites pièces d’artillerie tirées à
intervalle inappréciable, mais cependant distinct à l’oreilb'. Le gardien du
})bare n’a ressenti aucune commotion, pas j)lus (|ue les trois personnes
qui se trouvaient sur la plate-forme des pi’ojecteurs. Depuis qiielqiu's jours,
il avait été installé huit j)aralonneri'es autour de la plate-forme des
projecteurs ; l’extrémité de ces ])aratonnerrcs est constituée {>ar un
faisceau de tiges minces en cuivre, surmonté d’une tige qui s’avance de
(|uel(jues centimètres (M1 avant du faisceau. Ces paratonnerres ont
K A TOlM{ KIKFKL KX 11)00
1 1 S
linrl'ailcMneiil rempli leur rôle; les miag(>s, en ])assant, se déchargeaieiil,
produisant des décharges dites silencieuses, mais qui, en réalité, sont
crépitanti's et rapi>ellenl l’edet produit pai- un court circuit rapide, elTet
bien connu des électriciens. »
7.
Variation diurne de l’électricité atmosphérique.
M. A -I). (diauveau a l'ail sur cell(‘ variation (rimj)ortants Iravau.v,
(pii soni repi’oduits dans un Mémoire q)résenlé au Congi’ès météoro-
logiipie de (diicago (août idot) et dans deux communications à l’Aca-
démie des Sciences (26 décembre 11)93 et 23 seplemlire 1899); nous
reproduisons celle-ci ;
(( Tnc série d’observalions sur l'électricilé* atmosjibériqm* au
sommet delà Tour KilTel a été organisée [»ar le Ihireau centi'al météoro-
logique, avec le concours du (lonseil municipal de Paris.
« (les observations, poursuivies pendant huit ans, l'ormenl aujour-
d'hui une séri(‘ assez étendue pour ipie les données qui s’en déduisent
présentent un caractère suflisanl d’exactitude. J’indique les résultats de
ces recberebes relatifs à la variation diurne du potentiel en un point
déterminé de l’atmosphère.
« 1. Il existe, dans nos l'égions tempérées, deux types très dilïéi-enls
de variation diurne )/// roisinnf/e du soi -, run corresjiond à la saison chaude,
l’aulre à la saison froide.
<( Ib'ndant l’été, un minimum Irès accus('‘ se .produit aux heures
chaudes du jour el constitue le minimum principal toutes les fois que h‘
])oint exploré n’est pas suflisamment dégagé de l’influence du sol, des
arbres ou des hàlimenis voisins. L’oscillation diurne est double; c’est la
loi généralenuMil admise pour cette variation.
« Pendant l’hiver, le minimum de l’après-midi s’atténue ou disj)araîl,
tandis (jue b‘ minimum de nuit s’accentue davantage. Considérée dans son
enseird)le, l’oscillation paraît simple, avec un maximum de jour et un
minimum vers 4 heures du matin, (ie caractère est d’autant plus net (jue le
lieu d’ol)servalion est plus dégagé.
« 11. Cett(‘ distinction des deux régimes d’hiver el d’été, au voisina^o
du sol, est contirmé(‘ par Pexamen des résultats obtenus, d'uue pari à
TUAVArX SCIEINTIFIOI ES EXÉCI TÉS A LA TOEH
449
Sodankyla ( k inlaiide) j)ar la mission dirigée par M. Lemstrom (18H3-1 «84),
de l’autre à l’observatoire de Itatavia (1887-1895). Chacune de ces
stations donne, pour ainsi dire, le type e.xagéi'é de la variation constatée
dans nos climats, soit pendant la saison froide, soit jiendant la saison
chaude.
« III. La ranaùnn (l'wnie nu sommet de lu Tour Eiffel^ pknda.nt l’été,
entièrement différente de la rarintion rnrres/tondunte au Bureau rentrai,
offre la plus frappante analoffie avec la variation d'I/irer.
« Ce môme tyjtc d’hiver sc retrouve, moins acc(Mitué, mais parfaite-
ment net, dans la moyiuine fournil' [>ar trois mois d’observations, pendant
l'été de 1(89<8, sur le [lylùiu' de l’observatoire de Tra[)[>es /altitude 20 m). 11
apparaît donc comme cai'actérisant la forme constante d(' la vaidation
diurne en dehors de toute intluence du sol.
« IV. Au contrain', dans les stations où le collecteur est dominé par
des constructions ou des arbres voisins, h' type correspondant au régime
d’été s’exagère'; le minimum de l’après-midi se creuse au détriment du
minimum de nuil, qui parfois disparaît L’oscillation peut être simple*,
mais en sens inverse* de l’oscillation d’hive*r, c’est-à-dire avec un minimum
de jour et un maximum ele nuit. Cette forme anormale* de la variation
eliurne, constatée autrefois par M. Mascart^ résulte en elîet des eeleserva-
tions élu Collège de France, mais pour la saison d’été seulement. On la
retrouve e*ncore, pre'sque identique, à Creenwicli, où le colle'cteur e*st
placé élans des e*onditions aussi défavorahle's.
« On peut cemclure de ce epii préci'de :
« 1“ Ou’une intlue'nce élu sol, maxima jeendant l’été, et elont le
facteur principal, suivant les idée*s de* Peltier, est [)e*ut-ètre la vapeur d’e*au,
inter\ient comme cause perturbatrice dans l’allure de> la variation diurne.
« 2" One* la loi véritable eh* cette variatie)n, celle dont toute théorie,
pour être acceptable, doit rendre* com|>te, se* traduit [>ar une oscillation
simple, avec un maximum ele jour et un minimum (d’ailleui-s remarqua-
ble'inent constant) entre 4 lu'ures et 5 heures élu matin. »
150
LA TOT 15 KIFFLL K N 1000
^8. — Recherches expérimentales sur la chute des corps
et sur la résistance de l’air à leur mouvement.
MM. Louis Coillelel, Memhro de l’Institul, (d L. Colardeau ont fait
(Ml 1892 lesj)Ius iiiléivssanlos iTchcrches sur ce sujet, dans un laboratoire
(voir lig, 41) <|U(* j’avais fait installer à la deuxiiMiie plab'-forme de la
Fig. /|i. — Laboratoire de la deuxieme plate-forme.
Tour, à 120 i)t d’altilude au-dessus du sol. Ces recherches ont étf*
puhli('*es dans les ('omptes l'endm de /'Aradéutie des Sciences '1892), dans la
Nature (9 juillet 1892) et dans les ('omples rendus de la Société de jilnisujue
(4 nov(Muhr(* 1892).
MM. L. (iaillehd et K. Colardeau résument ainsi leur travail :
« Un très |»etil nombre (l’exj)ériences ont été faites jus(|u’ici sur la
chute des corps «mi l(Mianl (•om|)l(* de la résistance «pie l’air oppose îi hoir
mouviMiieut. (^e|i(Midanl, «mi dehors de l’intérêt scientiti«pie «pi’idle |»r«\sent«‘,
I «‘tilde «1«“ cette «juesti«»n pi'rmettrait «le résoudre un grand nombre de
TH AVAUX SCI EX Tl F lu UE S EXÉCUTÉS A EA TOU H
loi
(lifticLiltés qui se reiicontrenl ù chariue inslanl dans diverses applications
pratifpies, résistance d(‘ l’air aux trains de chemins de fer et aux navii-es
en marche, direction des ballons, questions relatives à l’aviation, inlluenc(>
du vent sur les constructions, (uiiploi du vent comme moteur, (de.
« Jus(ju ici, les exj)éi'iences laites sur ce sujet ont été exécutées
surtout en imprimant aux cor[)s un mouvement de rotation obtenu à l’aich*
d’um* sorte de manège.
« I) après les auteui's enx-mémes, les méthodes employées nedonneni
(jue des l'ésultals incomplets, à cause de l’en-
traînement de l’air, de la lorcc centrifuge, (de. ;
de plus, la vitesse (pi’on {(eut atteindre (‘st ainsi
forl limitée.
« Nous avons pensé (pie la Tour Kilïel
oflrait des conditions particulièreimMit avanta-
geuses {(our étudi(*r plus complètement C(dte
intéressante question, et jmur aboi'der directe-
ment l’étndc du mouvement l’ectiligne.
“■ Principe de la méthode. — Quand un corps
s(‘ dé[)lace dans l’aii-, il éprouve de la part de
celui-ci une résistance (jui s’accroît en même
temps qii(‘ la vit(‘sse du mouvement. Sup[)osons
(ju(‘ ce corjis soit sollicité [lar une force cons-
tante, comim' il l’est, [lar ('xemple, par son
projH’e poids, quand on rahamhjnne en chute
libre. Si, au lieu d'être {dongé dans l’air, il
était dans le vide, sa vit('sse, nulh( au déjiart, irait constamment en
croissant et son mouvement s’accélérerait indétiniment. S’il est plongé
dans l’air, il n’en sera j>as de même. A mesure (jue la vitesse du mobile
Cloîtra, d ej)r(3uv(‘ra iiiu' résistance elle-même croissante, de sorte* que
.son monv('m(*nt cessera d(* s acc(*léi’er et deviendra unilorme orécisément
(piand la résistance de l’aii* é(juilibr(*ra exactement reflet de la pesan-
teur sur le corps.
« Si 1 (311 mesure, d’une part, la vit(*sse \ du corjis au moment où
son mouvement devient uniforme, et d’autre part son poids 1‘, on saura
que l’etToii exercé jiar l’air sur le corps animé de la vitesse V est
précisément P.
152
LA TOT H KIFLLL EN lüOO
« En augmentant le poids du corps, sans niodilier sa surface, j)ar
l’addition d’un lest convenable, on augmentera en même temps la vitesse
V du mouvement uniforme limite, de sorte que la comparaison des
diverses valeurs de P av'ec les valeurs correspondantes de \* permettra
de découvrir la loi de variation de la résistance en fonction de la vitesse.
« Pour mettre cette méthode en pratique, l’appareil employé
repose sur le principe suivant :
« Imaginons un til fin de grande longueur subdivisé en sections
égales, d(‘ 20 w j)ar excm|)le. Attachons légèrement à des j)oints de
suspension les subdivisions des sections consécutives, en laissant
pendre entre ces points les différents tronçons successifs de 20 m.
Supposons qu’aux points de suspension se trouvent des contacts
électriques suscej)libles de fonctionner sous l’influence d’une très légère
traction du fil, et réunis à un stylet enn'gistrcur adapté à un cylindre
tournant suivant la disposition bien connue. Laissons tomber le corps
pesant situé à l’extrémité liln’e du fil.
« L'instant du départ sera enregistré sur le cylindre par le premier
contact. Dès que le corps, en tombant, aura j>arcoiiru 20 in, il aui’a
entraîné avec lui le premier tronçon de fil qui sera développé vertica-
lement eu suivant le coi’ps; le (buixième contact fonctionnera à son tour,
et ainsi de suite. Si l’on annexe au cylindre un diapason enregistreur
faisant, par cxenq)Ie, 100 vibrations par seconde, le graphique tracé
sur le cylindre indiquera, (ui centièmes de seconde, au bout de quels
intervalles de temps le corps a [)arcouru 20, 40, 60 m. Aussitôt que le
mouvement sci'a devenu uniforme, on s’en apercevra sur le graphique par
ce fait (juc les contacts successifs fonctionneront à des intervalles de
temps équidistants, (’^es intervalles étant mesurés, en centièmes de
seconde, par les sinuosités de la courbe du diaj)ason, on aura immé-
diatement la vitesse; uniforme du inobib'.
« D'ispositwn pralh/ue de l'appareil. — bùi j)i“di(|ue, il serait impossible
de laisser flottants dans l’esi>ace les tronçons successifs du fil, epii, par
l’edîet des courants d’air, s’eiudicv6trei‘aient les uns dans les autres. On
a évité cet inconvénient par l’ai'tifice' suivant :
« Cluupie section du fil est enroulée sur un cône de; bois L, (ij (voir
lig. 43) fixé verticalement, la pointe toiuaiée en bas. On conçoit epie le til
entraîné par la chute du mobile le suit avec la plus grande facilité ;
TUAVAI X SCIK.MIKIOI KS EXKCl TKS A LA TOl lJ
lo3
à cause de leur forme coni(|ue, ces l)ol)iiics, bien (|u’immobiles,
permellcnt à ce fil tic se dérouler, pour ainsi dii'e, sans rroUemeiil.
Ou a du reste évalué par nue niesui'e directe, comme ou le vtu'ra [tins
loin, le retard tpii peut {)roveuir d’une résistance au déroulement du lit.
« Les contacts électri(|ues dt'stinés à enregistrer cbarjue pai'cours
de 20 m sont tonnés dt‘ deux lames mélallitjues LL' isolées en 1 |tar
un morceau d’ébonite et dont les extrémités st^ touebent par l’inttu-
médiairc de contacts en platine, dette sorte de [tincc est traversée par
un courant électritjne t{ui va animer la plume, de l’eiu’egistreur, et tpii est
interrompu lorsrpie les deux brauclu'S s’écartent. Ln passant d'un cône
dj au suivant 1<‘ fil est engagé dans l’intervalle libre que laissent entre
elles les deux branches de chaque pince, immédiatement au-dessus du
contact en platine. Ouand le cône d, (‘st déroulé, b* til fixé au mobile
écarte un instant b's branches de la pince, et ouvre le courant, ipii se
rétablit aussitôt, (l’est alors que la plume de l’enregistreur laisse une
trace sur le cvlindre tournant. Luis le cône C. se déroule à son tour; la
*
seconde pince s’ouvre après un nouveau parcours de 20 m, et ainsi de
suite.
« L’a|)pareil a |)erniisd(‘ vérifier ()U(‘ la i('sistanc(* opposée par l’air à
des [ilans d’égale surface, se m<)U\ant dans une direction normale à ces
[»lans, est indépendante de leur forme. Lour des surfaces circulaires.
2U
LA TOLU KIKKi:i> EA 11» 00
le 4
caiT('‘Cs, tnrm^ulaires, on a trouvé des dui-ées de cluile égales, comme on
|)cul 1(‘ vérilier sur la lignre 44, tracés 3 el 4. Cette figure est la réduc-
tion an (jiiart des graphiques réels. La courhe du diapason est tracée en
su|»posanl (pi’il exécute 25 vibrations j)ar seconde.
Les tracés du diagramim* sont les suivants :
1, tra{;é tliéori(jue de* la chute d’un cor|»s tombant lihremeut dans
le vide.
2, tracé ex|>érimental de la chute d’une longue tlèche en bois
lestée pai- une masse mélalli(|ue pointue.
.\“ 3, chute d’un ])lan carré de 0,0123 ])ai‘ une masse d('
Hoo ///'.
N" 4, chute d’nn j)lan triangulaire de même surface également lesté.
H 1 1 1 1 h
c( On a véi-itié également (pie la résistance éprouvée jiar un jdan en
inandie dans l’air est proportionnelle à sa surface. Deux jilans carrés
dont les surfaces étaient entre elles comme i el 2, ont été lestés par des
poids (]ui étaient dans le même rapport. Les durées de chute ont été
res|M'clivement et 6 ,96, nombres à peu ju'és identiques et d’ajirès
lesquels il y a lieu d’adimdtre la proportionnalité.
« L(‘s plus nomhreus(*s ex|»éricnc('s ont jiorté sur révaluation en kilo-
grammes, |iar nndre carré, de la résistanc(' o|>pos<‘e jiar l’air à une
surlace jilane en mouvement, et sur la recherche de la loi de variation de
c(>lte résistance en fonction de vitesse. On a vu plus haut comment on
peut obtenir celle loi par l’évaluation du poids du mobile el par la
mesun* de sa vitesse, (piand son mouvement de chute est d('venu uni-
forme. Dans lonl(‘s les expériences dont il s’agit le lest des surfaces
(>mployé(‘s a été réglé de mani('‘re à obtenir l’nniformité du mouvement
après un parcours compris entre 60 et 100 ///,
TKAVArX SCIENTIF lori: S EXECUTES A EA KK l{
155
« On sait qu’on admet ^énéralemenl (jiie la résistance de l’air (*st pro-
|»ortionnell<' à la sniTacc et an carré de la vilesse du corps en inonviv
inent, du moins ]tour des vitesses modérées comme celle doni il est
(juestion ici. La formule exprimant celte loi <;st :
P = HSV‘
P étant la pression de l’air sur le corps, S sa surface, et V sa vitess(‘.
Les ingénieurs adoj»tent générahmient pour la constante P la valeur
0,12248, P étant exprimé en Ivilogramnnvs par mètre carré, S en mètres
carrés et V en mètres j>ar seconde.
« Si cette foianule est exacte, la valmir de P calculée d’après elle, à
l’aide d’une série de valeurs con'cspondanles de P et V, pour des plans
de môme surface S, doit toujours être la môme pour des vitesses dilfé-
rentes. Les exj)ériences faites à la Tour KilTel ont donné, pour les valeurs
de P ainsi calculées, des nombres assez voisins les uns des autres j>our
qu’il y ait lieu d’admettre l’exaclilude de la forniule au j)oint de vue pi‘a-
tique j)our des vitesses allant jusqu’à 25 /// jiar seconde.
« Mais la valeur numérique de P ainsi obtenm* est très dilTércnte d(>
celle adoj)lée jusqu’ici. Les diverses valeurs trouvées poiu‘ P oscilhuit
entre 0,069 (T 0,071. La valeur moyenne à admettre est donc 0,070. »
La détermination de ce c.oefticienl , dont la valeur 0,07 est très dilfé-
rente du nombre 0,125 î'dmis par les formules courantes el «pii réduit la
pression du vent à 57 p. 100 de C(dle (ju’on adoptait généralement, a fait
aussi l’objet des recbercbes de M. Langley [E.rpeninenls in aerodi/namhs)
et que rclatmit les ('oniptes rendus de la Société de physhine iinars 1902),
(jui a trouvé pour le coeflicient P la valeur de 0,08, très |)cu dillérenle
de la j)remière.
§ 9. — Blocs de renversement.
D’après l’opinion de nombreux météorologistes, il n’existe pas
encore de bons apjiareils pour la mesure directe de la pression, parce
qu’ils sont très difticiles à orienter dès (pi’ils ont un jieu de masse, et
qu’ils n’obéissent pas assez vile aux variations; les frollemenls sont
importants et ne restent pas constants, b.n second lieu, on arrive à des
LA TOI H KIFFEL EN l!)00
I *j()
i-ésullats livs (lilTéreiils, suivant les dimensions de la i)laqne essayée et
snrlonl snivai^l son épaisseur, en raison des remous importants qui se
formeul en arrière de celle-ci. Aussi préfèi-c-t-on généralement mesurer
la vitesse et en déduire la |iression par mètre carré, par la formule
connue 1* = o, i 25 \
Mais, d’autre i)arl, les ingénieurs <pii ont étudié la stabilité des
constructions sous reiïct du vent ont souvent reconnu que si les chiffres
donnés pour lu pression du vent
avaient été atteints, un grand
nombre d’éditices, et notamment
cei’taines hautes cheminées, au-
raient été renversés. Il y a donc
une certaine présomption que
la formule ci-dessus donne des
résultats exagérés.
l*our s’en assurer et déter-
miner au moins un maximum, la
Société de la Tour, sur la propo-
sition de M. Kœchlin, son ingé-
nieur, lit installer des appareils
imaginés par lui sur les extré-
mités des grandes j)Oulres en
croix du sommet.
Os ap|)areils, au nombre de
6 (voir fig. 45), sont disposés de
manière à se préstuiter normalement au vent pour huit directions différentes,
c’est-à-dii‘c (|u’un appareil fait avec le siiivant un angle de 45". Chaque
a[)pareil se compose de 5 j)arallélipipèdes en fonte dont les dimensions et
la stabilité sont calculées de manièi-e (pi’ils soient renversés par un
vent d’une intensité déterminée. Ces blocs, faits avec grand soin comme
exactitude des dimensions et netteté des arêtes, sont j)lacés l’un à côté de
l’autre; ils sont établis pour êlr(‘ renversés, l’un sous un effort de 50 krj
par mètre cari-é, les autres sous des efforts croissants de 100, 150, 200
et 250 ///. .\ cet effet, leurs dimensions sont de 0,20x0,20 en surface
et les épaisseurs sont de ^7,4, 52,8, 64,7, 75 et 83,^ wm. Ils sont disposés
sur un châssis légc'r formant une tablette surélevée de 0,2^ m portée par
Disposition des appareils sur les poutres
en croix delà 3* plate rorme .
l'i^.
TRAVAI X SCIENTTFTorES EXÉCUTÉS A LA TOUR
loi
des pieds entre lesquels le vent passe librement. Les résultats obtenus
par ces appareils, qui donnent à 50 Irj près l’effort maximum cbercbé,
fournissent des indications exactes au moins en ce ipii concerne l’effort
qui a produit le renversement, puisque l’on met en jeu un moment de
stabilité connu qui ne peut être détruit que par un effort déterminé. Une
chaînette en 1er empôcbe que les lilocs ne soient jirojetés au loin.
Or, sous la grande tempête de 1894, les anémomètres ont enregistré
une vitesse de 45 m par seconde qui représente jiar mètre carré un effort
de 253 si on adopte le coefticient K = 0,1 23. Si ce coefficient était
exact, tous les blocs eussent dû être culbutés. Au contraire, avec le
coefficient de 0,07 déterminé par les expéineuces de MM. Caillctet et
Colardeau, l’effort maximum ne correspond ([u’à 141,75 par mètre
carré, de sorte que deux blocs seulement devaient être renversés. C’est
précisément ce dernier cas ipii s’est présenté ; les blocs de 50 et de
\ookg ont seuls été renversés et les autres sont restés debout. La pression
du vent est donc restée inférieure à 150 kg au lieu des 253 /y que l’on
pouvait prévoir.
Ces conclusions sont, au point de vue pratique, très satisfaisantes et
donnent toute tranquillité au sujet des pressions adoptées dans les calculs
de constructions métalliques en général et de la Tour en particulier;
elles montrent que ces pressions sont exagérées j)ar rapport à la réalité.
§ 10. — Déplacements du sommet mesurés par visées directes.
Four mesurer ces déplacements, on a installé en saillie, sur la ter-
rasse de la troisième jdate-forme et sur l’angle coté Est, une mire eu
tôle vei-nic dont la face inférieure, regardant le pilier p]st, portait des
anneaux concentriques de 20 mm de largeur, alternativement rouges et
blancs. Le nombre de ces anneaux était de 10 et leur diamètre extrême
de 0,40 m. Ces anneaux étaient numérotés et étaient divisés en secteurs
par les buit divisions du cei’cb'.
Cette mire convenablement orientée était observée à l’aide d’un
théodolite fixé sur un solide massif de maçonnerie établi à la base du
pilier Est. 11 avait été réglé une fois pour toutes par un tiunps calme,
sans soleil et à une température d’environ 10°, de telle sorte (jue le ci'oi-
LA TOI' H Kl FF KL Ki\ 1000
ir>8
sonient des fils du rc^ticulc coïncidùt avec le centre de la mire. Quand
un déjilacement se produisait, le centre des réticules venait se projeter
sur run des cercles ou entre deux cercles concentriques; on en lisait le
numéro et on notait la position sur le secteur correspondant, la(|uelle
était immédiatement rapportée, aussi approximativement que possible,
sur un diagramme en papier représentant la mire à l’échelle réduite.
De 1893 il 1893, pour noter les déplacements dus à la température,
on a fait d’une manière à peu près régulière trois observations par jour :
à 7 heures du matin, à midi et à 7 heures du soir. ()n a fait en outre,
accidentellement, quelques observations supplémentaires, quand il se
présentait de fortes températures. Fendant cette même jiériode, et toutes
les fois (pie des coups de vent se produisaient, on oliservait les déjilace-
ments avec une grande lunette de 2,50 ni de distance focale, et on
repi-oduisait sur le papier, aussi exactement (pie possible, les diniensions
et la position de la courbe en forme d’ellipse, parcourue sur la mire jiar
le croisement des tils du réticule.
Cette série d’observations a donné lieu à un grand nombre de
diagrammes dont nous nous bornerons à examiner (pielques-uns.
Arlion (ht vent. — Les diagrammes qui les indiipient sont de lieaucoup
l(‘s moins nombreux, d’abord parce que les coups de vent, ipii seuls
agissent sur la 'four d’une façon sensible, sont assez rares, puis jiarce
(pi’ils se produisent souvent pendant les heures d(‘ nuit auxqiu'lles aucune
observation n’a été faite. Môme jiendant le jour, la mire est souvent
mas(piée par la pluie qui accompagne, assez habituellement, les grands
vents.
On a pu cependant, à plusieurs reprises, constater que sous l’elîet
du veut le sommet décrit à peu près une ellipse dont le centre varie avec
la position du sommet à ce moment (position due aux circonstances de
température, ainsi qu’il sera indiqué jilus loin) et dont le grand axe est
en rapport avec la vitesse du vent.
.'\insi le 20 décembre 1893 (voir fig. 46), entre 11 heures et midi, l’un
des jours pendant lesquels le déplacement a été maximum, le grand axe
de cette ellipse était de 0,10 ni et son petit axe de 0,06 ni. La direction
du vent était Sud et le maximum de sa vitesse moyenne a été de 31,8 ni\
mais la vitesse réelle donnée jiar l’aj)pareil à indications instantanées a
été beaucou]) jilus grande et a atteint 44 ni. Il est remarquable qu’è
THAYAI X SCIKNTII igri-S EXKCI TKS A LA TOI |{
159
cette vitesse niaxinia, qui a eu lieu à l’ellipse correspondaiite
indiquée en pointillé avail un grand axe d(‘ 0,06 ?n seulement. Les
énormes a-couj)s qui se produisaient à ce moment avaient ainsi un
moindre eflet de déplacement que ceux dus à un vent j)lus continu.
Dans le grand coup de veut du 12 novemlu'e 0194, l’observation a
été laite de 3 à 4 heures. La vitesse moyenne a varié à ce moment de
Fig. Courbes des déplacements du sommet par les coups do vent du t2(J Iiccemhrc ISOS.
27,6 //I à 30 )ii avec une vitesse maxima absolue de 42,50 //t (voir (ig. 47).
Le grand axe de rellij)se a été de 0,07 le petit axe de 0,05 t/t.
On a aussi constaté comme précédemment que c’était sous les grands
à-coups (|ue le déplacement était le moindn'; il n’atteignait que 0,05 01.
Le Tort de la tenq)ête a eu lieu à 6" 12' (vitesse moyenne maxima j.2 m).
mais à ce moment le dé[)lacement n’a pas été mesuré, non plus (pie la
vitesse alisolue, (jui est peut-être allée jusqu’à 50 t/t.
Le déjilacemeut de o,io t/t est le maximum qui ait été observé. Sous
les vents violents ordinaires, le déplacement n’est gu(''re que de 0,06 à 0,07 ///.
IGO
I.A TOI K EIFFEL Ex\ i‘100
11 esl Irôs inferieur à celui que le calcul faisait prévoir, 11 y a donc
presque cei’filude (pie les prévisions introduites dans les calculs pour
l’action du vent sont très supérieures à la réalité. Nous l’avons déjà
constaté pour l’évaluation de la pression par mètre carré. 11 est jirobable
(pi’il en est de nièine pour l’évaluation des surfaces exposées au vent.
Aclion de la tempéra! are. — Nous avons dit que la position originelle
Fig. 47- — Coüvhos des déplacements du sommet par les coups de vent du 12 Novembre 1804,
du tliéodolite avait été fixée en choisissant une journée sans vent, un
temps couvert et une température uniforme de lo*, |»uis en faisant coïn-
cider le zéro de la mire avec le centre du réticub'.
Les im’^mes circonstances se sont rejiroduites le 26 décembre 1^93
et |»endant toute la journée la lour est demeurée stationnaire, le centre
du réticule correspondant au zéro de la mire.
Par d’autres temps couverts, mais avec une teni|)érature plus élevée
(15 a ib), les observations comldnées des 6 et 7 juin i«>93 ont donné des
déplacements très faibles; la mire s’est (b'-placée le malin par i‘apj)orl au
TFiAVAUX SCIEiNTlFlOl KS KXKCl TÉS A LA TOI U
lf)l
centre du réticule de o,o^ ni dans la direction O. et est revenue le soir
dans la meme position, en se déplaçant extrêmeimmt peu à midi.
Mais quand la chaleur solaire agit sur la Tour, jiar les jours de beau
temps, les déplacements prennent une grande amplitude. Nous prendrons
comme exemple les observations combinées des 15 et 16 août 1894, que
nous représenterons par le graphique ci-contre (fig. 4}!), dans lerpiel le
Fil,'. ',8. — Coiivhos des déjdiiceiiwiils du sonwict pur lu leiujiérulurc.
déplacement de la mire par ra|q)ort au réticule tixe est représenté v.
l’échelle du quart. A 5 heures du matin, le centre de la mire est placé
sur la ligne O. à 4 cm du centre; il reste sur cette ligne jusqu’à H heures
en atteignant 15 cm. Il s’en éloigne du côté N. en atteignant 15 cm. Il se
rapproche alors du centre, dans le secteur N. -O., au fur et à mesure de
la marche du soleil, (pi’il semble fuir. A 3 heures, il est dans la ligne N.
à une distance de 7 cm. Le mouvement de i'ap[)rochement continue dans
le quadrant X.-E. ; à partir de 5 heures et à une distance de 6 le
réticule revient franchement au centre qu’il doit occuper vers 8 heures
V
■21
162
LA TOU U Kl FF KL EN l'JUU
(lu soir; la course totale est d’environ 24 cm parallèlement à l’axe E.-O.
et de 10 cm par rapport à l’axe N. -S. La Tour semble donc en quelque
sorte fuir devant le soleil et s’incliner dans le quadrant N. -O., ce (jui est
naturel, puisfjue les arêtes reganlant le soleil sont les plus échaulîées, et,
en se dilalant davantage, portent le sommet de la Tour du coté opposé.
Les courbes sont assez souvent [dus simples; telle est celle du
17 mai OI94, qui est coni[)rise tout entière dans le (juadrant N.-O. (voir
tlg. 48) et dont ram[)litude est de 12 cm ün [>eut la considérer comme
une courbe moyenne [)ar beau temps.
(Juand, par une belle journée, le soleil se voile avec des alternatives,
ces courbes deviennent bien moins régulières; les mouvements d’allon-
gement et de torsion de la Tour suivent ces alternatives d’une façon très
sensible et les rapprocliements ou les éloignements du centre coïncident
avec les refroidissements ou les écbaulîements dus h l’action solaire.
En résumé, on |)eul dire ({ue le sommet mar([ué par la tige du para-
tonnerre est à peu près constamment en mouvement; ce mouvement est
surtout accentué pendant le milieu de la journée, et ce n’est que vers les
heures du lever et du coucher du soleil qu’il possède une tixilé relative;
au milieu de la nuit seulement, il doit être tout à fait immobile.
Ce dé[)lace!nent du sommet rend extrêmement difticile de s’assurer
de la parfaite verticalité de la Four. Cependant, en mai 1893, M. Muret,
géomèti'e de* la Ville de Caris, a [U'océdé avec le [)lus grand soin à cette
o[)ération. Il n’a trouvé (ju’un écart tout à fait insignitiant (ju’il attribue
lui-même à un etTet de température.
S 11. — Keperage
.M. le général lîassot, directeur du Service géographicpie au Minis-
tère de la Cuen’e, a [)rocédé, sur la demande de la Commission de sur-
veillance de la Tour, présidée par M. Mascart, à des mesures géodé-
si(|ues extrêmement j)récises, ayant poui- but de faire un repéi-age exact
du sommet, atin de pouvoir véiâtiei' ultérieui’ement l’existence d’un dépla-
cement, s’il s’en produisait. Ces travaux ont fait l’objet d’une communi-
cation à l’Académie des Sciences (6 décembre 1897), dont les conclusions
sont les suivantes ; « Cour vériüer, [>ar des observations [)ériodiques, si le
THAVAUX SCTEXTIFTUUES EXÉCUTÉS A LA TOUR
163
sommet de la Tour Eiffel subit quelque d(^q)lacement, il suffit de faire les
observations pendant la |)ériode, diurne où les mouvements sont les plus
faibles, c’est-à-dire b' soir, pendant les deux ou trois heures qui précèdent
le coucher du soleil. On n’obtiendra évidemment (ju’une valeur approcbée
de la position absolue du paratonnerre par rapport au repère fixe, mais
ce renseignement suffira pour déceler un déplacement important de ia
Tour, s’il s’est produit dans l’intervalle des époques d’observation.
« Partant de ce principe', nous avons reconnu que le sommet de la
Tour n’a subi aucun déplacement appréciable entre le mois d’aoùt 1896 et
le mois d’aoùt 1897 ; sa projection se trouve', le soir, à 9 cm environ élu
rejeère fixe du sol, dans le ejuaelrant Sinl-Est, sous un azimut moyen de
45“ par rapport au Sud.
« Nous avons reconnu également, par l’e'nse'inble de nos observa-
tions, que la elistancc entre la projection du |»aratonnerre et le repère fixe
n’a oscillé qu’entre des limites très faibles, de 2,7 nu à i 1 c/y/, mais les
variations en azimut de la ligne cpii joint ces d('ux points s’étendent sur
plus d’un quadrant. La torsion diurne du sommet de la 'four est donc
très nettement mise en évidence.
« Si l’on voulait se servir de la Tour comnu' d’un signal géodési(pie
et y faire un tour d’horizon, il serait par suite nécessaire d’adopter, comme
sur les pylônes en bois, une méthode particulière d’ol)Scrvation pour éli-
miner l’erreur [/rovenant de cette torsion. »
^12. — Manomètre à air libre pour les hautes pressions.
Dès l’origine de la construction de la Tour, je m’étais préoccupé de
son application à la construction d’un grand manomètre à air libre et à
mercure, permettant de mesurer directement des pressions de 400 atmo-
sphères. Au point de vue sci('ntifique, un tel manomètre devait, par sa
haute précision, être j)récieux pour l’étalonnage des manomètres à azote
ou à hydrogène destinés aux expériences de laboratoire; au point de vue
industriel, il devait olïrir une utilité incontestable pour la vérification des
manomètres métalliques.
Aussi, a|>rès racbèveuK'nt de la four, je fis établir ce manomètre
d’après le projet qui en a été fait par M. L. Gailletet, membre de
1G4
LA TOT II El F F Kl. F N 11)00
rinstitut, si connu par ses Jjeaux travaux 'sur la liquéfaction des gaz.
Je donne ci-dessous la description de cet appareil, d’aj>rès la commu-
nication faite par M. Cailletet à l’Académie des Sciences en 1891.
« Disposition générale. — I..es manomètres h air libre sont les seuls
instruments qui permettent d’obtenir pratiquement, d’une façon précise et
avec une approximation constante, la mesure des pressions des gaz ou
des liquides.
« C’est pour cette raison que j’avais installé, d’abord sur le penchant
d’un coteau, puis, plus tard, au puits artésien de la Dutte-aux-Cailles, un
manomètre à air libre de plus de 100 m de hauteur.
« Cette disposition a été imitée depuis par j)Iusieurs physiciens.
Mais les diflicultés de mano'uvre et d’observalion d’un instrument installé
dans ces conditions laissent toujours subsister des incertitudes sur la
précision des résultats.
« La construction de la Tour b^ilfel olîrait des conditions exception-
nelles pour l’établissenuMil d’un manomètre à air libre de 300 ni dont tous
les organes, liés d’une façon invariable à la Tour elle-même, fussent ac-
cessibles à l’obscM'vateur sur tcuite son étendue. Cràce à la libéi'alité de
.M. p]iffel, la construction de cet instrument est actuellement un fait ac-
conq)li.
« La pression de 400 atmosphères, (jue mesure un pareil manomètre,
ne peut être maintenue dans un tube de verre. On a dù recourir à un tube
d’acier doux de 4 inni environ de diamètre intérieur lixé à la char[)ente de
la Tour, le long des escaliers; ce tube est relié par sa base à un récijiient
eontenatit du mercure. En comprimant, à l’aide d’une pompe et d’a[)rès le
dispositif bien connu, de l’eau sur ce mercure, on peut l’élever graduelle-
ment jus<|u’au sommet de la Tour.
« L’opacité du tube d’acier s’opposant à la lecture directe du niveau du
mercure, on a disposé, à des distances égales (de 3 en 3 ni environ!, sur
le trajet de ce tube, des robinets à vis coni(jue dont chacun communique
avec un tube de verre vertical. Ce tube est muni d’une échelle graduée,
soigneusement tracée sui‘ bois verni, <pii n’éprouve (pie des variations de
longueur insignifiantes par b's changements de températui*e. Loi'squ’on
ouvre un de ces robinets, ou met l’intérieur du tube d’acier en communi-
cation avec le tube de verre dans lequel jieut alors j)énéti-er le mercure.
« Pour réaliser, à un moment donné, une pression déteiminée, il
TIÎAVArX SClKNTII'lorKS K X KC l'T KS A LA T(M lî
k;;;
siillil (1 ouvrir le rohiiiel du luhe de V(>rre qui |)orl(‘ la division correspon-
dant celte j>ressioii ; on fait a^ir la pompe liydrauli(juc cl, (juaud le mer-
cure arrive au robinet, il s’élève* eu même (emps dans le (ube de verre et
dans le tube d’acier. On
l’amène alors exactement
è la division voulue, en
agissant très lentement
sur la pompe bydraulique.
Si, en opérant ainsi, on
dépasse le niveau reclu'r-
ebé, on laisse échapper
une certaine cpianlité d’eau
par un robiiKît dedécliarire
|)lacé dans le voisinaae de
la pompe. Le liquide (pii
s’échappe ainsi jiénèlrc
dans un tube de veri-c ver-
tical gradué où sa hauteur
indique rabaisscmmit cor-
respondant de la colonne
de mercure.
« Cette manœuvre,
qui S(‘ fait dans h* labora-
toire installé ù la base de
l’appareil (voir tig. 50),
est rendue très simple au
moyen d’un téhqihone cpic
l’observateur emporte avec
lui, et (jui, à chaque robi-
net, peut être mis en rela-
tion avec le poste inférieur
(voir lig. 49).
Dans le pilier Ouest de la Tour, à la base du manomètre, est installé
le laboratoire (voir tig. 50), qui contient la pompe foulante hydrauliipie,
le l’écipient ù im'rcure, le poste léléphoiùijuc et les autres accessoires.
I ai mi ceux-ci, nous d(*vons signaler sjiocialenu'nt un mamjmèlre métal-
hl- — /'’sciüicr (lu snl ;m y*’’ cIikic, la Ioikj duquel
est ( lahli le luniiouiètve . T I T, tiil/es de verres verli~
r;wx lixcs nu tuln' ' inuuométrique.
16G
LA TOI R EIFFEL EN 1900
lique de grande dimension, mis en relation avec le liquide comprimé. Ce
manomètre j.orli' une première graduation en almosplières; une seconde
graduation correspond au numéro d’ordre des divers rohinets. On sait ainsi
immédiatement, par avance, dans quel tube «le verre devra s’élever le
mercure sous une pression donnée, ce qui permet de trouver sans hési-
tation le robinet h ouvrir pour avoir la position exacte de son niveau.
« Cnirectinm. — Le calcul d<‘ la valeur exacte de la pression, d’après
l'iiî. r»o. — Lnhnrnlnivc installé an niveau dn sol dans le jiilier Ouest.
la hauteur de la colonne de mercure soulevée', nécessite, jmur (diaqiie exjié-
rience, un certain nombre de corrections ipii «'xigent la connaissance de
|)bisieurs élénu'uts.
« La température modifie la densité du mercure' et fait varier la bau-
te'ur ele la l’euiret par e*e)nséqiient élu tube manométrique. Un calcul sim|de
montre epi’iin écart de' température ele 30" ne fait guère varier ce'tte
bauteur epie ele 0,10 ///, seiit — ^ — ele sa valeur. La correctieeii due à la
5.00e)
densité variable* élu ine'rciire est plus .imjieirtantc ; elle serait environ de
TUAVAI X SClEiXTlFinUES EXKCl TES A EA TOUK
lf)7
200
pour le même écart de 30“. La mesure de la température moyeime
nécessaire à cette double correct ion est (d)tenue par la variation de la
résistance électrique (ju'elle communicpie au lit téléplionitpie (pii suit
la colonne mercurielle sur tout son parcours. Des tliermoim'dres enregis-
treurs placés à ctiaipie plate-iormc donnent [)Our <diaque exj»érience une
indication suftisante.
Les auti'cs éléments de corr(*ctiou sont la c-ompressibilité du mercui'e
et les cban^ements dans la pression atmosphérique à mesure cpu^ la
colonne s’élève.
« M. KilTel, en s<‘ chargeant de toutes c(‘s dcpens(*s et en mettant à
ma dis[)Osition le personnel né<‘essairc à la construction, a t(“uu à montrer
une lois de plus rinlérèt dévoué (pi’il porte à la science, .l’espère donc (pu*
l’Académie tiendra à s’associ(*r aux seutimenls de reconnaissance (pie je
suis beun'ux d’adresser à M. KilTel. »
A|»rès raclièvemeiil de ces ex[)ériences, M. (iaill(*tel nous a remis la
note suivante résumant les résultats pratiques qu’il a obt(*uus :
« Les indications précises Tournies par le manomètre établi à la Tour
ont permis de graduer les manomètres métalliipies à hautes pressions si
employés maintenant dans les div(*rses industries.
« Les constructeurs d(* C(‘s ap[)areils ont actuellement des étalons
gradués directement à la Tour, et qui leur permettent de graduer [>ar
comparaison h*s manomètres sortant de leurs ateliers.
« MM. ScbaelTer et Dudenb(“rg nous ont Tourni des manomètres
métalliques de grandes dinu'iisions et donnant d(*s nu'sures de pression
s’élevant à 400 atmosphères. Après plusieurs années, ces appareils ont
conservé leur sensibilité et la précision de leurs indications.
« 11 u’(*st jias inutile de ra[»p(*ler (pie les manomètres métallirpies
(ju’on trouvait autrcTois dans le commerce donnaient des écarts dans leurs
indications s’élevant souvent à 10 ou 12 j). 100.
« Je me suis également servi du manomètre de la Tour jiour graduer
un certain nombre d(* manomèlr(*s à gaz hydrogène. Les a|>pareils, à la
seule condition d’(*ti’e toujours observés à la môme tempéraliuv*, ce (pi’on
obtient en maintenant le tube de l’appareil dans une masse d’eau à tempé-
rature constante et exactement connue, donnent des déterminations d’une
grande exactitude. J’ai pu ainsi éviter les manipulations assez longues de
LA TOl lî Kll TKK I:N Ü'tM)
lf)8
la mesure dii'ecle des pressions au moyeu d’un grand manomètre à air
lil>re, et, tout en restant dans mon laboratoire, mesurer avec la même
précision les hautes pi'cssions sous lesrpielh's j’o|)érais. Dans ce cas, je
me servais de deux' manomètres à hydi-ogène accou|dés, et dont les indi-
cations simidtanées s(> conirêlaient enin* (dles.
« (Vest par cotte méthode (pic, dans un travail enlrc[)ris avec
M. Colardeau, sur la tension de la vapeur d’eau jiis(pi’à son point
critique, nous avons pu déterminer avec une grande précision les pres-
sions corresj)ondant à chacune des lemiiératurcs observées. »
^ 13. — Télégraphie sans fil.
M. Dncrelet a réalisé en i«S(;8, du haut de la d’our, d’intéressantes
expériences (h* léh'graphie sans lil (|ui ont été communiijuées à l’Académie
des Sciences. Nous en reproduisons le compte rendu (7 novembre 1898):
« L(‘s essais de transmission entre la Tour b]itïel et le Pantbéon, que
j’ai conummeés le 26 octobre, ont été suivis jiiscpi’à ce jour. La distance
tVanebie <‘st de 4 ///( et rintervallc est occupé par un grand nombre de
constructions élevées; les signaux rc(jus au l'anthéon ont toujours été
très nets, mèim* pai‘ un brouillard assez épais; il est donc, possible d’af-
llrmer (pi’avec les mêmes apj»areils celte distance [lourrait être sensible-
ment augmentée.
« Le poste /rans/zie/leur, installé sur la troisième plate-t'orme de la
'l’our bhltel, com|)renail : une bobine de |{uhmkorlï de 25 coi d’étincelle,
actionnée jiar mon intemq)teur à moteur (it un interi upteur à main, pour
forts courants, produisant hxs émissions intermittentes de décharges
oscillantes entre les trois sphères d’un oscillateur. Une des sj)hères
extrêmes de cet oscillateur (Hait mise en communication avec l’extrémité
isolée du fi! rndinleur suspendu dans l’espace jusqu’à la plate-forme
intermédiaire; l’autre sj)hère extrême était reliée directement à la masse
métallicpie de. la Tour, jouant ainsi le i’('de de terre.
« Dans ces conditions, la longueur de l’étincelle entre les s|dières
d(* roscillatrur est beaucoup diminuée, sans doute parce (jue le lil
radiateur, au voisinage de la Tour mélallicjue, acipiierl une gramh*
capacité.
TUAVALX SCI KM 11' JULES EXECITES A LA KM K
1()Ü
' « h'appareil réceplmv était installé au Panthéon, sur la terrasse au-
dessus des colonnades. '■
« En se plaç;ant dans les condilions inverses, h; Panthéon devenant
Irammelleur et la Tour EilTel réceptrice, on n’obtint aucune réception
d’ondes; le voisinage immédiat de la Tour métalli(pie et du lil vertical
collecteur annule l’elïet des ondes (pii devraient agir sur le radio-con-
ducteur. »
Nous devons ajouter rpie ce dernier phénomène peut simplement
tenir à certaines circonstances de rex{)érience qu’il est possible d’écarter.
Les essais faits sur les grands cuirassés, fpii forment des masses métal-
liques bien plus considérabh's, semblent en fournir une preuve convain-
cante.
§14. — Aéronautique.
M. W. de Eonvielle a fait, dans le Spectdleur militaire du 15 juil-
let 1890, le récit d’une ascension nocturne en ballon, dont nous extrayons
les lignes qui suivent :
« Le 26 juin dernier, à 8" 15“ du soir, nous prenions place dans
l’ascenseur du pilier Nord de la Tour Eiffel, en compagnie de quelques
aéronautes. Notre but était de nous assurer s’il ne serait pas possible
d’établir une communication télégraphicpie cnlre la terrasse de la troisième
plate-forme et le ballon le Figaro, exécutant une ascension nocturne à
l’usini'- de la Villette. Ce ballon, de 3.800 /yp, portait quati'e voyageurs en
outre d('s aéronautes, MM. .lovis cl Mallet.
(( CelU' communication aérienne entre un ballon en ascension et la
troisième [)lale-forme peut être établie de la façon la plus simple, au
moins pendant la nuit, quand on aura fait quehjues expériences et que
l’on aura accpiis la pratique indis{)ensable.
« Les expériences du 26 juin établissent les résultats d’nne manière
tout à fait indiscutable.
« Les a))[)areils dont MM. Jovis et Mallet se sont servis dans l’expé-
ri(>ncc dn 26 étaient formés de deux lampes de vingt bougies chacune,
j)Iacées dans un rélleclenr conique à fond plat, mobile autour d’un axe
vertical. Le rélleclenr coni(jue pouvait être dirigé du c(jlé de la Four cpie
l’on apercevait dans le lointain à cause de ses projecteurs et de son phare.
22
-170
LA TOU K LIFFEL ExN 1000
« Nous avons suivi le ballon juscju’à i moment où il se trouvait
h une distance de loo /.//t, puisqu’il avait dépassé Château-Thierry. Hien
n’élait plus aisé que de maintenir le point lumineux dans le champ de la
lunett(*.
« L’éclaii’a^i' de la nacelle peut être (‘xécuté très racilement par des
appareils meilleui's. 11 suriil, <>n elïet, de prendre un réllecteur parabolique
et de placer à son loyer une lampe uni(jue d’une puissance égale à celle
de deux lampes de l’expérience du 26 juin, pour être dans des conditions
lumineuses hien meilleures.
« Nous avons aj)er(;u très aisément les interruptions que M. Mallet a
produites en couvrant de temps en temps la lumière avec sa casquette
d’aéronaute. Il eut été beaucoup plus aisé de discerner ces signaux s’ils
avaient été produits avec une clef de Morse donnant des interruptions
instantanées et auxquelles il est possible d’imprimer un certain rythme.
<( Si on avait voulu ex})édicr à l’aérostat des signaux Morse, on
aurait dù se contenter d’un seul })rojccteur. L’illumination de la Tour
eût été moins brillante, mais les aéronautes n’auraient point (*u de peine
à retrouvei' la Toui’ et à voir les signaux qu’elle eût envoyés. En clTet, le
phare tricolore, dont rintensit('‘ est bien moins vive, est resté visible
jusqu’à 1 heure, moment où l’aéi’ostat était à 150/;// à vol d'oiseau de
la Tour.
« Il est bon d’ajouter qu’examiné avec une jumelle, il ressemblait
alors à un simple phare à éclij)ses. Les rayons bleus et les rayons rouges
avaient été absorbés par l’atmosphèia'.
« .V lui seul et sans autres secours, h* [)hare de la Tour peut servir de
signal pour guider un aérostat en ascension nocturne, qui chercherait à
courir des bfxrdées verticales dans les airs, alin de s’approcher de Paris,
ou de s’en éloigner dans une direction donnée d’avance.
« Un aéronaule (pii, parti de Paris, voudrait y revcuiir, arriverait
aisément à discerner le courant (pii lui conviendrait pour courir des bordées
dans le ci'rcle de 100 à 150 /,//f de rayon. Souvent, si le vent favorable
l’abandonne, il [lourra découvrir dans la région accessible de l’air jdusieurs
courants auxquels il lui sera possible de s’abandonner alternativement
pour rectilier sa route.
« Pendant la journée, la l'our |)Oui’ra aussi rendre de grands services
aux voyageurs aériens, mais elle s’apercevra à des distances beaucoup
TIÎAVAI X SClEMlFIOrKS EXKCI TKS A I.A TOl'R 171
moindres. C est surtout pendant la nuit (pie ses services acqui('‘rent une
jxu'tee surprenante. On jiouri’ait égalemenl, dans une certaine mesure,
songera la UHc'grapliie optirpie sans attendre le soir. Malheiireusemenl,
(jue de peines pour qu'uu éclair tiré du soleil vienne frapper l’œil d’un
voyageur occupant un siège dans la nacelle!
« On doit déclarer bien liant que l’art des aéronautes, comme celui
des astronomes, doit surtout s’exercer pendant la nuit. En efl’et, la navi-
gation aérienne est en général beaucoup plus facile et plus sure lorsque
1 on n’a pas dans le ciel cet immense perturbateur (jui se nomme le soleil.
La lumière (pie donne la lune, surtout lorsqu’elle est voisine de son plein,
suflit très bien pour n'connaître une inlinité de détails. Quand la lune est
absente, 1 électricité permet d’exéculer toutes les manœuvres. C’est certai-
nement de nuit que j’ai exécuté mes ascensions les plus intéressantes,
et cela bien avant (pi(‘ la Tour EilTel iie vînt prêter le secours de son
phare et de ses jirojecteurs.
« Un ballon complèt(‘ment armé doit posséder même les moyens
d’éclairer la terre et de lanc(‘r au besoin des sondes lumineuses qui per-
mettent de voir tout ce qui se passe sur le sol.
« L’œil de l’aéronaute acquiert une sensibilité très grande, et, même
à hauteur considérable, il apercevra très bien les détails renfermés dans le
cercle d’éclairement de sa nac(‘llc. Pour tirer parti des lumièn's (ju’il peut
ainsi promemu* dans l’espace, il faut que la lampe servant aux projections
lumineuses ne frajipe jamais directiunent sa pupille : s’il est doué d’um*
bonne vue, et s’il possède des instruments d’optirpie a(œommodés à ces
dispositions nouvelles, il jiourra réellement accomjilir des merveilles.
" Ajoutons (jue le courant électrique produit une cbaleui- qui jieut
être utilisée dans la lutte contre le froid, un des [»lus grands ennemis
que l’homme ait è combattit' dans la coïKjuête de l’air.
« On voit donc (]ue, si l’électricité ne possède pas une force motrice
suffisamment légère jiour lutter contre le vent, elle jieut être d’un
immense usage dans les excursions célestes. »
172
LA roi’ R El F FL I. EN 1900
j; 15. — Origine tellurique des raies de l’oxygène
dans le spectre solaire.
M. .1. .lanssen, inoinbre «lo Flnslitul el directeur de l’01)servatoire
d’astronomie jdiysiijuc de M('udon, a lait, è l’aide des projecteiirs de la
Tour, des ex|)éri(uices que les Complet rendus de l' Académie des Sciences
du 20 Mai 1899 rapportent en ces termes:
« M. Eilïel, ayant mis très obligeamment la Tour du Cliamp-de-Mars
à ma dis])Osition pour les expériences (d observations (pie je voulais y
instituer, j’ai eu la j)ensée de j»roliter de la source si puissante de lumière
qui vient d’y être installée, pour certaines études du sj)ectre tellurique, et,
en particulier, celle qui se ra|>porle à l’origine des raies du spectre de
l’oxygène dans le spectre* solaire.
(( Nous savons au jourd’bui qu’il existe* dans le spectre solaire plusieurs
groupes etc raies ejui sont dues à l’oxygène e|ue contie*nt notre atmosjdière;
on peut se elemander si ces groupes sont dus exclusivement à Faction de
notre atmosphère et si l’atmosphère solaire n’y entre pour rien, ou bien
si leur origine est double; en un mot, si elles sont |)urement telluriques
ou telluro-solaires.
<( Pour résoudre cette (juestion, on peut recourir à un certain nombre
de méthodes.
« On peut encoi’(* procède*!* par une com[»araison d’égalité en installant
une puissante lumière à spectre continu à une distance* ele l’analyseur qui
soit telle que l’épaisseur atme)sphériepic traversée rejerésentc l’action de
l’atmosphère ten’estre sur les rayons solaires aux environs du zénith.
e( Or, cette dernière circe)nstance s’est très heureusement trouvée
i-éalisée par les situations r(*s|>ectives ele la 'Four F]itîel et de FObservatoii*e
de Meudon.
« La Tour est à une distance de l’Observatoii*e d’environ 7.700 >n, qui
représente à peu près l’épaisseur d’une atmosphère ayant même poids que
l’atmosphère terrestre et une densité uniforme (*t égale à celle de la
couche atmosphérique voisine du sol.
« Kn outre, la puissance considérable de l’appai*eil lumineux installé
actiudlement au sommet d<* la Tour permettait l’emploi de l’instrument
(jui m’avait servi à Meudon et aux Grands-Muh*ts pour le soleil.
TRAVAUX SGIENTIFIUUUS KXKCI TÉS A UA TOUR
17;}
« J’ai néanmoins fait usa^c d’une lenlillc collcclrice devant la lente,
afin d’amener le spectre à avoir une intensité tout à l'ail comparable à
celle du spectre solaire dans le inèim* inslrumcMit.
« Dans ces conditions, le spectre s’est montré d’une vivacité exti’ème.
Le champ spectral s’étendait au delà de A.
« 'Le p;roujie D m'a paru aussi intense (ju’avec le soleil méridien
d’été.
« Le groupe A était également fort accusé.
« Un distinguait encore' d’autre's groupes, et notamment ceux de la
vapeur d’eau; leur intensité m’a paru répondre à l’état hygrométi’ique de
la colonne atmosphéri(|ue traversée.
« Je ne considère rexjtérie'nce de dimanche dernier ejue comme
apportant un fait de plus à un ensemble d’études, l'ail (pii demande à èti-e
précisé et développé.
« Mais il est certain, pour moi, (pie la hauteur à hupielle la Tour du
Champ-de-Mars permet de placer le foyer lumineux et la puissance de ce
foyer nous jiromeltent des ex[)ériences de l’ordre de celles qui viennent
d’ètre faites et du plus haut intérêt. »
Nous reproduisons une note additionnelle explicative (pi’a bien
voulu nous remettre M. Janssen.
<( Depuis l’admirable application de l’analyse spectrale à l’astronomie,
(hi sait que le soleil contient la jiluparl de nos métaux usuels lerresln*s,
et tout indique qu’il est h* grand réservoir où tous les corps qui composeni
notre système planétaire se trouvi'iil réunis.
« Cependant on n’y a pas constaté la [trésence d’un corps d’une
immense importance pour la production et l’entrelien de la \ ie à la surface
de notre terre, à savoir : l’oxygène.
<« M. Draper avait cru pouvoir annoncc'r la prés(“nce de l'oxygèm*
dans le soleil d’après certaines expériences; mais cett(' conclusion a été
reconnue inexacte.
(( Or, les rai(‘s de l'oxygène se montrent dans le s|iectre solair(‘ et
elles y forim'iit des groupes importants nommés A, D, a ( I j.
■ « Ces groiqtes sont-ils nni()uement dus à l’action de l’oxygène
(i) Ou sait ([iK' ces jri'(»ii|ies de rai(>s a|(|)arliemieiil liieii au ,u:az nxyijrène, |iacc(‘ (|u‘oii
les oblieiil eu faisaiil passer iiii faisceau lumineux à travers un lui»* sunisammenl loiiir ne
couleuaut (pie de I Oxvi'i’me pur.
LA TOT U KILFLL EN 1000
conlonii dans notre atmosplière f|u<‘ les rayons solaires doivent néces-
sairoment traverser, on bien prc'M'xistent-ils déjà dans le spectre solaire
(pron obtiendrait avant l’entrée de la lumière solaire dans l’atmosphère
terrcsire, et celle-ci ne tait-elle qu’en augmenter l’intensité?
« Telle est la question à résoudre, si on veut pouvoir alTirmer (jue
l’oxygène, au moins tel <jue nous le connaissons dans nos laboratoires
et dans l’atmosphère terrestre, existe ou n’existe pas dans l’atmosphère
solaire.
« Or, comme nous ne pouvons porter nos instruments aux limites de
ralmos|thère, nous sommes obligés d’emj)loyer la méthod(' qui consiste
h montrer que la diminution de l’intensité des groupes oxygénés du specti’e
solaire est en l•a|)j^ort avec l’épaisseur atmosphérique traversée (comme
cela j»eul être réalisé par l’emploi d’uiK' haute station, le Mont Blanc
par exemple), ou bien encoi'e en montrant (jue, si on fait lravei‘ser à un
l’aisccau lumineux une épaisseur atmosphérique égale ou équivalente à celle
que l(‘s rayons solaires travci-scnt à une époque déterminée de l’année,
en juin, par exemple, cl à mi<li, h's groui)Cs obtenus ainsi artiticiellement
sont égaux en intensité à <-eux du spectre solaire dans les conditions
précitées.
« Ci’est j)récisément cell(', dernière condition (pi’on put réaliser en
analysant à l’Observatoire de Meudon un faisceau lumineux produit au
Komm(*l de la Tour EilTel, car la distance (min* ces deux points est très
a|»pi'ochéc de celle qui représente une épaissmir atmosphéri(juc équiva-
lente comme quantité à celle de l’atmosphère terresti'c, c’est-à-dire (|u’un
rayon vertical Iravei’sant l’atmosphère terrestre doit y éprouver une
absor])tion éijuivalente à celle du même rayon allant de la Tour à Meudon,
en admellant bien entendu (|ue l’absorption est proj)orlionnellc à la
quantité pondéi-alc d’air traversée, C(* dont on s’est assuré, d’ailleurs, à
l’égard du groiqie des lignes A, B, a. Voilà ce qui donne un intérêt tout
particulier à l’expérience faite en i88q entre la Tour et l’Observatoire de
Meudon, expérience qu’il serait très intéressant de re))rendre dans des
conditions d’c'xactitmh» plus rigoureuses et plus concluantes. »
M. A. (iornu, membre de l’Institut et [)i-ofesseur à l'b^cole j)olytech-
ni(jue, nous a remis une note sur V h^tiidp de l' (thsnrjtliou ((tiiios))ltên</ue des
vddvüions rxsddex. hdle figure (m entier dans notia* ouvrage' des Travaux
screntifit/aes^ mais, (‘ii l'aison de son caractère' ti'op technicjue, nous ne
TU AVArX SCIEXTiriOl KS EXKCl TÉS A LA TüLH
173
donnons ici fjue le commencement de cette note et la conclusion :
« 11 était naturel de j)enscr que, dans une direction horizontale,
l’atmosphère terrestre absorbait les m«^mes radiations et produisait les
mômes raies specti-ales, dites tel/mi(jues, epTon observe dans le Sjiectrc
solaire. L’cxist(‘nc(‘ de j>lusienrs groupes telluimpies dans le spectri' d’un
faisceau électri(jue projeté de la Tour Eilfel sur l’Observatoire de Meudon
a été, en elfet, signalée [>ar M. Janssim [('nmples rendus de l'Aeudémie des
Sciences^ t. CVHl, p. 1035) et présentée comme une démonstration de
l’origine terrestre des groupt's A et B, ainsi que de quelques bamlcs dues
à la vapeur d’eau.
(( ,Ic me suis proposé de relever minutieusement, sous une forte dis-
persion, la série des raies sombres observables dans le spectre des
faisceaux électri(jues émis du haut de la Tour, et de les comparer avec
celles figurées dans les caries spectrales cpie j’avais publiées antérieure-
ment. (l’était, en outre, une vérification directe et précieuse de la
méthode du balancement des raies (pii m’avait conduit à distinguer indivi-
duellement les raies d’origine solaire et celles d’origine terrestre, dans
les groujies de raies les plus compliqués du spectre solaire.
« L’étude a été entreprise à l’Ecole polytecbniipie, dans le local et
avec les appareils (pii m’avaient servi aux recherches de spectroscopie
solaire. Cette étude, commencée le 24 octobre 1889, en utilisant, d’abord
simplement la liimièn* du jibare à éclats du sommet de la Tour, fut
poursuivie avec le faisceau d’un des jirojecteurs de 90 cm de MM. Saul ter
et Lemonnier, que .M. Eilfel eut l’amabilité d(' faire diriger de 8 heures à
10 heures sur l’École polytechniqm', du 27 octobre au 6 novembre, jour de
la clôture de l’Ex})Osition universelle de 1889, (T de l’extinction d(‘s pro-
jecteurs. La distance de la Tour à l’Ecob', relevée sur un plan de Paris
I
au — , est d’environ >>>
12.500
(( Il résulte des oliservations qui ont été faites, que jirès de deux cents
raies sombres, produites jiar l’absorption atmosphérique des radiations
d’une source de lumière terrestre, ont été identifiées individuellement avec
les raies dites tc/larif/ues observées dans le spectre solaire. L’origine
atmospbériipie de ces raies est donc surabondamment vérifiée. »
I7(i
LA TOT U KII-’FKL Ki\ I !l(Hl
16. — Effets physiologiques de l’ascension à la Tour Eiffel.
I'lxlva\( (l(‘ la note du /)" A. llénor(/ue, direc/eur adjnbil du Laboratoire de
jdn/si(jue. hiolofi'ujue de l'I-'cole des Jluules-Eludes au ('ollèye de France.
Intiiodiction.
Lors(iu’oii moule par les ascenseurs à la terrasse de la 3' plate-forme
(le la Tour (278 ///), l’or^^anismc est inlluencé par les diflerences de
rallilude, de la lempi'ralure, de la ventilation; mais, (juelle (|ue soit la
variation de ces conditions, les ingénieurs, les (Employés, les visiteurs,
tous ceux (pii sont transportés en ascenseur au-dessus de la 3' plate-
forme, là où sont situés les laboratoires, ont constaté (ju’ils éprouvaient
une impression en général analogue. La l'espiralion devient plus ample
et plus facile; le pouls bat plus i-apide, puis devient plus régulier et plus
résistant. Kn même temps, ils ressentent un sentiment de bien-être,
d’activité générale, d’excitation. La satisfaction d’un isolement sur un
plateau où se dévelojipe un aussi vaste horizon, et où règne un air d’une
grand(‘ pureté et jiarliculièrement vivifiant, détermine, principalement
chez les reinmes, une excitation psychique se traduisant par la gaieté,
des conversations animées, joyeuses, le rire, l'attrait iri’ésistible à
monl(‘r jilus haut encore, jus(ju’au drapeau, en somme une excitation
générale qui rappclb* aux voyageurs celle (pie provmpiaienl chez eux des
ascensions dans les stations de hautes montagnes. Poui‘ peu que le
séjour au sommet se prolonge, cette impression s’accentue. 11 se produit
une s(>nsalion d’apiiélit remaiajuable; en même l(‘in[)s, resjirit étant
occupé par ce sjih'iidide spectacle, la notion de la durée du séjour
s’alTaiblit singulièrement; alors s’augmente le désir de jirolonger le repos
et celte contemplation.
('.es elTets, dus à un transport rajiide et sans fatigue dans une
conclu' atmosphéri(jue située à 300 m au-dessus du sol, dont elle est
com|dèlement isolé(', méritaient d’être étudiés avec soin. J’ai fait, dans
c(' but, de nombreuses obsei'vations (jui m’ont fourni des résultats inlé-
|•c.ssanls (pie l’on ne pouvait soujujoiiner a juiori. J’exjioserai ici la partie
la plus inqiortanle de ces recheiclies en étudiant snccessivement les
THAVALX SCIENTIKIUl ES EXÉCl TÉS A LA ÏOI R
177
|)rincij)aux |)h6nomèiies de niodilicalion dans la circulation de la respi-
ration. .l’examinerai surtout les inodilications produites dans un des phé-
nomènes physiologiipies (jui h's résume toutes, l’aclivité (h* réduction de
roxyhémoglol)ine, c’est-à-dire l’activité des échanges respiratoires entre
le San" et les éléments des tissus. L<*s résultats ohtimus par cet examen
spécial sont beaucoup plus concordants et plus démonslralil's (pu* les
constatations de la rréfjuence du [>ouls (*t de la respiration.
r Tiuvaii, MKCA.Morn DÛ A l’ascknsiox a Plia).
En étudiant les phénomènes relatifs de la réduction après une
montée à pied par les escaliers, j’ai eu l'occasion d(‘ faire des observations,
ipii ne sont pas sans intérêt, sur les conditions dans h'squcllcs s’effectue
cette montée et sur le ti’avail m(''caniqm' tpii y est dévidoppé.
Je lerai remarquer (pu* la Tour, par le dévelo[ipement exce[)lionnel
d’un escalier [)i’esque continu, se prèle particulièrement bien à di's reclu'r-
ebes de ce genre. C’c'st le résultat de celles-ci qui est indiipié ci-après.
A. — Travail tnévanajup dà à la moulée.
La montée à pied à la troisième plate-forme de la Tour comprend
une ascension verticale de 277 yy/, et un [yarcours horizontal sur les escaliers
et les plates-formes de 43H yyy, suivant le tableau ci-dessous.
Tahleaii des données relatives à la montée à pied.
DÉSIGNATION
ALTircmj
des dlages
IIAUTHLR
lies étafres
au-dessus
du sol
des |)iles
NOM
DI-: MA
par étage
UBC
RCHES
cumulé
P A UC
HÜIUZ
par étage
OL'US
JNTaL
cumulé
Allilude du pied des escaliers (sol
m
m
m
de l’intérieur des piles)
-j-
))
»
))
»
»
Première plate-forme
;i'i7
•‘i'i7
' ".)
'
Parcours liorizontal sur celle-ci . . .
»
))
))
»
/
1 2U
I)euxième plate-forme
4- > 'i'.r2.‘5
Il '1 , 1 •)
:i27
'■'7'i
77
20.’}
Parcours liorizontal sur c(*lle-ci . . .
))
))
»
»
21
22',
Plate-forme intermédiaire
-f •>:><). ',d
u.l'i.Tà
'i.7r>
I . l.‘>(>
1 02
:i2(‘)
Parcours horizontal sur celle-ci. . . .
»
»
»
»
12
:i:is
Troisième plaie-forme (terrasse) . . .
277,1:1
',.7.5
1 ..7S;7
100
',;i8
Sommet
1 2.7
1.710
^.77
23
178
LA TOL'R EIFFEL EN 1900
Ces cliilTres vont nous permettre de calculer, pour un homme d'un
poids moyen de 70 /.//, le travail mécanique qu’il doit développer pour
faire l’ascension des divers étages en tenant compte de son déplacement
horizontal; nous en déduirons son travail en kilogrammètres par
seconde, en faisant intervenir le temps de l’ascension. Ces calculs nous
amèneronl à une évaluation du chifïre du travail dû à la marche sur un
tei-rain horizontal, dont la valeur, malgré tous les travaux faits à ce
sujet, reste encore assez incertaine. Parlons d’abord des faits établis par
une longue série d’observations.
Le h'inps nnnnal de la montée pris par h*s ouvriers de la Tour, soit
pendant la construction, soit |)endanl l’exploitation, est de :
A la r' plale-l'oi im' û minutes.
— 2® — 12 —
— — inlennédiaire 21 —
— 8* — (terrasse) 3o —
Ces diverses durées com‘sj)ondent les unes et les autres à une
vitesse moyenne verticale de 0,1 /// ( i). Mais elles amènent, surtout pour
la plate-forme, de l’essoufllement et de la fatigue; un tel travail ne
pourrait se prolotujer. Aussi trouvons-nous tout à fait exagéré le chiffre
0,15 ut, que l’on trouve dans la j)lupart des ouvrages traitant du travail
mécanique (pie l’homme peut produire, comme la moyenne d’une vitesse
pouvant être maintenue pendant fl heures (Courtois, Moteurs animés, et
autres). La fatigue est déjà bimi moindre avec la durée habituelle de
minules prise jiar des hommes moins exercés. Néanmoins, le personnel
de la Tour estime (pi’on ne jiourrait, même noi-malement, maintenir cette
durée pendant un travail journalier de S Inuires, et il pense généralement
(jue riiomiiK', pour ne pas éprouver à la fin de la journée un excès de
fatigue, ne pourrait effectuer jilus de 8 montées par journée de 8 heures
de travail, soif une seule montée par heure. C’est sur (?es données d’une
expérience prolongée cpie nous opérerons.
(1) llaiis l('s oi(S{‘rval ions, dont j ai piihlii^ les i‘('‘sultats, celle rapidil(5 d’ascension a
él.' d.-passc-e par Al. le l)® l'rançois, (pii est inoid(j en ininides, et par deux éludianis.
Al AI. Iinliainel el Alurer, <pd s(nd montes (mi 2.> minules. Ce sont, à ma connaissance, les
duiV'es les plus courles (pu aient (■It’ï iralisées.
L(î célébré voyageur, Al. D Abadie, âgé de 70 ans, a fait lui-même une observation d'as-
cension aussi rapide ([u’il pouvait relïecluer. lille a été de 35 minutes.
V
THAYAl X SCIKXTIFKJI KS KXKCLTKS A LA lOLU
17!»
Pour un homme dont le poids moyen est de 70 /y, avec, les
vêtements, le travail mécanique total conq)rend celui du à rascension
verticale des 277 /y/, soit, sans aucun conteste, 70x277= 19. 390 ////yy, el
en plus le travail dù à son déplacement horizontal sur un terrain plat de
438 ni. Ce travail est l>icn plus diflicile à apprécier que le premier, et
demande à être étudié avec (juehpies développements.
Ce mouvement horizontal ne peut se produire (|in' sous rinflucnce
d’une force horizontale dont le poids d’ap|>lication se déplace à une
vitesse déterminée et qui produit un certain travail mécanique en ///yyy,
s’ajoutant au premier.
En appelant F cette composante horizontale de la marche, c’est-à-dire
l’effort horizontal que l’homme doit développer pour entretenir celle-ci sur
un terrain plat, le travail total effectué, ex|)rimé en kilo”;rammètres, est :
19. :»()() + F X
Pour se rendre compte de la valeur de la composante horizontale
de la marche que nous avons appelée F, on peut rechercher une é(jui-
valence entre le travail total ci-dessus et celui résultant du déplacement
d’un marcheur sur un terrain plat pendant le même tenqts.
M. Courtois, inj^énieur des ponts et chaussées, donne, dans son Traité
des moteurs animés., la vitesse de 1,60 m comme normale moyenne pour un
voyageur sans fardeau sur une bonne route plate. Cette vitesse corr('S|)ond,
suivant le rythme normal, à 70 pas doubles de 1x7 m de longueur et à un
parcours de 5 -7^^ l’heure. Elle peut se prolonge)' |»endant 8 heures, ce
qui donne un parcours de 46 hn dans une journée.
Nous estimons qu’au point de vue de la dé|)ense d’énergie mus-
culaire, on peut assimiler h‘ travail journalier des H ascensions dont
nous avons parlé à ce ])arcoui‘s horizontal de 46 km pendant le même
temps.
(»r le travail jiendant les 3.600" de la mai'che horizontah* est de
h'X 1, 60X3-600, soit Ex 5-760.
Si l’on admet l’équivalence que je viens d’indiquer dans le ti-avail
moyen d’une montée et celui d’un paj'cours hoi'izontal de 5.760 yyy, on
aura l’égalité :
U).:3((o 4- F X X à. 7»'"
18(1
LA TU ru LirFEL EN 190 0
(l’on ;
K — —
:i,Ho kg- {\).
Avec cette valeur de F, le travail de l’ascension dû au déplacement
horizontal sera de 3.8ü>C43B= 1.664
Fn y ajoutant le travail suivant la verticale, soit 19,370, le travail total
de l’ascension sera de 19.8904- 1.664=21,034 pendant 3.600 , soit
par seconde — 3,84 /,n/)i.
3.600
Ce cliilTre est très voisin de celui de 6 par seconde généralement
admis pour la force humaine re|»résentée j>ar l’action de l’homme sur une
manivelle, et un peu au-dessous de celui de 7 soit — de cheval, qui
ligure dans la jdnpart des ouvrages.
On peut observer (|ue les chiffres (jui précèdent corresj)ondent, par
heure, à une ascension verticale de 277 //?, soit à une vitesse de 0,077
pai' seconde'. Ce chiffre' est à peu jerès la moitié de celui de l’auteur déjà
cité, M. Courtois, qui le porte à 0,13 >// [)our un travail moyen prolongé.
Ce dernier chilTre conduit à des conséepiences tout à fait erronées sur le
travail de riiomme montant un escalie'r.
Cette valeur de 0,13 /// ohle'uue momentanément par les ouvriers très
e.xei'cés, qui font l’ascension en une de'mi-heure, e'st à peu près un
maximum, mais nullement une moyenne.
(1) l'ji nous rc|iorliuil an i'ca|)lii(|in‘ ('lal)li |)ar !(' prolessenr Marc'y [Mesure du travail
mécaui<iue e/fectué dans la loeoinotion de l' homme et Variations du travail mécanique dépensé dans les
diverses allures (.Marcy H Di'iin'ny), in Comptes rendus de i Académie des Sciences, t. (’.Ill, i88(î), nous
voyons (|H(î le travail m(-cani(|ne proprement dit dans la marelie horizontale, dans les condi-
tions initi(jiR‘es, à savoir 70 donldes pas par niinide, sV‘l(‘ve à 5 h</m par double pas. Le
travail par scciJiide est donc d(î.') X ^ = kg.
I.a vilesse iéalis(’“e à c(‘ll(* allure (‘tant de i,(io m, le travail par seconde est de l’X >>(^0;
on a donc r),8.'{=l’X >.(*o, d <n'i = kg.
C.o chiri'ri' ('st pres<pi<î identiepu' à celui de .3,8o A(/m (]ue nous avons d(!*terinin<‘ par des
observations d'nn ordre (liirérenl.
.Nous ajoiderons «jiie. nous n'avons pas tenu compte du travail physiologique, dil aux
oscillations verticah's alternatives dn c(‘idr(' d(' gravit(‘, (pii, au point de vue du travail
mi'caniipie, donnent nne somme nulle, l'nn de ces travaux étant négatif et l’antn' positif. Kn
ajonlant ces deux travaux dns à roscillalion, ipu' l'on peut pliysiologiipiement considérei'
comme s'addil ionnani , on trouverait pour la marche un travail supplémentaire, d’après
M. .Marey, de;) kgm par donl»h‘ jias. Le chiffre analogue, ladatif à la mouti'^e d'uu escalier,
n’a pas encore été, à notre connaissance, déterminé.
TH AVAUX SCIEXTIFIQUES EXÉCUTÉS A LA TOUH
181
Avec celte vitesse, le travail des ouvriers est double du précédent, soit
iijbS/ryw par seconde, ce qui est certainement un travail excessif et au
delà des forces humaines.
On peut donc dire (jue le travail de l’ascension par les escaliers est de
6 k(jm par seconde pour un travail continu et peut être porté à 12 hrym
environ pour une ascension unique.
D’une manière générale, en désignant le poids de l’homme par P, la
hauteur d’ascension par II, la distance horizontale parcourue par D, et le
temps en secondes de l’ascension j>ar /, on aura l’égalité:
1‘. II + F. I) = i,C)o. F. i.
d’où ;
et le travail T par seconde sera :
T = -(1MI + I).F) = — ” fl + — p-
/ ' ' t\ — 1),
(Obs. D-)
Si P = (hS,r)o Ay, /=i.Soo", 11 = 277 m (“t I) = i/i.
On ti'ouve ;
F = 7,8 k(j et T = 12,5 k(jm.
Le travail suivant la verticale est indiqué, dans l’exemjde que nous
venons de jirendre, par les chiffres de 1H.975 et le travail suivant
l’horizontale par 3.416, qui sont dans le rap[)orl de 5,50 à i.
D. — Traçai/ dans la descente à pied.
Pour la descente à pied, nous avons, comme pour la montée, consulté
le personnel de la Tour pour leipiel une expérience prolongée a donné les
résultats que nous allons relater.
La descente par les escaliers de la 3' plate-lorme au sol c'xige une
durée normale de 14 à 15 minutes, pour ne pas amener de fatigue spéciale.
L’allure de celte descente est, au point de vue des efforts développés, tout
182
LA TOI H EIFFEL EN 1900
à fait coinpai-ahle à celle de la montée en 45 minutes. Le rapport de la
vitesse de la montée à celle de la descente serait ainsi de 1 à 3.
Ce rapport de i à 3 se maintient pour les allures vives un peu
exce{)tionnelles ; la descente en elTet peut être réalisée dans une durée
de 8 minutes seulement, et comparable aux 25 minutes de la montée
rapide.
Dans la descente, le travail mécanique est faible et le travail est
presque en entier un travail physiologique; or, celui-ci doit même être
assez élevé en raison du rapport de la vitesse de la montée à celle de la
descente.
On verra dans un chapitre suivant des exemples des résultats produits
par la descente à pied sur l’activité de la réduction.
Des recherches plus iuultij)lié<‘s sur ce point seraient très intéres-
sant(‘s et nous nous proposons de h‘s réaliser j)rochainement, en faisant
faire des montées d’une manière contimu' pendant toute une journée, les
descentes se faisant par les ascenseui's, et en elTectuanl, pendant une
aiiti’e journée, uni(|uement des descentes, les ascenseurs servant aux
montées et pour les repos.
2° Modiiucations i)K l’.xütivité i)K uÉnrcTioN ue l’oxyiiémoglobixe (t).
.l’ai pris plus de bo observations en les variant de façon à étudier les
eflets produits ; 1“ Par l’ascension mécanique en ascenseurs; 2” par les
montées à pied par les escaliers, à diverses bauteurs; 3" par la descente
des escaliers à pied.
A. — Montées par les ascenseurs.
Les observations sont au nombre de 28.
Les conclusions générales qui en résulbmt sont les suivantes : 1® Sur
les 28 cas, l’activité est augmentée 26 fois. 11 n’y a que deux cas de dimi-
nution de l’activité, et encore est-elle très minime (0,18 à 0,15), et elle doit
(1) I.’ai)|>réci:ilioii de la quantité d’oxyliéiiioglohine et de l activilé se fait ptr la inctliode
liénialoscopiciue qui porte mou nom, et ipiejai exposée dans liois volumes de 1’ « Ency-
clopédie scienlilicpie des Aide-Mémoires ». publiés chez .Masson, sous le titre de Spectroscopie
biologique.
TRAVAUX SCIENTIFIUUES EXÉCUTÉS A LA TOUR
183
être attribuée à une inlluenee morale (vertige ou état nerveux). L’augmen-
tation peut donc être considérée comme la règle. Elle varie de o,oR à 0,54;
la moyenne est d’environ 0,28 (elle a atteint exceptionnellement 1,15 dans
une observation, n® 23).
IL — Montées à pied.
Comme exemple des phénomènes pi oduits dans la montée à pied, je
reproduis trois observations rpii ont été [>rises le 26 juin 1896, à la suite
d’une conférence faite à la Tour, eu présence du j)rofesseur Proust et de
ses élèves du Cours d’hygiène à la Faculté de médecine, réunis au noml»re
de 80.
Obs. — M. Beknaiu), étiutianl en médecine, 2(1 ans. Oxyliémoglobine, 1 1 p. 100
Durée Activité
Kn bus r>o^^ o,()o
En haut 5o" 1,10
Obs. 49- — M. Duhamel, étudiant en médecine, 27 ans. Oxyhémoglol)ine, 1 1 p. 100.
Durée Activité
Eln bas (1;V 0,80
En haut 5o" i,25
Obs. 5o. — M. Murer, étudiant en médecine, 24 ans. Oxyhémoglobine, 12 p. loo.
Durée Activité
En bas 80® 0,70
En haut 35" i,o<i
Dans ces trois observations, nous notons une augmentation de l’acti-
vité très importante de 0,20 à 0,34 et 0,45, en d’autres termes, du (juart,
du tiers et plus de la moitié de l’activité prise au départ.
Dans les publications antérieures sur les Travaux scientitiques exécu-
tés à la Tour Eitîel, les résultats de 54 observations d’ascensions ont été
exposés; ils peuvent se résumci' ainsi qu’il suit :
Au point de vue de l’activité de la réduction, nous trouvons que
celle-ci n’a été diminuée que dans 4 cas sur 23. Elle a été au contraire
augmentée dans tous les autres (19 cas). L’augmentation de l’activité est
184
LA TOI R EIFFEL EN 1900'
donc la règle, La diminution ne s’est produite que dans des cas d’essouf-
flement, c’est-à-dire de surmenage dû à l’elTort trop raj)ide ou trop
intense, ce qui s’observe d’ailleurs dans tous les exercices physiques
exagérés.
L’augmentation de l’activité est à peu près la même que pour la
montée en ascenseurs, quoique ayant une tcuidance à être supérieure. Elle
varie de 0,04 à 0,60; elle est en moyenne de 0,29.
Le minimum de 0,04 coïncide avec un certain degré d’essoufflement.
Les deux niaxirna 0,55 et 0,60 ont coïncidé avec une ingestion préalable de
café concentré,
11 semble donc qu’une conclusion s’impose : dans l’ascension passive,
l’augmentation est certainement due à l’influence du changement rapide
du milieu, tandis que dans rascensi(jn active, le travail produit et l’exercice
musculaire donnent bien une augmentation, mais celle-ci n’est pas aussi
prononcée qu’on pouvait le supposer.
L’influence du milieu ambiant semble à elle seule avoir une impor-
tance à peu près égale à celle de la dépense d’énergie musculaire, combinée
avec celle du milieu.
Ces deux influences n’agissent j)as nécessairement dans le même
sens, ainsi que le prouvent les (juelques cas où la diminution a été
observée.
C’est une des raisons pour les<pielles il ne nous a pas été possible de
trouver une relation déterminée entre le travail mécanique produit par la
montée à pi(*d et l’augmentation de l’activité. Ces études doivent être pour-
suivies et faites sur un beaucoup plus grand nombre d’individus, et dans
des conditions encore plus variées.
C. — Descentes à pied.
Il nous a été possible dans (juelques observations de constater des
modilications de l’activité de la réduction dans la descente à j)ied. Voici le
tableau résumé de ces observations :
Ohs. 'lO, •■>(’) mars. — I)'' Sciile.m.mi;h, ascension (.‘i® étage) en , descente en 25'.
l’ouls Durée Moditicatiou do l'activité
Ex liuiit ()8 (jr)" +0,17, par la montée.
En bits 7C) 50* 0,25, par la tlescente.
TRAVAUX SC [E NT 1 Fin UES EXECUTES A LA TOUR
18o
01)S. 27 mars. — Rensaude, ascension en '|5', descente en 2Ô'.
l’oiils Ouréo Modification do l'aclivité
En liant 100 So" -t-o,i5, par la montée.
En bas S'i 5o" -|-o/|.‘L par la descente
Obs. 'i7, 27 mai. — Riche, ascension en '|5', descente en 25'.
Pouls Durée Modification do l’activité
En haut 88 b'i" — 0,12, par la montée.
En bas (i8 58" -Uo,2L par la descente.
Un examinant ce tableau, nous constatons que dans les trois pre-
mières observations, on la montée préalable avait duré 4;; minnles, la
descente n’a duré que 25 minutes, 1/allnre, d’ailleurs, n’avait pas été
réglée d’avance ; mais, dans les ti’ois cas, il y a augmentation de l’activité de
la réduction, snpéricnre mémo à l’augmentation produite par la montée,
soit 0,25 et 0,43. Bien plus, dans le troisième cas, la montée ayant produit
de la fatigue et do l’essouniement, l’activité était, au sommet de la Tour,
diminuée de 0, 1 2. Au contraire, après la descente, l’activité était augmen-
tée de 0,24.
Ces résultats semblent donc amener à cette conclusion, du moins
pour ce petit nombre d’observations, qui' la faligue due au travail physio-
logique de la descente, fatigue qui a surtout pour siège les extenseurs du
pied et de la jambe, c’est-à-dire la région du mollet et la jiartie supérieure
de la cuisse, a pour conséquence une augmentation de l’activité de la
réduction, supérieure à celle que produisait la montée et s’ajoutant même
à celle-ci.
(ies conclusions sont d’ailleurs en accord avec les observations faites
dans la pratique journalière des travaux à la Tour, telles que nous les
avons exposées d’autre part.
U Moi)II'ir..VTIO.N DU uoui.s.
A. Montées jx/r les ascenseurs.
Les variations du pouls ne présentent jias la constance de l’augmen-
tation observée pour l'activité de la réduction. La diminution a été obser-
vée dans 6 cas sur 17 observations.
L’augmentation paraît au contraire beaucoup plus habituelle. En elTet,
186
LA TOLH EIFFEL E.\ 1900
dans 1 1 cas sur 17. ces augmentations ont été de 2 à 8 et très exception-
nellement de I I .
H. Montées à pied.
Au contraire, dans les montées à pied, la diminution n’a été observée
que 2 fois chez le même individu, malgré une augmentation de l’activité de
0,34 et 0,53 (obs. 13 et 17). L’augmentation se montre dans les 14 cas (jui
suivent, variant de 1 à 76.
Pouls
Activité
Pouls
Activité
+ '
1111
cas . . .
. +0,20
+2',
nn
cas . . .
. . +o,5o
+ '1
1111
cas . . .
—
+:3C.
deux cas . .
\ +0,60
+ ■»
ntl
cas . . .
'( +n,!'i7
+
lin
cas . . .
0,20
+38
nn
cas . . .
. . 0,20
+ H
lin
cas . . .
• +0,17
nn
cas . . .
. . +0,55
+ 12
un
cas . . .
. +0,25
+7'*
nn
cas . . .
. . — 0,1 5
+20
(leux cas. .
+0,10
De l’examen de ce tableau, il résulte qu’il y a généralement concor-
dance entre l’augmentation du pouls et celle de l’activité.
•4° FeNSIOX VASGLLAIIU:.
Dans une |)remière ascension, faite en compagnie du D’’ Potain, (jui
voulait étudier l’action de l’ascension sur le pouls de ses élèves, nous
avons obtenu les résultats suivants, sur deux sujets : le iF Segond et le
IF II.
La tension y est exprimée en centimètres de mercure.
Obs. 1, 11 août 1881). — D'' H., Ouanlilc d’oxyhémogloltine, 11, 5 p. 100.
Pouls Tension Activité
En bas w\ i<),5 cm o,<)o
En liant lo'i cm i,'|0
Obs. 2. — I)"' Second.
En bas 8^1 18 cm 0,80
En liant 80 20 cm 1,1 5
Dans ces deux cas, l’ascension était jtassive, faite dans les ascenseurs.
Une troisième observation a été prise par le D' Porge dans une
montée à pied à la 2' plate-forme en 15 minutes.
ÏH AVAUX SCTENTIFJQI US EXÉCUTÉS A LA TOUR
187
()l>s. 53. — M. Ptnsan.
Pouls
Tension
Activité
En
bas
i5 cm
1 ,25
En
haut
. . . n(>
ib cm
1 ,85
L’on remarque que l’augmentalion de la tension a (!*t6 plus pro-
noncée dans les ascensions passives à 300 m que dans la montée à pied.
Dans ces observations, la tension aiTérielle a été prise à l’aide du
sphygmomanomètre, et suivant la méthode du [)rofesseur Potain, par le
professeur lui-même et par le D' Porge.
5" Modification de la respiration.
Les variations du nombre des respirations sont très irrégulières.
Ouel que soit le mode d’ascension, l’on obs(>rve le plus souvent une
faible diminution de 3 ou 4 resjiiratious par minute, mais presque aussi
souvent l’égalité. L’augmentation semble être exceptionnelle. Cette
absence de résultats accentués peut s’expli(juer par la difficulté de l’éva-
luation précise du nombre des respirations dans un examen rajiide et
subordonné à l’auto-suggestion du sujet observé.
(Cependant, d’une manière générale, la respiration a présenté une
augmentation notable dans l’amplitude de J’inspiration.
Conclusions.
Il résulte de toutes ces observations et de leur étude aux différents
points de vue que j’ai envisagés, que la caractéristique de l’influence des
ascensions à la Tour sans aucun travail, et par conséquent l’action parti-
culièrement due au transport rapide, est l’augmentation très notable et
pour ainsi dire constante de l’activité de la réduction.
Cette augmentation se rencontre, il est vrai, dans des ascensions en
funiculaire, sur des montagnes élevées; mais elle se produit ici non plus à
un millier de mètres et davantage, mais bien à la simple hauteur de 3oo/;^.
Dans les observations d’ascension en funiculaire à Glyon (742 m), à
Murren (1.630 au Rigbi Kulm (1.800 ni), j’ai observé des différences
s’élevant à peine à 0,10, c’est-à-dire inférieures aux augmentations
moyennes observées à la Tour. 11 faut donc admettre une action spéciale
188
LA TOUR EIFFEL EN lîlOO
en rapport avec la position de la Tour isolée de la couche atmosphérique
en contact avec la terre. Au sommet de la Tour, on serait donc dans une
sorte de climat comparable à celui de montagnes beaucoup plus élevées ;
et d’ailleurs, les observations météorologiques démontrent bien pour les
variations de l’aération, de la température, de la radiation et du régime
des vents, ainsi que ]>our la tension éleclri(jue de l’atmosphère, une
analogie stmihlahle avec h's variations observées sur des montagnes très
élevées. Cela résulte des travau.x de même ordre précédemment rapj)ortés
dans ce livre.
Il est permis d’en tirer une conclusion au point de vue thérapeutique :
c’est (jue l’influence de l’ascension est favorable dans tous les états mor-
bides où il y a indication d’exciter l’activité de la réduction, par exemple,
en premier lieu, dans les anémies, la chlorose, certaines dysjjepsics, etc.
Cette opinion, exprimée par plusieurs médecins, qu’on pourrait
utiliser le séjour de la Ÿ plate-forme dans un but thérapeutique, c’est-à-
dire y installer une sorte de cure d’altitude, était raisonnable. En clïet,
on a remar(jué dans le personnel, et en j)articulier chez les femmes
employées aux établissements des diverses plates-formes, et même chez
des hommes soulfrants ou convalescents, une amélioration très sensible
de l’état général, en particulier l’augmentation de l’appétit et la régulari-
sation de l’activité générale de la nutrition.
11 serait intéressant de tenir compte de ces résultats dans les cures
d’altitude, auxquelles on pourrait adjoindre un mode facile d’ascensions
rapides et répétées sui‘ des sommets aussi abrupts et isolés que possible,
où l’on se trouverait sous l’influence d’une atmos[)hère tout à fait spéciale
et très diflérente des couches voisines du sol, (juelque élevé qu’il soit.
17. — Discours prononcés à la conférence Scientia ».
Nous ne pouvons mieux clore l’exposé des travaux scientifiques
exécutés à la leur, qu’en reproduisant le discours prononcé par
M. J. Janssen à la Conférence Scienlia, le 13 avril i88y, j)arce que ce
discours (*st, en un beau langage et avec une grande élévation de j)cnsée,
ce (|ue 1 on peut exprimer de plus saisissant, soit sur la construction de
la Tour, soit sur ses applications à la science. Nous y joindrons la
réponse de M. Eilfel.
TI{AVAL:\ scie MIFlUi:i=:S exécutés a ea tou h ISλ
DÜSCOl i(S DK M. .lANSSKN
Dli L’i.NSrn'LiT
(Juand on a du talent, de l’expéi-ience, une volonté Ibrte, an arrive
presque toujours à triompher di's obstacles. Le succès est plus assuré
encore si celui qui lutle est animé du sentiment patriotique, s’il aime à
se dire que son œuvre ajoutera quelque chose d’important à la renommée
de son pays, et (jue son succès sera un succès national. Mais il est des
circonstances où ces éléments déjà si puissants prennent une force
irrésistible : c’est quand celui <|ui aime passionnément son pays voit ce
pays injustement déprécié ; c'est quand, par un de ces entraînements
dont le monde donne tant d’exemples, et dont nous avons bénéficié nous-
mêmes, peut-être plus qu’aucun auti-e peuple, on llatte la victoire, et on
va jusqu’à refuser au vaincu d’un jour ses mérites les plus réels et ses
supériorités les plus inconti'stables.
Alors, si d(“s circonstances favorables se [irésentent, (d s’il si» ren-
contre un bomnu' d’un grand talent, d’un caractère hardi et entriqn'enant,
il s’éprendra de l’idée de venger en quelque sorti' sa patrie, par la réali-
sation d’une a'uvri' grandiose', unique, réputée' presque' impossible ; et,
[)Our assurer son succès, il ne recub'ra elevant aucune* difliculté, suppor-
tera tous les eléboires, re'stera semrel à toutes les critiejues, e*t marchera
obstinément vers son but, juse[u’an jour on, feeuvre enfin terminée, son
mérite, sa bareliesse, sa graneb'ur éclatent à tous les yeux, désarment la
critique, et changent la ligue du blâme en un concert général de louanges
et d’admiration.
N’est-ce j)as là, en quelques mots, l’bistoire de la conception, de
l’acceptation, de l’érection et du succès du grand édifice du Cbamp-de-
Mars ?
Cependant, il serait injuste de dire (jue ces sentiments, M. Eiffel ait
été le seul à les é|)rouver. Tous ceux qui travaillent actuellement au
(diam|)-de-Mars les ressentent, et c’est là sans doute le secret des mer-
veilles qu’on nous y prépare.
Oui, tout le monde a compris (pie notre Exj)Osition, en raison sur-
tout de la date choisie, n’aurait de succès (jue [par les i)rodiges d'art et
LA TOrn EIFFEL EN 1900
1 90
(riiidiislrie qu'on y accomplirait. Il fallait tlcsarmcr le monde à force de
mt^rite et de lalent, et tout nous indiqm* qu’en effet le monde sera
désarmé.
Bientôt, de toutes les parties du monde, on viendra admirer les
œuvres de cettt* nation étonnante, si merveill<Mis(‘ment douée, qui s’aban-
donne avec tant de facilité, qui se reprend avec tant de ressort, qui, au
milieu des plus grandes péripéties d<‘ succès et de revers, reste toujours
jeune, toujours j^énéreuse, toujours sympathicpie, et qui n’aurait besoin
que d’un peu de sagesse, de sens politique, d’esprit de suite et de con-
duite pour se trouv(“i‘ encore, et tout nalurellement, à la tète des nations,
pour qui elb' demeure comme une énigiiK' et un perpétuel sujet de sur-
prise et d’étoiimunent.
Mais laissons nos préoccupations, et ne pensons qu’à l’hôte que nous
fêtons.
, C('t hôte triomphe aujoui'd’hui, mais combien ce triomphe s’est fait
attendre! On ne peut pas dire qu’on le lui ait escompté d’avamte et qu’on
l’ait fait joiiii’, avant l’heure, de son succès.
Kl ceci me rappelle un dîner de la Sden/ia donné il y a plus d’une
année. Ce dîner était otferl à M. Bei’ger, un des directeurs généraux de
l’Kxj)osition, et M. Eiffel y assistait. La Tour s’élevait alors au pt’emier
étage, et la critique sévissait dans tonte sa force. Si la construction'
n’att(*ignait que son premier étage, la critique, elle, avait complété tous
les siens, et elle se dressait de toute sa hauteur. Et notez que c’est préci-
sément au moment où les plus grandes difficultés avaient été heureuse-
ment et habilement surmontées, (jne l’esprit de blâme se donnait toute
carrière, montrant ainsi autant d’àpreté que d’aveuglement. Il faut
s’arrêter un instant sur ces difficultés.
On sait que la 'l'our est essentiellement formée de quatre montants,
prenant leurs points d’appui sur des massifs de maçonnerie, s’élevant
d’abord oblicjuement, pour se redresser ensuite et se réunir au-dessus du
second étage où ils ne forment (ju’iin seul corps jusqu’au sommet. La
construction de ces pieds, qui devaient s’élancer en porle-à-faux depuis
leurs bases juscpi’au premier étage. 6o 7n de hauteur, c’est-à-dire à la
hauteur de trois hautes maisons superposées, présentait des diflicjillés
considérables. Des échafaudages d’appui, des tirants d’amarrage scellés
dans la maçonnerie, ont permis de s’élever jus(ju’au point voulu. Là se
TH AVAUX SCIEM IKIUI ES EXÉCl TÉS A l.A TUL K
l‘)l
trouvaient déjà préparées les poutres horizontales qui devaient relier les
quatre montants pour constituer la hase sur laquelle seraient édifiées
toutes les constructions du premier étage.
Or, l’édification de masses métalliques si considérables, montées en
quelque sorte dans le vide, ne peut se faire avec une précision qui dis-
pense de toute rectification au moment de l’assemblage. Le procédé-
employé [)our obtenir ces l•ectifications montre bien la hardiesse et la
puissance des moyens dont l’ingénieur dispose aujourd’hui. En effet,
M. Eilfel n’hésita [>as à soulever ces énormes j)ieds de la Tour et à leur
donner les mouvements nécessaires pour qu’ils se présentassent à
l’assemblage dans les conditions voulues. Or, surélever d’immenses pièces
s’élevant en porte-à-faux pres(|ue à la hauteur des tours Notre-Dame,
sans compromettre l’équilibre précaire qu’elles recevaient des échafau-
dages, était on ne peut plus délicat. L'o})ération réussit cependant. Des
presses hydrauliques, agissant par l’inteianédiaire de cylindres d’acier sur
chacun des arbalétriers formant un des pieds de la Tour et les soulevant
tous à la fois, permirent à ce pied de venir se présenter à l’assemblage;
et les trous nombreux, percés d’avance jiour les rivets, l’avaient été avec
tant de j)récision, qu’on put opérer rapidement la mise en rapport et
réduire à un instant le moment |)sychologique de celte étonnante opéra-
tion.
Les (juatre grands montaids réunis, on peut dire (pie la difficulté maî-
tresse de l’œuvre était surmontée, et «pie la Four était virluellemeni élevé«‘.
11 faut admirer, comme elles le méritent, ci's grandes opérations du
génie civil contemporain ; elles montrent tout ce qu’on jieul attendre de
l’art des constructions, quand celles-ci s’appuient sur la science.
Eh bien, c’est [irécisément, comme je viens de le dire, au moment où
cette belle opération si délicate et si hardie vimail d’avoir un plein succès,
que l’œuvre était le plus vivement attaquée.
Pour moi, j’en étais presque indigné, et je me rappelle qu’au banquet
dont je viens de parler, je ne pus retimir ma voix et je voulus assurer
M. Eiffel qu’il avait au moins avec lui quelques hommes qui admiraient
son œuvre, qui appréciaient son courage et qui lui prédisaient le succès
final et le retour de l’opinion.
Depuis, M. Eiffel a bien voulu me dire «jiie mon témoignage lui
avait été sensible et l’avait quelque peu réconforté.
192
LA TorU LIKKLL LN 1900
Je n’ai pas en à réformer mon ju^emenl. I)<* l’avis des plus compé-
tents, l’érection de la Tour n’a pas été seulement une o'iivrc remarquable
j>ar les dimensions de l’édifice. Les éludes, la conduite des travaux, le
chantier, comme on dit en terme d’ingénieur, ont été conduits avec un
enscunhle et une j)récision admirables. C’est que M. Eiffel, pour l’exécu-
tion de tous ces travaux qui l’avaient déjh rendu célèbre, avait su s’en-
tourer depuis longtemps d’un état-major remaivpiable et se former de
longue main des collaborateurs qui, aujourd’hui, sont consommés. C’est
une armée qu’il a conduite sur vingt champs de bataille et qui, mainte-
nant, poui’ la hardiesse, la précision, l'habileté, est sans rivale.
Voilà ce qui ex[)lique comment ce grand ouvrage a passé par toutes
les phases de son érection, de|uiis l’avant-projet jusqu’à l'exécution finale,
sans erreurs, sans mécomptes et avec une étonnante j>récision.
.le viens de prononcei- le mol d’armée, et je l’ai fait à dessein. Je
voudi-ais (pi’il y eut entre les promoteurs de ces grands travaux et ceux
qui les exécutent quelque chose d(‘s liens moraux qui, dans toutes les
armées ayant accomj)li d(‘ grandes choses, ont uni les soldats à leur
général, (pii était pour eux un orgueil et une passion.
Croyez-le, on n’établira pas, entre tous les organes de ces grandes
sociétés du travail, l’hai-monie et l’entente (|ui en font la force, jiar les
seules considérations d’argent et de salaire. Il faut (*xcitei‘ de plus nobles
mobih's et faire comprendre aux travailleurs (jue celui, quel qu'il soit,
qui a concouru à raccomjilisscmenl d’une couvre utile ou remarquable,
a droit à une jiart d’honneur c'I d’estime.
Je voudrais encori', dire un mol des usages scienlilitpies de la Totii'.
Elle en aura de jdusieurs ordres, ainsi (ju’on l’a indiqué, et je suis per-
suadé qu’on en découvrira auxquels on n’avait jias pensé tout d'abord.
Il est incontestable (jue c’est au point de vue météorologique (pi’elh*
pourra rendre à la science les plus réels scu'vices. Eue des plus grandes
dilticidtés des observations météorologiques réside dans l’intluence per-
turbatrice de la station môme où l’on observe, (àjinment connaître par
exemj)le la véritable direction du vent, si un obstacle tout local le fait
devier? Et comment conclure la vraie température de l’air avec un
thermomètre intluencé par le raycjiinemenl des objets environnants?
.Aussi les éléments météorologiques des grands centres habités se pren-
nent-ils en général en dehors môme de ces centres, et encore est-il.
THAVAl X SCIKM’IKKJUES EXÉCI TÉS A I.A Tol lJ
193
nécessaire de s’élever toujours à une certaine hauteur au-dessus du sol.
La Tour donne une solution immédiate de ces (juestions. Elle
s’élève à une ji^rande hauteur, et, par la nature de sa construction, elle ne
moditie en rien les éléments météorologirpies à observer.
11 est vrai que 300 m ne .sont pas négligeables au point de vue de la
chute de la pluie, de la température et de la pression; mais cette circons-
tance donne un intérêt de plus pour l’institution d’e.\[)ériences compara-
tives sur les variations dues à l’altitude.
.le n’insiste pas sur les autres usages sci(*ntin(jues qui ont été
signalés avec raison. .Je dirai seulement que la Tour pourrait donmo' lieu
à do très intéressantes observations éleclritpies. 11 est certain qu’il s(; fera
presrpie constamment des échanges entre le sol et l’atmosphère par ce
grand paratonnerre métalliques de 300 ni. Los conditions sont uniques, et
il y aui-ait un très grand intérêt à prendre des dispositions pour étudier
le passage du Ilux électriejue à la pointe terminale de la 'l’our. Ce Ilux sei-a
souvent énorme et même d’observation dangereuse, mais on pourrait
prendre des dispositions spéciah's pour éviter tout accident, et alors on
obtiendrait des résultats du plus grand intérêt.
.le voudrais encore recommander l’institulion d’un service de photo-
graphies météorologiques. Une belle séi'ie de photographies nous donne-
rait les formes, les mouvements, les modilications (pi’éprouvent les
nuages et les accidents de l’atmosphère depuis h; lever du soleil jiisfpi’à
son coucher. Ce serait l’histoire écrite du ciel parisien dans un ravon (pii
n’a jamais été considéré.
Kntin, je [lourrais signaler aussi d’intéressantes observations d’astro-
nomie |)hysi(pie, (d (mi particulier l’étude du spectre bdlurique, ipii se
ferait là dans des conditions exceptionnelles.
Ainsi la Tour sera utih^ à la science; ce n’est de sa part que de la
reconnaissance, car, sans la science, jamais elle n’aurait jm être élevée.
Le génie civil est lils de la science; aussi la science doit-elle le soutenir
et le défendre clunjue fois (ju’il se irclame d’elle.
Ainsi la Tour du Chaniji-de-Mars, indéjiendamment de son usage
principal qui est de faire jouir le public d'un panorama unifjue [tar l’élé-
vation du point de vue et l’intérêt des objets environnants, aura des
usages scientifiques très intéressants et très variés.
Mais il est un point de vue (jue nous ne devons pas oublier, j)arce
25
l.A TOT K El Fl' KL EN lîMH)
l!li
(ju’il est peut-être celui qui doit dominer tous les autres. Je veux dire
que la J’our du Champ-de-Mars, par la grandeur de ses dimensions, [>ar
les diflicultés (jue son érection présentait et j)ar les j)roblèmes de cons-
truction dont ell(* nous offre les heureuses solutions, réalise une démons-
tration pal[)al)le de la puissance et de la sûreté des procédés des cons-
tructions métalliques dont le génie civil dispose aujourd’hui. Cette
démonstration, (pielle occasion plus naturelle pour la donner, (jue cette
Exposition (jui est [irécisément un grand toui‘uoi où les nations viennent
en quehpie sorte se mesurer et montrei’ leurs forces respectives, en
science, en ai’t, en industrie! fit, du reste, ouhlie-l-on que les hommes
n’ont jamais voulu se renfermer uni(juemenl dans la construction d’édi-
lices d’une utilité matérielle et immédiate? Ouhlie-l-on qu’indépen-
damment du sentiment religieux (|ui a fait élever tant d’admirahles
édillccs, on a vu, à toutes les époques de l’iiistoire, des monuments
(•onsacrés à la gloire militaire ou à la domination polili(jue? Or, si la
guerre a voulu consacrer ses trioni[)hes, pourquoi la paix ne consa-
crerait-elle j»as les siens? Les luttes armées et sanglantes des nations
sont-elles donc plus belles et plus saintes (pie les luttes paciliques du
génie de l’homme avec la nature*, pour en faire l’instrument de sa gran-
deur matérielle et morale? Ces combats demandent-ils donc moins
d’activité, de courage et de génie, et leurs fruits sont-ils moins durables
et moins beaux?
Cessons donc de marchander à ces luttes si nobles et si fécondes les
signes sensibles qui les doivent glorifier. Célébrons au contraire des
victoires où le vaimpieur n’expie jamais son triom[)h(*, où le vaincu voit
eonqilaisamment sa défaite, car ce vaincu c’est celte grande nature, c’est
celte alwa mater (pii veut qm* nous lui fassions violence, (jui ne nous
résisti* (|ue [lour nous r(*ndr(î dignes de la victoire, (*t nous récomjiense
de nos triomphes par la profusion de scs dons, par l’exaltation de toutes
nos énergies et le sentiment légitime de noln* grandeur intellectuelle,
\ oilà les vrais combats (jue riiomiiK* devra livrer de jiliis en jilus,
voilà l(*s Iriomjdics aux(piels on ne drcss(*ra jamais assez d’arcs et de
colonnes. Voilà l’avenir v(*rs le(|iiel le monde doit marcher. Ce s(*ra
l’honneur de la h'ramte d’avoir doiiiié ce noble exeiujile., et la gloire de
M. EilVel de lui avoir jiermis de le d(uincr.
TRAVAUX SCIKXTIFIOUES EXECUTES A l.A TOUR
105
DISCOURS DK M. EIFFEL
Voici la deuxième fois (jue, dans 1(* haiiquel de Snenùa^ voire voix,
cher et honoré Président, s’élève |miir m’adresser des éloges, ([iii,
exprimés par vous, au milieu d’uue telle asseiuhlée, m’hononmt et me
touchent plus que je ne saurais l’exprimer.
Il y a deux ans, vous avez ici même salué la naissance de l’œuvre
qui vient de s’achever <T dont vous me p(“rmetlr<‘z bien d<' vovis parler
aujourd’hui, puisque c’est à son achèvemeni que je dois l’iusigne honneur
d’occuper une place où j’ai été ju’écédé par tant d’illustres personnalités
qui sont la gloire de la h’rance.
Je n’oubli('rai jamais que ce sont les savants qui m’ont donné les
j)remiers encouragements pour l’œuvre qui* je tentais, et je leur en ai
gardé um* profonde reconnaissance.
Aussi j’ai tenu à ce que cet édifice soil placé, d’um* fa^'on bien ap|>a-
rente, sous l’invocation de la Science, et tpie, sur la frise (pii surmonte
son soubassement, on puisse' lire les noms des savants et des ingénieurs
qui forment la glorieuse couronne de notre pays dans le siècle dont nous
allons célébrer le centenaire.
Celte bienveillance, (pu* je viens de rappeler, ne s’est pas démenlii'
un seul instant, et ce n’est pas sans émotion (pie j’ai appris tpie vos deux
jiremiers présidents d’honneur s’y iiiléi-essaient d’une façon toute
spéciale : le vénérable M. (Jievreul, dont la mort vient de nous aflliger,
suivait, par une visite presque quotidienne, les progrès de <‘ette cons-
truction, et un savant non moins illustre, M. Pasteur, qui est rune de
nos admirations et dont l’existence nous pi'omet encore tant de bienfaits
à rendre ù l’humanité, y porle une attention et une sympathie dont j’ai
bien le droit de me montrer fier.
Il y a quelques jours encore, j’en recevais de pi-écieux témoignages
dans une ascension à la plate-forme de p)o m (jue je faisais avec
MM, Mascart, Cornu et Cailletel.
Sur cette étroite hune, qui semble isolée dans l’c'space, nous étions
ensemble pris d’admiration devant ce vaste horizon, d’une régularité de
ligne presque semblable ù celle de la mer, et surtout devant fénorme
T.A TOUR EIFFEL EN 1900
1 !»G
couj)ole ccMesto (|iii semble s’v apj)iiyer, et dont la dimension inusitée
donne une sensation inoubliable d’un espace libre immense, tout baigné
de lumière, sans j)i-emiers ))lans et comme en plein ciel : devant ce
sj)ectacle, au milieu de cet air vif et pur, qui faisait tlotler avec bruit les
longs j)Iis du drapenu aux belles coubmi’s de b’rance, rpii venait d’y être
déj)loyé depuis (pndques jours, nous échangeâmes cpielques mots émus
qui consacraient celte sympatbi(‘ scientifique à laquelle j’attache tant de
prix.
.I’esj)ère ponvoii" aussi vous y recevoir l)ientôt, cher et vénéré Prési-
dent, et vous monti('r les trois laboratoin's dont l’emplacement vient
d’étre arrêté. L’un sera consacré à l'astronomie; je compte que vous
vous y Irouverez dans des conditions favorabI(*s pour vous y livrer aux
ludlçs rc'cliercbes d’astronomie physique qui ont illustré votre carrière.
Le second, dont les ajipareils enregistreurs seront reliés au Pureau
central météorologi(pie, est destiné à la physique et à la météorologie ;
MM. Mascai’t et Cornu en pensent retirei- grand profit pour l’étude de
l’almosplièri'. Le troisième est réservé à la biologie et aux études micro-
grajihicpies de l’air; organisé j>ar M. Ilénocque, il ne sera pas moins
utile à la science, .\i-je besoin d’ajouter que ces laboratoires sei’ont libé-
)-;dement ouverts aux savants?
Sans j)arler d’antres nombreuses expériences que beaucoup entre-
voient, M. Cailletet me permettra de vous dire (ju’il étudie en ce moment
un grand manomètre à mercure av<'C lequel on pourra réaliser avec
ju’écision des pressions allant jus<|u’à 400 atmosphères.
'l'oiis ces projets, développés devant moi, me remplissaient d’une
satisfaction intime, en nu* démontrant (pie tant d’i'fforts n’avaient ]>as été
faits en vain au point de vue du jirogrès scientitiipie.
La foule non plus ne s’y est ]>as trompée : nous éprouvons un tel
besoin d(‘ nous éb'ver au-dessus de c(' sol auquel le joug delà pesanteur
nous attache, (jue cette idée de Vexcels'ior a de tout temps jiassionné les
esjirits, et cpi’il semble (pie créer di'S édifices d(‘ hauteur inusitée, c’est
n'culer b's bornes de la jiuissance biimaine. C-ela était, en effet, bien
difticile antnd'ois; mais, maintenant, avi'c les nouvelles ressources (jue
donne l’emploi du b'r, la si'ireté des méthodes (pi’il comporte, on n’est
plus (îfirayé |)ar de pareils problèmes, et à voir la facilité relative avec
laipielle on a atteint cette hauteur de mille pieds (jui avait hanté, mais
TRAVAUX SCTEXTIFigi ES EXÉCI TÉS A LA TOUR 197
en vain, le cerveau des Anglais et des Aindri.cains, il semble qu'il n’y
aurait pas de bien grands obstacles à la dé[)asser notablcmenl.
Ouoi qu’il en soit, c’est grâce aux recherches des savants mathéma-
ticiens français qui ont fondé les méthodes que nous employons, c’est
grâce aux éminents ingénieurs (pii ont posé les [u-incipes des constructions
métalliques (pii sont l’une des branches les plus caractéristirpies de
l’activité d(^ l’industrie française, (pie l’œuvri^ dont je viens d(‘ vous parler
si longuement, et peut-être avec troj) d(‘ comjdaisance, a pu être édifiée.
Kn même temps que les belles constructions du (’diamp-dc-Mars, j’espèi-e
(pi’elle montrera au monde que nos ingénieurs et nos constructeurs
français tiennent encore une grande place dans l’art de construire, comme
nos artistes et nos littérateurs occupent le jiremier rang dans l’art
contemj)orain.
•Je parle devant un auditoii’e trop au courant des faits modernes, pour
(pie je puisse pensi'r vous apjirendre quelque chose que vous ne sachiez
déjà sur le iTdc considérable des ingénieurs français à l’étranger.
Ccjiendant, à l’occasion d’un discours (jue je prononçais récemment, à la
séance d’inauguration de la présidence de la Société des Ingénieurs civils,
j’eus à étudier ce vaste et beau sujet; je ne vous cacherai jias que je fus
étonné moi-même des jireuves saisissantes de notre activité nationale,
en c(* qui regarde les travaux jniblics.
En effet, cette part dans le développement industriel des nations est
considérable; elle dépasse peut-être celle de tout autre peuple, sans en
excejiter l’Angleterre. Elle a commmicé à se produire vers 1855, à l’iine
des époipies les [dus brillantes et les jiliis [)rosp(*res de l’industrie fran-
çaise, et s’étendit [)resque simultanément en I»ussie,en Italie, en Esjtagne,
en Portugal et en Autriche. L’ingénieur français n’est pas cet être casa-
nier que la légende condamne à ne [>as quitter le sol de la patrie. Au
contraire, pendant ces trente dernières années, on a pu, en tous les points
du monde, constater son activité et son influence.
Qui de nous, pendant ses voyages à travers rEuro[)e et au delà des
mers, n’a reconnu, [)resque avec étonnement, tellement nous avons de
méfiance de nous-mêmes et de bienveillance innée pour les autres, que
les travaux les mieux conçus, les mieux exécutés, et de rap[)arence la plus
satisfaisante, ont été accomj)lis [>ar des ingénieurs français?
Si on entre dans la nomenclature détaillée de ces travaux, on reste
d98
LA TOUR EIFFEL EN 1900
étonné de leur importance, qui nous a fait, sans qu’on puisse être taxé
d’exagération, des initiateurs pour un grand nombre de nations, lesquelles
ont depuis appris, au moins en Europe, h se passer de nous. Mais le
monde est grand, et le besoin d’expansion lointaine trouve son aliment
non seulement dans nos colonies et nos pays de protectorat, mais aussi
dans le grand nombre des nations qui ont encore conservé leurs anciennes
sympathies pour la France, telles que toute l’Amérique du Sud, et
notamment le Hrésil, le Chili, l’Equateur, la République Argentine, où une
légion d’ingénieurs, appartenant au corps des Ponts et Chaussées ou
ingénieurs civils, propage, en ce moment môme, le renom de la science
et de la probité françaises. Nos vamx les accompagnent, et vous voudrez
bien me permettre, en ma qualité d’ingénieur, de vous demander devons
joindre à moi dans une commune pensée pour les adresser à ces pion-
niers de l’influence de notre pays au dehors.
11 me reste à vous remercier encore du grand honneur que vous venez
de me faire, et à vous assurer que j’en conserverai toujours le plus vif
souvenir. Je l'altribue beaucouj) moins à ma j)ersonne qu’à l’œuvre elle-
même, (jue j’ai essayé de rendic digne, aux yeux du monde que nous
convions à notre centenaire, du génie industriel de la l'Vance.
CIIAlMTHi: XI
OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES lEN 1900
§ 1. — Méthodes et instruments d’observation.
Les observations iiiétéorolo<^i(|iies ont été poursuivies en 1900 avec
la même régularité (|ue pendant les années précédentes; elles sont laites
au moyen d’ap[)areils enregistreurs, système Iticbard, qui inscrivent sur
des feuilles de papier convenablement graduées toutes les variations des
principaux éléments météorologi(jues.
La marebe de ces appareils ('sl véi'iliée au moins (piatre lois par
semaine avec des instruments ordinaires, (jui ont été préalablement
comparés avec les étalons du Bureau central.
Leur installation n’a pas subi de changements appréciables; nous
rappellerons seulement ici les dillérents instruments employés, et leur
emplacement res[)ectil, ainsi que leur altitude iui-dessus du niveau de la
mer, et leur hauteur au-dessus du sol (-|- 33,50).
l.a pression barométritpie a été enregistrée au moyen d’un baromèlrc
enregistreur à mercure, contrôle par les observations diiecles d un
baromètre à large cuvette et à échelle compensée de Tonnelol. Ces deux
appareils sont installés tous deux a 1 altitude de 313 ni, dans une petite
pièce de la cjuatrième [date-lorme donnant sur la lace S^^ de la loin. I)n
y a adjoint un baromètre enregistreur anéroïde, grand modèle, (jui donne
des courbes de même amplitude <|ue le baromètre à mercure (2 mm par
200
T. A TOUR EIFFEL EN 1900
millimètre), de l“a(;oii è combler les lacunes qui pourraient se produire
avec un seul instrument.
La température a été enregistrée à trois hauteur.^ dilVérentes de la
Tour.
HAUTEUR
ALTITUDE au-dessus du sol.
Sommet .TîL‘»o in .’loOjSo m
Éla^e iiilcrmédiaiic 19(^00
l)euxit''me ])lale-rorme i(‘)2,20 128.70
Ce dernier emplacement est jilus élevé de 5,60 m que celui des
années précédentes; car la modification du second étage a nécessité le
déplacement du thermomètre.
Les indications de ces instruments ont été vérifiées au moyen de
thermomètres-rrondes, de thermomètres à mercure ordinaire, de thermo-
mètres à maxima et à minima, tous étalonnés au Hureau central. On a,
de plus, installé au sommet de la Tour, à coté du thermomètre à enre-
gistrement dii’ect sous l’ahri, un lhermomèti’e à transmission électrique
de Hichard, qui inscrit les variations de la température sur un appareil
récejiteur placé dans une salle du Bureau central météorologique; les
variations sont transmises de deux dixièmes de degré en deux dixièmes
de degré, au moyen d’une aiguille métalliipie (|ui se déplace avec
l’organe thermométri(jue; tous les mouvements de l’aiguille sont suivis par
le style inscripteur du récepteuiq qui, en se mouvant sur la surface
d’un cylindre tournant en une semaine, y trace la courhe de variations.
Cet apj)areil est vérifié chaque fois (ju’un observateur monte au sommet
de la Tour; on l’utilise [)Our ti’ansmettre, tous les jours, au Bulletin
Inlemational du B. (J. d/. , les valeurs maxima et minima de la tenq)é-
rature, ainsi (jue celle de 7 heures du matin.
Tous ces thermomètres sont installés dans des abris convenablement
disposés. Celui du sommet renfei’me également un psycliromètre et un
hygromètre enregistreur à faisceaux de cheveux.
Le vent a été enregistré au moyen d’anémomètres j)lacés à l’altitude
de 33B,) m (305 ut au-dessus du sol), sur des mâts fixés à la rampe de
la petite plate-lorme du paratonnerre. Ces instruments transmettent
électriquement leurs indications au B. C. M., où sont installés les enre-
gistreurs.
OMSKll VATlOxNS MKTKOROUHiKjl'KS KA lilOO
201
La vitesse horizontale du vent est mesurée : i" par un anémomètre
de Hichard qui peut envoyer trois séries différentes de contacts élec-
triques : un, tous les 5.000 tours ou mètres, qui sert à mesurer l’espace
total parcouru par le vent; un, tous les 25 toui’s, (pii actionne un appareil
donnant une courbe de la vitesse moyenne du vent; un, tous les tours,
qui actionne un apjiareil donnant la vitesse absolue du vent, et (pii ne
fonctionne ordinairement que pendant les tempêtes; 2“ par un anémo-
mètre de Hobinson donnant un contact tous les 25 m de vent et un contact
tous les 5.000 m.
La direction du vent est observée au moyen d’une girouette enre-
gistrante, système Hicbard, à 128 directions.
bmlin, un moulinet horizontal de Garrigou-Lagrange, composé de
4 ailettes terminées par des plans inclinés à 45“ sur l'horizon, a servi
à mesurer la com[)osante verticale du vent.
Tous ces instruments et leur mode d'installation ont été décrits
dans les Mémoires résu-
mant les observations nié-
téorologiipies faites à la
Tour de[)uis 1889 et publiés
par M. Alfred Angot, doc-
teur ès sciences, météoro-
logiste titulaire au Bureau
central météorologicpie de
l'rance, dans les Annales de cet établis-
sement.
Nous ne nous occuj)erons ici tpie des
ol)servations relatives à la température et
au vent ; ce sont celles (pii nous parais-
sent ofTrir l’intérêt le plus grand et le
[)lus immédiat. Nous ajouterons sur les anémomètres quebpies détails
empruntés aux notices de M. Angot :
Fiy:. .Vü*"'. — Moiilinot lUchavd.
Le moulinet Hicliard (fig’. 5o hh) est lonm' de six ailelles en alumiiiiuin, iiictinéesà V"*®,
cl rivées sur des bras très téf^ers en acier : leurs dimensions soni calculées pour ([in*
le moulinet fasse exacbunent un tour [>our 1 m de venl. 11 est monlc à rcxirémilé d'une
pièce liori/.ontale formanl girouelle et lournaid aidour d’un axe vertical. I.e moulinet
complet ne pèse (pie i5o r/?’ et oiVre à l’air une surface de (> décimètres carrés environ.
Son axe de rotation se trouve conslammenl lubrifié par un dispositif spécial placé <lans
2(i
2ü2
LA TOUR EIFFEL EA' 190(1
une l)()îl(' inél:illi(Hie qui conlient égaleinenl les appareils interrupleurs du courant.
(’.el inslruuient est d'une sensibilité remarquable et peut inesnrer des vitesses qui ne
ilépasseni paso,i ào,2 m parsecomlc ; il se met instantanément à toui’ner dès (jue le vent
commence à souftler, et s’ar-
rête aussitôt que le vent cesse.
Les coidacts agissent sur
des anémo-cinémographes de
.MM. Richard frères (voir I),
fig. .97, p. i'|(>)i (Rii indiipient
à la fois la vitesse du vent à
chacjue insiaid en mètres par
seconde, (d le temps pendant
letpiel le vent a parcouru une
distance de 5 hm. Le cylindre
enregistreur fait une révolu-
tion en un jour, et une heure
correspond à nne longueur de
i5,i5
Comme la vitesse du vent
varie avec une extrême rapi-
ililé, il V a grand intérêt à pou-
voir, lors des tempêtes, obte-
nir des détails beaucoup plus
grands et surtout à mesurer
exactement alors les maxima
de la vitesse. C’(‘sl à cet objet
qu’est destiné le cinémogra|)he
à indications instantanées de
MM. Richard frères, (Imjuel
M. Eifl'el a fait don au Rureau
météorologicpie. 11 est repré-
senté ligun' 5o teri'l on l'aper-
çoit en (1 dans la ligure de
rinslallalion générale (fig. 3-,
p. i',o).
Dans cet apj)areil, la vi-
tesse du vent s’inscrit à chacpie
instant sur une bande de pa])ier
qui se déronle avec une vitesse
de 3 cm par minute; une se-
conde de temps correspond
donc à un demi-millimètre.
l-'ig. dû'*'. —
hiémo-Cniéwoffi-aphc à inüications
iiislaiitaiiées.
ipi.tniuc parianemeni ajqire-
^ ciable. Cet appareil, cpii d('‘bife
en vmgl-.p.alre heures une longueur de m de papier, serait impossible à employer
d une maniéré courante; il est donc réservé seulement pour les moments intéressants,
pour les tempêtes. A cet ell’cf, il est enclanché électriipiemenl jiar le cinémogra])he ordi-
naire I) (fig..37),dès ipie la vite.sse dépasse 20m, et déclanché quand elle s’abaisse à iC.m.
OUSKIlVATlONS MKTKOHOLOGinUKS ES |f)0()
203
§2. — Données météorologiques.
Les données météorologiques pour la temj)érature et le vent, relatives
au sommet de la Tour, sont publiées chaque jour dans le Hulletin Inter-
national du IL G. M., comparativement aux observations semblables des
enregistreurs du Bureau. Ceux-ci sont installés sur une petite terrasse
élevée de i8 ni au-dessus du sol de cet établissement, (jui est lui-même
très peu distant de la Tour, soit 480 ?n.
Ces données sont de deux sortes : les unes sont les valeurs de la
température, de la vitesse du vent en mètres par seconde et de sa direc-
tion à 7 bèures du matin; les autres sont les valeui-s extrêmes de ces
deux éléments (minimum ou maximum de température, maximum de la
vitesse du vent et direction correspondante) entre deux observations con-
sécutives de 7 heures du matin, mais sans indication d’heure exacte.
Nous donnons dans les tableaux suivants in"’ i à 12) le relevé par
mois de ces observations quotidiennes au cours de l’année conq)lète
de 1900,
Pour grouper plus rationnellement les observations suivant les
saisons, nous ferons commencer, à l’exemple d’un certain nombre
d’observateurs, Vannée nié/éoro/ogu/ne 1900 au 1" décembre 1899, de
manière qu’elle comj)renne les trois mois réels d’hiver : décembre, janvier
et février.
Dans ces tableaux, on a mis en italiques les températures de la Tour
chaque fois (jue ces températures sont supérieures à celles du Bureau
central, c’est-à-dire toutes les fois qu’il y a inrersion.
De ces douze tableaux mensuels, on déduit 12 autres tableaux
numérotés de i à 12 dis donnant, pour chaque jour, b‘s différences de
température entre le Bureau central et le sommet, ainsi que les moyemnes
des maxima et des minima et les amplitudes.
Enfin un dernier tableau, n° ij, réoapitulc les moyennes mensuelles
et saisonnières.
LA TOUR KIJ'FKL LN 11» 00
20 i
X“ I. — Données météorologiques.
Décembre
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Juin 1900.
DATES
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Juillet 1900.
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à 7 heures matin
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Septemdre 1900.
DATES
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227
N“ i2‘". — Tableau comparatif des températures du B. C. M. et de la Tour.
N OV KM B UK 1<)()0.
DATKS
DIFKftUENCKS
MOYENNE
(les m.Txima et des
minima
.\M!'MTUI)ES
A 7 HBURRS
DU MATIN
DES
MAXIMA
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B. C. M.
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22S
I.A TOUlî EIFFEL EN H) 00
X“ — Tableau récapitulatif des moyennes mensuelles
et saisonnières.
MOIS
TK.NÏPKHATrUKS
7 houros «lu malin
MAXIMA
(les 21 heures
MIMMA
des 21 heures
NOR-
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de
MOYKN.NES
des maxima
et des minima
AMl’LlTUnES
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H.'i
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S:; 3. — Différences de température entre le sol et le sommet.
Le tableau u" 13 donne les dirierenccs des moyennes mensuelles, sai-
sonnièn's et annuelles, soit pour j heures du matin, soit pour les minima
(*t les maxima.
11 est intéressant de fonmir, en j)lus de ces moyennes, des chiffres
. . .Minima -f- Maxima
2
OBSERVATIONS MET ÉO B O LOO I O UES EN 1900
229
(Jirect('nienl oI)servés et d’indiquer, dans chacun de ces trois cas, les plus
"randes valcui's de ces diCft'rences ainsi cpie les inversions.
MOIS
onSKRVATlONS
de 7 liouros du malin
MAX IM. V
des 2i heures
MIMMA
des 2i heures
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moyenne
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07
9.9
o1
Les dillerences de température atteignent donc le matin de 3“ à
6" environ. Les dilTérences des maxima sont généralement plus élevées
que ces dernières et vont de 4" à u” environ. Celles des minima sont très
analogues à celles du matin.
Ouant aux inversions, elles s’élèvent de 3“ à environ, de septemlu'e
à décembre. Nous verrons [>lus loin que c’est en ces mois qu’elles sont le
plus fré([uentes.
Si, en revenant au tableau n“ 13, on examine la moyenne des maxima
et des minima, qui représente très approximativement la température
moyenne au sol et au sommet, et si l’on en fait la dilïérence, on remaiajuera
que cette différence est très sensiblement constante à un demi-degré près,
et que chacune de ces valeurs se rapproche l)eaucoup de leur moyenne 2“i.
On peut donc dire d’une manière générale que la température moyenne du
B. C. M. est de 2°i su{)érieure à c(dle de la Tour.
LA toi; H KIKFKL K N lîHIO
2;ui
Knün, si l’on compare les températures de l’ensemble de l’année à la
normale de Paris, on trouve que l’année 1900 est supérieure de i"6 à cette
normale et qu’elle peut être considérée comme une année chaude.
Les trois valeurs moyennes de l’année sont donc les suivantes :
Normale de Paris (1) io®4
Moyenne au B. C. M 12,0
Moyenne au sommet de la Tour 9.7
§4. — Inversions de température
Ou ne peut, sur les seules données. de ces tableaux, établir le nombre
complet des inversions de température qui se sont produites j)endant
l’année ; la comparaison des courbes pour le sol et pour le sommet
est indispensable. — Nous ferons seulement la comparaison des valeurs
maxima et minima, qui donnent d’ailleurs à peu près toutes les
inversions.
(1) .Nous croyons intéressant (te donnei- ci-dessous la normale de Paris adoptée au
Bureau central niétéorologicpie i)our le 1" et le 10 de clia<iue mois, eu regard avec la
moyenne.
MOIS
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LE ir>
M 0 Y E N N 12
mcnsuello
Décendu'c
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17,0
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18,8
18,7
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18,8
18,3
18,2
Septembre
17,0
i5,3
i5,2
Octobre
i3,o
10,7
10,0
Novendjre
7-‘.»
b.'J
OIISKUVATIONS MKTKOHOLOr.IQUES K N lîlOO
231
Inversions de température entre le B. C. M. et la Tour.
MOIS
NO.MBUK ivi
pour la température
maximum
NVKHSIONS
pour ia température
minimum
I)écenit)rc i8»|0
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Janvi(‘r i«)oo
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Octobre
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iC)
Novembre
1
5
'l’olaux
1.5
loa
Raj)[)orl jt. loo pour 3b5 jours
'lO
i8
11 ressort d(‘ ce lal)leau que les inversions de température entre
le sol et le sommet constituent un phénomène très fréquent et qu’elles
se produisent surtout au moment des minima, c’est-à-dire pendant
la nuit et aux premières heures du matin : leur nombre est de
i8 p. loo par rapj)ort à celui des jours de l’année. Elles se sont
surtout produites en se[)tcmbrc et octobre.
Les inversions au moment des maxima, c est-à-dire pendant la
journée, sont beaucoup plus rares et on ne les rencontre ^nère que
pendant l’biver.
§5. — Amplitudes.
Quant aux amplitudes, c’est-à-dire aux dilTérences existant pour
cbacun des deux points considérés entre les maxima et les minima.
232
l.A TOl'R KIFFKI. FN l!MH)
les tableaux montrent que d’une manière générale cette dilTérence est
'moindre au sommet qu’au liureau, c’est-à-dire que la température a
une tendance à y être plus uniforme.
Pour l’année entière l’amplitude moyenne est de 8", 4 au li. C, M.
et seulement de 6" à la Tour, soit une diltérence de 2°, 4.
Si on examine le détail de ces chiffres dans les tableaux n°'‘ I //is
à 12 /As, on voit cependant qu’il se j>résente de nombreuses exceptions à
la règle générale, surtout pendant les mois froids et brumeux. Le
nombre de ces inversions d'amplitude, marquées du signe — dans ces
tableaux, est le suivant :
nécotul)!^ . .
>4
Mars . .
. . . 1
Juin. . . .
0
Septembre .
. 0
Janvier . . .
5
Avril . .
. . . 0
Juillet. . .
. . 1
Octobre. . .
1
l-'évrier . . .
Mai . . .
. . . 5
.\oùt . . .
•>
Xoveinbre .
. 8
Totaux.
;>3
C)
5
Quant aux valeurs de ces amplitudes, suivant les mois, comme
l’intervention des amplitudes négatives vient masquer les amplitudes
normales, il est préférable de les éliminer.
Ces moyennes des amplitudes normales, c’est-à-dii'e déduction
faite des amplitudes négatives, sont les suivantes :
Moyennes mensuelles des amplitudes normales au B. C. M.
et à la T. E.
MOIS
B.C.M.
T. K.
Mors
ll.C.M .
T. F.
MOIS
B.C.M. T. K.
MOIS
B C.M.
T. E.
décembre.
a-
Mars . . .
(■)"()
VT.
Juin. .
c
c
Septembre.
ii«7
(■."r.
Janvier . .
Avril . . .
10, .3
C.,8
Juillel.
11.7 8,7
Octol.re . .
P,.-)
Lu
Février . .
.Moyenne
C.,3
Là
Mai . . . .
10,8
.\oùt .
U'I) t*,<8
Novembre.
•>.7
3, .3
par saison.
5“3
3».3
()«.3
(■>“.3
io".3 7°7
Lu
Moyenne
annuelle ....
\ H-
l 'r.
C. .M. . . .
E
8“.
5”.
* ^ Ditl'ércnce. . . .
> )
Les plus grandes moyennes des amplitudes ont donc lieu en été
au 13. C. M. comme à la Tour.
*
nUSEIlVATIONS MÉTÉOKOMM'.lorES EX 1900 2.‘{3
11 est intéressant de donner pour chaque mois les inaxiina de ces
amplitudes qui sont résumés dans le tableau suivant.
Maxima mensuels des amplitudes observées au B. C. M.
et à la Tour.
MOIS
B.C-M.
T. E.
MOIS
n.c M.
T. E.
MOIS
B. CM .
T. K.
MOIS
H.C.M.
T. li.
Décembre.
I \ °\
Mars . . .
1 .‘)'’o
1 i“8
.Iniii. . . .
I
Septembre.
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.laiivier . .
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Avril . . .
10, ()
Juillet. . .
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Octobre . .
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<),0
Février . .
'D7
1
Mai . . . .
11,1
.Voùl . . .
1 1 .<)
Novembre .
9'7
11 ressort de ce tableau que les amplitudes maxima de la Tour
restent en «général très inférieures à celles du 1>. C. M., sauf en hiver, où
le contraire se produit.
6. — Direction du vent.
En faisant le dépouilleimmt des différentes directions du v(‘nt,
données par les tableaux i à 12, on peut établii' les nouveaux tableaux
ci-dessous, donnant, pour chaque mois, la fréquence des différentes
directions du vent au 15. C. M. et à la Tour, limitée bien entendu aux
deux observations journalières, l’une de 7 heures du matin, l’autre
au moment du maximum de vitesse.
Ces observations sont rapportées à chacune des 16 divisions du
cercle. Nous les avons groupées également par quadrant, pour rendre
les comparaisons plus faciles.
3Û
234
l.A TOI H EIFFEL EN 1 !)()()
Direction du vent au B. C. M.
MOIS
y.
y.
y
ü:
y.
7.
'X
A
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X
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X
X
QUADRANTS
.NoMimn
total
(l'ob.sorvations
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Il résulte do ces tableaux qu’il y a de très fré(jueutes différences
de direction dans le vent régnant au sol «d au sommet de la Tour; souvent
môme, celte différence dépasse 90". (Cependant, en considérant le phé-
nomène dans son ensemble, on peut dire ; 1“ que le nombre des calmes
est très différent au 11. C. M. et à la Tour. Ces calmes, cpii corres|)ondent
aux observations de 7 heures du matin (lesfjuelles sont à très peu près
complètes), sont de 48 au II. C. M. et de 10 à la Tour, c’est-à-dire 5 fois
moins fréquents au sommet qu’au sol ;
2” Cue, déduction faite des calnu's, les vents au 11. C. M., de même
qu’à la Tour, sont rangés dans l’ordre de leur fréquence* suivant le
quadrant S-W, celui X-K, celui \\'-N, et enfin celui C-S, où la fréquence
est minima.
En d’autres termes, sauf quebjues vaiâalions accid(*ntelles, le régime
général du vent, comme direction, semble à peu près le môme près du
sol qu’au sommet.
§ 7. — Vitesse du vent.
Pour établir le rapport des vitesses du vent au 11. C. M. et à la Tour,
nous ne considérerons (pie les vents dépassant 6 /n au II. C. M., et de
plus nous ne tiendrons compte que de ceux dont les directions sont com-
prises dans un môme quadrant.
Nous admettrons (|ue ces vents sont comparables et corresjiondent
à un mouvement général de l’atmosphère. 11 est certain au contraire que
pour des vents faibles ou de directions très différentes, il n’y a aucun
lien à établir entre les vitesses de ces courants.
Des tableaux i à 12, nous avons donc extrait les données météorolo-
gicjues des vents réunissant ces conditions et nous avons établi le rapjiort
des vitesses au sommet et au sol. C’est ce cjui fait l’objet des jtableaux
ci-après :
230
I.A TUUI{ KIFFEL FA lîlOO
Tableau des rapports des vitesses du vent au B. C. M.
et à la Tour.
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PRINTEMPS -1900
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du vent
au sommet
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Tableau des rapports des vitesses du vent au B. G. M.
et à la Tour.
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DIRECTION
du vent
au sommet
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VITKSSES DI VENT
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DIRECTION
du vent
au sommet
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Moyenne générale 2,So
Il n’est pas douteux, d’après l’examen des lableaux, que la valeur de
ce rapport est notablement plus élevée j)ar les vents forts de l’biver que
pendant les autres saisons, et (pi’idle est minima en été.
§ 8. — Fréquence des vents forts au sommet de la Tour.
Les ttdjleaux n”’ 1 à 12 nous permettent également de déterminer la
fré(pience des vents forts au sommet de la Tour. Par vents forts, nous
entendons les vents ayant les vit(‘sses de 20 ///, 25 y//, m et au-dessus.
Ces nombres sont les suivants :
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Le nombre total des vents dt^passanl 20 ni est donc :
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Cette fréquence est donc relativement grande et se produit surtout en
janvier et en février.
Les vents de 25 ni à 30 m sont beaucoup j)lus rares et se j)roduisent
neuf fois en hiver et au j)rintemps.
Ceux de 30 m et au-dessus sont encore plus rares et ne se produisent
que sept fois et presque uniquement en hiver.
îi 9. — Résumé.
Ln résumé, les observations de l’année 1900 ont conlhané les
résultats généraux des observations antérieures. C’est-à-dire (jue :
Au point de vue de la teinpéralnre :
i" La température moyenne au sommet de la Tour, mesurée par la
moyenne des maxima et des minima, est inférieure de 2®, 3 à celle du
Bureau central météorologitpie.
2" Les différences de temi)ératur(' entre le sol et le sommet varient :
le matin de 3" à 6"; au moment des maxima, de 4" à 8"; au moment
des minima, comme le matin.
3” Les inversions de température sont très fréquentes, 22 p. 100
environ; (‘lies se produisent surtout au moment des minima et pendant
les mois de septembre c‘t d’octobre. Leur valeur s’élève de C à 5 ",3.
4“ Les amj>litudes, e.'est-à-dire les différences entre les maxima
et les minima, sont en moyenne, pour l’année, de H", 3 pour le Bureau
central météorologique, et de 3”, 3 pour la 'l’our, (jui jouit ainsi d’une
température plus uniforme, sauf en hiver, où au contraire les am[)b-
tudes sont plus fortes au sommet qu’au Bureau.
Au point de vue du vent :
1“ Le régime général des vents, comme direction, diffère peu au
sommet (*t au Bureau.
LA TOUR LIFKKL EN 100 0
2U)
2® Comme vitesse, le nombre des colmes est cinq fois moindre au
sommet qu’au Hureau. En outre, le raj)|)ort des vitesses au sommet et
au sol est de 2,80 eu moy<mne. Ce raj)port, qui dépasse souvent 3, est
notablement plus élevé j)Our les vents forts de l’iiiver que pendant les
autres saisons.
3® La fréquence des vents dépassant 20 m de vitesse est de soixante-
trois jours dans rannée : (die se produit surtout en janvier et en février.
A]irès avoir exposé b*s faits généraux qui précèdent, il est intéressant
d’examiner plus en détail c(*rtains faits particuliers à l’aide des diagrammes
tracés sur les apj>areils emvgistreurs, que nous reproduisons dans les
planches ci-contre. Ces diagrammes nous ont été communi(jués par
M. A. Rarbé, aide-mét<'orologiste au Hureau central météorologique,
cbai-gé plus spécialement d(' recueillir les observations faites à la Tour.
Nous |)arlerons d’abord de la temj)éte des 13-14 février 1900.
10. — Tempête des 13-14 février 1900.
(Voir IM. IV, lig. i, 2, 3, 4.)
Cette tcmpCde, (bmt nous possédons tous les diagrammes, est |>arti-
culièrement intéressante, et son examen nous conduii’a à faire quebpies
l’emaiMjues sur le vent.
\ oici d’abord les faits :
Le 13 février, vers 6 beures du soir, un centre de dépression impor-
tant, 73 1 //u/i, s(‘ trouvait à l’Ouest de Hrest ; il a passé j)rès de Paris vers
3 beuri's du matin et il a atteint Bruxelles vers 7 beures. Le passage de
cctt(‘ dépressi(Uî a ilonné lieu à des vents violents dont la direction au
B. C. M., (jui était d’abord au S.-E..lc 13 vers 4 heures, a successivement
vii’é au S., au S.-W . et à l’W ., pour revenir au S.-E. le lendemain matin
vei's 10 beures.
I l] peu avant 8 heures du soir, le vent souftlait avec violence et en
même temps éclatait un oi'age sur Paids, très rare en cett(* saison, accom-
pagné d éclairs, de coups de tonnei'ia* prolongés et d’um' pluie abondante.
La lemjieratnre au Bui’eau était très voisine de o, mais s’est extraordinai-
rennmt relevetî sur le passage de cette déj)ression 10® à 11 b. du soir),
pour revenir 12 beures après à son point de départ. Le vent a cessé de
Vilesze en meti'cs parsecon
'/j/esse en mêU-es par seconde
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OUSERVATIONS MÉTEOUOLUGIOLKS EN lllim
1211
süul'tler (Ml tempête dans raj»rès-midi du 14 et le calme complet s'est
établi vers 8 heures du soir. .
Examinons maintenant h*s diagrammes (pie nous r('{)roduisons en vraie
grandeur, tels (pie les donnent les ajiparcils. Le premier est celui des
variations baroniétricjues à amplitude doublée, ainsi (pie nous l’avons indi-
(pié précédemment iPl. 4, lig. i ).
Les courbes (pii y sont tracées, (d ipii se rapportent l’une au IL C. M.,
l’autre à la Tour, sont Craiipantes [lar leurs grandes et rapides variations,
ainsi rpie par leur non-parallélisme. Elles sont d’autant moins distantes
rpie la pression est plus |)rès de son minimum. 1 Pour la commodité de la
ligure, on les a rapprochées de 4 0/?, représentant 20 imn de pression, ainsi
rpie l’indirpient les échelles à droite et à gauche).
Courbes barométru/ues.
Le dé[)Ouillenient de ces courbes (lig. i) donne les chilîrcs du
tableau ci-dessous, après (pi'on leur a fait subir les corrections déter-
minées par la comparaison avec les observations ramenées à 0“ du
baromètre à mercure.
DATES
l-RESSIO.N A 0”
TEM I»iatATCHK3
DIFFÉRENCES
(le pression
R.C.M. — T.E.
VARIATIONS
( — baisse, hausse)
B. C. M.
T. IL
B. C. .M.
T. IL
B. c. M.
T. E.
ronecs
L(“ i3 à H 11. (iiiaxiin.) .
u\m
mm
o“l
— :>''3
mm
•'-M)
mm
min
mm
Le \ \ à 3 11. (miniin.) .
73'„H
5,1
3, G)
— i5,i
— 'e7
— 0/1
Le là à 2'‘3o (maxiiu.) .
7T'^L
(»,o
et-., s
T 3o. 1
-L eS.S
— 1,3
L(‘ itj à G h. (miiiim.) .
7 ',(>,3
71 5, S
10,5
(,.0
— 2^|.G>
— •,>2.3
-m,3
La ditîérence normale des pressions étant de 25 ////((, celles
ci-dessus sont très sensiblement difïérentes :
Elles sont plus grandes au IL (L M. qu’à la Tour; pour la courbe
dont le maximum a lieu le lü au matin, la diriérence, qui n’est (jue de
I mm 3 à la montée, atteint 2 mm 3 à la d(*scente.
31
242
LA TOUR EIFFEL E.\ 1900
Température.
Les variations de teinpéralure indiquées par les courbes de la
figure 2 sont extrêmement intéressantes.
Le relevé des diagrammes donne les chiffres suivants :
DATES
Ü. C. M.
T. E.
Le 12 février à 18 heures
0”',
— 1
Le i3 — ininuil
0,4
— 1,5
— — .3 heures
0,5
— '/i
— — 7 h. .3o
— 1,0
— L7
— — 12 heures
2,5
— 0,8
— — '7 —
.3,0
.3,0
— — 21 —
8.0
1 1 ,0
— — 21 h. .3o
0,0
i',,o
— — 2.3 lieures
10,0
1 1 ,.3
Le i^i — ,S —
2,8
1,0
Ainsi, au passage de la bourrasque, la tem[)érature au B. G. M.
est montée, entre 7 h, 30 du malin et 23 heures, de — i"o à io"o, soit
de II”.
A la Tour, de 7 h. 30 à 21 h. 30, elle est montée de — G7 à i4°o, soit
de i5“7.
Fendant ce temj)s, au IL G. M., lèvent, qui soufflait d’entre N. et E.
vers 8 heures du malin, passait successivement à l’E. à midi, au S.-E.
à 18 heures, et enfin au S. à 23 heures, moment du maximum de tem-
pérature; il j)assail de là au S.-W., puis au N.-W.
Vitesses du eut.
Quant aux vitesses du vent, les courbes de la figure n” 3, relatives
l’une au sommet, l’autre au Bureau, proviennent de deux anémo-ciné-
mographes Richard, dont l'un est installé sur la terrasse du Bureau, et
dont l’autre, placé dans le laboratoire spécial, correspond électiicjuement
avec le sommet de la Tour.
OBSERVATIONS MÉÏÉOROLOGIOUES EN 1900
243
Nous avons (U'*jà clil que ces appareils ne peuvent donner que des
moyennes. Mais comme celles-ci sont assez mal définies, ils ne se prêtent
pas à la mesure j)récise d’un phénomène è variations aussi disconlinues
et aussi instantanées que l’est un vent violent. Il ne faut donc voir dans
les courbes que nous reproduisons que le tracé d’une allure générale
comparative, mais non la notation de vitesses réelles.
Elles peuvent cependant servir à établir approximativement les
rap])orts de vitesse moyenne au sol et au sommet.
Il faut observer que cette comparaison n’a de sens que si l’on a
affaire à un même courant, c’est-à-dire si les directions en haut et en
bas sont semblables. Il y a très fréquemment des différences, même très
notables, mais, malbeureusement, pour cette tempête, nous ne pouvons
les apprécier, la girouette du sommet ayant accidentellement mal
fonctionné.
On voit par le simple examen des courbes (|ue, dans l’ensemble,
leur alhu'e est peu différente; les maxima se corresj)ondent à peu [)i’ès,
mais avec des reliefs plus accentués pour la courbe du sommet.
Comme rapport des vitesses, au moment de l’orage du 13, à 19 b. 52,
la vitesse en bas est représentée par le nombre q,6, et celle d’en haut
par le nombre 29, dont le rapport est 6,5. A la fin de la tempête, c’est-
à-dire le 14, à 20 heures, la vitesse en bas est représentée par 1,7, celle
du haut par 13, soit un rapport de 7,6. Pour les autres vitesses intermé-
diaires et d’une manière générale, le rapport est de 5 à 4.
De l’examen de cette courbe, il résulte que la vitesse moyenne du
vent à la Tour a atteint une première fois 29 m par seconde à 19 b. 52,
au moment du grand orage; après s’être brusquement abaissée au-
dessous de 20 elle a repris une marche ascendante jusque vers
2 heures du matin, avec une pointe ascendante à 35 /n à minuit 52.
Elle s’abaisse ensuite à 30 m pour atteindre une vitesse d’environ 39 m
par seconde vers 5 heures du matin, deux heures aj)rès le minimum
barométrique.
Au B. G. M., le vent a atteint un maximum de 12 m par seconde en
vitesse moyenne, à 3 h. 30 du matin, soit un peu moins de 1/3 du
maximum de la Tour. .\ ce moment, le vent à la Tour était d’environ
36 //?, ce qui donne également le rapport de 3.
C’est pour atténuer cette insuffisance des indications de vitesse de
2U
LA TOri{ LJ F F KL K.\ 11)00
ranémo-cim'mographe employé, que j’ai fait don au B. C. M. de l’anémo-
cinémogra]»he dit à inr/icafinns ins/an/anées, et destiné i'i mesurer la vitesse
tilmJue du vent, par la notation sur un papier (|ui se déroule avec une
vitesse de 30 mm j)ar minute. (Il faut, bien enUrndu, comprendre (pie ces
qualifications données usuellement à l’apjiareil ne sont que relatives.)
Dans cet anémomètre, on émet un contact par mètre de vent par-
couru, c’est-à-dire qui* le cinémograplie fonctionnant de la même façon
avec le contact d’établissement du circuit et avec la rupture de ce circuit,
on obtient deux indicalions cbaipie fols (jue le vent a parcouru l’espace de
un mètre. Dans l’ajipareil des moyennes, on n’a un contact que tous
les 30 m^ ce qui fait, avec la rupture, une indication tous les 23 m.
Le moulinet étant calibré pour faire un tour par mètre parcouru par
le vent, on a donc 2 pointés par tour pour l’anémomètre à vitesses abso-
lues, et 2 jiointés par 30 toui's pour l’anémomètia* à vitesses moyennes.
L’approximation est donc bi'aucoup plus considérable qu’avec l’appa-
reil ordinaire, (pioique, en réalité, on ne puisse considéri'r ses l'ésultats
comme ahsolua.
Pour conqiarer les indications des deux appareils, nous donnons la
courbe 4 se ra|iporlant à un intervalle de 10' compris entre o h. 20 et
O b. 30. Il n’y a aucun rapjiort entre les deux tracés.
En moins de 1', on a, dans l’un, des variations de vitesse de
33 )n à 43 m (pii ne sont aucunement décelées jiar l’apjiareil ordinaire,
lequel indique seulement une vitesse (b* 26 avec marche ascendante; le
maximum indi(pié dans cette j)ériod(‘ ne dépasse pas 34 )n.
§ 11. — Maxima et minima de tenapérature de 1900.
(IM. 5, fig. 5 et (i)
Ils sont représentés dans les figures 3 et 6 de la PL a. — Le 20 juillet,
on a enregistré 34”, 7 au sommet de la Tour et 36" dans la cour du Bureau.
11 y a à noter les inversions du matin des 18, 19 et 20 juillet, celle du 19
atteignant 4°, 3 à 4 heures du matin, au moment du mininuiiii diurne. —
On retrouve encore le 16 juillet, à 3 li. 30 du soir, un abaissement brusque
de la lemjiératurc (de 3 3“ à 29“, soit 6“i près du sol, qui ne se jurnduit pas
à la Tour. D’une manière g('‘nérale pendant cett(‘ période, l’amplitude
PI. N" 5
Fig.5 . Maxima de température de -1900
(Inversions dans les minima imphludes plus faibks a h Tour)
/ .Jeudi '.i .^Tai UHH) / Vendredi 4 7 Samedi 5
— 7
Mimma de temperraure de I *'
Lundi 20
Mardi 21
m
TSdi’ tseniinîti
Fig. 7. Inversions de température précédant l'Orage du 6 Mai (stdu soiri
Fig. 9. Inversions de tempéra lure pre-'- -l'.m l'Orage dr 20 -i.-ri
(grand abaissemenl de iempéralure au moment del'oraige Abaissement en liCM . non observe a la Tourj (grand abaissement de température au moment de i orag-' . S ■''■et S' du matin . et entre 3-30 et ; es soir i
Dimanche 6 Mai
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Fig. 8. Vite.sse moyenne du Vent _ Orage du 6 Mai 1900
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nliSERVATIONS MÉTÉOROLOr.IQUES EN 1900
2io
est bien moindre à la 'l'our qu’au sol ulu i8 au 19, 5* à la Tour,
II" au sol ).
Le minimum de lemj)LM'alure en 1900, observé le 10 février, a été de
— 7" à la Tour et — 5", i au Bureau central iliguri' 6). Les amplitudes pen-
dant celte période sont sensiblement égales. Il n’y a qu’une seule inversion
très faible, le 8.
§ 12, — Inversions de température précédant des orages.
(IM. 5, fig. 7 à 10.)
Orage da 6 mai \fig. 7 el 8) el orage da 20 aoâl 1900 ifîg. 9 et 10). —
La liguri' 7 présente une série remarquable d’inversions presipie ipioli-
diennes précédant un orage violent (pii a éclaté le dimanche 6 mai, entre
6 et 7 heures du soir. Pendant cette période et ii partir du 5 mai, les
amplitudes sont beaucoup plus faibles au sommet cpie prés du sol. On
remarquera le 6 mai, à 3 b. 30, un abaissement considérable de la tempé-
rature au sol (de 26“ à ib") qui ne se produisit pas au sommet de la
Tour.
La ligure 8 donne la vitesse moyenne du vent, de 1 3 heures à
22 heures. Vers 18 heures, le vent est de 7 /?iau sol et de 24/// à la Tour, soit
un rapport de 3,3. Le maximum au Bureau n’est atteint que vers la lin d(‘
l’orage. Lèvent revient au calme complet deux heures après, alors qu’à la
Tour on enregistre encore un vent de 8 à 10 m.
La figure 9 donne la marche de la température pendant les trois jours
qui précédèrent le 20 août, où eurent lieu deux orages successifs, l’un de
3 à 6 heures du malin, l’autre à 1 3 b. 30. Celui de la nuit fut le plus violent;
il fut précédé d’un léger récliaulï'ement de la temjiérature au sommet,
suivi d’une chute assez remarquable.
La figure 10 montre que le vent s’élève à la Tour, [)ar une série régu-
lière d’à-coups de la vitesse de 4 m à celle de 24 m; plus d’un quart d’heure
avant, le Bureau avait atteint son maximum de 7 m. Le second orage
éclata j)lus brusquement, et, en moins d’une demi-heure, passa de 4 m
à 22
Il est à observer que pendant tous les orages, la direction du vent
s’est tout à fait modifiée, et qu’il a tourné d’au moins 90"
I.A Torii EIFFEL EiN 1900
240
^ 13, — Courbes des vitesses de vent pendant ces dernières années.
(IM. 6, fig II à 15.)
Nous croyons intéressant de reproduire dans la planche n° 0 quatre
courbes de vitesses du vent, sur lesquelles nous avons quelques
remarques à faire.
Fig. Il ('t 12. — Ces courbes correspondent à une déjiression baro-
métrique profonde (739 mm). Les courbes de vitesses moyennes sont à
j)eu près parallèles : maxima vers 2 b. 23 de l’après-midi. Le maximum
de vitesse moyenne est de 3 1 , 5 m ; le maximum de vitesse absolue, de 39 m.
Fig. 13. — Cette couiLe se rapporte à la journée moyenne du 16 juin,
où une trondie a ravafj^é la banlieue nord de Paris, notamment Asnières
et Saint-Uuen. N'ers 6 b. 30 du soir, moment de jiassage du cyclone, la
vilesse moyenne an Pui'eau n’a pas dépassé 7,8 m et la vitesse absolue à
la Tour est allée à 34 m seulement. L’effet de ce cyclone était donc tout à
fait local.
Fig. 14. — Ce que cetle courbe présmite d’intéressant est l’abaisse-
ment brus(pie à la Tour de la vitesse de 21 7n h celle de 4 an moment
où les vents étaient animés de direction très variables, souvent même
opjiosées, et au contraire, le relèvement rapide de la vitesse, une fois
(ju’une direction générale s’est établie dans le courant.
Fig. 15. — Ces courbes ont été obtenues pendant un violent orage
qui a éclaté sur la région de Paris, le 6 sejitembre 1809.
L’allure de la courbe de viti'sse moyenne indique nettement la violence
du coup de vent, (pii commence exactement à 8 b. 52 m. du soir, où la
vitesse du vent s’élève brusquement de 4 m par seconde à 42 m ; elle s’y
maintient pendant 2 à 3 minutes et diminue ensuite progressivement. Ce
coup de vent, qui soulevait des tourbillons épais de poussière et occa-
sionna quelques dégâts à Paris, avait été jirécédé de nombreux et violents
éclairs qui illuminaient le ciel depuis 7 beures du soir ; il fut accompagné
d’une chute très intense de pluie et de grêle, qui donna 38 mm aux pluvio-
mètres du Pureau.
L’enregistrement de vitesse absolue a accusé un maximum de 44 m
par seconde entre 9 beures et 9 b. 1 m. du soir : c’est la plus grande vitesse
absolue (jui ait pu être enregisli'ée jusqu’alors au sommet de la Tour.
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^ 14. — Travaux de M. Langley.
l^our éclaircir ce que j’ai dit plus haut sur la vitesse du V('ut, et
puisque j’ai cité le nom de M. Langley, je ne puis résister au désir de
rapprocher ces résultats de ceux que renrerine le Mémoire publié par
M. S. 1*. Langley, secrétaire de l’Institut Smithson de Washington
[Revue de l' Aéronaulique ^ 1^95). Ce Mémoire a pour titre : Le tmvail inté-
rieur du vent.
M. Langley s’est servi pour ses expériences d’anémométres Robinson
particuliérement légers (i) dans lesquels l’enregistrement électrique se
faisait, à chaque demi-révolution, sur un chronogra[)h(‘ astronomi(jue
ordinaire, lequel était placé dans le bas de la Tour de 47 m de hauteur
servant aux observations. Voici ce (jue dit M. Langley au sujet des
diagrammes qui figurent dans son Mémoire ;
« Ces diagrammes mettent en lumière cette particularité remarquable
que les Iluctuations du vent sont d’autant plus accentuées ipie la vitesse
absolue de celui-ci est plus considérable.
« Ainsi, pai’ un vent violent, l’air se meut en une masse tumultueuse
où la vitesse peut s’élever à un moment donné jus([u’à 64,4 />m à l’heure
{ 17,90 ni par seconde), pour tomber prescjue instantanément jusqu’au calme,
reprendre ensuite, etc.
« Ce fait, qu’un calme local absolu peut se jiroduire momentanément
par un vent fort prédominant, m’a vivement fra[)pé pendant les observa-
(1) L'ancmonièlre ordinaire Robinson de l’Institution Smilhsonienne, avec coupes en
aluminium, était construit sur les données suivantes :
Diamètre entre les centres des coupes oj)posées. . . o..V, m
Diamètre îles coupes io,i() cm
Poids des bras et des coui)es 9
Moment d’inertie gem*
On en lit construire un autriî de mêmes dimensions, mais beaucoup [ilus léger. I,c
poids était de 48 g et le moment d’inertie de n.<)'|t> gem*, ce (pii est déjà un résultat satis-
faisant.
Celui qui tinalement a été construit par .M. Dangley lui-mème, a un diamètre moitié
moindre (pie le modèle habituel, soit 0,17 m. Les bémisphères sont remplacés par des ci’mes
du poids total de g. Le moment d’inertie est seulement de 3oo gem*, ce qui est tout à fait
remarquable iiour un appareil ayant résisté aux vents de tempête.
248
LA TOl'K EIFFEL EN 1900
lions du 4 l'évrier. En levanl les yeux vers le léger anémomètre, dont la
rotation était si rapide qu’on ne pouvait distinguer séparément les coupes,
je vis tout à coup celles-ci s’arrêter un instant, puis reprendre leur grande
vitesse de rotation, le tout en moins d’une seconde; cette remaiapie
confirma mes soupçons sur l’insuflisance de l’enregistrement clironogra-
phique des indications d’un anémomètre, même exceptionnellement léger,
pour exju’imer la rapidité réelle de ces variations intérieures. Puisque la
vitesse est comptée d’après l’intervalle mesuré entre deux contacts élec-
triipies, un arrêt instantané, comme celui que j’ai observé fortuitement,
sei’a représenté sur l’enregistreur comme un simple ralentissement du
vent, et des faits, aussi signilicatifs que ceux que je viens de citer, passe-
ront nécessairement inaperçus, même avec l’appareil le plus sensible de
ce genre.
» On conçoit cependant que plus les contacts seront fréquents, plus
l’eni’egistrement s’ajiprochera de la réalité; aussi ai-je eu soin d’établir un
contact par chaque demi-révolution du moulinet, ce qui donne lieu en
général à j)lusieurs enregistrements par seconde.
« J’appelle maintenant l’attention sur des enregistrements effectifs
de variations ra[)ides, et, ])Our en donner une idée précise, je [jrendrai
comme exemj)le les j»remières cinq minutes et demie du diagramme repré-
senté ligure 5 1 .
« Le trait fort passant par les points A, B, (b est le tracé obtenu avec un
anémomètre ordinaii’e du Bureau météorologique j>our le passage de deux
milles de vent (3.220 m). La vitesse qui, au début de la j)ériode considé-
rée, était d’environ 37 />>/( à l’heure (10,28 m par seconde), tombe, pendant
le premier mille, à un peu plus de 32,2 //// à l’heure (8,95 tnjs). (^est là
l’enregistrement anémométrique ordinaire à celte hauteur (47 )/i au-dessus
du sol), où le v<'iit est soustrait aux perturbations résultant du voisinage
immédiat des inégalités terrestres, et où l’on admet communément (jue
sa direction seule est soumise à des variations occasionnelles, ainsi que le
montre en effet la girouette, tandis que son mouvement serait assez régu-
lier pour ({u’on puisse le considérer, pour un court intervalle de deux à
trois minutes, et dans les circonstances ordinaires, comme approximati-
vement uniforme. C’est donc là ce (ju’on appelle « le vent », c’est-à-dire
le vent conventionnel des traités d’aérodynamique, où on ne le considère
que sous l’aspect d’un (courant pratiquement continu.
nlJSEKVATloXS METKOKOLOGlOl ES EN 1!H)0
24!)
(( Mais il (*n est tout autrement, si l’on examine le tracé enre^isti’é
dans le même temps, de seconde' (*n 'seconde, avcf. un anémomètre excep-
tionnellement léger. La vitesse initiale de
37
à riieure (10,28 /«/.y) à
midi lo'iS" s’élève en 10 secondes à Inn '14,70 y>?/.s), revient, dans les
10 secondes suivantes, à sa valeur primitive, remonte ensuite en 30 se-
condes jusqu’à 38 /■//?/// (16, 10 y//'v) et ainsi de suite avec des alternatives
250
LA TU U K EIFFEL EiN 1900
îinalogut'S comprenanl inOme, à un certain moment, un calme absolu.
« On voit aussi (jiu* la vitess<* a passé par i8 maxima notables et par
aulaiil (le minima, l’inti'rvalle moyen (Mitre un maximum et un minimum
étant (run peu plus de lo secomb's et 1a moyenne des changements de
vitesse, })endant ce temps, d’environ i6 l,in par heure (4,45 nijs). »
Îî 15. — Comparaison des résultats trouvés au B. C. M.
avec ceux donnés par M. Langley.
On me jiermettra, en raison de rim|)ortance capitale qu’a le vent, au
point de vue de la stabilité des constructions, d’entrer encore dans
quebjncs dévelop|»ements à ce sujet, quoi(pi’ils s’éloignent un peu du
cadi’e de cet ouvrage, parce (pi’ils se rattachent à l’une de mes constantes
jiréoccupations pendant ma carri(M‘C d’ingénieur.
Le tivs intéressant extrait qui précède des travaux de .M. Langley
met bien en lumière un l'ait très connu des aéronautes et des marins,
c’est (pie le vent, suidout quand il est violent, agit jiar rafales soudaines
(pii n’orfrent aucune, constance, ni en int(Misité, ni en direction.
11 est aussi une conlirmation d('s résultats déjà constatés au Bureau
central méléorologi(pie avec l’anémo-cinémograpbe Richard à indications,
sinon instantanées, mais, au moins, très rapides. Cet appareil donne, par
le tracé de s(‘s courbes, des variations très analogues à celles que four-
nissent les instruments d(‘ M. Langley.
Ainsi, si l’on considère b's courlx's de la tempête du ) mars 1896
(voir lig. I 1 à 14, |d. 6), on lit sur le (piadrillage tracé en prenant 1 m
coniiiK' ordonnées et 5 secondes comme abeisses, b's résultats suivants :
1“ fni uu(‘ minut(', le tracé indi(ju(^ 4 à 5 maxima et autant de
minima; l'intervalle (Mitre 2 maxima, c'est-à-dire entre deux pulsa-
tions du V(Mit, est d’environ 10 secondes;
2" La monté(‘ d’un minimum à un maximum [leut être indiquée en
moins de 5 sccomb's pour une variation d(‘ vitesse de 9 m. (soit de
p) m à 39 ,n à 12" 49' 33");
3" La descente de ce même maximum au minimum de 28 soit
une variation de 11 //p s’est produite en 15 secondes av(‘c deux à-coups
intermédiaires parfaitenuMit maiapiés ;
soir soir
40 mètres
39
38
37
3fi
35
34
33
32
31
30
29
28
27
26
25
24
23
22
21
20
Fig. 5i Tempôte du d mars 'l89G, à I échelle de In figure ol.
2V2
LA TOT H Lim-L KX IHOO
4" Un n'marqiiahln coup de vent avec vitesse ascendante progressive
se j)rodiiil de i'' i' 22" à Dans cet intervalle de 2' 23", le vent
monte de 21 )/> h 38,30 ni en passant par un nombre de 10 maxima et
aillant de ininima intermédiaires.
Pour rendre plus manifeste encore l’analogie des résultats enre-
gistrés au Dureau central méléorologirpu', et ceux fournis par M. Langley,
nous donnons ci-contre (fig. 31 ùis) le tracé de cette mèmi' couidie de
tempête Ji l'échelle de la figure 31.
On voit qu’il y a une grande analogie entre ces deux figures pour
des variations égales dans la vitesse.
Mais il ne faut pas se dissimuler que l’indication de la vitesse elle-
même ('st très incertaine, jmisque l’on n’a pas réalisé une vérification directe
des appareils ])Oui‘ les grandes vitesses. Peut-on déduire du nombre de
contacts la vitessi' correspondante du vmit, et admettn* que le rapjiort
égal à l’unité entre la vitesse du vent et le nombre de tours du moulinet,
admis pour les faibles vitesses, se maintient |)Our un nombre de tours
qui va jusipi’à 2,300 ou 3,000 par minute? La chose est j)lus que dou-
teuse, et les résultats donnés [>ar les moulinets dans ces circonstances
n(‘ peuvent guère inspirer confiance. Kn outre, ces nombres de tours si.
considérables monti'enl combien il est difficile de construire des appareils
résistant sans sc brism' à de jiareilles viti'sses de rotation.
Dn a donc eberebé dans un autre ordre d'idées, et M. Dines a cons-
truit un anémomètre è tub(' de pression, très employé en Angletern', et
dont il existe un spécimen au Pureau central, (iet appareil, qui a quebpie
analogie avec le tube de Pilot, employé en hydrauliipie, consiste essen-
tiellement en un flotteur immei’gé sous une clocluq et dont les dépla-
ccMiients verticaux correspondent aux variations dans la pression, due à
la vitesse du vent. Nous avons vu au Pureau central des tracés en
bacliures ti’ès remarquables obtenus par cet appareil.
Ouoi(|ue l’heuri' ne soit représentée sur ces diagrammes que par la
largeur tout è lait insuffisante de 13 ;??;??, on peut lire cependant sur l’un
d eux, pour un intervalle de 3 minutes, une variation de vitesse de vent
de 14 m en baisse avec l’indication de 3 à-coups diminuant progressive-
immt, ce (jui donne une approximation supéiieure à celle d<‘ l’anémo-
cinémograpbe ordinaire.
Il est à désiriM' «pie, soit à l’aide de cet anémomètre rendu plus
OMSEH VATIONS M ÉTK( Mi ( )U)r, 1 0 T ES EN 1900
2;;3
sensible comme indications, soit par des moulinets à rotation dont on
puisse contrôler les résultats, on poursuive ces expériences sur la
vitesse réelle du vent.
On pourra alors se représenter ce phénomène si peu connu et d’un
si grand intérêt qu'est le vent et dont nous ne mesurons avec quelque
(•-(‘rtitude ni la vitesse ni encore moins 1a pression. Les moyennes données
j»ar les instruments actuels n’ont, tout au moins au point de vue de l’in-
génieur et d(' la stabilité des constriudions, (pi’un médiocre intérêt.
Les putsallons du v(Mit, avec leurs intensités réelles à chaque instant,
ont, au contraire, une importance capitale, et elles sont encore à déter-
miner.
CHAPITRE \I1
RÉCEPTIONS ET VISITES FAITES A LA TOUR
EXPÉRIENCES DE M. S ANTOS-DUMONT
§ 1. — Réceptions et Visites.
La Tour a clé [)ciulant rEx|)ositioii de 1900 le ccnli’e de nombreuses
visites de corps savants. Nous citerons tout d’abord celles faites, le 21 juin
et le 5 juillet, par les ingénieurs étrangers délégués aux fêles données par
la Société des Ingénieurs civils de France.
Ces ingénieurs se sont particulièrement intéressés à la nouvelle ins-
tallation mécanique des ascenseurs, et à raménagement de la deuxième
plate-forme.
A la suite de chacune de ces visites, M. Eiffel a offert à ces ingé-
nieurs délégués un déjeuner à la première plate-forme, atin de les réunir
une* fois de plus à M. Canet, président de la Société des Ingénieurs civils
de France, et aux membres du Comité. Plus de cent ingénieurs assis-
taient à chacun de ces banquets où les toasts les })lus cordiaux furent
échangés.
On nous permettra de relater des extraits de quelques-uns d’entre
eux, non par un sentiment de vanité personnelle, mais alin de montrer
de quelle estime exceptionnelle la Tour jouit à l’étranger. o
256
LA TOI l{ EIFFEL EN lltUO
Allocution de M. De .Ionker J. B. van Merlen
de rimlitut Royal des Ingénieurs néerlandais .
(( Ainsi qu’un marin, qui s’approche de la terre, lâche de découvrir
un phare, les yeux des pèlerins cherchent la Tour EilTel, le phare de la
r »
civilisation de Paris.
« M. Eiffel, avec une science et un courage hors ligne, a saisi le
drapeau français, l’a élevé dans les nuages et l’y maintient avec une
main de fer.- ' ' T . .
« A M. Eiffel je puis dq-e que, de l’unanimité du monde entier, la
Tour Fhffel, (jui fut le clou de la précédente Exposition, est et reste le
clou de l’F]x|)osition actuelle.
Allocution de M. ^E Manc.oiry,
memhre de la Sudété des Ingénieurs des voies de conununiration de Russie.
« En (pialité de délégué de la Société des Ingénieurs des voies de
communication de Uussie, et en même temps comme membre de la Société
Impériale de Russie, je porte un toast à la précieuse santé de notre
aimable amphitryon, en le remerciant le plus chaleureusement de l’accueil
si amical qu’il nous manifeste aujourd’hui, sur la j)lacc môme où il a érigé
le monument unique et séculaire (jui })0iTe son nom et lequel, nous en
sommes certains, portera son nom à la postérité la plus lointaine. »
Allocution de M. Luis Salazar,
de l' Association des Ingénieurs et Architectes de Mexico.
« Le Pont Alexandre, le Grand et le Petit Palais des Beaux-Arts, le
Palais du Génie civil, etc., sont autant d’échantillons du progrès de la
France; quelques-uns de ces travaux sont ceidainemenl des clous; mais je
le dis avec conviction, rien ne me semble réunir les piéférences comme
étant le vrai clou de l’Exposition de 1900. Voilà la différence que je trouve
avec l’Exposition de 1889, où, sans contradiction, le travail du fer avait
emporté le prix de l’enthousiasme jiublic, c’est-à-dire, la Galerie des
H KC K PT K) NS ET VISITES FAITES A EA T 01' U
Machines cl la Tour EilTel, cette Tour (jiii, malgré ce (|u’on a dil, reste
encore, onze ans après, le don qui en 1889 rendit célèbre le nom dn savant
ingénieur M. Eiffel. »
Allocution de M. Ziino,
du Collège des Ingénieurs et des Arcliifectes de Païenne.
« Les chefs-d’œuvre qui l’emplissent votre Exposition universelle,
au milieu desquels se dresse dans toute sa splendeur l’imposante et magni-
lique Tour EilTel, sont le témoigtiage de la science profonde, de l’art floris-
sant et du mouvement indusiriel de votre grand pays.
Je bois donc au génie des ingénieurs français sous toutes ses formes,
et à la santé de M. EAffel, dont le nom est connu du monde entier. »
.Allocution de M. llioinii, du Polgtechnicum Forening [?\orcège).
« Au nom de mes collègues de Norvège, j(‘ tiens à présenter mes
remerciements h M. Eiffel, pour l'aimable invitation qu’il nous a adressée.
11 nous a été extrêmement intéressant de visiter en détail celte suj)erbe
construction, et de contempler du sommet l’ensemble de l’Exposition,
cette ^ ille admiral)le, et ses environs charmants. Nous avons vu tous les
monuments, élégants et immenses, mais aucun d’eux n’arrive à la moitié
du Géant. Sa pointe s’élève bien au-dessus d’eux vers le ciel, montrant à
toutes les nations ce qu’un hotnme de génie peut pi’oduire avec l'industrie
et l’art français. Ce monument conservera la mémoire de M. Eiffel aussi
longtemps que Paris existera.
Allocution de M. J. Davidsk.n, de lu Société des Ingénieurs cicils danois,
« Grâce à l’invitation de notre bote, si aimable et si éminent, nous
avons pu ce matin visiter en détail l’iin des plus grands chel's-d'œuvre
français, et jouir du magni(i(pic j)anoi’ama qui se déroule du sommet de
la l’oiir Eiffel,
« Panorama vraiment grandiose!
33
2o8
LA TOl'R KIFFEL FN 1901)
« On aperçoit, se groupant autour de sa base, l’Exposition universelle,
qui a riMini, condensé, j»our ainsi dire, dans uti esi)ace relativement res-
Ireinl, les résultats de toute l’activité humaine dans toutes ses branches,
et de tous les points du globe.
« On voit se déroulant autour de l’Exposition, et comme son cadre
naturel et s[)lendide, la Ville de Paris! la Ville lumière! Messieurs!
« Le grand succès de l’Exposition universelle de 1900, cette œuvre
d’art, si dignement, si heureusement enchâssée dans Paris, le bien-être de
la population parisienne, sont dus pour la grande part à vos études si
savantes et si profondes, à vos travaux si beaux et si j>ratirpies, et je me
permets, au nom de la Société des Ingénieurs civils danois, de vider
mon verre à la prospérité toujours grandissante des Ingénieurs civils de
b' rance!
«
AUocitûon de M. .1. Mageuy,
membre de l'Association des Ingénieurs sortis de l'Ecole de Liège.
(( En 1885, la fabrication dn fer fondu par le procédé Thomas était
encore dans l’enfance et les rpialilés de ce métal fort peu connues.
(Juelques essais malheureux, faits à cette époque en Hollande, dans
des constructions avec de l’acier Ressemer dur, paraissaient devoir
faire exclure des constructions métalliques, telles que ponts ou
charpentes, le métal portant le nom d’acier. C’est alors que M. Eiffel,
])ressentant ce que pouvait valoir, du moment qn’on pouvait le produii'e
d’une qualité l'égulière et constante, cet acier nouveau-né, l’acier 'l’homas,
plus exactement appelé maintenant « le fer fondu », lit dans nos usines
des essais très nombreux et des plus variés sur une Ibule d’échantillons
pris au hasard. Il nous ap[)rit alors beaucoup de choses, et entre autres
les conditions auxquelles ce nouveau métal devait répondre, pour lui
permettre d’être employé, d’une manière régulière et sans crainte de
déboires, dans toute espèce de constructions métalhhpies. 11 s’agissait
alors de ponts de différentes poidées, légers et solides à la fois, facilement
transportables et montables. Ces essais furent j)our nous une excellente
leçon dont nous avons largement profité, en même temps que nous
constations avec joie que le grand constructeur des Ponts du Douro et
d’autres remarquables travaux, admettait l’emploi du fer fondu pour ses
nouvelles constructions. D’autres, rassurés par son exemple, le suivirent
dans la môme voie, et de mmibreux débouchés s’ouvrii'ent à ce nouveau
produit métallurgique. C’est donc, en partie, à M. Ciffel (pie nous le
devons; aussi suis-je heureux de proliter de l’occasion pour l’en
remercier au nom des fabricants de fer fondu, devenus si nombreux en
France comme ailleurs. »
Les mêmes sentiments à l’égard de la Tour étaient exprimés dans
d’autres nombreux toasts des membres de l’Association des Ingénieurs
allemands, de la Société des Ingénieurs et Architectes de \’iennc, de
l’Institution of .Mecbanical Kngineers de Londres, (|ui a décerné à
M. Eiffel le titre de Membre bonoi’airc, et entin de l’American Society
of Mecbanical Engineers de New-York (dont il est également Membre
honoraire).
Parmi les autres réunions, nous citerons :
Celle de la Société amicale des Ingénieurs des Ponts et Chaussées et
des Mines, présidée par M. Huet, ins[)ecteur général en retraite. Cette
réunion a eu lieu le i6 juin, sous la présidence de M. le Ministre des
Travaux publics.
Entin, celle du Congrès international de Météorologie, dont les
membres, api'ès la visite de la Tour, se sont réunis le 13 septembre dans
un banquet [irésidé par M. le Ministre de l’Instruction jiubliquc.
M. Mascart. président du Congrès, a jirécisé en quelques mots les
progrès accomplis en météorologie dans ces (b'rnières années. Il a notam-
ment rappelé que les météorologistes ne se contentent plus d’observer les
phénomènes à la surface du sol ; sur les plus hautes montagnes comme
au sommet de la Tour Eiffel, ils ont établi des stations (jui, dégagées des
intluences locales, fournissent les plus précieuses indications.
Les personnages de marque qui ont visité la Tour pendant l’Ex|)o-
sition de 1900 ont été peu nombreux ; nous citerons seulement :
S. A. K. l’arcbiduc Charles-Ferdinand d’Autriche.
Tiao Maba Ouparat, second roi de Luang-Prabang, avec sa suite.
Le Fama Aguibou, roi du Macina, accompagné du prince Mocktar,
son plus jeune tils.
S. E. Simon Tran-Dai-lIoc, chef de la mission envoyée par le
260
LA TOLIl KIFFKI. EN 1000
Gouvernement général d’Indo-Chine, et S. E. J, Nguyen-Hun-Nliieu,
meml)re de celte mission.
LL. AA. le grand-duc et la grande-duchesse de Mecklembourg.
M. Kniger, le vénérable Pi’ésidenl de la Hépublique Sud-Africaine.
En 1901, ralbuni des visiteurs porte le nom de Hanavalona, ex-reine
de Madagascar, et ceux des amljassadeurs marocains Al)del Kerim ben
Sleinan, Hen Nasser Gbannam et Mohammed ben el Kaab, ipii y ont écrit
les phrases dont nous donnons ci-dessous la traduction :
« Gloire à JJieii. — Lorsque celui qui a écrit ces lignes est arrivé à cet
« endroit merveilleux, (pii est un témoignage d’un génie unique, il a été
« convaincu jiai' sa ju’opre vue de ce que la renommée avait fait jiarvenir
« jusqu’à lui, el (pi’il résume ainsi : cet endroit est la preuve que celui
« qui l’a élevé el l’a conçu n’a pas de pareil dans la science de l’in-
« génieur et qu’il est une des gloires de la nation, qui est elle-même
« unifpie.
(( Fait le 6 Rabi-el-lbani 1309 par l’Ambassadeur de sa Majesté
(■ cbériüenne le Sultan du Maroc, auprès du Gouvernement de la Hépublique
« Fi’ançaise. »
2.
Le prix Henry Deutsch et M. Santos-Dumont.
Le 24 mars 1900, M. Henry Deutsch institua, de concert avec l’Aéro-
Cluh, un grand-prix de 100.000 /'/•. destiné à favoiâser les progrès de
l’aéroslation par ballons dirigeables.
Les conditions de l’épreuve imposée ont été détinies par la Commis-
sion de l’Aéro-Club ainsi qu’il suit :
« Partir du Parc d'aérostation de l’Aéro-CIub (situé sur les coteaux
de Saint-(doud, à 3,3 /,i/i de la d'our EilTel); déci'ire, sans toucher terre el
par les seuls moyens du bord, une c(3urbe fermée de façon que l’axe de la
lourLidel soit à l’intérieur du circuit; revenir au point de déjtart dans le
temps maximum d’une demi-henrc'. »
11 avait paru au fondatmir de ce prix, (pii est à la tète de l’industrie
des jiéiroles en h rance, (jue les progrès considérables récemment réalisés
dans la labrie.ation des moteurs à essence de pétrole et l’emjiloi de ce
combustible si léger et si riche en énergie, donnaient lieu de jienser
KXi‘HI{ll]NCES \)K M. S AN TOS- IJ U MOX T
2(jl
qu’on se trouvait désormais en possession du moteur tant désiré pour
la direction des hallons. A la fois puissant et léger, il permettait de
renouveler, dans des conditions plus favorables, les belles expériences de
MM. Henard et Krebs, faites avec des moteurs électriques et de tenter
davantage qu’un commencement de solution pour le problème tant
cherché, et dont les difticullés sont si grandes, non seuleimmt en raison
de l’action considérable de la pression du vent sur un mobib' llottant
dans l’air, mais encore en raison de l’irrégularité de sa vitesse et de sa
direction.
Le seul concurrent qui tenta l’é[)reuve indi([uée fut M. Santos-
Dumont, dont b's expériences successives dans le courant de l’année 1901
ont attiré l’attention du monde entier.
Dès 1898, M. Santos-Dumont avait fait une série d’c'ssais de ballons
dirigeables, en leur donnant la forme habituelle de fuseau, c’est-
à-dire celle d’une enveloppe cylindriipie terminée par di's cônes, et en
les munissant d’un moteur à pétrole de Dion-Douton. Le Sanlos-
JJumonl n" i avait une largeur de 25 m id un rayon de 1,75 m ; son cube
était seulement de 180 et son moteur, qui était un moteur d’automo-
bile, de 3 1/2 chevaux. L’hélice en aluminium avait i m d’envergure.
Nacelle et machine, tout compris, pesaient 64 kg, soit moins de 20 /iv/ par
cheval-vapeur, ce qui constituait déjà un grand jirogrès sur les appareils
Giffard.
Ces essais se poursuivirent sans discontinuer, et, au milieu de
péripéties de toute nature', avec une ténacité et un courage absolument
dignes d’éloges, M. Sanlo^-Diniionl construisit successivement trois autres
ballons portant les n“" 2, 3, 4, et entin le « Santos-Dumont n" 5 » en 1901.
Ce ballon avait une longueur de 34 m et un cube de 330 m. Sou volume
était engendré par un segment de cercle ayant 77" d’angle au centre. Une
légère poutre armée, servant de quille, était suspendue directement à l’enve-
loppe eu soie, imperméabilisée à l’huile de lin, (|ui renferme le gaz hydro-
gène. Elle portait à l’intérieur, souh'iiu à l’aide de fils d’acier, un moteur
à essence à 4 cylindres de 16 chevaux de force; en un autre point de
cette poutre armée, était disposée la nacelle, d’où l’aéronaute dirigeait le
moteur avec des cordelettes et actionnait la voile-gouvernail placée à
l’arrière. Le moteur lui-mème faisait mouvoir une hélice en toile agissant
à l’arrière par propulsion. Cette hélice avait un diamètre de 4,00 /??, une
LA TOI |{ LIFFLL F N 1900
■2iV2
vilosse de 140 tours, et était capable de donner une traction de 60 /,'ÿ
aux essais sur un point lixe.
Avec ce ballon, le 13 juillet 1901, parti du Parc d’aérostation,
.M. Santos-Duinont doubla la Tour biilïel (voir tigure ci-contrej, et revint
à son j)oint de départ en 40 minutes. Ce succès était sans précédent, parce
que c’était la piannière l'ois qu’on se trouvait en pi’ésence d’un pro-
gramme de parcours nettement déterminé.
Le H août, eut lieu un nouveau voyage : le ballon doubla la Tour
Kiiïel à la hauteur de la troisième plate-forme, après un [)arcours très
rapide de 5,5 /,/n en 9' 7^ Malbeurcmsement, au retour, une dél'ormation
de l’enveloppe et l’enchevêtrement de l’hélice dans les cordages de
suspension amenèrent une chute violente sur l’iiotel du Trocadéro.
L’aérostat fut complètement brisé, mais M. Santos-Dumonl eut le
bonheur de s’en tirer sain (>t sauf.
M. Emmanuel Aimé décrit ainsi cet accident dans la Pevue men-
suelle rAérophilo^ numéro d’août 1901.
« Les conditions atmospliéiTpies attendues de[)uis quinze jours
|)araissent assez favorables. Le ciel, lavé par une semaine de j)luies,
resplendit sous les feux du soleil. Cependant du côté de l’Orient
(|uel(|ues nuages ternissent encoia* l’azur et présagent hî vent qui trop
souvent succède à l’accalmie du matin.
« Du haut des coteaux de Saint-Cloud, la Tour Eiffel émerge de la
brunie matinale avec son drajteau (jui pend en jilis rassurants à 300 m,
tandis que, plus bas, les arbres du Dois de Doulogne se partagent la line
mousseline du brouillard en lambeaux.
« Si la Tour Eiffel n’existait pas, il faudrait l’inventer pour les besoins
de l’aérostation. Son drapeau, à 5 kni à la ronde, donne spontanément
le signal des ascensions et pour l’aéronaute (jui cherche, dans la molle
inclinaison de ses trois couleurs, l’augui’e jiarfois trompeur d’un beau
tmnps et pour h*s Parisiens cpii l’interrogent avant de risijuer une [iro-
menade sur la rive gauche de la Seine, mitre Suresiu's et Saint-Cloud.
« Le matin du 8 août, il semble se pencher pour dire : venez au Parc
d acrostation. Fl deux cents personnes, avant (jue soient [larus les jour-
naux annoiujant, pour varier leur cliché (juolidien, la remise de l’ascen-
sion a plus tard, accourent à pied, à cheval, à bicyclette, en fiacre et en
automobile.
l'ig. ôi ter. — .Sanios-Dumont doiihlant la Tour Eiiïel le l S juillet 1901, à 11 h. 55 du watiu.
(D'après un cliché commiinifpié parja Ueviie l' AérophUe.)
2(14
1>A TOT H El FF El. EN 1900
« Très acclamé, Santos-Diiinont commande le départ à 6" Le
ballon, comme nn oiseau géant elîarouché par le tonnerre des apj)laudis-
sement rpii éclatent en bas, semble hésiter un instant et cberche sa route
à droite et à gauche.
(( Une bouffée de vent l’écarte au-dessus de la Seine dans la direc-
tion de Meudon. Mais, après quelques embardées vite corrigées, il pointe
direclem(‘nt vers la Tour Liffel. Il arrive au poteau è 6" 21' 37", opère un
virage rapidt' sur une circonférence d’vine vingtaine de mètres de rayon
au niveau du troisième étage de la Tour et achève de doubler le but
à 6'' 21' 30", soit 9'“ 7" j)our une distance de 3,5 //// à vol d’oiseau.
(( Du Parc d’aérostation, on le voit revenir à toute vitesse et
|)ersonne ne doute de son heureux reloue, en moins de temps qu’il n’cm
faut j)our rem[)lir les conditions du (îraud-Prix, bien qu’il ait à ce monumt
vent contraire, et que le drapeau de la Tour, relevé horizontalement,
indique un courant assez j’apide à l’altitude de 300 m.
H Cep(>ndant, vue à la jumelle, l’enveloppe du ballon paraît se dégon-
ller et la pointe avant se replier contre la résistance de l’air. La faute
en est au mauvais fonctionnement du l)allonnet à air et à la faiblesse
des ressorts des sou[)apes automaticpies.
« Tout à coup, au-d(*ssus des fortitications de Paris, vers la
Muette, l’bi'dice s’arrête dans une agitation désoi'dotinée de tout le
système.
« Ses ailes viennent de loucher les susp(“nsions llottantes du ballon
(Ml partie dégonllé, et l’aéronaute, forcé d’arrêter son motiuir, s’en va è la
dérivi' directiMiient vcm’s la Tour Liffel, sans aulre moyen d’éviter le
teri-ible écueil que de briser son ballon sur les toits du quartier du
Trocadéro.
« Avec une grande présence d’esprit, il ouvi'e la soupape de
mameuvre, brise d'un coup de corde le panneau de déchirure, et abat
son ballon ipii, à 6'' 30', cboijue, à 32 m de hauteur, avec un bruit d’explo-
sion, la corniche du Grand Ibütel du l'rocadéro, rue Alboni.
(( L’élolTe vole en lambeaux et le ballon subitement vidé tombe
comme um' masse dans la cour de l’iiùtel, où il (hmieure suspendu à
13 /// du >ol ; la nacelle d’osiiu' est renversée pn'scpie horizontalement,
mais reste supporlée pai- la poutre' armée (pu, malgré le poids du mot('ur
et le choc elTroyablc, résiste merveilleusement. »
EXPÉHIK.NCES DE M. SANTOS-DIM OX T
2(i'i
Enfin, sans se décourager, rintré|tide aéronaule construit eu’
22 jours un nouveau ballon, le n* 6, à peu ])iès semblabU' au n“ ^ que
nous venons de décrire.
Nous extrayons du numéro d’aoùt de V Aérojthile le schéma ci-dessous
et les caractéristiques du nouveau ballon :
Sa forme est celle d’un ellipsoïde allongé de 3} yn de grand axe et
A. Uallon.
B. Ballonnet à air.
CC’. lii-rno des points
DI. l’outre armée.
11. Hélice.
H. riouvernail.
M. Moteur à essence.
U. Ventilateur.
T. Tube de «onllement du ballonnet.
H. Itéservoir d’eau et radiateur.
IÇ. Réservoir d'essence.
N. Nacelle.
VV’. Panneaux de déchirure.
S/. Soupapes automatiques du ballon.
l’attache des suspensions.
S? S5. Soupapes antoinaliqnes du ballon.
X4. iSoupape autoinnlique du ballonnet.
K. Roue de direction.
(K'.’K. C.orde de jnanicuvre du gouvernail.
KK. Gnidc-ropc.
NOK. Corde do rappel du guide-rope.
PP’. Grand et petit pignon.
X. Cône d’enibravage.
Y. Batterie pour ralliiinage.
Dessin scliéinatiiiiic du Saiilos-Dttiiioiil 11® G. (Kclielle île 1 18.')'.)
de 6 yyi de petit axe. 11 est terminé en avant et en arrière par deux
cônes. Son tonnage est de- 622 nie. Il déplace t^oo hfj d’air. Si on
retranche de ce cbifîi'e le poids de l’enveloppe (120 /’y), du moteur (98 hj)^
de l’aéronaute (50 /r^), des 622 me d’hydi’ogène (120 /’iyi et de divers
accessoires ou agrès, il reste 150 hrj jiour le lest de siïreté. Le moteur
est de 20 chevaux.
Après (juelqucs avaries vite ré]iarécs, et malgré un vent qui était
de 6 m par seconde au sommet de la Tour, le défiart officiel devant
31
LA TOT U EIFFEL EN 1900
200
la Comiiiission avait lieu le 19 octobre à 2'’ 42', le virap:c était pointé
à 2*’ u', soit 9 minutes après le départ, ce rpii représentait une vitesse
d’environ 3H /w à l'iieure. Le ballon remontait ensuite dans le vent
et, à soit 29' 30" après le départ, il passait au zénith du parc
d’aérostation. La vitesse de |)ropulsion a été évaluée à 7 m.
Le i)rix était gagné. C’est ce rpic décida la Commission scientifique
réunie le 4 novembi’e. aju'ès la clôture du concours prononcée le 3 1 oclobi’e.
Le montant du |)rix de 100 000 //• fut versé à M. Santos-Dumonl, ipii en
attribua généreusement la moilié aux pauvri's de Paris et l’autre moitié à
ses collaborateurs.
L’Administration de la Tour LilTel, qui avait mis à la disposition
de r.Véro-Club le salon réservé du quatrième étage, adi'cssa à M. Santos-
Duinont une médailb* d’or commémorative. C’était la (juatrième
fra|)péc à l’intention d’illustres visiteurs de ce monument. Les trois
premières médailles avaient été afiectées au Tsar, à la Tsarine et à l’amiral
Avellan.
M. Santos-Dumont a répondu, le 26 octobre, à cet envoi jiar la
lettre suivante ;
« .Je vous remercie' de votre lettre si batteuse pour moi et de la
« magnilifpie médaille d’or epie vous m’avez olîerte au nom de la Société
« d(' la Tour l'bnel.
« Je conserverai avec reconnaissance, comme premier et précieux
« souvenir de mon voyage du 19 octol)r(', l’image si artistique du plus
« haut monument du globe, ap[>elé à jouei' un rôle dans les régales
« aériennes.
«I Agréez, etc... »
S.VNTOS-ÜüMONT.
On annonce en c(' moment (novembre 1901) que .M. Santos-Dumont
Va continuer ses expéi-iences è Monaco, où, grâce à l'intérêt que porte
le prince de Monaco au progi'ès des sciences, il sera mis à sa disposition
un hangar, une usine à hydrogène et enün un yacht pour le suivre dans
s('s excursions. 11 se propose, en effet, d’aller en (iorsc, à Calvi, et de
revenir à son point de départ.
Le Santos-Dumont n“ 7 différera assez notablement du n” 6 j)ar
EXrKIUKNCES DE M. SAXTOS-DL MOX 1'
207
s('s dimensions el sa pnissanee. Snivanl les renseignements j)ul)liés, le
nouveau ballon aura un eube de 1.200 m. (Lonj^ueur 49 diamètre au
maître eouple 7 m).
La [)outre armée sera j)ortée de i8/// de longueur à 28 m. La naeeUe
sera placée au milieu. Les deux moteurs, situés l’uu à l’avant, l’autre à
l’arrière, actionneront chacun une hélice de 5 m de diamètre placée aux
extrémités de la poutre armée. Ces moteurs pèsent chacun 160 hg et
développent ensemble une force de 90 chevaux.
On ne peut que faire des vu)ux pour la réussite de ces belles
exj)ériences.
Les aperç;us (pie j’ai exposés précédemment sur le vent sont con-
tirmés dans une note publiée dans V Aéroj)/ûie (mars 1901) par M. le
comte .Iules Carelli.
.le crois (pi’on en lira avec intérêt les extraits suivants
« On jieut dire (jue le vent agit toujoui's par rafales. On peut dire
encore exactement (pi’un courant aérien se subdivise en plusieurs
autres courants plus niinc('s, (|ui agissent à leur tour |)ar intermittence',
par rafales, conservant ou cbaugeant leur oblicpjité relative et mai'cbant
avec des vitesses diirérentes,
« Celui (|ui, comme moi, par exemple, a étudié le vent, a remarqué
qu’il commence doucemeiit el prend une vitesse [irogressivc', juiis
qu’il devient très violent. Aussit()t après, il diminue d’intensité et (b'vient
un zépbir, (jui fait bientôt place au calme parfait. Lt ainsi de suite
alternativement : tantôt vous sentez le vent en jileine figure; tantôt vous
le sentez oblique, à droite ou è gauche, et toujours par rafales., d'une
durée plus ou moins longm*.
« La direction générale exist(', mais av('c intermittence, avec
gradation ou sans gradation, avec des moments d’accalmie, avec des
impétuosités soudaines, mais vous remarquerez toujours les subdivisicjiis
de ce courant général, (jui s’entre-croisent, horizontales, ascendantes
et môme descendantes.
« Lorsqu’un ballon dirigeable est transporté par un couiant aérien,
il n’est pas du tout eaact de dire cpi’i/ )i'exisle pas de rent pour lui et
qu’il n’est pas soumis à des mouvements giratoires horizontaux.
I,A Torn KIFFI-L FX 1900
20S
« Nous avons vu (jiic le ballon, ayanl été trans|>orlé ri'truliôrenicnl
j)cn(lant (jiiebiiies ininnb's, le venl cesse tout d’un cou|> de sonfib'r, puis
revient \n\i- ra fa /ck; on bien il cesse de souflb'i’, gradnelleinent, cl puis
il l’evient. 'l’ians, tpialre rafales, b'-^crenn'nl obliques entre elles, s’entre-
croiseiil cl a<;issenl sur le ballon, avec des vitesses différentes. Le ballon
ne peut jias être transjiorté j>ar tonies à la fois dans la direction de
chacune! Le seront plusieurs forces (jui solliciteront le mobib' f/al/on,
ipii SC trouve dtqà sollicité j»ar la force propulsive du moteur. Or, nous
savons (pi'en mécanique existe le t>frand principe suivant :
« (Juand un mobib' est sollicité par deux ou plusieurs forces
(( dilféi-enles, il obéit à l’action de cbacuiK' de C(‘s forces ; sa vitesse
« cl sa trajectoire sont les rf^sulltmles des vitesses et des trajectoires qui
(( correspondent aux dilTérenles foi’ces auxqiudb's il est soumis. »
« On voit donc i»ar là (pic le ballon, pris cnti-e les forcc's dilîénmtes
de deux ou plusieurs rafales, doit pirouptler, décrire des courlies. Sa
marebe, (pioicpu' sa vitess(* soit supéiâeure à la vitesse* de tous ces
courants d'air, sera la ré^ulhmle (b* toutes ces forces, et non la lii^ne
(pi'il voudra suivre.
« hans le récit di* son expérience, M. Tissandier dit : « L’aérostat
« tenait télé au courant aérien et restait immobib*. Malbeurcusement
« il ne restait pas longtemps dans celte position favorable; il se trouvait
« soumis, tout à cou|), à des mouvements giratoires que le jeu du gou-
« veniail était im|)uissantà maîtrise!-. »
« L’aéi-oslat de .M. le comte Z<'p|)clin n’a exécuté (pic des courbes
et des zigzags, tout en oscillant énorimunent dans b* sens vertical. On
voit donc combien se lroiii|»cnt ceux «pii prél(*ndenl assimiler le ballon
dirigt'able à un bateau lrans|)orlé par un courant d’eau.
« Ce (pii a déroulé (*l dt'-couragé les inventeurs, c’est jirécisément la
fanülé exlrèim* (b* diriger un ballon dans l’almosplièrc calme, et la
diffiatllè extrême de diriger un ballon dans l’air agité. »
Il n’(*st pas inutile de remanjuer que cet air nfpté est d’une grande
Iréipience «b'-s (jiic l’on atteint des hauteurs de 300 //(, pour lesquelles la
vitesse du vent est (‘iiviron trois fois jilus grande que celle au niveau du
sol tmoyenne exacte 2.S0). Lu consultant les slalisti«pics dressées jiar
.M. Angol, d’apri's b',s observations borain's faites à la Tour pendant sept
EXPÉRIENCES DE M. SANTOS-DUMONT
2fi9
années, cl en se liinitanl aux vents ayant une vitesse supérieui-e, soit
à 8 m, soit à 10 m, on voit (ju<' ces IVéquences, variables suivant les
saisons, sont inaxima en .lanvier et minima en Juin, billes sont donné(‘s
incnsuellcincnt j)ar le tal)lcau suivant :
/'^■équence pour i 00 obscroalions des vitesses de vent enregistrées à la Tour l'Ji/fel
et supérieures à :
8 m
10 m
8 m
10 m
.lanvior
GG
5.3
Juillet
fM
28
Février
G-j
'i7
Août
5o
32
Mars
à‘.)
'l'i
Septembre
2G
Avril
5o
:ti
Octobre
àt)
'G)
Mai
'.7
Novembre
Vi
Juin
2.3
Décembre
r>(i
h\
Sans aucun doute, ces fréquences doivent être beaucoup plus grandes
soit dans le voisinage de la mer, soit à des hauteurs supérieures à 300 ut.
Aussi, il ne faut pas se dissimuler que les péiâodes de calmes relatifs,
favorables aux expériences de direction d(> ballons, sont assez rares;
elles le deviendi’ont davantage encore si le voyage est d’une cei'taine
durée.
Quant à l’avcMiir du r(>lc que la Tour Kitîel est destinée à jouer dans
les expériences de ballons dirig('ablcs, il ne peut mampier d’étre consi-
dérable. Ainsi (|ue nous le faisait observer M. \\ ilfrid de l’onvielle, dont
la compétence est indiscutable, la Tour est, ]»our la délimitation exacte
du j)arcours, une bouée aérienne ou un poteau de virage incomparable,
permettant de sortir du vague cl d(‘ l’imprécision des données recueillies
jusqu’à ce jour. Certainement, un des j)lus grands mérites de M. II. Deutscb,
dans la fondation de son prix, est d’avoir eu l’intuition du caractère de
[)i’écision que le choix de celle bouée de virage introduisait dans l’appré-
ciation des résultats du concours qu’il instituait et qui est si grand <pie
l’on est arrivé à discuter sur des fractions de seconde.
En deuxième lieu, le sommet de la Tour, relié aux appareils anémo-
métriques du Bureau central météorologicpie, est le point umque permet-
tant d’avoir, d’une façon continue, la vitesse et la direction du vent régnant
270
LA TOT U EIFFEL EN 1900
à rallilnde de 300 m. C’est un point capital pour discuter les résultats
scientiüques d’un voyapje d’aérostat diiâgeable.
Enfin, ce sommet, où serait installé un droniO(jraphe^ permet d’obser-
ver, juscpi’à une très longue distance, toutes les positions successives de
l’aérostat j)endant sa course et de la déterminer rigoureusement, à la
condition, bien entendu, que l’on ait à bord un baromètre enregistreur
donnant l’altitude.
11 permet également, par la télégi'apbie sans fil, d’envoyer des mes-
sages au.\ ballons, pour guider leur marebe, avec un rayon d’action en
rapport avec la bauteur exceptionnelle du point d’émission des ondes.
« Si, conclut M.dc Fonvielle, l’on possédait, embarqués à bord des
« ballons dirigeables, des appai'eils récepteui'S, dont le poids est insi-
« gniliant, on verrait ces ballons obéir aux ordres qui seraient lancés
« de la plate-l’ormc de la rour. Ils évolueraient comme d’immens(‘s
« oiseaux privés traversant l’atmosphère dans la direction indiquée [>ar
« leurs maîli'es.
c( Est-ce (pi’un si curieux spectacle n’inspirerait point une idée
« grandiose de la ville où on pourrait le donner au monde? »
CALCULS DYNAMIQUES DES ASCENSEURS
ANNEXE
CHAPITRE PREMIER
ASCENSEUR SYSTÈME FIVES-LILLE
§ 1 • — Résumé des données numériques et des calculs dynamiques
de l’ascenseur.
I. — Véhicule.
Poids du véliiculc vide
Charge de loo voyageurs à 70 kj
Poids total du véhicule eu charge
Course du sol au 1" étage
Course du i" au 2* étage
Course totale
Angles, sinus et cosinus du chemin de
ment de l'ascenseur
roule- ^
! Rez-de-chaussée . 54"35'
1" étage C8"oo'
2® étage 77*’3o'
f).5oo kg
7.000
i0.5oo kg
()8,/|io m
Ro,200
128,1
5io m
sin
o,8i5
cos
0,57t.)
sin
o,0‘-i7
cos
o,.37o
sin
0,975
cos
0.2 lO
Composante tangent ielle
véhicule plein . . . .
Composante tangentielle
véhicule vide . . . .
, ( Rez-de-chaussée
du \
< i®® etage
( 2' étage
du (
< 1®® étage
( 2® étage
i(').5oo
kgX
0,810 =
1.3.450 kg
i().5oo
X
o,0‘’-7 =
i5.3oo
itj.ôoo
X
0,97*' =
l(). lOO
9..5oo
X
0,810 —
7.750
tj.Soo
X
o,9‘^7 =
8.800
(J.ÜOO
X
0,97*' —
9.280
274
LA T O LU EIFFEL Fi\ lUOÜ
Coniposanto normale du vé-
liicule plein
Coinposanle nonnale du vé-
hicule vide
Hez-de-cliaussée . . . .
i"' classe
( 2' étage
f He/.-de-chaussée , . . .
I i*"’ étage
( 2' étage .
iG.5oo
X
0,579 =
9.550
i6.5oo
X
0,37.5 =
6.180
i()..5oo
X
0,2l(') =
3.5(io
t).5oo
X
o,-57() =
5.5oo
q..5oo
X
0,375 =
3.570
q.5oo
X
0,2l() =
2.o5o
Diamètre 1) des galets de roulement de la cabine ()5o mm
— (l des axes de ces galets 70
d
Rapport -j^ 0,107 environ.
Coeflicient de rrottement des axes dans les boîtes à graisse 0,08
— de roulement des galets o,oo.‘l
— total dont il faut atVectn- la composante normale, pour
avoir la résistance passive due au roulement 0,107 X n,o8 -|- o,oo3
= 0,01 loti, soit 0,012
Coefficient dont nous estimons (ju’oii doit all'ectcr la chanje de la
cabine pour tenir compte de la résistance provoijuée jiar le méca-
nisme tle n'dressement. (Ce coefficient est nul pour la cabine vide,
laquelle est en complet équilibre sur ses axes de rotation.). . . . 0,00“»
l'in tenant compte tle ces coefficients, les efforts développés par le véhicule à la
montée ou ii la descente, indépendamment du poids des cûbles, sont les suivants : ’
Effort à la
montée.
I Rez-dc-
l chaussée.
Cabine j T’’
pleine, j étage.
étage.
! Rez-de-
chaussée,
('.abine j i"’
I vide, i étage.
2®
étage.
i3/,.oo -)- (j.55o X 0,012 -|- 7.000 X 0,00.0 = 1,3. (>oo kg
i.ô..3oo -f- <’). 180 X 0,012 -|- 7.000 X o,oo.">= 1 5.4 10
iC). 100 -|- .3.500 X t),oi2 -j- 7.000 X o,oo5 i().i8o
7.7.50 -}- 5. 5oo X 0,01 - 7.820
8. 8(x> -j- 3.570 X 0,012 — 8. 8^0
q. 280 2.o5o X 0,012 == q.3o5
' Rez-de- ) ,
chaussée \ v>o — (q.noo X 0,012 -}- 7.000 X o,oo5)= i3.3oo
Effort à la
descente.
Cabine i 1'
])leine. j étage.
étage,
Rez-de-
i5..3oo — (().i8o X 0,012 -|- 7.000 X o,o(j5)= ib.igo
iCi.ioo — (3..5()o X 0,012 7.000 X o,oo5)= 16.020
Cabine
chaussée. '
j 7-7Ô" —
5.5oo X 0,012
= 7.()8o
i«r j
étage. '
• 8.800 —
.3.570 X 0,012
0
X
Il .
2' )
étage. <
j 9.280 —
2i0,)0 X 0,0’ 2
= 9.255
ASCKNSEL K SYSTÈME EIVES-EII.EE
275
II. — Gaules.
Nombre des cAbles de Iracüon (\
Poids au mètre courant d’un cAble 2,(i kg
Poids au mètre courant des (l citbles i5,()
Partie constante du poids des cûbles, pour la longueur de i'|0 ?h, allant des
presses aux poulies de renvoi du iî” étage, i'|0 X lô,*'), soit 2.1S0
Poids réduit, obtenu en multipliant le poids réel par 0,(170 pour tenir compte
de l'inclinaison du cûble (o,()7o étant le sinus de l'inclinaison sur l’hori-
zontale de la direction du cAble à la partie supérieure, soit 7.V;-)o') . . . 2.i;>o
Longueur variable des cûbles allant \
des j)oulies du 2® étage au véhicule, j
Poids réduit (coeriicient de réduc- (
tion : O, (>70) )
Véliicule au rez-de-chaussée. . . .
— au !''■ étage : i.'lH — (18 =
— au 2® étage: i58 — i2(j =
Véhicule au rez-de-chaussée . . . .
— au ("étage
— au 2® étage
1 58 rn
7')
9
2 ()()() kg
1 .0(‘)0
1 20
III. — MuUFLAGE a 8 BRINS.
Coef/icienl de frottement et d'incurvation des câbles pour les poulies supérieures
de renvoi.
1® .Montée de la cabine. — Soit la tension du cAble du côté de la cabine entraînée,
et à l’entrée dans la gorge de la poulie, la tension de ce même cAblc à la sortie de
la gorge du côté du moteur. Entre t^ et î,, on a la ndation :
(0 = G +
dans latiuelle (jP représente le rrottemenl sur les fusées de la poulie, It, la raideur du
cAble et I le coefficient d'incurvation résultant de l’expérience et tenant compte de la
raideur des cAbU^s.
La valeur de est :
. V , d o,22r) ,
(J = /— = o,(»7 X 7 - 0,007.
d, diamètre des portées des poulies sur l’arbre = 0,22;") m.
b, diamètre moyen d’enroulement = \ m.
/', coefficient de frottement des fusées = 0,07.
La valeur de P est
J* = ^ + G
i
dans lacjnelle P„, est le poids propre de la poulie à une gorge du cAble considéré
P„, = 1.100 kg environ.
Portons cette valeur de 1* dans l’équation (^i), qui devient alors :
(3)
27fi
LA toi: H ElFFEl. EN 1900
Calcul de I. — Soit I, la résistance absolue tlue à l’incurvation du câble sur la
poulie, et / la tension du câble soumis à celte incurvation,
ün a pour le coefficient 1 :
t
La valeur de 1, est donnée par la formule suivante, déduite des expériences de
M. Murgue, pour un câble en acier, après une lubrification complète, laquelle réduit
sa raideur primitive de .'jO p. loo [Annales des Ponts et Chaussées, 1887, 2' semestre, et
Mémoire de M. de Longraire, à la Société des Ingénieurs civils, année 1899) :
dans laquelle ;
p, désigne le poids du câble par mètre courant, soit 2,0 kg.
I), le diamètre de rincurvation, soit m.
t, la tnision moyenne du câble, qui, pour un seul câble, est le 0® delà tension totale
1O.180 ,
moyenne, soit environ — ^7 — - 2.700 kg.
On trouve :
1, — L8i et = 0,0018
‘ 2.700
d’où :
1 + U = ' é'o'ii 1 — ',0 + J) = o>99'» ‘’l = '0 X 1 .01 + L'i-
()F,
On voit (|ue la valeur numéritpie du dernier terme de l’cMpiation (2) ..
1 (O + I)
est négligeable. La formule se réduit à :
/. = /„
(< + 0)
-(u-f 1)
Et dans le cas des données numéricpies ci-dessus, le coefficient cherclié pj
tenant compte, pour la montée du véhicule, du frottement des poulies et de l'incur-
vation des câbles, est donc égal à 1,01.
2® Descente de la cabine. — Dans ce cas on a :
<. = <«-UF-D. et + !>„.;
d’où en négligeant P,„, comme plus haut,
' “ 1—0
I a sensiblement la même valeur (pie ci-dessus, car la tension moyenne totale est
dans ce cas 1G.020 au lieu de i(). 180. Le coefficient cherché ^ ^ ^ a donc
valeur ;
pour
0,99^1
- = <>d»9-
Avec ces deux coefficients de 1,01 pour la montée, 0,(99 pour la descente et les
poids de câbles donnés plus haut, on peut calculer l'elTort du garant du moufle à
ASCK.NSKrU SYSTKMK KIYKS-LILLE
J. 1 1
l’entrée dans la poulie de renvoi
est le snivanl :
ElTorl à la montée du
garant du inoulle
à rentrée dans la
poulie de renvoi
Cabine
pleine.
inférieure
Cabine
vide.
Cabine
Elïorl à la descente
du garant du inou-
tle à l’entrée dans
la poulie de renvoi
inférieure
C.abuie
inférieure.
Uez-de- /
chaussée. V
1" I
étage. S
I
étage. \
Uez-de- }
chaussée. )
1" )
élag<*. S
/
étage. \
Uez-de- /
chaussée. \
1" I
étage. \
O." }
étage. \
Uez-de- f
c lia lissée. S
I-- ,
étage. \
étagi'. \
Cet elToi t, dans les différentes hypothèses,
i.'hCioo X 1.01 01)0 — :>.i:>o = i.'î.joo kj
i5.''| lo X I .oi I .oCio — r>.ir>() = C|.ô<)o
i(). i8(>X 1.01 u>o — 1 ;>()== l 'i.’CiO
7.8;>o X 1.01 -j- 2.o«jo — 2.120= 7.870
8.8'|0 X 1 .01 -)- I .o()o — 2.120= 7.^70
<).do.') X 1.01 -j- 1:^0 — 2.120= 7.^10
l.’î.itoo X 0,«)() d- 2.0<)0 — 2. 120 = l.’h 1 '|0
i5. i«)o X 0.1)1) -|- 1 .otio — 2. 120 = id.()7()
l().02.0 X 0,t)<)-l- 120 2.120= |.‘}.8(')0
7.()8o X o.<)i) 2.01)0 — 2. 120 = ~S)~o
8.7CX) X 0.1)1)-)- i.oho — 2.120= 7 ()io
i).2.ôr) X o.'.ip -f- 1 2.0 — 2. 1 20 = 7. 1 (■>.■}
Ces cliilïres sont applicables aux poulies du haut; ipiand le garant entre dans le
inoutle, les poulies de celui-ci n’ont que .‘î m; jiar suite, les coefficients de résistance sont
différents et un calcul analogue au précédent donnerait :
Pour la montée.
Pour la descente
Coefficient par lequel il faut nuilliplier l'eirort ]
dans le garant pour avoir l'idrort dans le >
brin mort ^
f
Coefficient par lequel il faut multi[)lier relfort l
dans le garant pour avoir relfort total dans
le moufle f
(Somme d’une progression géométrique.)
1,012
o,()88
Montée. . . .
1,012'
= 1 ,087
Descente. . .
0,1)88'
Montée. . . .
8
1 ,012 — 1
= 8,.l',
1 ,012 — 1
Descente. . .
1 — o,q88'*
1 — o,()88
= 7, (■)(■)
Effort sur le brin
mort à la mon-
tée
( Uez-de-chaussée
Cabine pleine. | r‘‘ étage ....
( ;î" étage
f Uez-de-chaussée
Cabine vide . ' C étage ....
( 2' étage
i.‘5.7oo X 1 .087 =
1 '(..ôoo X 1 ,087 =
i',.iP|0 X 1,087 =
7.870 X 1,087 =
7.870 X 1,087 =
7.'|Oo X 1.087 =
i'i-yoo kij
15.780
1 5.(‘)oo
8.51)0
8.5<)0
8.o5o
:>78 LA TOT U KIKFEL EN lüOO
(
Re/.-de-ehaussée .
18.700 X 8,8.4
EtVort total sur le
(’abine pleine. •
C étage
i4.5oo X 8, .'14
mouilaf^e à 8
>
2“ étage
14.840 X 8, .84
brins à la mon-
(
Rez-d(* chaussée .
7.870 X 8.84
lée
(’abine vide. . <
C étage
7.870 X 8,84
(
2' étage
7.400 X 8,84
Rez-de-cliaussée .
18.140 X 0,919
EtVort sur le brin
Cabine pleine.
f
r’’ étage
2" étage
18.8G0 X o,()i()
mort à la des-
i
Rez-de-chaussée .
7.570 X 0,919
coite
Cabine vide. .
C étage
7.G10 X 0,919
(
2" étage
7.1G8 X 0.91'.)
[
Rez-de-chaussée .
i8.i4o X 7, <’>•’>
KlVort total snr le
Cabine pleine. ^
C étage
X 7dîG
mounai>e à 8
(
2'' étage
18.8G0 X 7.t’>G
brins à la des-
Cabine vide. . •
Rez-de-chaussée .
7.570 X 7,GG>
cente !
C étage
7.G10 X 7,G<»
(
2" étage
7.i(')8 X 7, GG
IV. — Tendeurs.
KlVorl maxiimim sur un l»‘iul(*ur à la moulée . .
.Snclion annulaire de la l'ace avant d'un lendeur
Pression en kg par cm*
Ell'orI maximum sur un tendeur à la descenle .
Pression on kg par au*
1.0.780
i;>.8( K)
tT~
\'. — Ei-'fokt .moteur a i.a montée. Presses et aucumi uateurs a halte
1" Pression fournie par les accumulateurs à haute pression.
Poids de la pai tie mobile des accumnlateurs à liaul(> pression :
Poids piopri* -Fi.i^iT) /i'^ ^
Lest I j'i.S.V) \
Itiamèln* dn piston d'un aecnmulaleur
Section eorrc'spondaide
Pnîssion de l’eau correspondanle en kg par cm*
IViie de idiarf^e prati<|ue, des accumiilaleurs aux presses, |)Our la \itesse
de •>,ôo m et en kg par cm*
:i“ lilforl e If edi f des pistons moteurs, à la montée.
Pression ell'eetive sur les ploiif^eurs en kg |>ar car
Sf'ction des deux plon_T>;eurs :>-■ ^ '
T
IdTorl hvdrauliipie des deux pbmgeurs sans tenir compte des l'rotlements.
u4.:^oo
120.900
1 19.500
()5.6oo
(iô.Goo
1)1 .700
12. 100
12.800
12.720
G. 950
7.000
G.58o
loo.Gôo
10G.900
loG.ooo
58 000
.58.doo
54 .800
= 2.(')do kg
78,82 cm’
84,00 kg
= 2.180 kg
27,80 kg
l’RESSION.
•>09.000 kg
700 mm
8.848 cm*
54 kg
2 kg
52 kg
2.588 cm*
i!{i.97G kg
ASCENSECH SYS I'ÈME El VES-Ll LI.E 27!)
Ces frollemenls sont les suivants :
Poids du chariot de tète, du (juarl des cAbles mouflés et de la moitié du
pislon iti.ooo /.</
Hesislance au roulement, et l'rottemenls du chariot, i p. loo du poids
roulé, soit i()0, et pour les deux .‘{20 »
Frottement des garnitures, 2 p. 100, sur 2.(E|0 »
Résistances passives totales des presses 2.<)C)o »
Efforl effectif maximum des pistons moteurs i2<).oiC) »
EfTort résistant au 1" étage * i2o.()Oo »
Excès de puissance motrice pour la vitesse <le 2,00 Hi du véhicule .... H.iiC) »
\1. — Effort i»e traction du véhicule a la descf.nte. Accumulateurs
A HASSE PRESSION.
Dans le cas le [>lns dél'avorahle, c’est-à-dire le véhicule étant vide et aux environs
du 2® étage, relTort <le ce dernier doit être suffisant pour soulever raccumulati'ur à
basse pression.
Effort total minimum du véhicule sur le inoiille
Frottement des garnitures et roulement des chariots de tète. (Roule-
ment, 320. l’rottement des garnitures, 2 p. 100 sur ."'/|.t^oo= i.ioo.^ .
Etfort réel
Pression correspondante dans les presses par cm'
Perte de charge pratique par cm* jusqu’à raccunuilateur à basse pres-
sion et pour la vitesse* de 2,.oo m
Pression elfective par cm* sons le piston de raccnmnlatenr RP : 21 — 2. .
Diamètre du piston de raccumulate'nr
Section correspondante
Pression totale de soulèvement
l>OKls ,1e l„ p,„ lie n.ubile . . . . ' {
( Lest i3.>.()72 \
Cette charge donne dans l'accumulateur une pression d’environ 18 /:g.
Excès de puissance motrice du véhicule, ptuir une vitc.sse de 2,r)o m de.
celui-ci
r>Y8oo /i'7
.’)3.38o »
;> 1 »
2 »
iq »
i,i(M» m
q.-ood cm
180.557 kg
171.000 »
q..5.57
»
rUAlMTRE DEUXIÈME
ASCENSEUR OTIS DU PILIER NORD
§ 1. — Distributeur.
Les deux extrémités du cylindre hydraulicjuc sont reliées pai* un
tuyau, dit de communication, de 0,225 diamètre intérieur, sur
lequel on a intercalé rapj)areil de distribution.
Pour que l’ascenseur fonctionne ;i la montée, il est nécessaire
d admettre l’eau sous pression en haut du cylindre, en même temps que
l’on ouvre l’orilice de déchai-ffe.
O
l^our la descente, au contraire, il faut établir la communication
entre le haut et le bas du cylindre, de sorte que l.’eau ne fait que passer
d’un côté è l’autre du piston par le tuyau de communication.
Enfin, pendant l’arrêt, l’eau ne doit ni circuler ni s’introduire dans
le cylindre.
Ces trois phases de la manœuvre sont obtenues (voir le schéma,
fig. 52, qui représente les parties essentielles de l’appareil) au moyen d’un
cylindre en fonte portant une bague en bronze de 0,229 m de diamètre
intérieur, dans laquelle se meut un piston double P avec cuirs emboutis.
Le cylindre porte trois tubulures : celles situées du même coté
correspondent, par le tuyau de communication, avec le haut et le bas
du cylindre hydraulique; la troisième tubulure, sur le côté opposé, reçoit
le tuyau d’amenée d’eau sous [)ression.
Le haut de l’appareil est terminé par une partie cylindrique d’un
diamètre de 0,279 m, un peu plus grand que celui de la partie contenant
36
■2S2
LA TOT K KIFTEL EN 1900
l ig. r>2. —
le piston (loul)lc P, et dans lerpiel se meut un second piston simple P',
lixé à la même tifre el dont la face supérieure peut être successivement
mise en communication avec l’eau sous j)rcssion, être complètement isolée
el enfin être mise en relation avec l’évacuation. Ces divers régimes sont
1
Èau
pression
)_Q.4Ue ge mângeuvre _
Schéma àii distrihuteiir. (Position do l’arrèl.)
|)roduits è l’aide d’un servo-moteur constitué jiar un petit piston cylindrique
P”, de 44,5 )/wt de diamètre, dont le mouvement est intimement lié à celui
des pistons P et P', au moyen îles leviers représenté's dans la ligure 52.
Dans hi position d^ pistons ijui y est indiquée, la cabine se trouve
arrêtée, puisque le piston P emjiêclie l’eau de s’échapper du cylindre.
Si l’on pi'odnit une rotation dans le sens de la llèclie, le piston P’
ASCKNSKÜIl OTIS 1)1 PlUKU NOI5I)
2S:{
est soulevé; l’eau au-dessus de 1*' s’éclui|)[)e, et les deux [»islous I* et 1*',
en s'élevant à cause d(‘ l’excéchuit de svirfacc* de 1*' |»ar rapport à I\ décou-
vreiil récliappeuieut du bas du cylindre moteur; à ce luomcnl, l’t'aii
sous pression j)esant sur la face sujtérieure du piston moteur, celui-ci
descend, et la cabine est entraînée de bas en haut.
Si, en abaissant P' par une rotation inverse, on met le dessus
de 1^' en communication avec l’inui sous pression, le piston P, piavssé à
sa partie supérieure, descend en entraînant le système et met en commu-
nication les deux faces du [)iston moteur. La cabine dc'scend alors sous
l’action de son poids, en enti'aînant le piston et les jtoulies mobiles, l’eau
ne faisant cpie circuler à travers le tuyau de communication, dt‘ dessus
en dessous.
Dans l’exécution, les cbos(‘s ne se passent pas tout à fait aussi
simplement, et l’appareil réalisé est un organe extrêmement perfectionné,
puisqu’il commande la mise en mai’clu* du i)islon moteur, et par
conséquent des cabines, par un déplac('ment très faibb' (25 iiwi) d’un
piston qui n’a ([ue 44,5 mm dt‘ diamètre, et cela à l’aide d’un effort presque
insignifiant. Cet oi’gane est vraiment l’àme de l’a[tpareil, et, pour ce motif,
nous en })arlerons avec (juebjue détail; il <‘st représenté lig. 53.
Le piston P du schéma précédent se compose de deux parties, (jui
sont : un piston j)lein inférieur de 0,233 ))) de hauteur, et un piston
annulaire situé à 0,137 au-dessus du pi’emier et ayant la même liauleur.
L’effet de ce dernier {>iston, (|ui forme vanne et <|ui n’emj»êche pas la
transmission de la pression au-dessus du cylindre, est de s’opposer à
l’afflux troji rapide de l’eau sous pression ; son effet est donc d’éviter
un démarrage trop brusque.
En outre, l’admission de l’eau sous pression se j)roduit dans des
espaces imuiagés par uiu‘ séiâe de cloisons brisant la vit(‘sse de l’eau, (jui
est oldigée de contourner leurs parois; de plus, le renflement supérieur
j)ermet à beau de s’introduire des deux cotés à la fois; cett(‘ eau se rend
dans la conduite du cylindre par deux nouveaux orilices (i).
J)e plus, pour j)eiauettre le j>assage des cuirs emboutis du piston
j>lein inférieur sur l’ouverture communiquant av(‘C le bas du cylindre,
(1) L'oau, arrivaiil par lo tuyau A dans la ravilû II, est arrriri* jiai- lt‘s cloisons ri pai- Ir
piston aminlairc <‘l est oUliüfcc de rcinoidcn* on II,, do oontonnioi- lo oyiindro dn dislrilmlonr,
d'y renlror par le ronlloineni II, ol de s'on ôcliappor par les doiiN: onvorlnros II, |tonr s(>
rendre à la partie sni)éricni’e du oyiindro imUenr i)ar la Inbnluro 11,.
I.A T O U U KIFFEL EN 11)00
28 i
celle ouverlure esl munie d’une grille formée par une cliemise en bronze
percée de 671 trous de 9 mm de diamèlre. Une couronne extérieure permet
c'i r('an de s’introduire sur tout le pourtour,
La course du distributeur (‘st de ^30 mm.
binlin, le piston du servo-moteur est double et se trouve ainsi
Wsteme de leviers nus en mouvement^U pootieP
ttctumnatit IcputOD du «erra uieor du èistnbuuur
^mtredre « v«diare klloaUeJ'ilrritooUdeseeua
— d«eVy5W»
L'.jrt . JWTf V
P Com et ustou
L duMVtiNUltt
PBnlte nosecR
nouveneni^U
aedueienr «
cik&ede*)^.
i réx.^ta de Ltaus . _%
Detail V i
KebelleOlZSpm ^
utnkitMF
Ti^ud«Kmeau;^«ji|a.d^9$u5du V
pisun du dictnbuteur par k conduit O'
Poroi forçoAt l’eou enirut dou
1 eùi^issemeit liH,9patserp4rR)-.
t'. Ib pour ilUr aar.s ia.condu»eHsr^
. ''Conduite domveedil'eou
^je« Wesefyoïftdo^’etofld delà
louf diniTc ûiitribuujr
.P.riîAjtfr.ipdÿtJâJTii'. .J" :
*tmpe homontaleCD
£cKel1e002Sp ri
I Coupe honcontaje EF
(loiijir lonijiliuinialc du dislributeur. (Kcheik* — = o,o.-)in ji. m.)
Position correspondant à la descente de la cabine.
eipiilibre de manière a réduire l’ellort sur le cOble de manœuvre. La
ligure 54 monln* comment ce servo-motimr est mis en relation avec l’eau
sous jiression et la décliargi».
Les leviers ipii i-éunissent la ligt; du servo-molenr et celle des pistons
disli ibntenrs sont agencés de telle sorte que le piston du sei’vo-moteur
ASCEiNSKüH OTIS DU PILIER NORD
2«o
revient à sa position initiale, dès que les pistons du distrihuteui’ sont
arrivés à la position voulue pour produire l’arrêt, la inotitée ou la
descente, au gré du conducteur.
Les schémas figures 55, 5Ôet 57 indiquent les positions du disti'ihuteur
correspondant à la descente, à l’arrêt et à la montée, suivant la position
du piston du servo-moteur par rapport aux trous de la chemise en bronze,
dans laquelle il se déplaci*. La coui’se de, ce piston est de 21; mm et les
trous ont un diamètre de 4,8 mm.
D’après ces explications, il est facile de suivre le fonctionnement de
l’appareil.
Clapet
Cou
Tije mue papjes lewie_ps
Cqnduite_de_
Æchar^e
de_Veay jous Je.pjsJon proprement
àt du distnbuleup ^ ~ ~
Fig. 5'|. — Tuynuteric du distributeur.
Prenons la cabine au bas de sa course, ce qui correspond au piston
moteur en haut du cylindre.
a. Montée. — Le système étant arrêté, le piston du servo-moteur
bouche tous les trous supérieurs en V (fig. 55) communiipiant soit avec
l’eau sous pression, soit avec la décharge, suivant la position du jiiston; le
piston double R, S, du distributeur obstrue les conduites O, et reliant
le distributeur au haut et au bas du cylindre moteur (fig. 56).
Le conducteur agit sur le câble sans tin de manière à abaisser le
piston P du servo-moteur.
Ce mouvement a pour but de découvrir les trous supérieurs en V, et,
par conséquent, de faire communiquer le dessus du piston Q avec la
286
LA TOÜU EIFFEL Ex\ 1!M)()
décharge, tandis (jiie le dessous coinmuni(jiie avec l’eau sous pression.
Le piston S supporte, au-dessus, le régime de l’eau sous pression^ et,
au-dessous, il est en relation avec la décharge; pai‘ conséquent, le
piston Q, ayant une surface supéi’ieure à celle du piston S, tout l’équipage
du distributeur remontera jusqu’à la position indi(juée par la ligure 57,
où il s’ai’rôtera, car le piston du sei'vo-moteur, j»ar l’effet de la conju-
gaison des leviers (|ui le relient à celui du distributeur, reviendi-a boucher
les trous suj)érieurs en \ .
Ln etfet, le piston Q, en remontant, entraîne l’extrémité du levier f/,
hupiel tourne autour de l’extrémité du levier c, comme point fixe et produit
une ascension du piston p j>ar l’intermédiaire de la lige f\ on a donc la
fermeture des trous (ui
l’ig. 35. — Descciile. Fig. 30. — Avvét. Fig. 3j. — Montée.
Schémas des diiïérentes positions du distributeur.
On voit qu’un mouvement donné du piston du servo-moteur produit
un déplacement proportionnel de l’éMjuipage du distributeur. Cette
propriété est d’ailleurs la caractéristique des sei'vo-moteurs.
Dans cette position du distributeur (tig. ^-), le haut du cylindre
moteur communi(|ue avec l’eau sous pression, et le bas avec la décharge;
le piston descendra donc (ui entraînant le chari(jt des j)oulies mobiles,
et produira la montée de la cabine.
b. Arrêt. — Le piston du cylindi’e moteur arrivant au bas de sa
course, l’oreille fixée au-dessous de celui-ci commence à obstruer la
communication avec la décharge, et par conséquent la cabine se ralentit.
Pour obtenir l'arrêt, le conducteur agit sur le câble de manœuvre de
, X
manière à produire l’élévation du jiiston p et par conséquent l’ouverture
des trous inférieurs en V (tig. 55). Le piston O reçoit l’action de l’eau sous
pression sur ses deux faces. Le piston S communi(|ue au-dessus avec
ASCENSEUR OTIS DU IMLIER NORD
287
l’oau sous prossion, au-dossous avec la décharge; donc il se produira
un luouveuKMit de haut en bas qui amènera les pistons R et S en regard
des orifices (),, (fig. 56). Dans le cylindre moteur, les orifices
d’admission et d’évacuation étant fermés, on aura l’arrêt du [)iston et par
conséquent l’arrêt de la cabine. Si cet arrêt a été brusque, des soupapes
de choc, placées sur les conduites |)rincipales, se soulèvent pour amortir
le couj» de bélier.
c. Descente. — Pour la descente' (voir fig. 55), le conducteur agit sur
le crd)le de manœuvre dans le même sens <pie précédemment et détermine
le soulèvement du j)iston p et, par consécjuent, l’ouverture des trous
supérieurs en V. Il se produit le même réginu' (jue jtrécédemment ;
l’équipage du distributeur s’abaisse et andve dans la |)Osition de la figure.
Dans le cylindre moteur, le dessus et le dessous du jdston communi(pient,
et la cabine, j>ar son j»oids, remonte le piston et le chariot des j»oulies
mobiles; il se ju'oduit un courant d’eau d(' dessus en dessous à ti’avers
la conduite de circulation, ce qui réalise la descente de la cabine.
2. — Distributeur de sûreté.
11 existe, à la j)artie siq)érienre du tuyau de communication avec le
haut du cylindre, un distributeur spécial destiné à ai’rêter le mouvement
de la cabine, quand le condneteur se trouve dans l’impossibilité de le
faire.
Un employé, placé sur uik* jœtite plate-forme couverte, est à poste
fixe pour faire, en cas de besoin, cette manœuvre, (pii est du reste très
rare. Elle était commandée primitivement d’une facjon automatique par un
servo-moteur spécial, qui a été supjirimé.
Ce distributeur est représenté dans la figure 58.
Si l’on veut arrêter la cabine en interrompant la communication entre
le haut et le bas du cvlindre, on ferme le robinet à manette de gauche
placé sur le tuyau de déchai’ge et on ouvre le robinet à manette de
droite, permettant l’arrivée de l’eau sous pression à la partie sujiérieure
du distrilniteur. Le piston supérieur est pressé également sur ses deux
faces, et le jiiston inférieur jilacé dans le même cylindre détermine la
descente du système et l’obturateur inférieur disposé sur le même axe vient
288
LA TOUR EIFFEL EN 1900
fermer les ouvertures situées dans le plan AH : la communication est
ainsi interrompue et le piston moteur s’arrête.
Pour rétablir la communication, on ouvre le robinet du tuyau de
décharge et l’on ferme le robinet de l’eau sous pression; le système
?mie ftktee sur ie boissetu 19*^
^ fine fdeue 121k
Tujtu conntuoiqoisLsvw
lAcoftàute d'â»m*«delMii
du Rùtfvoir» dn2‘Ei^ s'
' .ieserypjitftrv
I 'deratfurel«:bM«tf
iBT*k DslhbulMr futma
^ £eBeeaitisn«utaaa
, tifiu place ûas le
, MU$M8^lMet(
I si^ruitè ccMrvo
I ADtAirnesertpIua
ZX¥ 50
, ^ Twjaü de déchargé .
•* i
[le
Racccra
avec le haut
ibgliadre {
nston eteux
bouchant U
eondinu de
aTce k haut
du e^hndrt
Coupo (;i).
Coiipo AB.
Fifr. .'i8. — Détail du distributcuv do siiroté.
s’élève en raison de la dilférence de diamètre des
inl'érieur, el les ouvertures deviennent libres.
j)istons supérieur et
il! 3. — Câble et appareil de manœuvre de la cabine.
Le câble de manœuvre qui sert au conducteur pour régler la marche
de l’ascenseur est un câble sans fin dont la tension est assurée par un
contrepoids placé au premier étage.
Ces câbles ont un diamètre de //?//? et sont formés de 8 torons de
12 (ils n” 2 de 0,7 n/ni avec âme en chanvre. Leur poids par mètre courant
est de 0,43 /// et leur elfort de rupture 5.000 /,r/.
A la partie inférieure, les deux bi’ins entourent une poulie, dont l’axe
porte un levier agissant sur le servo-moteur (voir diagramme fig. 59 et 60)
et s’engagent ensuite dans les poulies de l’ajipareil de manœuvre porté par
la cabine.
CluKjue brin de câble passe d’abord sur une premièi'e poulie de renvoi
ASCENSKUR OTIS Dl IMLIEH iNOKÜ
28!)
I), puis sur une poulie C, dont l’axe est légèrement obli(jue sur la verticale.
11 repasse ensuite sur une deuxième j)oulie de renvoi H', ayant le même
Volant de manœuvre V
descendants .
:b’ ^ b’
Fig. 6o. — Vue en plan de l’appareil de manœuvre du véhicule.
' ' ■ s? i_gAQr\ Vj
axe (|ue la première, et remonte au premier étage guidé par des poulies
dont la j)remière est sur le toit de la cabine.
3"
2!)0
].A T OU K ElUKEl.J'UNiMlOO
Les fixes des poulies obliques G, G sont lixés sur deux crémaillères D,D
commandées par le même pignon E. Gelui-ci engrène avec un petit pignon
placé sur l’axe du volant de manœuvre V, à la main du conducteur. Il
obtient ainsi, suivant le sens de la rotation, une traction sur l’iin ou l’autre
brin du câble et, par conséquent, le mouvement du servo-moteur corres-
pondant à l’ai’rêt, la montée ou la dc'scente.
Cible sens fm tendu au de
l^Tour par un _
Enveloppe des pouhes
renvoi Elle est
k Z trous ovales pour
l'eMrèe eilas^rut
du câble
4* poulies de renvoi du Câble
sans
3i0_
Aha^e
^\FetittTOüe mainvellc mue par le conducteur,
/ yr slegoel â.yolçiite l'asçÿnaioa^Târrèl.et.
» I I la Hacrarkta 4a la
prolonge du plancher
'cabine
Crémaillère
_5!iss}çrtf_dw çpçm5,îliérfi«_ ^
. \
X Châssis en Ter pour la
1 ûxation des organes de Iracüon s
'du câble laas.fin ^
CreVaaJlé're!*^ .Æ
Glissières des /
crémaïUcrts f
Fouhes de traction du câble sans fm
chacune tourne autour d'un axe fixé a la
à la crémainérc corre^oiidanle oui transmet
un mouvement de iranslaüon '
jn^ni ve Qe jttângeyyrfie
^parle Conducteur
Attache
-dos de.r^vpi_
Solive du plancher de la Cabine / '
1 080 tranmiésion- .
Solive du plancher de la Cabine
ùous le pignon rse trouve
le pignon d$s créiQanières
^ " 'Enveloppes pcrcees
(tfiaeune de Z trous ovales
pour l’entrée et la sortie
du câble
e
<■
Lv\AAJ~ ■ 1
à
Crémaillém
\ 1
' 4Ch£Slôt$s.de$ crema^lércs
.
A
Fig. (il. — Elévation nt plan ile P appareil de manœuvre.
En somme, les poulies obliipios d(* l’appareil de manœuvre sont douées
di' trois mouvements ; le mouvement de la cabine, le mouvement de
va-et-vient des ci’émaillères et un mouvement de i-olation ]>roduit par le
câble sans lin.
Le mouvement de va-el-vient ii’a lieu que lorsque le conducteur agit
sur le volant de manœuvre; les deux autres mouvements existent tant que
la cabine est en marclie.
Les détails de construction de cot appareil soûl rejirésoutés dans la
ligure bi *
ASCENSELIt OTIS DI IMLIEK NOltÜ
291
§ 4. — Étude dynamique de l’ascenseur.
I. — Tensions exercées par le contrepoids sur la cabine.
Le contrepoids p^^sc i.3..5oo kg^ dont les composantes sont les suivantes :
Composante tangent ielle :
X„ = i.'Liioo X <>,8i5 = 1 1 .ooo kg.
Composante normale :
„ = i.’L.")00 X = 7.800 kg.
Le diamètre I) des galets de roulement est de o,5do m. Celui des fusées IJ de
o,o9;> m.
Adoptons comme coefficient de frottement /' de la fusée dans ses coussinets la
valeur 0,07, et comme coefficient de roulement la valeur o,oo3, lesipielles conviennent
à des mécanismes soigneusement entretenus.
La traction totale S exercée par le contrepoids sur les brins du moulle est donnée
par la composante .\„ augmentée ou diminuée des frottements.
a) La cabine s'abaisxe et le contrepoids monte :
S = X„ -f Y„ ^0,00.3 -f ^ / j = + 0,0 1 5 Y„ = n . 1 ;io kg.
b) La cabine s'élève et le contrepoids descend :
S' = X„ — 0,01 5 Y„ = 10.880 kg.
1“ Tensions des différents brins du moufle près du contrepoids — Les deux
valeurs de la tension totale S et S' permetteid de déterminer les tensions 1'^, '1\, 3’, des
brins du moufle (voir lig. fe).
a) La cabine s'abaisse et le contrepoids monte. — La tension d'un seul des deux
câbles du brin situé du côté mort est donnée en fonction de la tension t^ du brin situé
du côté courant, par la formule ;
dans laipielle (JP représente les frottements des fusées et It^ la raideur des câbles.
La valeur de O est de :
d
J = / [3 = 0,W)()1,
d, diamètre de la fusée de la poulie mobile = ido mm.
1), diamètre de cette poulie = i.83o mm.
P, force d’applicatiôn de la poulie sur ses coussinets, est donné par la relation :
P = (0 — b “1“
Fig. (5a. — Plan et élévation du chariot contrepoids (schéma).
Porlaiil la valeur de P dans la formule piveédenle, il vient :
O
' » I — y 1 — O
m LA TOU K EIFFEl. EN lîlOO
dans la<iuelle P„, est le poids propre de la poulie relatif à un eAble du luin, soit
^(■>4o kg = 3->o kg.
I est le coefficient qui tient conq)t(‘ de la raideur des câbles.
(1-Z9
, 54035
, fSin 5^^35 -0 815
\Cos.55“35 - 0.579
Calcul de 1. — désignons par I, la résislance absolue due â l’incurvation du
ASCENSEUR OTIS DU PILIER NORD
29:1
câble sur la poulie, et par t la lensiou du cAble soumis à celle incurvation.
On a, pour le coefficient 1 :
i = L
t
Nous avons vu, à propos des calculs de l'ascenseur Eives-Lille (Chapitre |)reniier),
la valeur de ce coeflicient 1^, la(|uelle est donnée par la l'ornude suivante ;
I. = (2 + o,oo;>.
dans laquelle :
P désif,nie le poids du cûble par mètre courant, soit /.v/;
D, le diamètre de l’incurvation, i,8do m\
t, la tension moyenne du cûble,
On trouve :
d’où
8,/j2
1 1 . 1 20
;rx^ =
. . s,/;2
' = TÜSTi =
0 -|- J = o,oio(>
> — (0 + l) = 'M»^9^i ^ ^ X ‘^>.99^1 — 1 èjb-
La valeur numérique de ce dernier terme est négligeable; en laissant donc de côté
le terme P„, ^ île la lornuile (1), celle dernière se réduira dans la suite des
calculs à :
‘ “ 1 — O
On aura de même comme valeur de en fonction de /, :
1 — 0
dans celte expression :
,2- (2 + O1UO2 X 1 .85:i) ^
y = rffe = ' = T853 ^
et
Or, nous avons ;
d’où
et
On en déduit :
1 — 0 = 0,9925 O + I ^ 0,01.', 5 1 — (O + 1) = o,()85.ï
= o,()(j;>. /, = o,(j8(i
S n . 1 20
2 = = '<. + /. + ', = ;C9^o /„
= 1 .8C>(‘> /, = 1 ,8.‘).o = 1 .8', O
T„ = 3.7.32 T, = 3.710 T, - 3.(i8o
b) La cabine s'élève et le contrepoids descend .
Dans ce cas, on a :
^ = /o + OR + I^ ot p = /, + /^+i>„,
294
LA TOril EIFFEI. F;\ 1900
d’ou en négligeant P„. :
/. = /
1+0
■ »,_^o + i)
10.880
Avec une tension moyenne du câble de =1 .8i3, les valeurs numériques
sont :
iC,o (2 + o,oo;> X i.8i3)^^
O = 0,07 ^^^j = o,oo0i et 1= ^ = 0,0046
1 + t) = 1 ,oo()i 0 "h ^ ~ 0,0107 * — (0 “1~ ï) =
^ = L'»7^o
On a de même :
l. = t
1+0
•i-(Ü + I)
O = 0,07 = 0,0075 I
1.180
12 + 0,002 X 1 .81.3
1,18
1 .81 3
= 0,0071
d’où :
et
1 + O = 1 ,0075 0 + • = 0,0140 1 — (0 + 1) z= 0,9854
t, = 1 ,022 /, = 1 ,039
Or nous avons :
S' 10.880
= ^0 + ^ + ^ — 3.o56
d’oii :
et
— \. 780 kg t^= 1 .8 10 kg t, = 1 ,85o kg
= 3.5O0 /.ÿ 'r, = 3.O20 A’ÿ T, = 3.700 Aÿ.
2“ Traction exercée par les câbles de contrepoids sur la cabine.
a) Ascension de la cabine. — Considérons d’abord le cas où la cabine commence au
rez-de-chaussée son mouvement ascensionnel (voir fig. 03). La traction en (1 ) est + = 3.50o kg.
En (2) elle est T/ = 2 t^, telle que l’on ail :
3.o()o , 1+0
= 1 .780 --- ( ' ", •
2 ' “ 1 — (O + 1)
Le diamètre de la poulie étant de 1,372 m et celui de la fusée 0,101 m, on a :
101
( ) — : 0,07 — - — - - o,oo5 1
1..172
(2 + 0,002 X 1.780)
J 0^7
1 .780
= o,ooOi
1 + 0=1 ,oo5i ( ) + 1 = 0,01 12 1 — (0 + I) = 0,9888
1+0 ,1 .780
,_(y+l) =T;ïïû1=''"“ 'IV = 3.5üiA5
ASCENSEUR OTIS DU IMUER NORD
que nous admettrons être rcHorl T agissant sur la cabine on négligeant le poids des
cables compris entre la poulie supérieure et la cabine (i).
Lorsque la cabine sera arrivée en haut de sa course (voir fig. tid), ces tensions seront
restées les mêmes, soif 3.r)()o kg en (i) et 3.rK/| kg en (2) et en (3), car les cûbles du coté
du contrepoids portent également sur des rouleaux.
(i) Celte longueur est d’environ 70 m et ou |)Out ailmeltre (pi’tdb* soit réduite à .ôo m
en raison de l'inclinaison et du frottement. I.a diminution de la tension <pii en résnlle est
donc de h,\ Xôo = 270 kg. Dans les calculs fpie nous avons établis pour l'ascenseur Olis,
tel qu'il existait précédemment, nous tenions coni|»te d(' l'action du poids des cûbles, malgré
l’incertitude que leur calcul peut présenter, surtout dans les parties où le câble, peu incliné,
est soutenu par une série de galets rap|trocbés run de 1 autre, ainsi que cela se produit
entre le rez-de-chaussée et le premier étage.
Pour l'ascenseur actuel, réduit à ce premier étage, cette inlluence assez incertaine est
donc faible et nous la négligerons. Du reste, il faut remaiapier qn'(dl(' n'agit d'nne façon
sensible que lorsque la cabine est on haut de sa course. Dans cette position, le poids des
câbles se rendant à l'appareil moteur, ainsi qu'au coidrepoids, ne fait (pi'ajouter son action
à l’effort moteur. Si la cabine est au bas de sa course, les câbles s'é(pnlibrent très sensi-
blement.
29G
LA TOUR EIFFEL EN 1900
b) Descente de la cabine :
La cabine s'abaissant arrive, au bas
En (I) :
de sa course. Les tensions successives sont :
3.7.32 l;g.
En (2) nous aurons une tension TJ = 2 //, telle <jue l’on ait :
O = o,oo5i I
1-0
{2 -|- 0,002 X 1 .8661
2,7
1 ,87
1 .800
= 0,0060
' ,!g|t '-'MX/' '--0^'='“" " =
En (3) la tension sera la même :
T; = 3.7.V, kg.
Lorsque la cabine s'abaissant part du haut de sa course, les tensions successives sont :
En (1) :
3.782 kg.
En (2) et (.3) :
3.7.34 kg.
IL — Tension dans le garant du moufle moteur
La cabine et son truck pèsent 9.600 kg
80 voyaf^eurs à 70 kg pèsent ! 5. 600
Total 16.100
La cabine est au rez-de-chaussée :
Angle : 64°36', sin = 0,816, cos = 0,679.
Composantes normales ( Cabine chargée 16.100X0,679= 8.74.8 kg
au chemin de roulement : Y ^ Cabine vide 9.600X0,679= 6.5oo »
Composantes parallèles t Cabine chargée 16.100 X 0,816 = 12. 3oG »
au chemin de roulement : X \ Cabine vide 9.600X0,816= 7.742 »
La cabine est en haut de sa course au i'*’ étage :
Angle : G2“36', sin = 0,887, eos = 0,462.
Composantes normales ^ Cabine chargée 16.100X0,462= 6.976 kg
au chemin de roulement : Y, \ Cabine vide 9.600 X 0,462= 4-379 »
Composantes parallèles t Cabine chargée 16.100x0,887=13.89.3 »
au chemin de roulement : X, f Cabine vide 9.600X0,887= 8.481 »
1" Efforts T à l’attache de la cabine.
a) Ascension de la cabine. — Les galets de rouiement de la cabine ont pour
dimensions :
D, diamètre de roulement = 660 mm
d, diamètre de la fu.sée = 70 mm
ASCENSEUR OTIS UU l‘JLlER NORD
2‘J7
L’elTorl T à l’allache de la cabine a pour valeur :
70 X 0,07
T = X 4- Y ( o,oo3 -|-
l')5o
— T/ =
Cabine pleine . . .
Cabine vide ....
entre le rez-de-chaussée et la naissance de la courbe. Au l'^étaffc on a
•> > \ rrw { Cabine pleine
r = X.-l-^.(^o,oo3-|-4-xo,o7)-T;= I
i2..3.)S-t;
7.800 -t;
i3./ir.r,_T;
«■'.77 -t;
Remplaçons T/ par sa valeur correspondante 3.5oU
On a :
Valeur de T ^ Cabine pleine
Cabine au rez-de-chaussée. \ Cabine vide.
^’aleur de T t Cabine pleine
Cabine au i" étage. ( Cabine vide. ,
1 2 . 3<j8 — 3 . 5o '1 = 8 . 8( )/| 1,'g
7 . 800 — 3 . 5o = '1 . ’» »
lil./ibC) — 3.5o/| = ().()()2 »
8.477 — 3.5o'| = /î-'.)7'^ ”
b) Descente de la cabine. — L’efl'orl T a pour valeur :
T = X — Y(o,oo3-^^Xo,(>7
Cabine pleine . . . .
Cabine vide
12.204 — t;
7.084 -t;
entre le rez-de-chaussée et la naissance de la courbe. Au C étage on a :
T = X, - Y, (o,oo3 + £ X 0.07) _ t; = I ^“1;;
Cabine pleine . .
ne vide . . .
1.3..320 -t;
8.385 — t;
d’où en prenant la valeur de T/ ;
Valeur de T ^ Cabine pleine 12.204 — 3.754 = 8.45o Av;
Cabine au rez-de-chaussée. ^ Cabine vide 7-084 — 3.7.54 = 3. <j3o »
Valeur de T 1 Cabine iileinc i3.32o — 3. 754=9. 500 »
Cabine au 1®“' étage. ( Cabine vide 8.385 — 3.754 = 4-03i »
2" Efforts T„" avant les poulies de renvoi du l®® étage. — En T," les tensions précé-
dentes n’ont pas changé et sont égales à T, parce que les câbles sont soutenus par des
galets et leur poids n’intervient pas.
3® Efforts T/' après les poulies de renvoi du 2' étage. — L’elVort T/' s’augmente de
la résistance au IVottement des poulies de renvoi et de la résistance due à l’incurvation
des câbles sur ces poulies.
Les dimensions de ces poulies sont :
D, diamètre d’incurvation = 3,oo m
d, diamètre des fusées = 100 mm
/', coefficient de frottement des fusées = 0,07.
ai Ascension de la cabine. — En appelant t”' et t” les tensions qui se rapportent à un
seul des quatre câbles du brin moteur, on a comme précédemment la relation ;
38
l.A ÏOL'U EIFFEL EN l‘)00
2‘)8
dans laquello :
lOO ,,
(J = ^ — X 0,07 = 0,002.1
.looo
Valeur de I :
1 ^
(2 + 0,002 X t) ■
J .looo
}
l’rcnoMS pour / la moyonne des deux tensions H.SçFi et divisée par .^1, soit
2.. 357 kçi.
On trouve : •
I = o,ooi(> O -f- I = o,fK).'l) 1 — (tj-l-l) = 0,9961
ooc,/;.
Les diirérenles valeurs de la tension T/" lors()ue la cabine monte sont donc :
Valeur de T/" ( Cabine [)leine 8.89'! X i,o()()=: 8,9^7 hg
Cabine au rez-de-eliaiissée. \ Cabine vide 4.29b X 1 ,oo() = '(••^22 »
\'aleur de T/" \ Cabine pleine. . 9.962 X 1,006=10.020 »
Cabine au V étage' ' ‘ \ Calune vide 4-978 X 1,006= 5.ooo »
b) Descente de la cabine. — On a ici :
Valeur de I ;
m _ < « ^ — (0 + I.)
’ “ 1 — (J
( ) = 0,002.‘l
(2 -f 0,002 t) ^
.loo
î
Prenons pour valeur de l la moyenne des tensions 8.4-ôo et 9..o(')6 divisé par 4,
soit 2.2f)2 kg.
On trouve :
I = o,ooi() O -|- 1 = 0,0089 1 — (O 1) = 0,9961
et
'„'" = ^é.)98 C-
L(îs ditrérentes valeurs de la tension T/" lors([ue la cabine descend sont donc :
\aleurdeT/" ^ Cabine pleiiu' 8.4.">o X 0,998 = 8.'|.8.8 kg
(.abine au rc'/.-de-cliaussée. l Cabine vide .‘1 980 X 0.998 = .‘I922 »
\aleurde i\"' ^ Cabine |)ieiue 9.r)6(‘) X 0,998 = 9..')'i7 »
Cabine au Vêlage. ( Cabine vide '|.68i X 0.998 = 4-b22 »
\
4” Tensions à l’origine du moufle. — Dans les ditTérenIs cas de charge, les ten-
sions I, ï^oul égales aux valeurs [irécédentes TJ", le poids des cAbles n'intervenant (pie
raiblemeni, puistpi ils sont soutenus par des galets de guidage.
A SC KN SE U K OTIS DU PI LIED A OUI)
2‘J!)
5“ Tensions 1 , du brin mort du moufle et détermination des tractions totales F sur
le palan. Soit 1^ = 1 J" la tension sur un cAble à rcnlréc du nioullage et /, la U'iisioii
sur un câble du brin mort.
D, diamètre d’incurvation des poulies du moulle =
d, diamètre des fusées = 0,127 ”*•
m
Nous considérons toujours les deux cas de l’ascension et de la descente de la
cabine.;
a) Ascension de la cabine. — On a pour valeur de la tension t :
+ T,.
(U + I).
^en négligeant toujours le lerine : P„, ^ ^
dans laquelle :
{Q + i)J
Valeur de 1. — Ou a :
.d 127
U = / tT = '>'‘'7 = u,oo58.
(2+0,002/)-!^
Nous prendrons pour t le (piart de la plus grande tension T/" à la montée, soit
10.020 _ _ ,
— = 2.000 kq.
On trouve :
et
d où
1 = o,oo3i (J I = o,oo8<( 1 — (O -(- I) = o,q()i 1
'e = (0'»'irV" = L08tu;"
T. = 1 .08C) T'".
La somme des tractions sur les câbles tlu moulle sera celle des termes d’une [iro-
gression géométrique, soit :
P _ I I.OI 4 1~| rp _ O'**' ^ 'P w _ - , T- w
Li,oi'i — ij “ i.oi't — I “ 0
.Les tensions T, et F sont donc :
^'aleurs
^ . , , ( Valeur de T, . .
C^âuiiic cliciri/Gc. 1 X- I I 1-»
} \aleur de F. . .
de T, et de F \
Cabine au i ., , • -, \ ^ aleur de T . .
•ez-de-chaussée. ( ^ Valeur de F. . .
X i,o8()= q.7i() kg
^d/i7 X 7,;>.i =C)',.r)07
X 1 ,o8() =
. 4.322X7,^1 =3i.iC)i
LA TOUR EIFFEL EN lîKlO
;i0()
Valeurs
(le T, el (le F
r.abine
au Vêlage.
Cabine chargée.
Cabine vide .
\ Valeur de T, .
I Valeur de F. .
\ Valeur de T„ .
l Valeur de F. .
lo.o.^o X i,o80= 10.881
10.030X7,21 =72.2^1
5.000 X i,o8r>= 5.^|3o
5.000 X 7,21 = .3G.o5o
b) Descente de la cabine. — Ou a pour valeur de la lension :
La valeur de Q est loujours :
O = o,oo58.
Valeur de \. — On a :
. (2 + 0,0(32 0-^-
Li+ii
t
Frenons pour l le quart de la lension ().547, soit : 2.387 kg.
On trouve :
I = 0,00.32 0 + 1 = 0,00(j0 1 (ÿ + Ij = 0,9910
1 — O = 0,()(/|2
»-(Q + i)
1 — O
= 0,996 et /^= (0,996)*. </"= 0,976./,
m
d’où
T. =
ftf
La somme F des Iraclions sur les câbles du moufle sera :
r 1 — o,99*)n
Li — o,(j(j6 J
„ _ 1 0,9722 „ ^ ^ „
0 1-0,996 '
m
On peut donc faire, pour le cas de la descente, le tableau des valeurs de T,el de F,
qui est le suivant :
Valeurs
de T, el de F
Cabine au
rez-de-chaussée.
Valeui's
de T, el de F
Cabine
au !*'■ étage.
C.abine chargée
Cabine vide. .
Cabine charg(*e
Cabine vide. .
^ Valeur de T„ = 8.'|33 X 0,976= 8.280 kg
I Valeur de h’ = 8./|33 x 6,95 =68.609
( Valeur de T, = 8.922 x 0,976 = 3.828
\ Valeur de F = 8.(922 x 6,96 = 27.268
( Valeur de T, = 9.6'j7 X 0,976 = 9.818
\ Valeur de F = 9.6'i7 X 6,96 = 66.861
( Valeur de T, = .^4.622 X 0,976= 4-5n
( Valeur de F = 4.622 X 6,(96 =82.128
Le tableau suivant résume ces ditïérenls elforls :
ASCENSEUH OTIS 1)1' l'ILlEH NOlU)
;ini
MOUVEMENT ASCENSIONNEÎ.
DE L\ CABINE
MOUVEMENT DK DESCENTE
DE LA CABINE
EFFORTS
Traction dans le jifarant. .
Traction dans le dor-
mant
Traction totale sur le
mou Ile .
AU HAUT DE LA
AU BAS
DE LA
COURSE
COURSE
Cabine
Cabine
C.ibine
Cabine
pleine
vide
pleine
vide
%
*.'/
10.020
5.0(K)
«•‘.»'i7
4.:i22
10.881
5.4:10
9.7 iC)
4.f*<t'i
72.244
3(i.o.5o
(■>4. .507
:îi . iC)i
AU HAUT DK LA
AU BAS
DE LA
COURSE
COURSE
C.abine
Cabine
Cabine
Cabine
pleine
vido
pleine
vide
i<g
*!/
*9
4.(’)22
8.4.33
3.922
9.;1i8
4.5i 1
8.2.3o
.3.828
(»(■).. 35 1
32.12.3
58.O09
27.258
Les elTorts maxima correspondent à la caltine pleine en haut de sa course et
sont, pour le câble, de lO.HHi kg vers le point fixe du moufle moteur, et sur le palonnier
d'attache des tiges de piston au chariot mobile, 72. -^44 !<0-
111. — Ekkort moteur
L’ellort moteur pour l’élévation de la charge comprend la composante langenfielle
du poids des masses mobiles et l’action de l’eau sur le piston, diminuée des frottements
du piston et des tiges dans leurs garnitures.
1® Action des masses mobiles. — Le poids des masses mobiles se décompose ainsi :
Chariot mobile
Riblons
Pistons et leurs tiges ....
Câbles enroulés, en moyenne
Total .
10.000 kg \
.'î.iiHo ^ 2.0.180 kg
4.5oo )
<■)(■)()
;>.(). 84 O kg
Le chemin de roulement du chariot est incliné de (ii®:>o' sur l'horizontale. Les élé-
ments de cet angle sont ;
sin ()i®2o' = 0,877 cos t)i®2o' = 0, 479
La composante tangentielle a pour valeur, sans tenir compte des câbles qui n’in-
tcrviennent pas :
Xj = ao. 180 X 0,877 = 17. Ch)8 kg.
La composante normale du chariot mobile, des rililons et des câbles est seule utile;
elle a pour valeur :
V, = i().34o X 0.479 = 7.827 kg.
Pour l’évaluation des frottements des garnitures du piston et des tiges, il faut consi-
dérer :
I.A TOUR KIFFKL EN 1900
302
I" L(‘ IVollempiil tlù au poids propre du piston qui est de i.-Aoofig.
Sa composante norniole est :
1 .-^oo X = r)7() kg.
Si 0,10 est le coefficient de frottement, nous aurons comme valeur absolue du frot*
tement :
Ü7t) X 0,10 = 58 kg.
Le frottement dO aux f^arnitures du piston et de ses tiges.
Pour cela, nous assimilerons les garnitures du piston et des tiges, qui transmettent
la pression aux parois du cylindre suivant une loi indi^terminée, à une série de cuirs
emboutis é(|uivalents, ayant o,o;>o m de hauteur, et transmettant l’action hydraulique
avec une intensité égale, suivant toute leur hauteur. Cela posé, le frottement absolu
des dilférentes garnitures sera donc fourni par l'expression générale :
apfl-xiir.
a = (),();> m, hauteur des garnitures en pression.
p= lo kg, pression moyenne unitaire pour la montée du véhicule, et i5 kg pour la
descente.
/■=(), K), coefficient de frottement.
somme des périmètres des ditrérentes garnitures soumises à l'action hydrau-
lique.
Celte somme est la suivante ;
Piston ;)/’ = 9(),5 cm
Tiges ;>r = io,8
Tige du piston support :>>•=. 7,(1 . .
O'îrr = 3o.3,?- cm
= t>7,H
•?,T,r = ;>3,88
Ihir suite, on a :
Total
.‘5()^,88 cm
Cas de la montée :
Cas de la descente :
«p/ = 79^^ /.y (1).
apfL-.>.T,r - 1 . i85 kg
Le froltenuMit total sera donc :
Cas de la montée : 7()o -|- .58 = 8'j8 kg
Cas de la descente : i . i85 -)- .58 = 1 ,;>'|3 kg
(i) I.a formule d’Lytelwcu’n, pour les froflemenis dans les garnitures, (h)nnerait des
chilfres au-dessous de ceux (pie nous adoptons. Ofle formule est I' = -5ZL D ('>|aiit le
1 .000
diamètre et p la pression par- mètre carré, on trouve pour />= 100. ooo kg ;
1' - 1 (n,<)<>5 + 2-X 0,108 + 0,076) 100 = 4 X 1,^57 X loo = 5o3 kg
et liour P = i.5o.ooo ;
F =
7^4
ASCENSEUR OTIS UE IMLIER NORD 303
Finaleinenl 1 action des masses mobiles du moteur sera dans le cos de la montée de
la cabine :
S = A, 4- V, ^o,oo3 -f 0,07 — 8', H
d = 0,080 )», diamètre de Taxe des galets.
D = o,5o8 diamètre des galets. ;
f—^1^7 coefficient de frottement des axes sur leurs coussimds.
On trouve :
S= i7.(k)8 — 7-^'-7 X 0,01^1 — 8,^0= i0.7'|i bg
et dans le cas de la descente de la cabine :
= A4 - V, (o,oo3 + /•£) + , .o/,3
S' = '7 *4)^ 4“ 7-^‘-7 X 0,0 l'i -|- = i8.o5(> bg.
2® Action de l'eau.
al de la cabine. — Au moment oii la c<d)ine pleine ai'rive au i®'" étage, il
faut (|ue les organes (jui agissent sur le unoulle produisent un etl’ort de 7;>.:>^|E Les
parties mobiles du mouflage, par leur poids, conlribuent à cette traction pour i().7^|i bg.
L eau n a donc plus a produire sur le jiiston (pi’un elfoi’t (.le :
R = — 0>-7^|i =55.503 bg
Au rez-de-cliaussée, la valeur de R pour la cabine pleine sera de :
P =3 C)'i.5o7 — 1(1.7^ 1 = '17. 700 bg
La surface active de la face supérieure du piston a pour valeur 7.i3i cui et la hau-
teur (1 eau correspondant à la pression est, en dehors des pertes d(‘ charge, de 120 m.
La pression totale sur le piston est de :
7.i3i X 12 = 8.5.572
Cette pression est très sup('“rieure aux ell'orts résistants |)récédemment trouvés cpii
sont de 55.5o3 et 'i7 7b<), et elle assure les déplacements de la cabine sur tout le
parcours.
■Mais, en n'alité, il y a lieu de tenir compte des pert(*s de charge, dans la conduite
d alimentation et dans le distributeur, (’.e calcul fait l’objet du tableau suivant. On
suppose le distribub'ur complètement ouvert, et la cabine animée de 3 vitesses, savoir:
1 ,00 m, 1 ,5o m et 2 m.
Conduite d'alimentation.
301
L.V TOL’|{ EIFFEL EN 1000
Ascension de la cabine. — Distributeur ouvert.
1,00 m
1 1,50 m
0, 1 ',3 m
0,21 '1 ni
0,102 nd
0, 1.53 nd
0,102 nd
0, i53 nd
2,081 m
3,127
o,o2'|(l m
o,o5.5o ni
8,3(1 ni
0, 108 m
o,!>'i3 ni
0,11)1 m
o,'|32 ni
',,o3()
0, kg
<),o35 ni
o.i)o3 kg
0,157
',,.5(1 m
(1,8'| ni
1 ,o(l m
2,38 m
0,1 o(l kg
0,5 10 kg
0,2.38 kg
1 , 1 1 kg
VITKSSES 1>R LA CABIME V,
iV.
Piston :
Vilcssos roiTcspondanles : = ...
7
l'ace supérieure, surface active :il = o, 71.31 ni-.
Face inférieure, surface active : £2, = o,73i3 »<*.
Déliit relatif à la surface supérieure du piston :
0,71.31 X V,
' Loiif^^ueur totale : L= un m.
Diamètre intérieur ; I) =xo,;>5 m.
I Section : o> = o,o'|() wi*.
Débit relatif à la conduite : ( ) =12 V,
Vit( ‘sse de jinssage de l’eau : V=;—
Perle de charge par mètre courant (formule
de Proiiv) due aux frottements :
/.
.1 = (o, ()()()() 17.3 V -|- *>iOoo3'|H
l’erte île charge due aux frottements pour la
longueur totale : /< = .IL |
Perte de charge due au passage de l’eau diij
réservoir dans la conduite : o,Vl—
‘.îfj I
Perte de charge due au passage de l’eau de la
(V — V !
conduite dans le cvlindre^ :
r- I
Perte de cliargi' totale dans la conduite. . . .1
I Pressions correspondantes en /.V/ par c»P . . .
iJisIributeur :
Section niaxima de passage de l’eau dans la
grille : (171 trous de o,iK)p m de diamètre,
soit : o,o'|2 nd.
Didiil relatif ii la lace inférieure du piston:
^
\ ilesse de passage de l’eau dans le tlislribu-
ii. X V.
leur ; V :
0,55 X o,oF-i
(('oelticieni de contraction =rr o,. 3.3.)
(’.liarges correspondantes aux vitesses V :
/,=x;
Pression correspondante en bg par end
Pertes de charge totales (conduite et dislrilmleiir).
•2,00 W1
o,28() m
0,20^ nd
o,2o'| nd
fi , I ()2 m
o,oij<)3 m
i5,oi) m
O, ',3a ni
0,7(15 m
1(1,287 m
1 ,(laij kg
0,210 nd
i),i2 m
'1,2', m
O,/, 2', kg
2,0.53 kg
ASCEiNSEüU OTIS DU l’ILlEH AOKD
305
On voit (|ue la perle de charge provenant du distributeur détermine une contre-
pression sur la face inférieure du piston, qui a pour aire: 7-3i3 cm* cl (|ui varie de
0,106 kg à o,'|2.'i suivant les vitesses.
En sorte que, si la cabine est animée des trois vitesses citées plus haut, les pres-
sions eiïeclives sont, en tenant compte pour l’enlrée de la perle <le charge dans les
conduites, et pour la sortie de la perle de charge à travers la grille :
\ itesse de i ,00 m :
(i2,on — o, /,()',) 7. i3i —0,106 X 7.3i3 — Si.().36
Vitesse de i,5o m :
(12,00 — 0,90.3) 7.i3i — 0,2.38 X 7.31.3= 77-392 kg.
Vitesse de 2,00 m :
(12,00 — 1,629) 7 *'^' — X 7.31.3 = 70.855 kg.
Or, on a vu (|ue les elTorts que l'eau a à vaincre lorsque la cabine est au i"' étage
et au rez-de-chaussée, sont respectivement 55.5o3 kg et .^17.766 kg.
On voit donc que la marche de l'appareil est assurée même pour des vitesses pou-
vant dépasser 2 ?«.
En pratique l'on ne tlépassail pas i,25?« à i,5om, ce (pii permettait de faire
marcher moins vile les pompes.
b) Descente de la cabine. — ('/est le véhicule qui, dans ce cas, est l'appareil moteur.
11 faut (ju'élanl vide et arrivant au rez-de-chaussée, il puisse faire remonter l'appareil
moteur sur son chemin de roulement.
Or, on a vu que, dans ce cas, l’ell'orl de traction (pie produit la cabine sur le moufle
est de 27.258 /iv/. 11 est suffisant pour vaincre faction des masses mobiles, qui est dans
ce cas de i8.o5o/iV/, et les faibles pertes de charge (pii se produisent dans les tuyaux de
communication entre le haut et le bas du cylindre.
CIÎAI>ITRE HT
ASCENSEUR VERTICAL"'DU SOMMET
§ 1- — Résumé des données principales et des calculs dynamiques
de l’ascenseur.
I. — PoinS DES CABLES.
Nous donnons ci-dessons, en raison do son importance dans récpiilibrage, le calcul
d(^laillé de la n*parlilion du j)oids des cAbles et de leurs chapes, en nous servant de la
figure (V'j, dans lacpielle sont résumées les dimensions généiales de l'appareil.
Considérons en premier lieu le cas où, le piston étant à l’origine de sa course, les
deux cabines sont à la hauteur du plancher intermédiaire.
Déterminons d'abord le poids des cAhles à partir du point de contact des poulies
supérieures.
1° Câble a.
Chape mobile d'attache sur le palonnier
CAble d’enroulement (80,20 H, 20) — 88. ^iO à i<) /.V/ . . . .
Tendeur (j)iston, 80 kg, chaj)e, (k) Ây)
CAble de susjiension [80,20 — (1 , i3 -j- 0,20)] = 78.82 à 12 !;g.
Chape de réglage
CAble d'enroulement dépassant les poulies (8,bo — 2,2.0)
à 19 %
Total pour le cAble a
COTÉ A
18.") kg
1 .680
1 . 8b5 kg
2“ Câble b (semblable au cAblc a, sauf la hauteur des |)onlies :
5,5o m au lieu de 8,(‘)o m).
Chape mobile d’attache sur le palonnier 18.') kg
CAble d’enroulement (80,20 5,io) = 8.'),.‘to m à \\) kg . . . i.C)2o
Tendeurs, cAble de suspension, chapes diverses
CAble d’enroulement dépassant les poulies (.0,20 — 2,2b)
à 19
COTÉ B
l'ib kg
285
121
'■'i97 l<9
i..’};»') kg
Total pour le cAble é.
i.8o5 kg
i.'.S; kg
3(18
LA TOI R EIFFEL EN 1900
3® Câble c.
Tendeur avec cliape kg
Cilhle d’enroulement (8o, 20 3, (>()) = 83, 89 à 19 /.(/ .... i.:>9'|
Chape inol)ile d’atlache sur le palonnier B i45 kg
CAble de suspension (80,20 i,55 — 2,83) = 78,92 à 12 kg. 9^7
(’hape de réglag'e ^^85
CAble d’enroulemenl dépassant les poulies (7,;>o— 4,o5)
= 3.1 5 m 60
'l'olal pour le c:\ble c ••739 kg 1-437 kg
4® Câble d (semblable au cAble c, sauf la baulmir de la poulie :
G,t)o m au lieu de 7,20 m).
Tendeur avec chape '43 A-ÿ
CAble d’enroulemenl (80,20 -f- 3,39^ = 83,.59 à 19 Av/ 1.588
Chapes diverses et oAblc de suspension 1 .377 kg
CAble d’enroiilemenl dé]iassanl les poulies (0,90 — 4, o5j
i\ U) kg 54
l’olal pour le cAble ri 1.733 kg i.43i kg
Tolal pour les cAbles a, A, c, ri, à l’origine de la course. 7.142 5.802
Excès de poids de la cabine A sur la cabine B
(10.900 — 10.700) 200
'l’olal 7-342 kg 5. 802 kg
A la (in de la course, 80,20 X 4 X 19 = 0.095 kg sont passés
de l’un à l’autre côté, et il reste comme poids des
cAbles :
'l’olal à la fin de la course '•247 kg 11.897 ^9
Celte surcharge du côté A doit s'ajouter au poids des pistons. Pour une position
intermédiaire et une levée .x des pistons, le poids du coté A est 7.342 — 4 Xiy^ =
7.342 — 7(1 ar, et du côté B, 5. 802 -{- 7t> x.
La partie de cAble d’enroulemenl reposant sur les poulies supérieures est de
10,22 -j- io,o3 -j- 2,09 -j- 1 )90 = 24,24 m à 19 kg = 4('k* kg.
Le poids total des cAbles et de leurs chapes est ainsi de 4<>o + 7142 5-8o2 =
1.3.404 kg. Ce poids comprend :
CAbles d’enroulement 7.238 kg
— de suspension 3.78G
Chapes 2.38o
l’ütal i3.4o4 kg
11. — Données et calcl'ls uyn.amiqies de l’.vscenseur.
Les données relatives à l’ascenseur sont résumées ci-dessous :
Poids des pistons kg
Poids des cAbles d’enroulemenl situés du côté de la cabine motrice A
fin de course, et excès de poids de celle cabine 1.247
Fig. 64
DhiQvamme de l'ascenseur Edoux.
LA TOi:i{ Kl FF LL EN 190 0
:no
l*()i(ls par mèiro dos (|ualro cAhles (ronrouleinenl p ji>
Poids total dos cAhlos do snsponsion du ciMô de la cahino coiitropoids. 5.8o2
Pression théorique A la montée, t En bas do la course io(),»»o m
on mètres d’oau (En haut de la course 79'7<^
Contre-pression théorique à la ( En haut de la course 3,20
descente, en mètres d’eau . ( En bas de la course 83, ^o
Course 11 des cabines 80,20
CAIIINE A CABINE B
Poids ^
des S
véhicules. (
A vide
Surcharge de 80 voya^^eurs à 70 /.^
b]n charfj;e ....
10.900 10.700 kg
."i.tioo .o.t'ioo
i().,')Oo kg i()..3oo kg
Détermination de la pression effective.
Nous calculerons successivement dans le cas de la montée de la cabine motrice, et
dans le cas de la descente, l'elVoil moteur et l’elVort résistant tpie nous comparerons.
1® Cas de la monlée. de la cabine motrice.
Pour avoir la pression ellVctive, il faut déterminer les pertes de charge, dans les
dilïérentes parties <le l'apiiareil.
('es |>ertes de eharge sont résumées dans le tableau suivant j»our les trois vitesses
de la cabine de o.'i.') w, 0,90 m et i,2.â m.
DÉSIGNATION
TITF
0,45 m
SSR DR LA CABINB
0,90 m 1 ! ,*i5 ïii
1® Conduite de o,2.')o m, venant du réservoir supérieur.
Section totale des pistons : o,i(>o8 >/»*.
Itébit correspondant en litres par seconde
72,. /
1V> l
201 l
Section de la conduite ; o,o'i9i
Vitesse de l’eau dans la conduite
I ,^|8 m
2,9() m
',,09 m
Perle de charge par mètre : .1 = -*-*'* **-^*^* ^ ^ ) ,
0,01',
0,0.')()
0,107
Longueur de la conduite : 90 ?«.
Perle de charge pour celte longueur
I ,2(X)
.Â,o',o
9,()3o
Ilaulour d’eau génératrice de la vitesse, et perle due
aux changements de section : - —
:>. 2 7
0,l()()
0. ()()'(
1.271
Perle de charge totale en mètres dans la conduite
de o,:2,')o m
1
à, 70',
10,901
2® Conduites deop.H) rn, allant de lu colonne principale aux
rglindres.
Il y a deux (urnduiles dans lesipielles se partage h*
débit calculé plus haut.
1
ASCENSEUR VEiniCAL DU SOMMET
311
DESIGNATION
VITESSE DE LA CABINE
0,45 m
0.99 m
I,2."> m
Sec-tion de chaque conduite ; 0,0177 »*’•
Déhit pour cha(|ue conduite. . . .
3(‘),;>.3 /
72. .3o /
100,30 /
\ itesse de l'eau dans la conduite . . .
2,0.3 rn
'1,10 in
3,ri(» Hi
Perte de charité par mètre : .1 — ' (o,o<h)| x ^ )
0,(/|.Ô
0,18
0,3',
Longueur des deux conduit(*s : i>3 m.
Perte de charge pour cette longueur
1 ,o.‘lo
Total lies pin tes de chargi; dans les conduits
de 0,200 m et 0,1 5o m . . .
i8,.’{8
3“ Pis! ributenrs. Section de passage de l’eau dans chaque
distrihuteur : 20 trous de 0,0008 chP, soit
o,oi()o m\ et pour les deux o,o32o îjP.
\ itesse de passage avec contraction de o,5o =
Déhil
Section X o,ô<>
'.,33
(),oC>
12,.3()
Cdiarge correspondante à la vitesse ci-dessus . . . .
8,3o
/|“ Cylindres. Nous admettrons comme nulle la perte de
charge a l’entrée di's (;ylindri>s à causi* des nou-
velles tètes qui otl'rent un libre passage à l’eau.
Ouant a la perte dans les cylindres eux-mèmes, nous
admettrons (d’après des expéiiences <|ue nous
avons faites sur l’appareil) iju’elle est di; 5 7n
pour la vitesse de 0,7.") quand le plongeur est
au bas de sa course.
Pour les autres vitesses, nous admettrons i|ue cette
perte varie suivant leur carré, et elle sera de . .
1 ,80
7.-20
13.78
Cette dernière |)crte de charge est sensiblement nulle
quand le [liston est en haut de sa course.
; Perte de charge totale au commencement de
Uésl'.mé. \ la course
5,3o
,‘*>0
',().',(■»
( Perte de charge totale à la tin de la course . .
3. .3(1
1 '|,00
2(>,r>8
l'es pertes de eharge rapportées à la section des plongeurs, lacpielle est de o, it>oS ni^,
donnent les eliiflVes suivants ;
COMMENCEMENT DE LA COURSE
FIN DE LA COURSE
Vitesse de o/,5 m
8.02 by
3( ')3 II y
— <>,t)'>
3. ',(.()
2.23 1
— 1,23
(>.3i2
'.,21)3
LA JOI U EIFFEL EN 1 !)()()
.‘112
La pression lliéoriquo lapporlée à la soclion du plongeur est :
Au commenccinonl de la course : i(io8 x — ^ = 25.712 kn.
10 ‘J
A la fin de la course : ifio8 X - — = i2.8i() k(j.
Les pressions cIVectives ou cll'orls inoleurs pour les difl'érenfes vitesses sont donc :
COM.MENCEMKNT DE LA COURSE
FIN DE LA COURSE
Vitesse de o,45 m
2.5 . 7 1 2 — 8.02 = 2 '1 . 860
12.816 — .56.3=12.253
— 0,90
25.712 — 5.409 = 22.5o5
i2.8i() — 2.25i = 10.565
— 1 ,25
25.712 C).5i2 — U). 200
12.816 — 4-293= 8.523
Pour chacune de ces vitesses on peut re|)résenler graphiquement la variation de
la pression eUeclive, du conimenceinent à la fin de la course (voir épure, fig. C.5).
h'quilibre du système.
La pression motrice, ahsiraclion laite des pertes de charge, doit être égale en
chaipie point de la course à l’elTorl résistant.
L’é(|uation d’éipiilihre s’établit comme suit.
Les forces produisant lé mouvenuMit sont, au commencement de la course :
1“ La pression etl'ective donnée par le tableau précédent pour les dilférentes
vitesses, soit Q;
2“ Le poids des cAbles de suspension, y compris cha]ies et tendeurs, c'est-à-dire
ceux ne s’enroulant pas sur les poulies; il est égal à 5. 802 kg;
5“ Le poids <le la cabine contrepoids qui s’élimine par suite de son égalité avec
celui de la cabine motrice;
Le poids des voyageurs de la cabine contrepoids, soit V,, pouvant varier de
O à 5.(’)00 kg.
Les forces s’opposant au mouvement sont :
1” La somme P, des [)oids des pistons et de l’excès de poids des câbles et de la
cabine A, P, = ij.ôoo-f- i.2'i7= 18. 7^17 ;
2“ Le poids C, de la cabine motrice, qui s’élimine;
Le poids V, des voyageurs de la cabine motrice pouvant varier de o à 5.(ioo kg\
Le poids ;dl de la portion des cAbles s’enroulant sur les poulies
p\ I = 7() X 80,20 = r».o»j5 kg ;
O" La somme H des résistances dues au frottement, hupielle, d’après les expériences
laites antérieurement, est à la montée d’environ i/|Oo kg.
Pour le mouvement, on doit avoir :
(J -f- 5.802 V, > i8.7-'i7 -f V, -j- 6.095 1 .400,
d’oii ;
(j>:,o.44o-f(V,-V.).
ASCEiNSELK VEUTICAL l)V SOMMET
3i:i
A la fin de la course on aurai! de mi'nie, en remarquant que les c:\files d’enroule-
ment viennenf s’ajoulor à la force ascensionnelle :
d’où :
0' + 5.8o;> -f- ().0()5 -f V, > i8.ô',7 -j- i /,oo,
0'>8.25o-^(V, -V,).
En donnant successivement à V, — les valeurs correspondantes :
1® A la cabine motrice complètement chargée et l’autre vide, soit
V, = 5.(V)0 kg, \. = O et V, — \\ = n.fioo kg;
2® A la cabine motrice complètement chargée, et l'autre à moitié pleine, soit
V, = 5.()00, Vj = 2.8oo, V, — V. = 2.8oo;
3® Aux deux cabines également chargées, soit V, — V, = o; on trouve les valeurs
ci-après ;
40
L.V Toriî KIFFI'L l'N 1000
:ili
EFFORT RÉSISTANT MAXIMUM
EFFORT RÉSISTANT MAXIMU.M
VALEURS DE V, — V,
Commencement de la montée
Fin de la montée
5.(>oo kg
2().0.^0
i3.85o
2.800
23. 2/(0
1 1 .o5o
0
20.'/|0
8.25o
Os valeurs sont à comparer avec les pressions efieclives du tableau prt‘cédent.
Fn reportant ces valeurs sur l'épure, on voit (|uc :
1® Dans le cas de la cabine motrice seule cbarj^ée de 5.r)oo kg, la pression est insuf-
tisanle j)Our que le véhicule puisse monter, l'etVorl résistant étant constamment supérieur
à la pression statique qui correspoml à la vitesse o.
Mais ce cas ne peut se présenter (pie dans les premiers voyages. Dès (pie la
dinérence du poids des voyageurs est de 'i.ooo kg, c’est-à-dire quand il se présente
iS() voyageurs à la montée pesant b.Ooo /.ry et f>3 voyageurs à la descente, soit i.Cioo/.^, ou
seulement 57 voyageurs à la montée, on voit d'après l’épure (pie l’eirort résistant est
compris entre les etïorts moteurs correspondant à la vitesse de o,'|r) m et à celle de
(),()() jm; la vit(‘sse réelle varie de m pour le coinmeiicement de la course à o,/|5 m
pour la (in.
îî® Lorsipie la dilYérence de poids V, — V, du C(')té de la cabine motrice est de
;>.S(K) kg, la vitesse au démarrage est environ de o.jÔ m; elle atteint près de 0,80 m à la
(in de la course.
3® l,ors(pie les cabines sont ('‘gaiement chargées, la vitesse varie de 1,10 m à i,î>5 m.
a® Cas (le la descente.
Délerminalion de la contre-pression. — Nous suivrons ta m('me marche de calcul
pour la descente.
Nous calculerons, tout d’abord, les pertes de charge, qui sont extraites du tableau
précédent, correspondant aux ditïérentes vitesses de la cabine motrice.
DÉSIGNATION
VITESSE DE LA CABINE
0,45 m
0,90 m
i ,9,"> m
Perte de charge dans les conduites des distributeurs aux
cylindres
1 ,o3 m
',,1', m
7/18 m
Perte de charge dans les distributeurs
1 ,()',
',,!()
8,3o
— dans les cylindres eux-mèmes, à la fin de la
descente de la cabine motrice
1 ,80
7,20
13,78
Perte de charge dans les cylindres (“ux-mémes au coinmeu-
cernent de la descente
0,00
0,00
0,(K»
Total des perles de charge :
.\u commencement de la descente ....
2,07
8,.3o
15,78
A la lin de la descente
3,87
i5,r)()
29, 5(’)
A SC K N SE U |{ VEKTICAE DU SOMMET :}|‘)
Ces pertes de charge rap[)orlées à la section des plongeurs donnent les cliillVes
suivants :
COMMKN'CEMENT DK LA DESCENTE
FIN DK LA DESCENTE
Vitesse de o,^|5 m
:m kg
(•>27 kg
— <>,<)<»
1 .33r)
2.',»)2
—
2.r)'i 1
La contre-pression tliéoricjue, rap|)ortée à la section du plongeur i .tioS chi*, donne :
Comnienceinent de la dt'scente
Fin de la descente
iIukS X — — =;)!'( Ii(j,
lo
, 83/|0 , ,
itxtS X — — = id/iiü lig.
lO
Les contre-pressions ell'ectivesou elVorts résistants pour les difVérentes vitesses, et
qui s’opposent au mouvement, seront donc :
COMMENCEMENT DE LA DESCENTE
F)N DE LA DESCENTE
Vitesse ilc o/i.") ?»
5i ', -f 338= 852
i3.'| 10 -f- <'27 = 1 '( <>37
0,<)()
5i '1 -|- 1 .335 = 1 .8'i<t
11
+
—
5i '1 -f- 2.5'| 1 = 3.o55
i3.'| 10 -}- '1 7t>o = 18. 170
Ces valeurs peuvent être rajiportées sur une épure analogue à la })récédente, (pii
donnera pour chacune des valeurs ci-dessus la variation de la contrc'-pression etl'ective
(voir fig. (■)•)).
L'é(iualion d'écpiilibre s’élahlit comme suit.
Au commencement de la descente, les forces qui j»roduisent le mouvement sont :
i“ L(> poids des pistons et de leur surcharge F, = '^-717 ;
2® Le poids V, des voyageurs de la cabine motrice variant de o à o.tioo kg',
Les forces (|ui s'opposeid au mouvement sont :
1® Le poids des voyageurs de la cabine contre-poids — (J à 5.()Oo kg',
2® Le poids des câbles ne s’enroulant pas sur les poulies ; 5. 802 kg',
.‘F Le poids des câbles s'enroulant sur les poulies : ydl =(».o(|r) kg',
La contre-pression (J;
5® La somme des résistances passives dues au frottement et que nous prendrons
égale à 1 .200 kg.
On doit donc avoir, pour (ju’il y ait mouvement :
iS.7',7 4- V, > -f Ü.802 -f f).o(>-) -f (J -(- 1 .200,
d’où :
n < ô.Cmo — (V, — V,).
310
LA TOI R El FF KL EN 1900
A la lin de la descenlo on aurait de même, en remanjuanl (jiie les cùbles d’enroule-
inenl viennent s'ajouter aux forces qui produisent la descente :
iH.-'ij ().()((.) T" ^ I ^ ^ J “F ü.8o:î -j- 0' -|- 1 .200,
d’où :
0'< i7.S',o- (V,-V.).
Fiir. üG. — h'jjurc do Ju dcsccnlc.
lùi prenant les hypothèses précédentes, mais relalivcincnl à la cabine contrepoids,
on a le tableau suivant :
VALEURS UE V, V,
EFFORT MOTEUR Q
au commcacenient de la descente
EFFORT MOTEUR Q'
à la fm ds la descente
b.Ooo kg
5ü
I2.2V>
2.8(X)
2.85o
i5.o4o
O
5.(’)5o
17. 8', O
ASCENSEUR VERTICAL Dü SOMMET
317
Ces valeurs sont à comparer avec les contre-pressions elïectives du lahleau |)ré-
cédent.
Eu reportant ces valeurs sur l'épure relative à la descente (voir fi^. ()t>),on voit (pu* :
1® Dans le cas de la cabine contrepoids seule, chargée au maximum, la descente
de la cabine motrice ne peut [>as s'efl'ectuer. 11 faut, jtour le [)remier voyage de la cabine
contrepoids, ne meltn* dans celle-ci (pie 58 à bo voyageurs, représentant environ
Uooo kg. Dans ce cas, la cabine motrice descend avec une vitesse (pii varie du com-
mencement à la tin de la descente de o,85 à o,3o, comme le montre le trait mixte de
l’épure.
Lors(pie la dilTérence de fioids V, — V, du c()té de la cabine contrepoids est de
2.8oo A’ÿ, la descente commence à une vitesse voisine de i,25met décroît jus(pi'à une
valeur un peu inl'érieure à (),()o m.
3® Enfin, lors(pie les cabines sont également chargées, la vitesse reste, pendant
toute la descente, supérieure à i,2Ü w.
11 résulte de la discussion précédente :
1® Que la dilTérence de poids des voyageurs dans les cabines m* doit |>as dépasser
4.000 kg.
(Inand elle atteint ce cbilTre du C(')té de la cabine motrice, la marche s'elT(H-tne avec
nue vitesse moyenne de o,5o m. Pour la descent(*, et (piand cette surcharge (h* %
est du côté de la cabine contrepoids, la vitesse est en nujyenne de o,,55 m.
2® Quand cette dilTérence est de 2.800 Av/, soit de voyag(Mirs du coté de la cabine
motrice, la vitesse à la montée est en moyenne de 0,77 »i. Pour la descente et (jiiand
cette surcharge de 2.800 kg est du côté de la cabine contrepoids, la vitesse est en
moyenne de 1,07.
3“ Quand les cabines sont également (diargces, la vitesse moyenne est de i,i5 m à
la montée et elle est sn|)érieure h i,2â m à la descente.
11 suit de là (pie, dans le courant de la journée, on jieut utiliser l'appareil pour h‘s
cabines chargées soit d’un nombre égal de voyageurs allant jns(pi'à 80, soit de nombres
pouvant dilTérer entre eux de 58.
Au commencement de la journée, la marche de l’appai'eil exige (pie l’on admette
seulement ce noiubri' de 58, au-dessus dinpiel la montée de la cabine contrepoids ne se
produirait ipie tro[> lentement.
A la fin de la journée, ([uand il ne se produit ipie des descentes de voyagimrs, il
est prudent d’en limili'r le nombre l'i 58, une ouverturi' ('xagéi'ée du distribiitenr poinant
donner lieu à un excès de vitesse.
La durée complète d'un voyage à jileine vitesse est estimée à (’) minutes, dont
3 minutes pour le parcours à raison d'une vitesse moyenne de o,(jo et 3 minutes jioiir
les changements de voyageurs. On réalis(* ainsi 10 voyages à l’heure. Durant 1 Exposi-
tion de lyoo, l'on a pu elTectuer certains jours .D voyages en \ heures, ce ipii confirme
les chitTres donnés ci-dessus.
LA TU LU LIFKKI. LA IMUO
2. — Calculs du parachute hélicoïdal et de l’amortisseur
hydraulique.
O
Calcul de l'accélcralioti <j' du fuseau.
Soieiil :
1* lo poids total <l'im fusoaii:
M sa massa;
H la ravoii movaii da l'iiélica* situâa à l'iiitâiiaur des colonnes en fonte;
Z la pas d(> aatta liélict' ;
0 l’aiii^la dont a tourné la fiisean |)andant la temps /;
^ la vit(“sso angulaire da rolation du fusc'an à l'instant t;
dt
f 1(> coeflicianl da IVottamant des deux siirl'acas liélicoïilales rime sur l'autre (jue
nous admettrons a«ral à o,iC);
m et r la massa et la distance à l’axe du fuseau d'un point (juelconque de ce dernier,
X, ?/, dont la distance angulaire au plan xz est 0;
K le rayon de giration du fuseau.
Prenons comme axas de coordonnées axas rectangulaires, l'axe des ; élanl l'axe
du fuseau, las deux axes ox, o>j deux droites (pielcom|ues païqxmdiculaires entre elles
et pei pemliculairas à oz.
Le tusaau est un système matériel da révolution, animé d'un mouvamenl de rola-
tion autour tle son axe de figure', et d'nn mouvement, de translation suivant cet axe.
.\ppli(|uons 1('. tliéoiàme de la dérivée du moment de la (pianlité de mouvement
(|ui s’énonce ainsi ;
La dérivée de la somim' de's momt'nls des quantités de mouvement de tous las points
d'un système matéi-ial animé d’un mouvamenl de rotation auleuir d’un axe est égale à
la somme des moments |iar rapport à c<'t ax(î des forces extérieures appli(juées au
poids al las réactions d»‘ l liélica.
Le poids se décomposa ('ii d(‘ux forces, l une iiarallèla à la tangente à l’iiélica, ayant
comme valeur P sin a, et 1 antre perpandicnlaire, dont la valeur est P cos «. Cette der-
svstème.
( )n aura donc ;
P sin a — Vf cos a.
P (sin a — /'cos a) cos a,
ASCKNSEl'R VKUTICAI. DU SDMMKT
et son nionuMil par rapport à l’axe du fuseati est
DR (siii a — /'cos rx) cos o(.
(>)
On a donc :
Or
rf-m ( X ^ — >/ = Dit (sin a — /'cos a) cos oc-
X = r cos 0, y = r sin 9,
D'où :
:i I !)
ilx r70 do
— — /sin —= — »/ —
cl
(ly . ^/O do
(Il dt dt
Kn reporlanl ces valeurs dans réqnation précôdenle, il vieni
f/0
d^m (.r* -]- ij^) -JY = DR (sin a — / cos 'x) cos ot.
En observant ipie x" -j- ;/’ = r% et ipu' lnr'‘ MK", l’écpialion ilevient ;
M K * — / < os a) cos a.
Dour exprimer (|ue le luseau, en lonrnani, descend sur nue Indice de pas Z. nous
poserons :
i = — ■ d'on z = -.
0 Ut:
On en lin* :
(!^z_V. ffO
Ü7" “ -Ar.Je '
(~)r — 5 n’esi antre ipie l'accélération y' cliercliée, on a donc :
d^O ,0 7:
/Td ~ T‘
En remplaçant par sa valeur dans l'éipiation précédimte, il vimit :
y’ = * — / cos a) cos a.
(’omme M = 1- et / = ^ttR ‘ * - ^ . on a finalement :
(J cos a
R" .
y' — y sin a (sin a — /'cos a),
laquelle donne l’accélération < lierchée^' en t'onctioude l'accélération due à la pesanteur.
LA TOT U EIFFKI> EN IflOO
:^20
La valeur <Ie ce coefficient est la suivante ;
ri=o,i5;L K =0,10 d’oii
W 0,00.3^,
K* 0,01
= 2,:F|.
Tf? X = = o,'i75 soit a = 25‘’3o', sina = o,'|3o, cosa = o,qo2
o.o3()3
/"cos X = o,i^'i, sin X — /"cos îé = o,28fi
o,28() X o,'j3o = 0, 123.
Si f—o,iC^,
Ce coefficient est ainsi
2.3'| X^’i'2.3 = 0,288.
La valeur de 7' est donc :
7' = 7 X 0,288 = (),8i X 0,288 = 2,80 m.
2° h'iiide dynamique du fonclionnement.
I)ans le cas de la marche normale, on voit que le frein ne peut pas embrayer à la
descente, si l’accélération de la cabine est inférieure A 7' à un moment quelconque.
Dans le cas d’mic rupture des câbles, la cabine est abandonnée à elle-même et prend
l'accéléralion 7. Si est sa vitesse au moment de la rupture, au bout du temps t elle
aura parcouru un espace
Le fuseau aura pareouru un espace
I.a dill'érence des espaces parcourus est :
c_c' = i(7 — 7')/- d’où f =
Ouand la dilfénmce c — e' sera égale à l’espace de (îo mm qui sépare les 2 cônes du
fuseau, le frein commencera à agir.
En faisant dans la relation précédente c — e' = o,o(>
et 7 — 7' = 9.81 — 2,80 = 7,01.
On aura :
/ = o",i32.
La vitesse de la cabine au moment de l’entrée en action du frein sera donc
V = V.-f-7/
Ou
V = V„ + 9,81 X O, i32 = V„ + 1 ,295.
.Si 1 on désigne |>ar M la masse d(‘ la cabine, la puissance vive de celle-ci au moment
de reud)rayage est donc :
Jm a-„+i,29:>)>.
A SC K N SK LU VKIH ICAK DU SOMMKT
:\2\
Le paracimle doit ahsorhor ceü(‘ puissance vive el le, Inivail de la |)esanleur pen-
dant la durée du foiiclionnenienl du IVein.
Le travail lolal à absorber est donc :
i\l {V.+ ,,a,,:,)'+l>ll = i’(!
_ K l(\\+ léMP)-
+ o\
1* est le [)oids de renseinble du véhicule, soit i().3oo /.y, (pii est composé eoinine
suit ;
Caisse el palonnier (i.ooo l,g
Impériale i .(ioo
Parachute' complel d.ioo 10.700 l;g
Surcharge de voyageurs, 80 à 70 b.Cioo
Tolal ib.doo l,g
II esl la course des freins hydrauliijues, soil o,()o m.
Kn supposani (pie Ionie la puissance vive soil absorbée par les freins el en négli-
geant l’aclion des ressorts Delleville, le Iravail absorbé sera de l’XU, en désignant
par F l’elfort constant (pii agit sous les pistons et relarde le mouvi'inent de descente de
la cabine.
On a donc, en désignant par V la vitesse, Oii'jà, c’esl-à-dire la vitesse de la
cabine au moment du lonctionnement du frein :
soit :
(^^'+2llj = FU d'où
+ 1’,
F ib.doo.
En donnant succc.ssivemcnt à V les vah'urs ;î m, li m, ..., (>»i, on obtient la grandeur
de l’efforl correspondant sous les pistons de frein, el jiar suite loiili's les données inté-
ressant le fonctionnement des soii|»apes d'évaeiialion.
Le tableau suivant résume ces calculs niimériipies pour les dilférenles valeurs de \ .
VITESSE V
do la cabine
EFFORT F
exored par les
pistons
sur l'oau des
cylindres
CHARGE
par cm* sur les
pistons.
VITESSE d’écoulement DU LIQUIDE
ORIFICE DU CI..VPKT
correspondant à cette vitesse
d'écoulement
foDctionue-
ment
Section totale :
•8,5 X 2
= 154 cm*
due à la charge
Sans contraction
.Vvec
contraction de
r>0 0 0
h
m
m
cm*
cm*
2
l:>7
X 1.270= I.AS
78,.“) X 2-
-758—
1 ,((8
2/|.bo7
i.')7
/ b,5 X ■’ ,2/
2,(18
— 170
.75
'1
:ji.()C)S
i()H
— — KjS
— = 1 ,'ni
:î,i8
5
:F).:i75
2.") 1
=
- =U77
:L5',
c>
'|(>. J28
.'llb
— = 2',((
— = 1 ,^‘.t
3.7^
41
322
LA TOUR EIFFEL EN 19U0
Les chiflVes de la 3' colonne ont permis de calcnler la pression de soulèvement des
clapets des soupapes et de régler la tension des ressorts Belleville de ces soupapes, pour
chacune des vitesses données. De même les cliilïres de l'avant-dernière colonne ont
servi à déterminer le profil du clapet, de manière cpi'à une vitesse de cabine donnée
corresponde la vitesse d’écoulement fournie par la 4® colonne.
D’après les chiirres de la 2® colonne, on voit (pie le frein peut fonctionner, sans
danger pour les organes, jusqu’à une vitesse supérieure à 5 m. Nous avons vu, en effet,
dans la description du parachute, (jue les organes pour chacun des cédés du châssis
étaient calculés pour un elfort maximum de 21.000 kg.
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«b. f
APPENDICE
TRAVAUX DE M. G. EIFFEL
ET PRINCIPAUX OUVRAGES EXÉCUTÉS PAR SES ÉTABLISSEMENTS
DE 1867 A 1890
Fig. 67. — Font de Bordeaux.
[La plupart des renseignements gui vont suivre sotii extraits de h publication :
« Les Grandes Usines de Turgan »)
Les grands ouvrages exécutés par G. Eiffel en France et à
l’étranger, dont la plupart ont été conçus par lui, ont depuis longtemjis
attiré l’attention générale. En outi-e du mérite de leur exécution, ils
témoignent des importants progrès que cet ingénieur, secondé par les
plus distingués collaborateurs, a réalisés dans l’art des constructions
métalliques.
Ces progrès se rajtportent principalement au mode de construction
des piles métalliques de grande hautiMir, aux perfectionnements apportés
dans les procédés de montage des ponts droits par voie de lançage, à
APPENDICE
l’emploi rendu courant de la méthode du porte-d- faux pour les montages,
à l’établissement des grands ponts en arc, et enfin à la création de tyjies
de ponts portatifs démontables.
M. C. h]i(Tel, sorti de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures en 18515,
eut dès 1858, par la direction des travaux du jiont métalli(pie de Cordeaux
(fig. 67), l’occasion d’aborder les problèmes de construction dont l’étude
et la pratique devaient constituer sa carrière. Ce grand ouvrage, fondé
sur des piles établies à l’air comprimé, à une pi'ofondeur de 25 ?n sous
l’eau, pi'ésentait l’une des premières applications qui eussent été faites
de ce |)rocédé, devenu maintenant d’un emploi si général, mais alors peu
connu. Cet ouvrage était en même temps l’une des plus importantes
constructions en fer établies à cette époque. M. EifTcl fut chargé, comme
chef de service de la Société qui avait entrepris ces difficiles travaux, de
leur exécution complète, et il s’y distingua en les menant à bonne fin.
Lors de l’Exposition universelle de 1867, il fut apjielé à collaborer à
sa construction, par M. J. -B. Krantz, directeur des travaux. Sous la
direction de ce remarquable ingénieur, pour lequel il avait exécuté
d’impoi'tants travaux sur la ligne de Drives à Capdenac iBéscau central
de la Compagnie d’Orléans), il établit le projet des fermes en arc de la
Cialerie des Machines. 11 s’attacha surtout à l’étude théorique de ces arcs
et à la vérification expérimentale de ses calculs. Ces belles expériences,
faites en grand dans les ateliers Couin, avec le concours de M. Tresca,
directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, et de M. l’ouquet, direc-
teur de la maison Gouin, fui-ent consignées dans un Mémoire où, pour la
première fois, est déterminée expérimentalement la valeur du module
d’élasticité applicable aux pièces composées entrant dans les construc-
tions métalliques. Cette valeur a été trouvée par M. EilTel de 16x10’ et
est admise depuis d’une manière à peu près générale.
C’est à cette époque de 1867 qu’il fonda son établissement de
Eevallois-Perret, près Paris. Cet établissement fonctionna comme Société
en commandite, de 1868 h 1879, sous le nom d’Eilîel et C‘®, puis au nom
de i\E G. Eiffel seul jusqu’en 1890. Il fut à cette époijue transformé en
Société anonyme, sous la dénomination de Compagnie des hitablissements
IGffel et postérieurement sous celle actuelle : Société de Construction de
E(*vallois-Perret.
Pendant cette période de 1867 à 1890, M. Eitfel contribua à répandre
AI'PIvNDlCK
à l’étranger le bon renom du (lénie civil fran(;ais j)ar les travaux inctal-
li(|ues de toute nature, ponts èt charpentes, ipi’il exécuta dans scs ateliers
'de Levallois. Pour indi(picr leur imporlance, sans y coinprendi’c inènu'
Tenli’eprise générale des écluses de Panama, il nous sullira de dire
rpi’ils n'présentent un tonnage de plus de ho millions de UilogramuK's
de fer, dont la moitié pour ponts de ediemins de 1er, et im cliilTre d’af-
faires, y compris travaux d’aii’ com|)rimé, de maeouneric, ('le., d(' plus
de 70 millions de IVancs.
Nous ajouterons <jue la plupart de ces travaux ont été exécutés pai‘ sa
Maison sur ses j)rojets, après des concours internationaux où liguraient
les premiers ateliers de couslruclion de l’Purope.
1. — Piles métalliques.
M. Eitîel fui appelé, en i86H, par M. Nordliug, ingcuiieur de la
Compagnie d’Orléans, à présenter des projets pour la construction des
viaducs sur piles mélalli(jues de la ligne de Commentry à Cannat, et fut
chargé de la construction de deux de C(‘s viaducs, l’un de la Sioule^
l’autre de Nenvial.
Le plus important de ees ouvrages, celui de la Sioi//r (fig. 68), repose
sur deux piles métallitjues, dont la j)lus haute a 51 m de hauteur.
Ces [)iles sont constituéi'S
par des colonnes en fonte
réunies par des entretoises
en fer. A cette occasion,
M. Eiffel imagina, pour la
liaison de la fonte et des
goussets en fer sur les-
(juels se fixaient les entre-
toisements, un mode d’in-
sertion pendant la coulée,
qui réussit de la façon la
plus complète; il pratiqua
à cet effet, dans les goussets, des fenêtres à travers lesquelles la fonte,
pendant la coulée, venait s’engager dans le gousset et s’asscmhler av(*c
lui ))ar une série de tenons. 11 suppiima, par ce procédé, que les iugé-
APPENDICE
'.m
nieurs esliim''rent un sérieux progrès de construction, les difficultés
d’ajustage présentées par le mode habituel de liaison.
L’étude de ces piles conduisit M. Eiffel à s’attacher à la construction
de piles analogues, mais en substituant le fer à la fonte, afin d’augmenter
les garanties de solidité. Le type de piles qu’il a imaginé consiste à
former celles-ci par quatre grands caissons de forme rectangulaire,
ouverts du cdté de l’intérieur de la pile et dans lesquels viennent
s’insérer de longues barres de contreventement de section carrée,
susceptibles de travailler aussi bien à l’extension qu’à la compression,
sous les efforts du vent. De cette façon, toutes les j)arties des piles sont
accessibles pour l’entretien et la visite, et leur stabilité généi'ale est accrue
dans de grandes proportions.
C’est ce type qui est devenu courant; parmi les très nombreux
viaducs où M. Eiffel l’a employé et dont il s’était fait en quebjue sorte
une spécialité, nous ne cifei’ons que les viaducs latéraux du pont du
Douro (tig. tD), les gi-ands viaducs de la ligne du Douro, et ceux de la
ligne de la Deira-Alta, en Portugal.
L(‘ tyj)e définitif de ces piles, (pu a fait l’objet d’un brevet spécial, se
trouve réalisé au riadifc de Garcdnl (fig. 84), avec une bauteui- de 61 yy/, qui
est la plus grande actuellement atteinte.
La rigidité de ces piles est très grande, leur entretien très facile, et
leur enseml)le a un réel cai’actèrc de force et d’élégance. Le système de
M. Eiffel, pour ces constructions, j)araît n<' rien laisser à désirer, et les
piles du viaduc de (larabit, notamment, peuvent être considérées comme
un modèle [)Our ces hauteurs.
Pour des hauteurs plus considérables, soit 100 m et au-dessus,
M. Eiffel a fait breveter un nouveau système de piles sans entretoise-
ments et avec arêtes courbes, qui fournit pour la première fois la solution
complète des piles d’une hauteur quelconque.
§ 2. — Perfectionnements apportés au lançage des ponts droits.
La construction des viaducs étal)lis sur ces piles métalliques amena
M. l'dffel à étudier et à perfectionner les modes de lançage usités jus-
(pi’alors. On sait que l’on entend par lançcuje l’opération par laquelle on
pousse dans le vide, jusqu’à la renconti'e des jdles successives, un
AI‘I*EM)ICE
327
tablier qui a été préalablement monté sur le remblai des abords.
.M, Eilïel ad(jpta le procédé (jui consiste à actionner directement par
de grands leviers les galets roulants sur les(|uels repose le pont, ce (pii
supprime toute tendance au renversement des piles, et il imagina les
Fio. 69. — Ck.\.ssis de i.ançaiik
A BASCULE A i GALETS.
Fig. 10. — Châssis de lançage a bascule
A G l'AIBES DE GALETS
c/in.ssis à bascule destinés à porter ces galets et dont le type est entré
depuis dans la pratique courante. Ces appareils, par leur mobilité autour
d’axes borizontaux, permettent aux jiressions du tablier de se réjiarlir
unirormément sur chacun des galets, de manière (pi’aucun des points de la
poutre, même avec des surfaces de
roulement situées dans les plans diffé-
Fig. 71 ET 79.
Viaduc de la Tardes.
ArPKxmcK
n'iils, ne porte des réactions supérieures à celles (pie l’on s’est imposées.
Le pn'inier cinjdoi de ces châssis fut fait au viaduc de la Sioule en
i86(^. Deux châssis en t(jlerie (fi^. 69) portant chacun deux galets repo-
saient par une articulation sur les extrémités d’un grand châssis, articulé
lui-môme à son centn*, de sorte (|ue la réaction de la poutre sur l’appui
se trouvait tinaleimmt concentrée au milieu de c(dui-ci et partagée enln*
les quatre galets d<' support d’une manière rigoureusement égale.
Leur cm|)loi permit des lançages qui sans lui eussent été abso-
lument imjiraticabh's. Dans la seule jnatique d(“ M. Lilîcl, nous citerons
I''io. 73, — l’oNT DU T.viii:.
FlO. 75. — l’ONT DE COKA.S.
le pont de la Tardes (ligne de Montlu(;on à Lygurande) (lig. 71 (d j2j. (le
viadnc travc'rse une vallée très profonde et a ses rails situés à 80 ///
au dessus du fond de la l'ivièi'e : il est formé par un tablier droit de
250 //f de longueur en trois ti’avées; <;elle de la partie cimti'ale a 104 d’ou-
verture. La réaedion sur la [)ile au moment du grand porte-à-faux s'éle-
vait à 700 tonnes cd le nombre des galets mis en écjuilibi'e par paii’c
sur (diacpie ap|»ui a été jiis(pi’à 24; on a jui ainsi ne j>as dépasser poui‘
chacune des réactions sur la poutre un (dfort de 2() tonnes. Les galets
étaient disposés dans l’axe des doubles pai'ois des poutres pai‘ rangées de
six avec une triple articulation, suivant le cro(juis ci-dessus (pii donne le
schéma de ce grand ajipareil (voir lig. 70).
Le tahliei", lancé de la rive droite, ne pouvait être monté en entier par
suite du voisinage ddine courbe en tranché(‘. (Juand la jiartie centrale
Al*l‘KM)ICK
lut amenée à l•e^)o.scl• sur les piles intermédiaires dans la position un peu
singulièi'e représentée tiirui’e 72, le complément du montage s’elleetua
en porte-à-l’aux des
piles aux culées, sui-
vant un j)rocédé dont
il sera parlé plus
loin.
Nous citerons
également comme
exemple de grands
lançages :
I® Le /jo/i/ .s'i/r /e 7V/^c(fig. 73),
ligne de Cacérès. — La lon-
gueur du tablier mis en mouve-
Fio. "1. — Pont du Vhnn\.
ment avait 367 //f et reposait sur sept piles fondées à l’air com[)rimé;
2° Lcjjo/it de Vïanna (Porlugal) (fig. 75), pour route et chemin de fer.
(4et ouvi’age, construit d’après le projet de M. Liffel, à la suite d’un
concours international, a une longueur de 736 m , dont 563 m pour le
})ont {)rincij)al, qui fut lancé d’une seule pièce.
La masse mue ainsi était de 1.600.000 kilogramiiK's et dépassait
le poids des [)lus grands tabliers mis en j)lace par ce procédé
jus(ju’à cette époque. Les j)iles, au
Kig. 'Î6 ET "7. — Pont de C.ebzac. > nOU\eaU pO)ll—
roule de ('uhzaz (fig. 76 el
77), sur la Lordogne, construit (M1 ititL, sur rem|)lacemenl de l’ancien
pont sus|»endu. La longueur totale de ce pont est de 332 ///, divisée en
huit travées, dont les intermédiaires eut une ouverture de 72,80 )u\
42
son
APPEiMJICE
:î:{ü
poids est (le 3.000 tonnes. Ce lançage a présenté les plus grandes difti-
cnltés, parce que les piles métalliques en fonte sur lesquelles repose le
tablier olîraient très peu de stabilité sous les efforts du renversement
pendant le lançage, en raison do la forme qui leur avait été donnée par les
ingénieurs pour rappeler colles de l’ancien pont.
La difliculté était encore augmentée par la nécessité de lancer le
pont en rampe de 0,01 m par mètre. Ce lançage a été effectué à partir de
chacune des deux rives pour les trois travées qui y étaient contiguës.
Pour les deux travées centrales, la rampe était ditïérente et on dut
employer un autre procédé; c’est l un des exemples les plus Irappants
d’un nouveau mode de montage que M. Eiffel a été le premier à appliquer
en France; nous voulons parler du montarje en porte-à-faux.
^3. — Montage en porte-à-faux.
Sur une partie de la poutre du pont déjà construite dans sa position
détiiiitive, on accroche en porte-à-faux,
boulonnage, les pièces
fer fpii y font suite et,
une fois qu’elles sont ri-
r
vées, on s’en sert cornnie
de nouveaux pofnts d’ap-
pui [)Our boulonner les
l'iü. 7S. — l’üNT DUS .MhSSAGEUIES
A Sakiox.
pièces suivantes. En
cheminant ainsi de
]n‘oche en pi’oche, on
arrive à monter coin-
j)lètement dans levide , ^
les pièces successives de la travée, jusqu’à ce (pie l’on soit arrivé à
l’appui le plus voisin, où, à l’aide de vérins, on relève le pont de la
(juantité dont il s’était abaissé par la tlexion.
Fig. 7'.i. — Pont i>e T.\n-An.
Al*l‘Ki\DICE
:}3i
I oiir le pont de Cubzac, on s’avança ainsi d’une longueur de 72,80 m
jus(ju a 1 axe de la [)ile centrale où se tît la rencontre des poutres d(*s deux
trav(îcs montées (mi porte-à-faux 1 tii^. 77] ;
4 Lii autre mode de lançage à porte-à-faux a été ap|)Ii(jué avec
succès au pont de Jan-An (fig. 79), en Cochincliine, pour franchir une
travée de 80 //i ^
formant l’ouveidure
centrale d’un pont
l’iG. 80.
KiG. si. — Vl.U)lC 112 L'OlSU.
de 250 //I (le longueur. Le
montage de cette travée s’ef-,
fectua des deux c<)téè eii portc-à-
faux cl la rencontre se fil dans le vide,
vers le milieu de l’ouverture et sans aucun
appui intermédiaire. Ce montage différait
en cela de celui de Cubzac, où la jonction se
faisait sur une des piles. Le clavage central s’opéi'aif en pratiquant des
rotations convenables des tabliers autour de leurs appuis.
Cette solution élégante du problème du montage était particulière-
ment intéressante dans ce cas, en i-aison de la profondeur du fleuve et de
la grande rapidité du courant, qui rendaient presque impossible la cons-
truction de tout échafaudage.
De plus, les piles elles-mêmes étaient constituées par un certain
nombre de pieux à vis en fonte de près de 30 m de hauteur, sur
le sommet desquels il eût été d’une grande imprudence d’essaver une
mise en place par voie de lançage, même avec les appareils les jdiis
perfectionnés.
5“ Le procédé de montage en porte-à-faux fut également employé au
pont de Ben-Luc (^tig. 80), voisin de celui de Tan-An et situé, comme lui,
sur la ligne du chemin de fer de Saigon à Mylho. Sa longueur est de
516 m et il repose sur dix piles en pieux à vis, et quatre en maçonnerie.
APPENDICE
Parmi le nomi)if* considi'rahle de ponts droits construits par
M. l-ii(T('l, nous mentionnerons :
Le pon! (le. Cohns (fijj;. 74) (lii^ne des Asturies), rpii est intéressant par
sa |)orléc de 100,80 m en une seule travée. Il francliit en biais le Sil, par
une poutre de 1 1 (n de hauteur, dans le milieu de laquelle est jilacée la
voie.
l‘bitin, le viaduc de l'OUe ffig. 80) (ligne de Mantes à Argenteuil,
Compagnie de rOuest), dont la portée d’axe en axe des ajipuis est de
96,50 w. Les poutres sont paralioliipies, leur hauteur maxima est de
12 ut : elles sont à 16 in au-dessus de la rivière.
5$ 4. — Ponts en arc.
Le rôle et l’inlhu'nce d(' M. halTel dans les [irocédés de construction
des ponts en arc ont été encori' plus considérables qu’en ce qui concerne
les t;d)liers di'oits et les piles métalli(pics. Nous paiderons d’abord du
(jrand poul-rmile de Szefjedhi (Hongrie) (lig. 82), dont la travée principale
KiG. H-i. - l'oNT DU SZEGEÜIN.
est très analogue, comme ouverture et comme llècbe, au nouveau pont
-Mexandre III.
<-est a la suite d’un concours ouvert à la fin de l’année 1880, entre
les princijiaux constructeurs de l’rancc* et de l’étranger, que ce travail,
coiujirenant londations à l’air comprimé, maçonnerie et superstructure ^
métalliipie, lut confié à .M. LilTel.
Sa longueur totale est de 606,30 /// ; la travéi' de navigation est
Al» !• KM) ICE
formée par un arc
parabolique de
I 10,30 m (le corde
avec une llècbc de
8,60 m seulement, donnant le surbaissement tout à fait inusité du
1/13.
Les pavillons de })éage, les maçonneries des culées et des piles ont
été traités dans un stvb' très décoratif et du meilleur m)ùt.
n
La cbaussée a i i m de largeur et est supportée j)ar des mon-
tants formant palées, qui s’appuient sur l’extrados des arcs. Ces arcs
sont rigides par eux-mémes, ce (pii a permis de supprimer tous croisil-
lons dans les tympans, et de donner à l’ensemble de l’ouvrage un aspect
de très grande légèreté.
Le montage de la grande travée a fourni à M. LilTel une nouvelle
occasion d’appliquer ses procédés de montage en porte-à-faux, en suppri-
mant l’échafaudage au droit de la passe réservée à la navigation.
Le prix total de cet ouvrage est de 3. 2 30. 000 fr.
Si CCS dispositions générales s’éloignaient [leu des types connus, il
n’en fut pas de même pour le célèbre pont sur le Douro^ à Porto (voir
tig. 83). C’est également à la suite d’un concours international, en 1873,
(|ue le projet de la maison EilTel fut adopté ; en voici les traits caracté-
ristiques.
La voie du chemin de fer de Lisbonne à Porto devait franchir le
Douro à une hauteur de 61 m au-dessus du niveau du lleuve, dont la
très grande profondeur à cet endroit rendait impossible la construction
334
APPENDICE
de tout appui intermédiaire. La largeur du tleuve (i6o m) devait donc
être franchie par une seule travée.
M. LilTel proposa, en conséfpience, un projet comportant un arc
ayant 42,50 m de flèche moyenne et 160 i/i de corde, destiné à
soutenir le lahlier droit, lequel, en dehors de l’arc, était supporté par des
|)iles métalliques ordinaires. Cet arc était d’une forme tout à fait spéciale ;
il était ajipuyé sur une simple rotule au.x naissances et sa hauteur allait
progressivement en augmentant jusqu’au sommet, de manière à affecter
la forme d’un croissant. Cette forme est j)articulièrement favorable pour
la résistance à des efforts dissymétriques, parce qu’elle j)ermet de donner
de grandes hauteurs dans les parties de l’arc les plus fatiguées.
Une disposition nouvelle non moins importante a consisté à mettre’,
les deux arcs constituant la travée dans des plans obliques, de manière
à donner à la base un écartement de 15 ?«, nécessaire ])our, la
stabilité sous les efforts du vent, tandis que la partie supérieure conservait
un écartement de 4 m. siiftisanl pour porter les ])outres du viaduc
supérieur.
Lutin, une troisième innovation se. réalisa dans le montage, qui fut
fait tout entier on porte-à-faux et sans échafaudage intermédiaire. A cet
efl'et, les arcs furent construits à ])artir de chacune des nais.sance.s, et
soutenus, au fur et à mesure de leur construction , j)ar des câbles en acier
qui venaient SC fixer au tablier supérieur. Chacune des parties construites
servait do j)oint d’aj)j)ui [)Our l’établissement des parties suivantes. Les
deux parties d’arc, par ces cheminements successifs, s’avançaient l’une
vers l’autre et venaient se rejoindre dans l’espace, où' s’opérait la pose
de la clef qui devait les réunir. -
Cette opération du montage, aussi difficile que nouvelle, fut couronnée
d’un plein succès. La hardiesse du procédé, la grandeur de rouvcrturc,
qui dépassait celles réalisées jusipi’à ce jour par des ponts autres (pic
des })onts suspendus, lixèrent sur le nom de M. Eiffel l’attention du
monde savant de tous les pays.
Aussi fit-on appel à l’habileté de ce constructeur, (piand il s’agit
d’édifier le grand viaduc d^Garahit (voir lig. 84, 85, 86), qui devait franchir,
à une hauteur de 122 m. la vallée de la Truyère, sur la ligne de
Marvejols à Neussargues. Pour donner une idée de cette hauteur de
122 //(, il nous suffira de dire (ju’elle déjiassc notablement celle des
APPKiNDICK
tours de Notre-Dame de l^aris et de la colonne \ einhune su|)er()os(‘cs.
Sur la proposition des ingénieurs de l’Étal, MM. Dauhy el Dover,
le Conseil des Ponts et Chaussées accej)ta d’étahlir l'ouvrage sur les
données du pont du Douro et d’en conlier la
construction, maçonneries et partie mélallicpic,
par un traité de gré à gré, à M. EilVel. Cette
résolution tout cx(‘cptionnelle est ainsi motivée
dans la Décision mi-
nistérielle du
14 juin
1879 :
Fig. 81, 8Ô et 8ü. — Viadlc de Carabit.
Pour montrer la possibilité de eet ouvrage et évaluer la dépense, M.M. les Ingé-
nieurs se sont adressés à M. G. Eill'el, ipii a l'ourni un avant-jirojet et a déclaré se
charger de la construction.
Considérant que le type du pont du Douro étant admis, M. Eiirel, ipii l'a conçu (>t
exécuté, est évidemment plus apte <pie tout autre constructeur à en faire une seconde
application en profitant de l'expérience qu’il a acijuise dans le ju'emier; (pi’il serait
d'ailleurs peu équitable dans l’espèce de confier les travaux à d’autres ipie .M. Kitl’el,
quand c’est son pont du Douro ipii a donné aux ingénieurs l’idée de franchir la vallée
de la Truyère par un nouveau tracé dont l’Etat doit retirer finalement une économie de
plusieurs millions;
APPENDICE
Oue .M. EiHel a apj)li(nu> à ces sortes de travaux ses procédés de moulage, <pii ont
réussi, grâce à uu ensemble de précaulioiis j)ropres à en assurer la précision, cl dont il
possède seul l’expérience; (ju’enfin il a invenlé des moyens pour obtenir la rigidité des
piles et du tablier contre l'action du vent, (jui exerce de violents cirorts à cette bailleur
dans les gorges de montagne.
Kn cc qui concerne le projet détinilir, la Décision ministérielle du
2} juillet 1880 porte :
Les détails des l’ers ont d’ailleurs été étudiés par M. EilTel, qui en a fourni les dessins
et en a justifié les dimensions et les dispositions dans un .Mémoire contenant des
calculs de résistance, en renvoyant aux épures ipii ont servi aux calculs ou en tiennent
lieu...
L(“s résultats des calculs de M. Eilfel ont été reconnus exacts par M. Boyer.
Le Mémoire de cc.s calculs a été publié par la Société des Ingénieurs
civils en juillet 1888.
La longueui' totale du viaduc est de 564 ///, dont 448 /n pour la
partie métalliijue. 11 repose sur cinq piles, donl la plus haute a 89,64 i/i
el est formée par un socle en maçonnerie de 25 ;// de largeur et
28,90 m de hauteur; la partie métallique qui le surmonte a 61 i/i.
L’arche principale est ini arc du tvpe connu maintenant sous le nom
iVarc parabolujue^ syslèmc Eiffel.
Sa corde est de 165 >//, sa llèclic moyenne de 56,86//?, réj)aisseur à la
clef est de 10 m: récarlement des tètes est de 6,28 ni à la [lartie snjiérieure
et de 20 m à la hase. Sur les reins de cet arc, sont [ilacées deux palées
métalliques sur lesquelles, ainsi que sur le sommet de l’arc, rejiose la
poutre du lablier.
Ces dimensions considérables font de cet ouvrage le plus impoidant
(pii ait été encore construit en h’ rance. Le jioids du métal qui y entre est
de 3.254 tonnes, et son prix, en y comprenant les maçonneries, est de
3. 1 37.Ü00 /)•,
Le montage a été fait par des procédés tout à fait analogues à ceux
qui avaient si bien réussi au Douro, c’est-à-dire en suspendant chacun des
demi-arcs par des câbles en acier fixés au tablier, et en rattachant dans
1 espace toutes les pièci's les unes aux autres [>ar (h's montages en
j)orte-à-faux successifs.
Parmi les autres ponts on arc exécutés par la maison Eiffel d’après
An*EM)ici:
:vA-
scs piojcts, nous citerons encore le ponl des' Messaz/eries ^ à SaVjon
(ouverture 8o m) (voir lig. 78).
5. — Ponts portatifs démontables.
i'our donner une idée de ces ponts, cpii ont obtenu des Diplômes
d honneur à toutes les Expositions auxquelles ils ont liguré , nous ne
pouvons mieux faire que de citer quelques extraits du remarquable i-ap-
j)orl présenté à la Société d’Encouragoment pour l’Industrie nationale,
I>ar M. Schlemmer, Inspecteur général des Ponts et Cbaussées, ancien
Directeur des chemins de fer.
L eminent rapporteur s’exprime ainsi :
Parmi les mgénieurs-conslnicleurs (jui oui contribué aux progrès conlem])oraiiis
(les constructions inétalliipies, M. KilTel occupe rnn des premiers rangs par son viaduc
de (jarabit, dans le centre de la France, et son grand pont sur le Uouro, en Portugal.
Dans la communitxilion (pi'il vient de faire à notre Société, il aborde un tout antre
ordre d idées (jue celui des grandes ouvertures des ponts, pour faire iraliser un nouveau
progrès des constructions mélalliijues. 11 reju’end le problème si intéressant des [lonts
portatils économifjues.
La lechercbe de la conslrnction d'un ponl portatif économicpie, composé d’éléments
semblables pour des portées dill'érenles, jirésenle un intérêt considérable.
La solution de ce problème permet de créer un matériel pour les armées en
campagne et, plus généralement, de constituer une marchandise (|ue l’on [leul appro-
^isionnel en magasin et, par suite, tenir à la disposition immédiate des besoins, en
substituant a des solutions spéciales à clia(|ue cas particulier une solution générale.
Le problème ne laisse pas de présenter des diflicultés.
11 s agit, en etlel, de construire un ponl simple, composé de pièces d’un très petit
nombie d échantillons dillérenls, de manière à en faciliter le montage sur place et à
peimeltie de 1 etlectuer sans avoir recours à des plans de montage et en employant les
ju’emiers ouvriers venus.
11 faut fpie les pièces soient h'gères individuellement, afin de pouvoir être Irans-
poilées, sans dilticulles, dans les pays les pins dépourvus de chemins. Le ponl lui-même,
dans son entier, doit être d'un poids très faible, de manière à ne pas nécessiter des
supports de tondations disj)endieux et à pouvoir, dans la plupart des cas, être posé
simplement sur les berges des deux rives convenablement préparées.
L assemblage des dilïérenles pièces composant le pont doit pouvoir se faire au
mo\en de boulons, afin d’éviter tout travail de rivetage, (jui nécessite nn outillage
spécial et un jiersonnel expérimenté pour etlectuer le montage.
.Maigre cela, le ponl doit présenter une rigidité comparable à celle des ponts rivés,
et ne doit prendre (pi une faible flèche sous le passage des plus lourds chariots.
Lutin, le lam^age du pont au-dessus des rivières doit pouvoir se taire rajiidement
et sans e.xiger aucune installation spéciale.
(. (*sl dans cet ordre de conditions (pie .M. Kill’el a étudié son système de ponts
43
338
APPENDICE
poiialifp, en acier, dont un nombre considérable de spécimens sont employés en France
cl à rélran*^er et, nolamment, dans nos colonies.
La disposition fondamenlale du syslème consiste à composer les deux poutres
fifarde-corps d’un cei lain nombre d’éléments trianfj;ulaires identicpies les uns aux autres,
adossés et assemblés entre eux.
C»>s éléments (fig. 87) sont des triangles isocèles dont la base, les cotés et le montant
sont composés par de simples cornières,
(pli sont assemblées au moyen de gous-
sets solidement rivés à l'atelier. Chaque
élément forme ainsi un ensemble indé-
formable.
Toutes les cornières composant l’élé-
ment sont orientées dans le même sens,
c’est-à-dire (pie les ailes de ces cornières
sont toutes tournées du même c<jté. Les
éléments olïrcnl donc, sur une face, une surface jilane et peuvent, jiar conséquent, être
adossés les uns aux autres, dans le plan médian de la poutre.
Fig. s7. — Klément triangulaire
d'un pont dkmontarlk.
Différenls types. — Les types les plus enijdoyés jusqu’à ce jour peuvent se classer
ainsi :
1“ Ponts-routes avec platelagc en bois (fig. 88; de 3 m de largeur jusqu’à afi m
de portée, et de \ m de largeur jusqu’à a'i mj de portée;
2“ Ponts-routes à jdatelage métallicpie pour chaussée empierrée, de 3 m de
largeur jusqu’à r>\ m de portée, et
de, 3,80 m de largeur et ao m de
portée;
3“ Ponts militaires pour le pas-
sage des troupes et de l’artillerie, de
3 tn de largeur jusqu’à 9.\ m de portée
(voir fig. ()i);
V Ponts pour voie Decauville,
jusqu’à ai rn déportée;
5" Ponts pour chemins de fer à
voie de 1 m juscpi’à 22 m de portée;
(■)“ Ponts pour le rétablissement
des chemins de fer à voie normale, jusipi’à '1.”) m de portée (voir lig. 8());
7" Passerelles |)Oiir piétons et bêtes de somme.
Sans entrer dans la descri]ition détaillée de ces types, nous signalerons les appli-
cations (pie la Compagnie d’Orléans vient de faire des ponts de ifi 771 et de w,
du type 11® t’>, sur sa ligne de Ouestemberl à Ploiu-mel, au rétablissement de la circu-
lation des trains sur des déviations provisoires, pendant la réfection de trois ponts
sitiKîs sur la rivière d’Oust (voir fig. (jo). Les trois ponts à réfectionner étant de la
même ouverture, les ponts Hilïel établis sur la première déviation sont successivement
démontés et reporti'-s aux deux déviations suivantes.
L(!S épreuves, sous le passage des trains, ont donné le résultat le plus satisfaisant,
constaté par le piocès-verbal dressé par les ingénieurs du contrôle de la Compagnie
d'Orléans.
Fig. 8S. — CofiM-; en travers d’ln dont- route
DÊMONTARLK AVEC PLATKLAGE EN ROIS.
(Type du pont colonial.)
APPKNDICK
339
Le rapport conclut ainsi :
Los (lévcloppoments qui précôdenl nous paraisseiil établir lo inérilo do la solulion
que M. Eilïol a Irouvoo au dillicile problème de la conslruelion des poids porlalifs
économiques, et de la voie toute nouvelle (ju’il a imaginée pour amonor de très
beureuses applications de l’art des coustruclious métalliques; c’est iuconlcslablemont
nu progrès dont M. Lilïel nous semble devoir être félicité.
^ otrc Comib; des constructions et des beaux-arts n’hésite pas à vous proposer
d adresser a .AI. Eitlel et à ses collaborateurs des remerciements et des félicitations
au sujet de la communication dont il vient d'ètre rendu compte.
A la suite de ce rapport, la Société (rLncouragcment a dé
cerne a
Fig. 9). — Po.nt militaire.
:rt()
APPENDICK
M. Eiffel le prix quinquennal Elphège Bande, attribué à l'auteur des per-
fectionnements les plus importants au matériel et aux procédés du fiénie civil
des travaux publics et de rarchitecture.
Nous donnons coinine exeiu|)les de l’application de ces ponts à des
rivières de grande largeur :
i" Le pont de Donfj-NInjen (Cocliincliine) (voir tig. 93). Ce pont,
de 66 m de longueur en trois travées, est établi très économique-
à vis en tonte noyés dans le remblai, et au-dessus de la rivière sur
deux palées formées cbacune de quatre pieux à vis en fonte entretoisés.
Son platelage est en bois;
2” Le pont de Rach-Lang (fig. 92), en trois travées avec chaussée
empierrée reposant sur des piles et culées en maçonnerie.
Ces ponts, d’un emploi si commode, ont reçu un nombre considé-
rable d applications, tant en Europe qu’aux colonies.
b.n b rance, le Ministère de la Guerre les a adoptés pour le service
des arni(‘es en campagne. Ils sont également en usage dans les armées
russe, austro-hongroise et italienne.
Le type pour remplacement des voies ferrées va jusqu’à une portée
ment; il repose aux extrémités sur deux pieux
Fis. ‘j:C — l’oNT de Dong-Nhyën.
AIMMvNniCI-
:{il
de 45 ni cl a él6 ndoplr par les Coinpa^niies I<:sl el Orlrans, el
par le (u'iiie militaire en llalie et en Kiissie, après de sérieuses éludes
comparatives avec des j)onts d’anlre syslèim' (voir lig.
— Édifices publics et particuliers,
La maison Liffel a conslrnit, en dehors dos ponts dont nous n’avons
rap|)elo fjii une faible partie, un ofand nombre d’édifices |uiblics el
particuliers, tant en bb’ancc (pi’à l'élrano('r.
Kig. yi. — Gare de I’est.
Nous mentionnerons seulement :
De nombreuses halles de slaltons, notamment à Toulouse, Aoen, Saint-
Sébastien, Sanlander, Lisbonne, etc.
Des éijlises, notamment Nolre-Dame-des-Cbamps, Sainl-Josepb, le
Temple Israélite de la jdacc Royale, à Paris, etc.
Des usines d f/uz, (elles rpie celles de Clicby, y compris le «;,-and
viaduc pour le décliarp^ement des bouilles, celles de Rennes et de
VaniK'S, ainsi que celle de la l’az (Rolivie).
Des marchés, tels (pie celui des Capucins, à Rordeaux.
Des édifices particuliers, tels que l’école .Mon^e, un(‘ parlie des
nouveaux magasins du Don Marché, l'iiiilcl du Crédit Lyonnais, le niusc'e
Caillera, le Casino des Sables-d'OIonne, les bàtimenis de la douane
d’Arica i Pérou), la gab'rlc des Reaux-Arts à l’Exposition de 1867, etc.
Gare de Pesf. — Il y a lieu de s'arrêter sur d’autres constructions
plus caractéristiques, nolammeni la i/are de Pest (fig. (j,,! fut, à la
suite d’un concours, traitée par la Société autrichienne des chemins
APPENDICE
31-2
«le Ier «le l’Klal, avec la maison Kilîel comme entrepreneur ^énc*i-al,
pour une somme à lorlait de 2.822.000 fr.
A
Fig. 9,").
I’aviu.on
dp; la Vili.e de I'auis
L’IOxroSITION DK 187K.
Celte gar«‘, très d«l‘corative et d’une très belle
construction, couvre une siirlace de
13.000 //d et a ('t«'“ étudiée, dans
tous ses détails d’architecture, par
le constructeur, sous la direction
d«; M. de Serres, directeur de la
Société. Elle est particulière-
ment intéressante en ce qu’elle
présente l’un des j)remiers
types de l’association du métal
et de la ma(;onnei‘ie, et que les
Fig. 90. Façade drincidale de L'K.xrosiTiON de 1878.
éléments de décoration sont principalement rormés jiar les parties métal-
liques de l’ouvrage, i*endues apparentes.
I^arillon de la Ville de — En tyjie de construction analogue a
été réalisé sous la direction de M. Houvard, arcliilecle, dans le bâtiment
si élégant et si remarqué «jui tigurail au centre de l’l'.]x))osition de 1878
et «jui servait à V Eaposition de la Ville de Paris 1 tig. 95).
Parade principale de l'Erposido/i de 1878. — l'bilin, nous rappellerons
«pie c’est M. l‘u(T«d qui eut l’bonmmr d’étre chargé de la construction de
AIM*KM)1CK
;{i:{
la "ranclc galerie lormant la façade principale de !' Expoulion de iHyH
(fig. 96). Celle galerie, y com-
pris ses Irois dûmes de 45 m
de bailleur, a exige l’emploi de
3,000 tonnes de métal.
§7. — Constructions diverses.
Parmi celles-ci, nous men-
tionnerons de 7ïomhreuses toiir.s
de phares en fer, des Jelêes à la l'iG- 07.
.Mou-: u'Arica.
nier fondées sur pieux à vis, no-
tamment le môle d’Arica (Pérou) (fig, 97),
r apponlemenl en Seine de la Cowpa;inie
Parisienne du Gaz, à Clichif, l'ondé sur des
piles tubulaires à l’air comprimé. l’iG. '.IS. — lÎAUUAGE DP. l’OHT-MoRT.
Le harraije de Port-Mort sur la Seine
(fig. 98), dont les rideaux (système Caméré) sont maintenus par des
armatures de 13 ni de bailleur,
su|)porlées elles-mêmes par un
puissant tablier mélalliipie de
204 tu de longiK'ur et de 12,20 m
de largeur.
écluse de Port-Villez sur la
Seine (fig. 99), dont renliTprise
générale constitue un im-
portant travail h l’air
comprimé, (adle écluse,
de it)- ni de longueur et
de 12 in de largeiu', est
fondée sur des caissons
descendus à 13 ni sous
kiq. 9!). - kcllsr de coRr-viLLEz. l’eau. Le fonçage des
caissons de tètes, ipii
avaient 21 in de largeur sur 29 in de longueur, a présenté les plus
grandes difficultés.
À
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J.
l'iG. lUO. loi et 10-2. — Coui’üu; DE i.'Ous::nvATOii\E de Nice.
('oupnledn grand équalorial de
.V/ce (lig. loo, loi, 102). — L’une
désœuvrés les [dus inléressanles
de M. LilTel esl la nonrcUe coupole
du grand équalorial de l' Observa-
toire de yice, créé [lar M. His-
clion‘slieini. Celle coupoli*, établie sous la direction de M. Charles
Carnier, a un diamètre intérieur de 22,40 ni, qui en Tait la plus
grande de* eelb's (jui existent. Klle doit son succès à celle particularité
(pi’au lieu de tourner sur des galets, (die esl sup[)orl('e par un llotteur
annulaire, imaginé pai‘ M. EilTcl. Ce llotteur jdonge, à la l'açion d’un
bateau, dans un rés('rvoir également annulaire, ce ijui [lermcl à un
enfant de (b'jilacer à la main celle masse' considérable de [)lus de
1 00.000 hg. Un syslème de galets de secours, [dacé à C()lé du Ilot-
leur, donne la jiossibililé, en cas de ré[)aralion de celui-ci, de faire
AN‘EM)1CK
:U;)
mouvoir la couj)ole par le système', ordinaire. II est inutile de dire (jne le
liquide choisi est un liquide iucongelable.
La ligure 102 représente' la vue extérieure ele la coupole; 011 y apei--
çoil la grande ouverture de 3,20 m de largeur, destinée aux obse'rvatioiis,
et pour la fei'meture de laepielle M. EitTel a disposé un système de eleux
grands volets courbes extérieurs, roulant sur des rails pai’allèb's à l’aide
d’un mécanisme particulier, qui permet une rermeturt', très raj>ide.
Stalue de la Liberté (fig. 103). — Les études (jue M. bnffel avait laites
sur le résistance au vent des constructions métalliques le désignaient à
l’avance j)our l’établissement de l’ossature en fer de la statue de la Uherté
de Hartboldi, destinée à la rade de New-York, et dont la bauteur totab'
est de 46 ar
8. — Entreprise générale des écluses du canal de Panama.
(’.ette entreprise considérable, dont l’importance était de 123 mil-
lions, comprenait 10 écluses, qui étaient des ouvrages d’art de dimen-
sions grandioses, en raison surtout d(' la dénivellation tout à fait
inusitée qu’elles comportai('nt. (’.ette dénivellation n’était [>as moindn'
en effet de 1 1 ni [)our sej)t d’entre elles c't de 8 ni pour les trois autia's.
('.es ouvrages étaient entièrement établis sur les projets de M. biiffel, avec
des modes de construction tout à fait nouveaux et jtermeltant d’avoir foi
dans le succès.
Mais en l'aison des événements auxquels M. LilTel a été mêlé, il <'st
nécessaire de ne pas se borner à des renseignements t('cbni(|ues sur cett(î
entreprise.
Suivant l’opinion unanime, la réalisation de r('ntr('j)i'ise des écluses,
qui en com[)ortait l’acbèveim'nt complet dans le délai très court de trente
mois à })artir du i" janvier itîBB, gai'anti j)ar M. Lillel sous sa respon-
sabilité personnelle, eût assuré raebèvement du canal lui-mème.
On sait, en effet, que, lorsque la Compagnie de Panama se vil,
au bout de se|)t années d’elTorts, et malgré l’énormité de la somme déjà
dé[)ensée, (jui s’élevait à un milliard environ, dans l’impossibilité d arrive)'
à l’achèvement du canal à niveau poiii' l’époque annoncé»' de lîlqo, ('lie
décida de lui substituer {)rovisoirement un canal à biefs étagés et a
grandes écluses. Ce canal devait permettre d’assurer la navigation et
Al'l'K.NUICl-:
34(j
rex|)loilalion (mi temps voulu, et devait être peu à peu transformé selon
le plan primitil', au cours tic l’exploitation.
C’est alors, à la lin de l’année idBj, qu'elle lit appel, pour l’exécution
de ce gi^antcsfjue Iravail, à M. iMtîel, tpii lui présentait d’exceptionnelles
^ai’aidies. Kn elTet, sans même parler des travaux exécutés par lui en
1"' rance, tels que le viaduc de Garahit et la Tour de 300 /n, dont l’érection
était déjà en pleine marche, M. CilTel (Tait connu pour riieurcuse exécution
de travaux particulièrement diflicilcs en de nombreux j)oints du monde,
au Pérou comme en Portugal, en Hongrie comme en Cocliinchinc.
11 aui'ait, sans aucun doute possible, mené à bonne lin cette nouvelle
œuvre, comme toutes celles (ju’il avait déjà entreprises, si la liquidation
inattendue de la Compagnie de Panama n’avait pas empêché l’achèvement
de l’exécution.
Kn clTel, les travaux de son entreprise étaient en jdeine et bonne
marche depuis une année, quand, à la suite d(' l’insuccès d’une dernière
émission d’obligations à lots, autorisée [lar une loi du 8 juin 1888, la
(Compagnie dut suspendre ses paiements, ce qui entraîna j»eu après
sa liquidation judiciaire
Malgré cette suspension de paiements, M. Kilfel, sur la prière
des administrateurs judiciaires, et afin de ne pas arrêter les travaux, au
moins subitement, ce (jui eut causé des désastres irréparaldes, consentit
à les continuer pendant plusieurs mois. Il avança ainsi plus de huit
millions sur des garanties très douti'uses, c’est-à-dire contre le déjiôt par la
Li(piidation d’un certain noiiibi’c d’actions alors fort dépréciées du chemin
d(‘ 1er américain traversant l’isthme (i).
Mais nmlgré tout, on dut arriver, en juillet i8tlq, à la résiliation d(*
l’entreprise et au règlenumt déünitif des comptes.
t-e règlement fut opéré pai’ les soins du li(|uidateur judiciaire dans
(1) Celte manière d’agir si (h'sinléressèe, <>1 imi<pieinenl (licl(‘e par un senliinenl
de devonemeni aux inh-n'ds de l'uMivre du canal, a (‘l('“ ra|)p(‘l('“e et appirciée coinnn*
ell(“ le d(‘vail, par le Trilnmal civil, dans son jngenieni du H août ch'ilnranl tons
les procès cl lioinolognant la Iransaction linale inlervenne. Ce jngmncnl déclare mal
londcc lopposilion d’un ccriain groupe d’oltligalaires ipii conleslaieni la convcniion cl
les condamne menu' à une amende. Il élaldil. (m onlre, (|ii'il y avail dcll(‘ de la l.icpii-
dalion envers M. Ivillel, cl cela dans les lcrmes sui\anls : « .Vllendn ipi’on ne peut
« (pialilier d illusoire une, dette contractée par la Li(iuidalion sur la foi el au profit de
M laquelle hitlel avail continué les travaux après la dissolution de la Compagnie. »
A IM‘KM)I(',K
3'i-7
uno transaction par larpielle décliar^o pleine et entic''i*e était mntuellemenl
donnée. Un jugement du 'l’rihnnal civil, rendu en (lliamhre du Conseil,
homologua cette transaction et la i-endit, en fait comme en droit, inatla-
(pia ble.
Tout semblait donc terminé. Mais cette li([uidation, traînant en
longueur, provoqua le mécontentement général du public. On entre-
voyait déjà le grand désastre qui allait se produire, et l’on s’étonnait d’nn
tel résultat après huit années de travaux et la dépense d’une somme
considérable. Dés lors, les opérations de la Compagnie, et notamment
sa gestion financière. Curent l’objet de vives critiques, bientôt suivies de
nombreuses plaintes.
Kntin, dès 1B92, les passions [)olitiques intervinrent dans cette
alïaire, f|ui prit alors une tournure spéciale, manjuée par les incidents et
les scandales que tout le monde connaît et dont le souvenir est à peine
elTacé. Nous n’avons pas à insister sur ces divers événements; nous
rappellei-ons simplement qiu', au milieu du désarroi (pii en résulta, et qui
provo([ua la mise en jeu ou en suspicion de nombreuses et diverses
personnalités, M. bblTcl ne fut j>as épargné. C’est ainsi qu’il fut abusi-
vement impliqué dans les poursuites pour abus de confiance engagées
contre MM. de Lesseps {)èrc et fils et autres administrateurs, bien qu’il
ne fût, en cette alTaire, qu’nn sim|)le enlrej)reneui' ayant agi en vertu
d’un contrat à forfait, le dégageant de toute res[)onsabilité à l’égard des
opérations générales de la Compagnie, et (juoique ses comptes avec celle
dernière eussent été définitivement réglés.
Comme M. de Lesseps jtère, le j)rincipal accusé, était grand digni-
taire de la Légion d’honneur, les poursuites eurent lieu devant la Cour
de Paris.
En 1893, au mépris de la décharge absolue qui lui avait été donnée
en 1889, une condamnation ini(pie, qni j)arut dictée par des motifs exclu-
sivement politiques, vint fraj)per M. Eilfel en même temps (jue les admi-
nistrab'urs de la Compagnie.
.Mais, heureusement pour l’honneur de la justice française, la Cour
de Cassation intervint, cassa et annula sans renvoi, en raison de la j)rescrip-
tion et comme violant formellement les dispositions des lois visées par le pourvoi,
cet étrange arrêt qni assimilait un entrepreneur à forfait à un mandataire,
et (pii le mettait ainsi ai'bitrairement dans l’obligation de rendre des
A IM'KNÜlCK
coini)tos relalivcment à l’emploi des sommes qui lui (*taienl versées d’après
son contrat d’entreprise générale. C’est par suite de celte inconeevaltle
assimilation fjue l’on |)ul arriver, en ce (jui concernait l'emploi de
quelques-unes d’entre elles, 5 l’accuser d’ahus de contiance, sans que
jamais aucune réclamation se lut pi'oduitc d(‘ la j>art de la Compagnie
et sans même qn'aucnne intention frauduleuse put à un moment (piel-
compie êti’e relevée contre lui.
Kn effet, l’arrêt ni ne l’établissait ni ne la constatait; car la Cour
n’avait [>as cru devoir statuer sur ce point capital (i), (juoiqu’elle eut
été mise par M. KilTel, dans ses conclusions, en demeure de le faire, (iette
absence de constatation d’intention frauduleuse était même l’un des
nombreux moyens du pourvoi, et ce motif eût sufti à lui seul à faire casser
cet arrêt, où toutes les règles du droit étaient méconnues. En effet, si
la mauvaise foi n’est pas établie et constatée, le délit d’abus de contiance
ne peut, manifestement, pas exister.
Outre la cassation pour vice d(‘ forme, la Cour établit <pie : Ln fait^
0) Le rappoii du eonseiller rapporleiu' de la Cour de Cassation, M. de LaiY)Uveiade,
constate ce fait capital dans les termes suivants :
« Les conclusions devant la Cour d’appel contenaient ce dispositif ; « Dire
« ipie sur aucun clief, aucune intention frauduleuse ne peut (Mre relevée contre
« fjll'el. »
« Pas un des considérants de l'arrèl ne seiulde se référer à ces conclusions. On
« lit bien dans l’arrêt (|iie le liipiidateur a été induit en erreur par les déclarations
« ambiguës de M. l'ini^énieur .laccpiier, Vapprocliées des assertions d’Lill'el; mais il
» n’y est pas même dit tpie ces assertions ont été produites de mauvaise foi. I)ans
(< tous les cas, ce n’est pas dans les termes d’un considérant sans précision ou dans la
« simple déclaration de culpabilité résultant du dispositif de l’arrêt, qu’on [)eut trouver
« raflirmation du caractère frauduleux du délit; des conclusions formelles ayant été
prises devant la Cour de Paris à ce sujet, la constatation de la fraude devait être
« exprimée en tei ines exprès. »
Si cette constatation n’a pas été faite et précisée, c’est (ju’il ne pouvait en être
autrement sans aller tro|i ouvertemeid à l’encontre delà vérité.
Dans le même ordre d idées et parmi les nombreuses inexactitudes, pour ne pas
dire plus, de l’arrêt, il convient de citer celle (|ui se rapporte à l'opinion de M. Itingler,
iuüfénieur en chef des Ponts et Chaussées, attaché à la Compagnie de Panama; celle
ojjinion avait d’autant plus de poids cpie M. Diugler avait été le princijial rédacteur du
contrat de 1 entiaqu'isc^ et en a\ail suivi rexéculion. Cette* opinion est ri'présentée par
farrêt comme un des princi]»aux argununts invoepiés contre .M. Lilfel.
Or, voici la d(*claration spontanément adressée à M. Eilfel par M. Itingler l’issue
des jirocès :
« De cette discussion, il ressort (Vunc façon éclatante (jue M. EitV(*l ne devait |>as être
« impliipié dans les poursuites correctionnelles. Telle a été toujours mon opinion. »
A Pl’ENDTCK
:uî)
il y avait eu décharr/e pleine et entière donnée par le liquidateur e)t 1889; c(*
qui, (Ml réalilé, jn<roait lou(('. raffaire au fond.
La Liquidation de la Coiiiiiagiiii- d(‘ Panama dut, par snito, ahaii-
donnei tonies rc'clamations vis-a-vis de M. LitLd (*t Ini [laya inl(‘»ral(‘-
iiieiit ce qui Ini restait dû, eu prenant pour base le règlmnent de eonipti's
de 1889 qui avait i:‘lé contesltL Par contre, M. Liiïel, ivalisanl une
offre anterieuie, laite lonijli^nips avant tout proc(*s et « considérant comme
un devoir moral d aider autant qu'il le qmurrait au relèvement et à la rerons-
iitulion de l œuvre », suivant les ternies iiitMiies d(* la convimlion finale du
26 jamier 1894 intervenue entre M. Lilfel, les liquidateurs et b* niandalaire
des obligataires (i), prit une part considérable, qui ne fut pas moindre de
dix millions, dans la sonscriplion du capital de la nonvelle Société en
formation ayant en vue raclii'vement du canal. C’est celle sonscM-iplion,
oiterle la [iremière d(‘ ligules, ipii a été b* jioint de départ de tontes les
(1) Il importe au plus liant point à rinl(M‘('“l de la viu'iU*, (pi’il ne puisse subsister
aucun doute sur le caractère de cette convention, <pii n’est imllement, comme on l’a dit
è tort, la reconnaissance d une dette et une restitution forcée, ])rétention contre
la([uelle M. Eillel aurait lutté jusrpi’au bout. Aussi citerons-nous, malgré sa longueur,
l’exjiosé des motifs de cette convention finale :
« .M. Liflel soutenait ({ue la transaction de 1889, homologuée par un jugement,
« était, en tait comme en droit, inatta<piable et (pi’il ne jiouvail être tenu à aucune
<< restitution vis-à-vis de la Li(|uidation ou des obligataires.
« Mais, après avoir ainsi defini la situation, (pi'il ccjnsidérait comme lui étant irré-
« vocablement acquise vis-à-vis des uns et des autres, il a déclaré :
« Oue dans une allaire aussi pivjudiciable à taid de personnes ipie l’a été l’enlrc'-
« |U'ise de Panama, il considérait comme un devoir moial, lui (jui avait fait des
« bénéfices, d aider, autant cpi il le pourrait, au relèvement et ;i la reconslitution de
(( l’œuvre.
« Ou il avait toujours manifesté liaiitement cette intention, bien avant l’inforniation
(' judiciaire, et j>rès d(‘ (juatre années avant les assignations (pii lui ont été signitiéc's.
« Oue ses intentions, a cet égard, étaient restés les mêmes et (pie, dans cet ordi-e
« (1 idées, il venait se mettre à la disposition des li([uidateurs, et du mandataire des
(( obligataires, mais sans que jamais les conventions ipii vont ci-après intervenir
<( ])uissent lui être op[)osées comme la reconnaissance d’une dette (pielcoiujue envers la
« Liipiidation, ou les obligataires du Panama.
(( M.M. .Moncliicoiirt, Oautron, li(piidateurs, et Lemanpûs, mandataire des obliga
« taires, ont pensé (pie la reconstitution de l’œuvre du Panama présentait un intérêt si
« décisif pour les obligataires, (ju'il ne leur ai)partenait pas de repousser le concours
« qui s'o/frail à eux.
« C est donc (ui se plaçant de part et d'autre au seul point de vue des intérêts consi-
« dérahles engagés dans l'entreprise (jue les parties ont arrêté les conventions
« suivantes, etc... »
Itien n’est plus formel que ces déclarations des li(juidateurs,
3'M)
APPENDICE
combinaisons proj)osées ol ((ui a permis la constitution définitive de la
Société nouvelle; celle-ci a coutiuué les travaux jusqu’à aujourd’hui
(oclol)i-(‘ Kioi), et (die u’a pas perdu l’i'spoir de les voir s’achever.
Mais la politique dans celle alTaire n’avait pas encore dit son
dernier mot. A la suite d’une interpellation faite à la Chambre des
Députés en décembre 1B94, M. G. Eiffel fut apjielé, comme membre de la
Légion d’honneur, à fournir devant le Conseil de l’Ordre des explications
au sujet de la part qu’il avait prise aux travaux du canal de Panama. Après
plusieurs enquêtes minutieuses, le Conseil de l’Ordre jirit, en 1895, une
délibération par laquelle il fut reconnu qu’aucun fait ne jiouvait dans cette
alTaire être reproché à M. Eiffel. Ainsi élait démontrée par ce haut 'fiâ-
bunal de l’honneur, jugeant souverainement et devant lequel n’existaient
ni exceptions juridiques ni (|ueslions de jUTScription, la j)rofonde injustice
des accusations portées contre M. Eifl‘( 1, tant à la Cour de Paris qu’à la
Iribune de la (ihambre des Députés.
\à)ici le texte de cetle délibération, Iclle ipi’elle a été notifiée à
M. IGifcl :
Pin-is, le 21 avril i8<jÿ.
Mo.xsikuh,
.l’ai soumis cu Conseil de l’Ordre, dans sa séance du 6 de ce mois,
le travail de la Commission d’emjuéle «pu* j’avais instituée, et devant
bupielle vous avez été apj)olé, comnu' uuMulu’e de la Légion dliouneur, à
fournir des explications au sujet de la part (jiu' vous avez prise aux
travaux du canal de l’anama.
Après avoir j)ris connaissance du procès-verbal d(* celte Commission,
le Conseil de l’Ordre a adopté les conclusions suivantes :
« Considérant que. de l’exameu de la conduite d(‘ M. Eiffel comme
« enti’epreneur des travaux du canal de Panama, ainsi que des docu-
« ments produits, il résult(' (ju'ïl n'a rotninis aucun fait portant atteinte
« n l’honneur et de nature à (mtraîiier rap|)licaliou de [)eines discipli-
« naires, le Conseil de l’Oialre est d’avis qu’il n’y a |)as lieu de suivre
« disciplinairement contre lui. »
Agré(‘z, Monsieur, l’assurance d(‘ ma considération distinguée.
/.<’ Grand Cltanccliei\
CiK.NKiiAi. EÉvi{u:n.
AI*PKM)ICI*:
;<:ji
Au cours (le la môme auu('*e, à la suite d’uii vote de la Cliaiubre, le
Conseil de l’Ordre et sou (Irand Cliaiicelier, le l'V'vrier, eslimaut
<juc ce Note poitait allcdute a 1 iudôpeuduiice de leur ju^emeiil, riisi-
^uèieiit leuis loiictious par la lettre (jue ikjus rc[)i'oduis(jus :
Paris, le i6 juillet i8(j^.
MoNsiKru LK l'uKsiDivvr DK i.A Kkplbi.k.uk,
♦ iraiid Mailre ii<( I Ordre d(* la Lésion d'IioiiMeur.
l.a (diamhre des l)(:‘putés, dans sa siîaiice du 13 juillet dernier, a
adopté un ordre du jour ainsi coneu :
« La Cliamhre, regrettant (jue le Conseil d(‘ l’Ordre de la Légion
« d’honneur, dans des décisions récentes, ait tenu si peu compte des
« arrêts de la dustic(‘, invite h* Couvernement à déposer un projet de loi
« réorganisant le Conscdl de l’Ordre. »
Accuse da\ou mal delendu la dignité de la Légi(ju d’iioiiiieui', dont
il est le gardien vigilant, le Conseil croit devoir présenter au Grand
Maître de l’Ordre des observations sur la résolution ado[»tée par la
Chambre des Députés.
Dans 1 examen rapide (pie la Chambre a fait des (jucsiions (pu
avaient donné lieu à une instruction ajutroroudie et à deux délibérations
du (iouseil, elle ne s’est pas rendu un compte exact de la législation sur
la disci[)liiie de la Légion d’honneur, et, faute de connaître l'ensemhle des
éléments de la t/ueslion de droit et de la (/uestion de fait <[ue soûlerait f affaire
de M. Ktffef elle en a l'ait une fausse interprétation.
L’auteur de l’interpellation a invo(|ué l’article 46 du décret du
16 mars 1^52, sans apercevoir (pi’un arrêt cassé par la Cour de Cas-
sation avait absolument perdu l’autorité de la chose jugée à tous les
points de vue et (jii'il n’était plus (ju’un document à ccnsulter [>ar le
Cons(‘il de l’Ordre dans une instruction ouveide en vertu du décret du
14 avril it)74.
Il ne \>urait pas avoir su et la (duunhre a ujnoré devant la Cour de
Cassation, M. Eiffel ne s'était pas borné à soulenir que la Cour a Appel de
Paris avait fait une fausse application de la loi en matière de prescription,
Al» PE INDICE
.‘{o2
mau (jit'il acail aussi demandé la cassation de cet arrêt par le motif qu'il avait
violé la loi en assimilant un entrepreneur à un mandataire et en le déclarant^
par suite, coupable d'abus de confiance.
La Cour de Cassation n'a pa<> pu exaininer cette seconde partie du
pourvoi, parce (que la question de la jn’escription passait avant toutes les autres.
Mais le Conseil de l’Ordre avait le droit et le devoir d'apprécier à son point de
vue les faits retenus par la Cour de Paris, et il l'a fait avec la conscience qu'il
a toujours apportée dans l'exercice de sa haute juridiction (i).
Le Conseil croit avoir réj)ontUi au gricT invoqué dans l’ordre du jour
de la (diatnbre.
Mais nous estimons ({ue ce vote, accepté }>ar le Gouvernement,
atteint sans distinction tous les membres du Conseil. Notre devoir est
donc, dans les circonstances actuelles, de résigner nos fonctions entre
les mains du Président de la République, Grand Maître de l'Ordre, qui
appréciera.
Le Conseil était ainsi composé :
Général I'’kvkieh, (i. C. (îrand (diaticelier de la Légion <riionneur, président;
Général Rousseau, G. O. Socrélairi' général de la Légion d'Iionneur, vice-
président; \'ice-aniiral Tiiomasset, G. C. -Meinlire du Conseil de IWinirauté ;
Général Ciiarreyuon ; G. O. ÿÿ, Général Grévy, <L O. S;; Général Haron de
Lyu.nay, (i. O. ÿÿ ; Aücoc, (i. O. ÿÿ, Meinhi'e de l'Inslilid, ancien Président an
Conseil d’Llal; Harrier, G. O. Prender Président honoraire de la Cour de
Cassation; Raurrée, G. O. ÿÿ, .Membre de l'Inslitnt; Delarrre, G. O.
Cons(>iller d'Llal honoraire, ancien Trésorier général des Invalides de la marine ;
(îRÉARi), (i. O. ÿÿ, \'ice-Recteni' de r.\cadémie de Paris; Jaxssen, C. 5;, Membre
de l’Institut ; Meurand, G O. *v, .Ministre plénipotentiaire honoraire ;
Tétreau, c. Président de section an Conseil d’Ktat.
(.e document mémorable, qui fait si grand bonneur à la haute indé-
pendance du Conseil de l’(3rdre, démontre, à lui seul, la profonde
injustice des accusations portées contre M. Litfel, tant à la Cour de
Paris (ju’a la tribune de la Chambre des déjuités.
lels sont, dans leur réalité, les faits qjositifs généralement ignorés
ou mal connus, mais appuyés sur des documents authentiques que
(i) Nous ne saurions trop in>i>tor sur h' caractère si md de ces déclarations,
•Vprés la cassation d(“ 1 arrêt de la Cour de Paris par la Cour de C.assaliou, c'est
une nouvelle el loriindle cassation (jue prononce celle haute juridiction, devant latjuelle
celte lois la (piestion de la prescri|dion n entrait absolument pour rien.
Al'l'KiNDlCK
nous d\oiis cru devoir rappeler ici. Ils sont à oj)poser aux légendes
calomnieuses répandues sur le rôle de M. Eilïel dans l’airaire de
Panama ( i).
9. — Titres honorifiques.
La longue cariiere industrielle (jue nous venons de résumei' valut à
M. Lillel des distinctions de diverses natures.
Il lut nommé :
1 lésident de la Société des Ingénieurs civils de France, en 1889.
I lesident du (^ongres international des [irocédés de construction à
l’Exj)Osition de 1889.
I résident d(; 1 Association amicale des anciens élèves de l’Ecole
Centrale, ‘en 1890.
Membre du Conseil de jierrectionnement de cette I’]cole.
Lauréat de 1 Institut (Prix Montyon de Mécanicjue], en 1889.
Lauréat de la Société d’Encouragement (j)rix (piimjuennal El[)hège
Paude), en 1887.
A l’étranger, les Sociélés d’ingénieurs les plus en renom lui ont
decei né le tili'e de Membre Honoraire. Nous citei'ons notamment les
Sociétés suivantes :
Angleterre' : Institution of Mecbanical Engineers de Londres.
Etats-Unis : American Society of Mecbanical Engineers de New-
York.
Hollande : Institut Loyal des Ingénieurs Néerlandais à La Haye.
Hussie : Société Imjiériale polytecbniepie russe.
Espagne : Association des Ingénieurs industriels de Harcelone.
(1) M. le général Darras, président de la Commission d’enquêle instituée par le
général l’évrier, a bien voulu tout récemment adresser à M. Eitlel les lignes suivaides,
en l’autorisant à les publier dans cet ouvrage :
« Le général /Narras, très reconnaissant de l’envoi que vous avez bien voulu lui faire
« de l’intéressant ouvrage relatif aux Iravaux scientili(pies (pie la Tour de .‘îoo m a
(( jiermis d’exécuter; très heureux surtout (pie vous ayez jm saisir ainsi l’occasion
« d’éclairer le grand public sur l’inanité des accusations formulées autrefois coidre
« vous. 11 ne doute pas (pie tous les gens sans parti pris vous rendent entin pleine
(( et entière justice. »
43
3o4
Belgique : Association des Ingénieurs sortis des Écoles spéciales de
Gand.
Mexique ; Société mexicaine de Géographie' et de Statistique et
Société scientifique « Antonio Alzate ».
A chacune des Expositions de 1878 et de 1889, M. Eiffel obtint
un Grand Brix, c’est-à-dire la })lus haute des récompenses accordées.
Entin la liste des décorations décernées à M. Eiffel montre que
chacune d’elles correspond à l’exécution d’importants travaux :
Chevalier de la Légion d’honneur, à l'ouverture de P Exposition
de 1878, et Oflicier en 1889, à l'inamjuration de la Tour.
Oflicier de l’Instruction j)uhlique {Exposition de 1889).
Chevalier de l’Ordre de François-Joseph {(jure de Pest).
Chevalier de l’Ordre de la Couronne de Fer d’Autriche {pont de
Szegedin).
Commandeur de l’Ordre de la Concc})tion de Portugal [pont du
houro).
Commandeur de l’Ordre d’isahelle la Catholique d’Espagne {pont du
Tu(je).
Commandeur de l’Ordre Boyal du Cambodge [travaux en ('ochinchine).
Commandeur de l’Ordre du Dragon de l’Annam {travaux en Cochin-
cltine).
Commandeur de l’Ordre de la Couronne d'Italie {ponts démontables).
(mmmaiideur de l’Ordre de Sainte-Aune de Russie {])onts démontables).
Commandeur de l’Ordre du Sauveur de Grèce {travaux divers).
Commandeur de l'Ordre de Saint-Sava de Serbie [travaux divers).
Les principaux ingénieurs (pii ont été les collaborateurs de M. Eiffel
dans sa carrière industrielle sont :
MM. A. 1 u.LikvHK, T. Skyiuc., .I.-B. Goiîkrt, Emile Nouguikh, Mau-
rice K(kculi.n, .Iules Puio, Charles Loiskau et Adidphe Salles.
A. S.
Fig. 103. — .Statue de la Liderté.
TABLE DES MATIÈRES
PREMIÈRE PARTIE
LA TOUR AVANT L’EXPOSITION DE 1900
CHAPITRE I
ORIGINES DE LA TOUR
Paragraphes
1. — Projets antérieurs
2. — Consifléralions fifénérales sur les piles mélalliijiies
.'î. — Avant -projet de la Tour aciuelle
— Préseulatiou et approbation des projets
5. — Traité défiuilir
(■>. — Proleslaliou des Artistes
J. — Autres objections contre la Tour et son ulililé
8. — Choix de reinplaceinenl délinitif de la Tour
CHAPITRE II
LA TOUR PENDANT L’EXPOSITION DE 1889 '
1. — Ossature et plates-formes (pl. 1 et 2)
2. — Puissance des ascenseurs
/
TABLE DES MATIÈRES
Paragraphes Pages
3. Description sommaire des trois systèmes d’ascenseurs o5
(a. Ascenseurs Roux, Combaluzier cl Lepape, p. o.o. — 1». Ascenseur Otis, p. ^7.
— c. Ascenseur Edoux, p. •>9.)
— Macliines et chandières 3i
5. — Renseignements généraux 33
DEUXIÈME PARTIE
mODIFiC ATIONS EN VUE DE L'EXPOSITION DE 1900
CHAPITRE I
PLATKS- FORMES
I. — Tradé avec l’Exposition 3.j
— Dremiére plate l'orme 3(1
d. — Deuxième platc-rorme 3(1
— Troisième plate-l'orme 3<(
CHAPITRE 11
DISPOSITIONS GÉNÉRALES DES ASCENSEURS ET ESCALIERS
1. — Dis|U)silions nouvelles
'D
CHAPITRE 111
ASCENSEUR SYSTÈME FTVES-LILLE
I. — Ensemble de l’inslallalion ',5
— A(;cumulatenrs /,<)
d. — Appareils funiculaires (fig. 7 et H) ... Tm)
T — Véhicule (fig. p et 10) 3',
Appareils de dislrihidion et de régulation 07
(’>. — KonclionnemenI de l’appareil Tm)
TABLE DES MATIÈRES
35(j
Paragraphes
7. — Beiuienient et inarclie clc l'appareil
8. — Résuni(^ (les poids et prix de l’appaiTil
CHAPITRE IV
ASCENSEUR OTIS DU PILIER NORD
1. — Description gém''‘rale
— Moteur liydrauliciue. Appareil liiniculaire
3. — Contrepoids
T — Véhicule et voie
5. — Fonctionnement et marche de l'appareil
h- — Dépenses de la transformation
CHAPITRE V
ASCENSEUR VERTICAL DU SOMMET
1. — Description générale
3. — Cylindres
3. — Distiihution
— Cabines et câbles
5. — Parachute
b — Marche et rendement
7. — Dépenses efTectuées pour les modifications.
71)
80
88
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CHAPITRE VI
ESCALIERS
1. — Escaliers du rez-de-chaussée au premier étage des piliers Est et Ouest. .
2. — Escalier du pilier Sud
CHAPITRE VII
INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
1. — Cénéralilés
2. — Croupes électrogènes
loi
io3
.%) TABLK DES MATIÈRES
Paragraphes Pages
!{. — Tableau de dislribution pi. 3) 107
— Circuits iio
5. — Circuits modifiés, appareils s|)éciaux u
(). — Etudes, installalious, personnel 11
CHAPITRE VIII
MACHINES ET CHAUDIÈRES
I. — Pompes W’orlliinglon 117
•>.. — (iroupes éleclrogènes 120
3. — Condenseurs 121
— Cénéraleurs 122
5. -- Résumé de la puissance totale de l'installation mécani(|ue . . 123
CHAPITRE IX
PRODUITS DE L’EXPLOITATION ET DÉPENSES POUR TRAVAUX
EN VUE DE L’EXPOSITION DE 1900
I. — Recettes de l'exploitation.
1. — Date de mise en marche des ascenseurs 120
2. -- Tarifs 125
3. — Produit des ascensions 12O
— Recettes su|)|)lémentaires l'Io
5. — Résumé i32
II. — Dépenses de l'exploitation i33
III. — Résultats de l’exploitation et dépenses pour travaux neufs.. i33
CHAPITRE X
TRAVAUX SCIENTIFIQUES EXÉCUTÉS A LA TOUR
1. — N'isibilité 1.37
2. — Téléiiliotograpliie i.3S
3. — Télégraphie optique i3S
TAHLK DES MATIÈRES
36 1
Paragra,'>hos
— Météorologie
5. — Électricité atmosphérique
('). — C<()up (le foiidiH'
— Variation diurne de l’éleclricilé al inosphéri(|u •
Recherrdies experimentales sur la chute des corps et sur la résistance de
l’air à leur mouvemeni
(|. — RIocs d(' r('nv<'rseinenl
K). — Déplacements du sommet mesurés par visées direcles
11. — Repérage du sommet par les méthodes géoch-siipie'^
1 • ” Manoniidre a air lihi'c' pour les hautes pressions
i3. — Télégraphie sans fil
i'i. — Aéronautiipie
15. — Origine lelIniTiue des raies de l’oxygène dans le spectre solaire
16. - Etïets phvsiologi(iues de l aseension à la Tour EilTd
IntroducliotK
i« Travail mécanirjiie dû à l’ascension à pied. (A. Travail mécanique du à
ta montée, p. 177. — R. Travail dans la descente à pied, p. 181).
■1“ Modifications de l’activité de réduction de ToTtihémoqlohine '\. Montées
par les aseeiiseurs, [i. i8'> — H. Montées à pied, p. i83. — C. Descentes à pied.)
3“ Modification du pouls. (A. Montées par les ascenseurs, [>. 18."). — B. Montées
à pied, |). 186.)
'1° Tens'on vas' ulaire, p. iSfî.
.'>■> Modification de la respiration, p. 187.
17. - Discours prononcés à la conférence « Scienlia »
IHscours de .1/. Janssen, [). i8(j. — Discours de M. Eiffel, p. ipê.
Pages
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107
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172
176
18S
CHAPITRE XI
OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES EN 1900
1. — Méthodes et instruments d’observation
- Données météorologiques
3. — Dilférences de température entre h' sol (d le, sommet
— Inversions de température
5. — Amplitudes
6. — Direction du vent
7. — Vitesse du vent
8. - Eréipience des vents forts au sommet de la Tour
-- Résumé
10. — TenqxMe des i3-i'| février iqoo ([>1. 'Q
Courbes barométriques, p. 2'|i- — Température, p. — Vitesse du vent, p. 2', 2.
11. — Maxima et minima de température (pl. 5)
12. Inversions de température précédant des orages
M»9
203
228
23o
23 1
233
235
238
23.,
2^(0
iü
:uv>.
T A P. LE DES M ATI ÈRES
l’ar.iKiaphcs l’ages
,3. _ Coui bi's dos vilessos du veiil pendant cos dornièros annéos (pl. (>)
1 V
Travaux de M. Lanf,do_v :î'i7
là. — Comparaison dos rosullals trouvés au B. (à M. avec ceux donnés par la
Tour
CHAPITRE XII
RÉCEPTIONS ET VISITES FAITES A LA TOUR
EXPÉRIENCES DE M. SANTOS-DUMONT
I. — Béco|»Iions el visites i>à'|
•2. — Le prix Henri Deutscli et M. Santos- Dumont 2àp
ANNEXE
CHAPITRE PREMIER
ASCENSEUR SYSTÈME FIVES-LILLE
I. — Bésumé dos données nnmériiiuos et des calouls dynami(|uos do rascen-
seur !>-d
I. VdiLules, p. — II. Câbles, p. ?.7.à. — III. Moiiflaijes à S brins, p. 273.
— I\’. Tentleurs, p. 27S. — \’. K/fort mvteuràla moulée. Presses et (tccuimiUiteurs
à haute prcs:iion, p. 278. — à'I. Effort de traction du véhicule à la descente.
Accumulateurs à tasse pression, [>. 279.
CHAPITRE DEUXIÈME
ASCENSEUR OTIS DU PILIER NORD
1. — Distrilmtour ;)8i
— Disirilmtour do sdrelé 287
d. — ('ûblo (d appareil de mameuvro de la oabino. . ;>H8
\. — ITude dyiiamiqiKMle l’asconsour ;>(|i
I. Tensions exercées par le contrepoids sur la cabine, p. 2<ji. — II. Tension
dan'> te ijarunt du moufle moteur, p. 2y(). — III. Effort moteur, p. doi.
T A HL K DHS MAT1KI\ES
'.m
CHAPITRE TROISIÈME
ASCILNSKUR VERTICAL DU SOMMET
Par8i;raphes
*• Hosuiné (les doniu'ps principal»"; <^1 (l(>s calcul'; dvnaniicpu's de l’asc»'!!-
SCUI’
1. Pouls (les câbles, p. .■{07. — H. ])(mnées et calculs dynainû/ues de t'nsceit-
setir, p. 3oS.
•i. (.aïeuls du paracluiltï hélicoïdal (‘I de rainorlisspur li\(lrauli(|U(‘
1“ Lalcul de l accél(‘yation fx' du fuseau, |i. .‘{iS. — •>'> Elude dynamùiue du
foncliounement, p. 'h.o.
.10:
APPENDICE
TRAVAUX DE M. EIFFEL ET PRINCIPAUX OUVRAGES EXÉCUTÉS
PAR SES ÉTABLISSEMENTS DE 1867 A 18go
1. — Piles inélallicjiios
2. — Perléclionneinents apporlés au lança^P des poids droils
•’L — Montage en porle-à-l’aux
'|. — Ponts en arcs
Ô. — Ponts porlatil's déinonlahles
('*. — Edifices publics et parlicnliers
7. — Uonstruclions iliverses
H. — Entreprise générale tles éclusi's du canal de 1‘anaina.
p. — Titres honorifn|ues .
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CARTE SPECIALE DES ENVIRONS DE PARIS
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